PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE
souvent aujourd'hui par celui de machine, est appliqué encore à tous les instruments plus ou moins compliqués et ingénieux qui servent à la chasse et à la pêche, tels que filets, pièges ; il s'applique aussi à toutes les machines de guerre qui étaient employées avant l'invention de l'artillerie. De là est venu le nom d'ingénieur, qui a désigné d'abord celui qui est chargé de la fabrication, du montage et de l'emploi des machines.
Automate. — Dès les temps anciens, les mécaniciens ont dépensé beaucoup de talent et même du génie à inventer et à construire des automates ; mais ces œuvres ont été généralement plus curieuses qu'utiles. S'il est vrai qu'Archytas ait fait un pigeon qui volait, la mécanique moderne n'a pas égalé encore, sous ce rapport, celle des anciens. On cite : l'androïde d'Albert le Grand, qui ouvrait, en saluant, à ceux qui venaient frapper à la porte ; les automates de l'horloge de Strasbourg ; le joueur de flûte et le canard de Vaucanson; le joueur d'échecs, qui fit une partie avec Napoléon à Schœnbrunn, en 1809.
Ressort. — Une des pièces le plus souvent employées dans les mécanismes est le ressort, qui dépense ou emmagasine indéfiniment la force dont il est susceptible. Le ressort prend diverses formes (lame, spirale) et tend à revenir à son premier état, dès qu'il cesse d'être comprimé. On l'emploie dans les montres, les pendules, les fusils, les serrures, les souches des églises, les pesons et dynamomètres, les voitures et les vagons, dont il amortit les secousses.
Accumulateur. — C'est le nom général qui convient à tous les appareils qui emmagasinent la force vive et peuvent ensuite la dépenser de manière à produire un mouvement. Le ressort, l'arc à lancer des flèches, sont ainsi des espèces d'accumulateurs. On distingue : les accumulateurs hydrauliques, qu'on utilise pour les presses et les moteurs hydrauliques; et les accumulateurs électriques, sortes de condensateurs (v. plus haut) qui servent à emmagasiner la force électrique pour la transporter là où l'on veut l'utiliser. Ces accumulateurs sont fréquemment employés aujourd'hui pour la traction des tramways, l'éclairage des voitures, les installations de lumière électrique.
Chaudière à vapeur. — La chaudière ou générateur est cette partie d'une machine où se produit la chaleur qui la met en mouvement. La chaudière est en tôle de fer ou d'acier et de forme variable; elle communique avec deux bouilleurs, qui sont entourés par la flamme du foyer; quelques chaudières sont dépourvues de bouilleurs. L'explosion des chaudières, étant donnée l'élasticité de la vapeur, est très redoutable : elle provient le plus souvent de l'abaissement de l'eau au-dessous de la ligne de chauffage et généralement de la production subite d'un excès de chaleur, qui agit sur les parois de la chaudière à la manière d'un choc. Pour prévenir les accidents, on emploie : des flotteurs, qui avertissent de l'abaissement excessif du niveau de l'eau ; des manomètres, qui indiquent la tension de la vapeur; des soupapes de sûreté, qui donnent issue à la vapeur, quand sa tension est excessive. Toute chaudière est mise préalablement à l'épreuve par l'administration. Cette épreuve consiste à remplir d'eau la chaudière et à faire subir à ses parois, au moyen d'une pompe foulante, une pression triple de celle qui est marquée par le timbre de la machine.
Locomotive. — Les locomotives sont des machines à vapeur ;ï haute pression, où une chaudière tubulaire, pouvant fournir dès lors beaucoup de vapeur, la distribue dans deux cylindres horizontaux, dans lesquels se meut un piston, dont la tige communique un mouvement de rotation à un arbre de manivelles. Trouvée après bien des tâtonne-
mets, la locomotive remorqua le premier train de voyageurs, entre Liverpool et Manchester, en 1830. Pour empêcher le patinage des roues, le poids de la locomotive doit être considérable et proportionné au poids du train qu'elle remorque. Le poids d'une locomotive ordinaire est de 40 tonnes. On distingue les locomotives à voyageurs, mi. ries, à marchandises, à tenders. Celles-ci, qui portent avec elles leur combustible, servent à la manœuvre dans les gares ou pour de faibles parcours. Les locomotives à voyageurs sont munies de freins instantanés. Il y a aussi des locomotives spéciales pour les voies à crémaillères; des locomotives qui emportent, au lieu de foyer, une provision de vapeur ou d'air comprimé ; des locomotives routier es, etc. La locomotive électrique paraît devoir remplacer la locomotive à vapeur; elle donnera des vitesses supérieures, à cause du mouvement continu et non pas alternatif qu'elle peut fournir.
Batteuse. — Les machines à battre sont connues depuis le XVIIIe siècle; mais leur usage ne s'était pas généralisé. Elles se sont répandues beaucoup aujourd'hui, depuis qu'on les a perfectionnées. Il en existe de nombreux modèles. Elles sont mues soit à la main, soit beaucoup mieux par un manège ou par une machine à vapeur. Les unes servent pour le blé ou les céréales ; les autres, pour graines fourragères.
Moissonneuse. — Elle consiste dans une sorte de traîneau attelé de deux chevaux et porté sur deux roues de fer. Une des roues met en mouvement : une scie horizontale, qui coupe le blé ; un volant, qui le couche sur un plan incliné ; un râteau, qui ramasse le blé en javelle et le couche sur le sol. La première moissonneuse fut construite par un Ecossais, en 1828; on l'a perfectionnée depuis.
Faucheuse. — Elle est actionnée elle aussi par le mouvement même de translation de la machine. La pièce principale est une scie se mouvant au ras du sol. Inventée au milieu du XIXe siècle par l'Américain Wood, la faucheuse a reçu ensuite de grands perfectionnements. Il en existe de plusieurs sortes. La faucheuse-moissonneuse est une machine qui peut couper également les plantes fourragères et les céréales.
Moulin — Les moulins ne servent pas seulement à moudre les céréales, mais aussi à broyer les couleurs, à réduire en poudre le café, le plâtre, les graines oléagineuses, les fruits dont on veut extraire le jus, etc. On distingue les moulins ii bras, à manège, à veut, à eau, à vapeur. Les moulins à farine sont, les uns, à meules de pierre, et les autres à meules métalliques. Des deux meules de pierre, l'une est dite meule d'en bas ou gîte, meule gisante ; l'autre, meule d'en haut, courante ou tournante (v. moulin, établissement).
Métier. — C'est le nom général donné à différentes machines qui servent à filer ou à confectionner divers ouvrages, principalement des tissus. On distingue : le métier ordinaire ou métier du tisserand, dont la forme la plus parfaite est le métier à la Jacquard ; le métier à tricoter, qui sert à fabriquer la bonneterie; les métiers de liante et de basse lisse, qui servent pour la tapisserie ; les métiers à filer. Ceux-ci peuvent porter jusqu'à 1.200 broches, qui reçoivent autant de bobines, sur lesquelles le fil, le coton, la laine se roulent àmesurc qu'ils sont filés. Dans beaucoup de manufactures, les métiers sont automatiques, c'est-à-dire mus par l'eau ou la vapeur. Ils pourront l'être également dans les petits ateliers, lorsque l'électricité sera facilement transportée à domicile.
Tour. — Les tourneurs se servent de cette machine pour façonner en rond le buis et toute espèce de bois, la corne, l'ivoire et même des métaux, comme le cuivre. On distingue le tour éc pointes et le tour en l'air. Dans le premier, l'objet à tour-