‹ Dictionnaire universel de la pensée (volume 2)Chapitre 436 sur 686 · PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE · texte numérisé non relu

PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE

Tristes progrès que ceux de la guerre ! Mais puisqu'elle est une cruelle nécessité à prévoir, il faut la conjurer d'une main et la préparer de l'autre. Un peuple incapable de défendre ses frontières ou de protéger au dehors ses droits méconnus et méprisés, est menacé d'une ruine imminente : dans sa faiblesse déshonorante, il ne trouvera pas même le bénéfice de la paix, parce qu'il aura trop redouté la guerre : Si vis pacem, para bel/ «m.

On distingue principalement les armes défensives et les armes offensives. Celles-ci comprennent les armes de ma in, dites autrefois armes d'hast (pique, lance, épée) et les armes à jet (flèche, javelot). On les divise aujourd'hui en armes blanches et armes à feu. Ces dernières ont pris une importance extrême, depuis l'invention de la poudre. Les armes à feu les plus perfectionnées sont rat/ces et se chargent par la culasse. L'avantage des rayures avait été remarqué dès le XVe siècle ; vers 1620, on fabriquait des fusils rayés, fort recherchés : mais on n'a tiré tout le parti possible de cet avantage, pour les fusils et les canons, qu'au XIXe siècle. L'industrie des armes est libre en France, sauf en ce qui concerne les armes à leu des modèles réglementaires dans l'armée ; elle est réglée par la loi du 14 août 1885. Le port d'armes, pouvant entraîner de graves dangers, est soumis à certains règlements.

Armure. — L'armure a été en usage chez les anciens, au moyen âge, et même plus tard jusqu'à Louis XIV. L'armure complète d'un chevalier, au moyen âge, comprenait les pièces suivantes : le heaume ou Varmet, le hausse-col, la cuirasse, les èpaulières, les brassards, les gantelets, les cuissards, les genouillères et les grèves. Les chevaux étaient aussi protégés par une armure, qui couvrait la tête, le poitrail et les flancs. On conserve au Musée d'artillerie, à Paris, une armure qui aurait appartenu à Godefroy de Bouillon et celle de Jeanne d'Arc. Le Musée des souverains conserve des armures de François Ier et de Louis XIV.

Casque. — Il fut porté par les guerriers égyptiens, hébreux, assyriens, persans, grecs, romains. Le casque grec était sans jugulaire; le casque assyrien et le casque persan ressemblaient à la tiare. Au moyen âge, le casque des chevaliers s'appela heaume, puis armet ; le casque des fantassins, plus léger et plus simple, s'appelait m or ion, cabasset, bassinet, pot de fer, pot en tète. Aujourd'hui le casque est encore porté par les cuirassiers, les dragons, les gardes municipaux à cheval, les pompiers. En Prusse, le casque en cuir bouilli et à pointe de fer, est la coiffure militaire.

Cuirasse. — Cette arme défensive a été portée par les guerriers anciens et presque à toutes les époques ; elle fut d'abord de cuir, de lames de fer, etc. Abandonnée par les Romains, elle fut reprise par les Francs à la fin du VIIIe siècle, puis remplacée, deux siècles plus tard, par la cotte de mailles. Au XIVe siècle, on préféra la cuirasse pleine, qui préservait seule des estocades ou coups de pointe et résista mieux aux premières armes à feu. Elle était en métal battu et se composait de deux parties : un plastron et une dossière, s'ajustant ensemble au moyen d'épaulières et de courroies, qui laissaient nécessairement quelque défaut; d'où l'expression : frapper au défaut de la cuirasse. Sous Louis XIII, l'infanterie quitta la cuirasse. Elle est portée encore aujourd'hui par les cuirassiers.

