LIVRE XII : DE L INSTRUMENT
ner est maintenu entre deux pointes. Il existe d'ailleurs beaucoup d'espèces de tours ; quelquesuns servent à la sculpture mécanique : ainsi le tour à portrait*, qui sert à réduire des bas-reliefs de toute grandeur.
Presse. — C'est le nom général de toutes les machines qui servent à exercer une pression plus ou moins forte, que l'on peut augmenter ou diminuer à volonté. A la presse se ramènent donc les pressoirs qui servent à fouler les raisins, les pommes, les poires, les olives, les noix, les graines oléagineuses dont on veut extraire le suc. On distingue surtout : la preste à levier, la plus simple de toutes; la presse à vis; la presse à cylindres, dont font usage les typographes, les imprimeurs sur étoffes : le /a mi unir et la calandre en sont des espèces ; la presse hydraulique, dont la première idée est due à Pascal.
Drague. — Cette machine, dont il existe un grand nombre d'espèces, sert à tirer du fond des rivières ou des ports les sables, les graviers, la vase et les immondices qui les encombrent, ou dont on veut les débarrasser pour les approfondir. Des dragues perfectionnées exécutent même tous les travaux nécessaires pour le creusement des canaux et des ports.
Noria. — Cette machine hydraulique, en forme de chapelet, est employée surtout pour les irrigations Elle consiste en une chaîne sans fin enroulée sur un tambour, et le long de laquelle sont attachés des augets. Si l'on fait tourner le tambour au moyen d'une manivelle ou d'un manège, les augets vont prendre l'eau au fond et l'élèvent au point voulu, où ils la vident, pour redescendre. Beaucoup de dragues ont la forme d'une noria. Quelquefois celle-ci consiste simplement en deux seaux attachés aux deux bouts d'une corde enroulée autour d'un treuil.
Pompe. — Considérées en général, les pompes sont des machines qui servent à aspirer et à raréfier ou bien à refouler et à comprimer des liquides ou des gaz. De là les pompes à g as et les pompes à eau ; et aussi, en raison de leur mode d'action, les pompes aspirantes, les pompes foulantes et les pompes aspirantes et foulantes tout ensemble. On distingue, en raison de leur organisme, les pompes à piston, rotatives, centrifuges. Les pompes ordinaires, dites aussi pompes èlèvatoires, sont les plus simples ; elles sont aspirantes seulement et ne peuvent élever l'eau que bien au-dessous du maximum idéal de 10 mètres 33, équivalent de la pression atmosphérique. Les pompes à incendie sont des pompes aspirantes et foulantes, dont le tuyau d'aspiration est très court et le tuyau de décharge flexible et très long. On a construit des pompes à vapeur qui donnent un jet très abondant et très fort qui peut s'élever à 50 mètres.
Treuil. — Il consiste en un cylindre tournant sur son axe entre deux points fixes et au moyen duquel on peut, avec une petite force, enlever un poids considérable, attaché à une corde qui s'enroule autour du cylindre. Il suffit, pour cela, que le cylindre soit mis en mouvement par une roue ou une manivelle ou des leviers d'un diamètre bien plus considérable. Le treuil agit donc comme un levier. Il entre comme élément essentiel dans le cabestan, la chèvre, la grue. Le cabestan est employé dans les ports, pour attirer des fardeaux, lever l'ancre, etc. La chèvre, qui sert à élever des matériaux dans les maisons en construction, consiste en un triangle solide, au sommet duquel est une poulie; la corde qui passe sur cette poulie et doit élever le fardeau, vient s'enrouler autour du treuil. La grue sert non seulement à élever des fardeaux, mais encore à les transporter d'un lieu à un autre, enfournant sur elle-même, etc. Elle sert aux chargements et aux déchargements. Toutes ces
machines peuvent être mises en mouvement par la vapeur.
Levier. — L'élément le plus essentiel de tout mécanisme est le levier. On y distingue le point fixe ou d'appui et les points où s'appliquent les forces, dites l'une puissance, et l'autre résistance. Entre ces deux points et le point d'appui sont les bras de I crier. Ces trois points peuvent d'ailleurs être distribués différemment : tantôt c'est le point d'appui qui est entre les deux autres, et tantôt c'est le point où s'applique la puissance ou celui auquel s'applique la résistance. Les lois du levier sont bien connues : avec une force minime on peut produire les plus grands effets. Le mot qu'on prête à Archimède est parfaitement juste : Avec un point d'appui et un levier suffisants je soulèverais le monde. Le levier est utilisé notamment dans les balances. Dans le corps des vertébrés, le mouvement des os sous l'action des muscles n'est qu'un jeu de leviers.
Echelle. — Il y a des échelles simples et des échelles doubles. Celles-ci n'ont pas besoin de point d'appui et sont formées de deux échelles simples jointes par le bout au moyen d'une charnière, etc. On monte aussi des échelles sur des roues afin de s'en servir dans les jardins, par exemple, ou pour les incendies. Les échelles à un seul montant, traversé par de courtes chevilles, prennent le nom de rancher. Les plombiers, les charpentiers, les couvreurs, les marins se servent aussi d'échelles de cordes, qui consistent en une grosse corde à nœuds ou qui ont la forme des échelles ordinaires : on les suspend avec des crochets à l'endroit où l'on veut monter.
Balance. — La balance ordinaire se compose d'un levier appelé fléau, dont les bras sont d'égale longueur et portent à leurs extrémités deux bassins ou plateaux. Dans la balance de Quintenz ou bascule, de même que dans la balance romaine, les leviers sont inégaux ; ce qui permet de faire équilibre à des poids considérables par des poids beaucoup moindres. La balance, du moins la balance ordinaire, était connue dès la plus haute antiquité : la mythologie en faisait l'attribut de Thémis et le symbole de la justice. En physique, on se sert de la balance hydrostatique, imaginée par Galilée, pour évaluer le poids spécifique des liquides et des solides ; on se sert de la balance de torsion, inventée par Coulomb, pour évaluer la force d'attraction des corps électrisés.
Roue. — C'est une machine simple, qui entre dans une foule de mécanismes, dont elle devient souvent l'élément principal. Elle sert en particulier au mouvement des voitures et de la plupart des autres véhicules. Les roues sont en bois, en métal, etc. ; les unes sont pleines, les autres sont creuses; elles prennent toutes les formes et toutes les dimensions. Tantôt elles sont destinées à rouler sur leur circonférence et à se déplacer (roues de voitures) ; tantôt elles tournent autour d'un axe immobile (poulie), ou sur des pivots (roues de montre). Les roues à dents forment des engrenages. On appelle roues hydrauliques, des roues à grandes dimensions qui sont mues par une eau courante et transmettent le mouvement à une machine quelconque.
Turbine. — Les turbines sont des machines hydrauliques plus parfaites que les roues hydrauliques. A la différence de celles-ci, elles sont plongées complètement dans l'eau, et peuvent, par conséquent, fonctionner sous la glace et pendant les grandes eaux. Elles tournent avec plus de vitesse et utilisent beaucoup mieux la force de l'eau.
Hélice. — Ce nom s'applique à toute machine en forme de vis ou de tire-bouchon. Mais l'hélice proprement dite est celle qui est employée comme propulseur par des bateaux à vapeur. Elle doit être