LIVRE XII : DE L INSTRUMENT
Orgue. — Le premier orgue qu'on ait entendu en France aurait été envoyé à Pépin par Constantin Copronyme. en 757 ; mais l'invention de cet instrument parait être plus ancienne. Toutefois il n'a reçu que dans les temps modernes les perfectionnements qui en font le roi des instruments de musique. Chacun des grands orgues de nos églises vaut à lui seul tout un orchestre. Dans l'orgue, on distingue : la partie résonnante ou les tuyaux, dont le nombre peut s'élever à plusieurs milliers, de toute dimension, jusqu'à ceux de 32 pieds; la.pa.rtie mécanique, comprenant la soufflerie et les claviers. Les tuyaux de l'orgue sont généralement en un alliage de plomb et d'étain, ils peuvent aussi être en bois ; les uns sont à bouche et les autres à anche ; les uns et les autres forment plusieurs séries distinctes appelées jeux. Les jeux à bouche, appelés jeux de fond, forment l'élément prépondérant de l'orgue. Les divers jeux, quelquefois au nombre d'une centaine, sont répartis entre plusieurs claviers, disposés les uns au-dessus des autres.
Diapason. — ■ L'invention du diapason ne paraît pas remonter au delà du XVIIIe siècle. Les diapasons sont d'ordinaire en acier et à deux branches ; on en fait aussi en forme de sifflet. Le la du diapason sert à accorder tous les instruments. Le diapason normal français, arrêté en 1859, donne 870 vibrations simples par seconde ; le diapason adopté en Angleterre en donne 888. On construit, pour les expériences d'acoustique, des diapasons de différentes dimensions.
Cloche — Les cloches, ou du moins les clochettes, étaient connues des Romains, des Hébreux et des Egyptiens. Mais l'usage si heureux qu'on a fait des cloches pour appeler les fidèles à l'église et pour annoncer les fêtes, date du VIe ou VIIe siècle. S. Paulin, évêque de Noie au Ve siècle, est regardé cependant comme ayant introduit l'usage des cloches dans son église. Le rôle religieux des cloches est assez bien marqué dans les deux vers suivants :
Laudo Deum verum, plebcm roco. congrego clerum, Defunctos ploro, fugo fulmina, festa decoro.
La matière ordinaire des cloches est un bronze formé de 78 parties de cuivre et de 22 d'étain. On y mêle quelquefois de l'argent. Il existe quelques cloches colossales : celles de Moscou et de Pékin (60.000 kilogr.l, celle de N.-D. de Paris (13.000), la Savoyarde de Montmartre. Les cloches des églises sont l'objet d'une bénédiction particulière, dite baptême des cloches. On y emploie l'eau, l'huile des infirmes et le saint chrême : c'est une sorte de dédicace, et non pas un sacrement. Cette bénédiction appartient à l'évêque, qui, à certaines conditions, peut la déléguer à un prêtre.
Tambour. — Cet instrument, qui remonte à une haute antiquité, et qu'on retrouve aujourd'hui chez les sauvages, paraît avoir été importé en Europe par les Sarrasins. L'année française l'adopta vers le XIVe siècle, à l'imitation des armées étrangères. Le tambour militaire se bat avec des baguettes. Le tambour roulant ou caisse roulante est un tambour dont la caisse est plus longue que celle du tambour ordinaire, ce qui assourdit le son. Le tambour de basque est un petit tambour composé d'une peau tendue sur un cadre rond et étroit, auquel sont attachés des grelots, etc. On enjoué en le frappant avec le dos de la main ou en le frôlant avec les doigts. Les Orientaux, les Italiens, les Espagnols s'en servent pour accompagner leurs danses.