Bouclier. — On portait cette arme défensive au bras gauche. Le bouclier fut fait d'abord d'osier ou de bois léger, couvert de cuir, de lames de fer, etc. ; tantôt il était rond, tantôt rectangulaire. Les anciens regardaient comme une honte d'abandonner son bouclier sur le champ de bataille ; aussi une mère Spartiate recommandait à son fils, partant pour la

guerre, de revenir dessous ou dessus son bouclier, c'est â-dire vainqueur ou tombé glorieusement Les Francs proclamaient leurs rois en les élevant sur un bouclier (pavois) ; ils les présentaient ainsi au peuple. Au XIe siècle, le bouclier se couvrit d'armoiries et prit le nom d'écu (v. ce mot). Il disparut avant la cuirasse, après l'invention des armes à feu.

Epée. — Elle a varié beaucoup de forme et de qualité, selon les temps et les peuples. L'épée des Gaulois était longue, large, en fer mal trempé ou en cuivre ; celle des Romains était en fer, à lame courte, à pointe acérée et à double tranchant. Les Francs portaient une épée courte, pesante, à deux tranchants et sans pointe. Les paladins donnèrent des noms à leurs épées, dont ils se servirent glorieusement : celle de Charlemagne s'appelait Joyeuse ; celle de Roland, Durandal. L'épée des croisés était droite, à poignée en forme de croix ; celle des Sarrasins était recourbée. Les chevaliers se servaient aussi d'une épée longue et pesante, qu'ils maniaient avec les deux mains [espadon) et avec laquelle ils frappaient des coups terribles. L'usage de porter l'épée en tout temps existait chez les Perses, les Sarrasins, les Gaulois, mais non chez les Romains, qui ne la ceignaient qu'en temps de guerre. Au XVIe siècle, sous l'influence espagnole, l'épée devint une partie du costume civil des militaires et des gentilshommes. De tout temps, l'épée a été l'arme française par excellence. Symbole de la guerre, elle était en outre, dans l'ancienne monarchie, le symbole de la puissance souveraine : il appartenait au connétable de porter l'épée nue devant le roi, aux grandes cérémonies.

Poignard. — Cette arme, plus cruelle que la précédente, était employée par les soldats romains. La dague et la miséricorde, avec lesquelles on achevait un ennemi, au moyen âge, n'étaient que des espèces de poignard. On portait la dague à la ceinture, et cette coutume se conserva jusqu'au règne de Henri IV. On donne le nom de couteaupoignard ou de sabre-poignard à certaines armes aiguës et à double tranchant. Mais le poignard, comme le couteau, n'est plus qu'une arme d'assassin.

Hache d'armes. — Les haches de métal ou de silex ont été employées de tout temps et chez tous les peuples comme instrument de guerre. Les Romains s'en servaient pour les combats sur mer et pour les sacrifices ; ils en avaient placé au faisceau des licteurs : la hache symbolisait la justice et elle a servi longtemps à l'exécution des condamnés à la peine capitale. Les haches celtiques, qu'on trouve en si grand nombre dans les stations préhistoriques et dans les tombeaux, servaient aussi dans les combats : on en trouve sous la tête des guerriers et à leurs pieds. La hache était l'arme principale des Francs : d'où le nom de francisque. C'était aussi l'arme préférée des Anglo-Saxons. Mais elle fut vaincue par la lance normande à la journée d'Hastings.

Lance. — Comme la massue, la lance est une arme des plus simples et, par conséquent, primitive ; mais sa forme et son emploi ont varié beaucoup. La surisse des phalangites macédoniens, la hastc des hastaires romains, la f ramée et Vangon des Germains et des Francs, n'étaient que des espèces de lances. Au moyen âge, la lance proprement dite fut réservée aux chevaliers, qui s'en servaient dans les tournois comme dans les combats. Mais les lances des tournois étaient d'ordinaire mousses ou mornées (lances courtoises) ; souvent aussi elles étaient creuses ou sciées à demi. Les fantassins portaient des piques, qui devinrent des pertuisanes et des espontons. Sous François Ier, l'usage de la lance devint général, mais ne dura point.

Flèche. — La flèche diffère du dard en ce que celui-ci est dégarni déplumes, qui dirigent son vol ; mais l'un et l'autre sont des traits. La flèche est

Page 1