LIVRE XII : DE L INSTRUMENT
le romain fut gravé un peu plus tard (1469) en Italie, près de Rome, d'où lui vint son nom; l'italique fut créé par Aide Manuce, en 1501. On désigna les caractères plus ou moins gros par le nom des ouvrages ou des textes qu'ils avaient d'abord servi à imprimer (saint-augustin, ration, etc.). Didot créa plus tard une mesure fixe qui a été généralement adoptée. Elle est fondée sur le point, qui vaut environ un sixième de millimètre. Le pied de roi était divisé en 1728 points. Le nombre de points sert à évaluer le corps des caractères, la longueur des lignes ou justification, etc.
Piège, trappe, etc. — On a imaginé toute espèce de pièges et d'engins pour prendre les animaux nuisibles ou autres, depuis les petits oiseaux jusqu'aux bêtes féroces les, plus redoutables . L'un des pièges les plus simples, les plus efficaces et des plus anciennement employés, est la trappe, qui consiste en une fosse assez profonde que l'on couvre d'une bascule ou de branchages, afin que la bête, venant à s'y engager, tombe dans la fosse, d'où elle ne pourra sortir. Les chasseurs de l'Amérique du Nord (trappeurs) font un usage continuel de ce piège. Les engins de destruction sont prohibés par la loi, sauf ceux qui sont destinés à prendre des oiseaux de proie et les autres animaux nuisibles.
Filet. — Sans parler des autres usages du filet et des réseaux de toute nature, on s'en sert beaucoup pour la pêche et pour la chasse. On compte jusqu'à 72 filets de pêche, qui varient de forme et de dimension selon la manière dont il faut les manœuvrer et le poisson qu'ils sont destinés à prendre. Les filets de pêche exigent des soins particuliers : on les lave, on les sèche, on les raccommode, souvent même on les teint cton les goudronne. Il existe des métiers à fabriquer les filets.
Ligne. — La ligne dépêche consiste en un fil ou une ficelle, avec un hameçon, que l'on garnit d'un appât. Si la ligne est flottante et doit être par conséquent tenue a la main, le fil est suspendu à un roseau ou à un bambou, plus ou moins long et formé parfois de plusieurs brins, s'emboitant l'un dans l'autre ; un petit morceau de plomb sert à maintenir l'appât dans l'eau, et un flotteur ou bouchon tient l'appât suspendu, en même temps qu'il annonce, par son mouvement saccadé, si le poisson a mordu. La ligne d'eau douce est terminée ordinairement par un fil mince, transparent et très résistant, fourni par la soie du ver que l'on sacrifie au moment où il va filer son cocon. On distingue, outre la ligne flottante, la ligne de fond, la ligne dormante, etc. Celles-ci ne sont permises qu'à des concessionnaires.
Jeu. — Les objets servant à divers jeux, exercices du corps ou de l'esprit, sont très variés, comme ces jeux ou ces exercices mêmes, qu'ils servent souvent à désigner : ainsi les boules, le billard, les quilles, les cartes, les échecs. Toutefois nous. remarquons que nombre de jeux ou exercices n'emploient pas d'instrument particulier : ainsi la course, l'équitation, la danse ; d'autres se font avec des armes : ainsi le tir, l'escrime. Mais les objets dont nous avons à nous occuper ici n'en correspondent pas moins aux jeux et exercices dont il a été question au livre V. Eux aussi conviennent à divers âges ; ils exercent le corps et l'esprit, souvent l'un et l'autre.
Trapèze. — C'est une des pièces de gymnastique les plus importantes. Il consiste en une barre de bois, suspendue horizontalement par deux cordes à une ligne fixe, ordinairement un portique. On se suspend par les mains à la barre de bois et l'on se hisse sur elle par la force des bras ou d'une autre manière, pendant que le trapèze est au repos ou qu'on s'y balance. Le trapèze sert à une foule d'autres exercices, où la force est combinée avec l'adresse. Denx anneaux suspendus comme le tra-
pèze, servent à des exercices analogues et plus difficiles encore.
Echasse. — Les échasses ne servent pas seulement à des amusements et à des exercices d'équilibre, mais elles rendent de vrais services aux habitants des Landes et du Bas-Poitou, qui, par ce moyen, parcourent aisément leur pays marécageux ou sablonneux. Les échasses atteignent jusqu'à deux mètres ; le pied y repose sur une sorte d'étrier, et le sommet du bâton est attaché à lajambe par des courroies. Ce fut longtemps, à Namur, un divertissement public de courir et de combattre sur des échasses. On fabrique de petites échasses à l'usage des enfants, qui les maintiennent avec la main ou avec les bras ; mais cet exercice, malgré la facilité que l'on a d'abandonner les échasses, n'est pas sans danger.
Poupée. — C'est le jouet favori des petites filles, qui, tout en s'amusant à vêtir de mille manières leurs poupées et à les dorloter, sont initiées par là aux devoirs qui leur incomberont plus tard. Les enfants ont connu de tout temps, pour ainsi dire, cet amusement ; les jeunes grecques et les jeunes romaines consacraient leurs poupées à Diane, avant de se marier. Aujourd'hui on l'ait des poupées articulaires et mécaniques, qui parlent et peuvent changer de physionomie et d'attitude ; mais ce luxe, réservé aux familles riches, paraît être des moins utiles.
Cerf- volant. — Le cerf- volant n'est pas seulement un jouet d'enfant : c'est encore un instrument de physique, qui a pu servir et sert encore à des expériences intéressantes. Franklin parvint le premier à soutirer l'électricté des nuages, au moyen d'un cerf-volant, armé d'une pointe métallique et relié à la terre par un fil conducteur. Cette expérience dangereuse peut être rendue inoft'ensive par des appareils isolants. On peut ainsi étudier l'état électrique des nuages, sans risquer d'être foudroyé. Pour enlever le cerf-volant, il faut que le vent soit assez fort. On augmente encore la force d'ascension, en courant contre le vent. A mesure que le cerf- volant s'élève on lâche peu à peu la ficelle, qui doit toujours rester tendue. Pour empêcher que le cerf-volant ne plonge, on y ajoute une queue, faite de petits rouleaux de papier. L'invention du cerfvolant remonte au moins à deux siècles avant J.-C. Un général chinois l'utilisa à cette époque, pendant un siège, pour communiquer avec une armée de secours.
Balle, ballon. — La balle élastique sert à différents jeux et notamment au jeu de paume, qui eut tant de vogue en France. L'invention de la balle remonterait àNausicaa, fille du roi des Phéaciens, Alcinoiïs, qui donna l'hospitalité à Ulysse. Quant au ballon gonflé d'air, il fut imaginé par Atticus de Naples, pour la distraction de Pompée. On le fait plus ou moins gros et résistant ; on le lance avec la main, ou avec le poing, ou avec le pied (foot-ball).
Dé. Osselet. — Le dé à jouer nous vient d'Asie ; il est mentionné dans la Comédie des dieux d'Aristophane ; et l'on pense qu'il fut introduit en France au temps de Philippe Auguste. Il y a bien des manières de jouer aux dés ; mais le jeu de dés par lui-même est tout de hasard. Le jeu des osselets, tel qu'il était pratiqué par les anciens, n'était guère qu'une variété du jeu de dés. Aujourd'hui, le jeu des osselets tel qu'il est joué par les enfants, est un jeu d'adresse. Il consiste à jeter en l'air 5 osselets un à un ou simultanément et à les recevoir dans la main ou sur le dos de la main, etc. On se sert aussi bien de petites pierres.
Des instruments de musique. Lyre et autres instruments. — La voix, malgré son éclat et ses frémissements, ne suffisait