LIVRE XIII : DE L'ANIMAL
figure souvent sur les étendards chinois. Dans l'iconographie chrétienne, il symbolise le mal et l'esprit de ténèbres. L'archange Michel est représenté terrassant le dragon infernal. De même que le dragon, le griftbn a été adopté comme emblème en Orient et en Occident : il figure souvent dans les blasons. On y voit aussi la licorne. Peut-être que la licorne des anciens n'était qu'une espèce de bœuf sauvage (urus) ou d'antilope. On a pensé, avec quelque reison, que les animaux fabuleux étaient un vague souvenir des animaux préhistoriques.
Domestication. — On a pu dire que la domestication est la conquête d'une race animale, que l'homme assujettit définitivement à son service. Elle diffère de l'apprivoisement, qui ne modifie dans leurs rapports avec l'homme que certains animaux d'une race ou d'une espèce ; elle diffère à plus forte raison de l'état de captivité dans lequel sont retenus, par exemple, les fauves des ménageries. On ne compte pas plus de 40 espèces domestiques ; et elles le sont, pour la plupart, de temps immémorial.
Races animales. — L'amélioration des races, leur parfaite adaptation aux besoins de l'homme est l'objet principal de la culture des animaux. Elle est fondée sur ce principe de physiologie, que les qualités sont héréditaires et qu'elles s'enracinent de plus en plus avec le nombre des générations. Après bien des essais, on est parvenu à des résultats remarquables : vaches laitières, animaux de boucherie et oiseaux de basse-cour, chevaux de trait ou de selle, chiens de garde ou de chasse, etc. donnent, pour ainsi dire, le summum des qualités que leur espèce comporte et que l'homme peut en attendre.
Carnassier. — Au point de vue de leur alimentation, les animaux sont dits carnassiers et carnivores, herbivores, frugivores, etc. Le nom de carnassiers s'applique spécialement à un ordre de mammifères, dont les limites 'ne sont pas toujours tracées de la même manière. Cuvier rangeait sous le nom général de carnassiers : les chéiroptères, ies insectivores, les carnivores et les marsupiaux. Il comptait ensuite, parmi les carnivores : les plantigrades, les digitigrades et les amphibies. Mais le nom de carnassier ou de Carnivore s'étend généralement soit à des mammifères, soit à des oiseaux, soit à des insectes, en un mot à tous les animaux qui vivent de proie. Cuvier avait remarqué, avec beaucoup de sagacité, que le genre d'alimentation, chez les animaux, était en corrélation étroite avec l'organisme : appareil dentaire, système digestif, moyens d'attaque, etc.
Œuf. — Tout vivant vient d'un œuf : Omne oivum ex ovo. L'élément essentiel de l'œuf c'est l'ovule. Les œufs les plus simples sont microscopiques ; ils s'augmentent par l'addition de matériaux nutritifs que la nature met en réserve pour l'embryon (v. ce mot), comme il arrive chez les oiseaux. Mais c'est l'ovule qui possède l'activité vitale. Le nombre des œufs que pond chaque espèce est très variable : les poissons, qui abandonnent leurs œufs dans l'eau, où ils périssent le plus souvent, en pondent des milliers et même des millions; les raies et les squales en pondent quelques centaines; les oiseaux, un petit nombre; beaucoup de pajmipêdes, un seul. Lesœufs île basse-cour servent généralement à la nourriture do l'homme (v. aliment).
Incubation. — La plupart des oiseaux et certains reptiles ovipares couvent leurs œufs, c'est-àdire qu'ils fournissent en se tenant appliqués sur eux la chaleur nécessaire à leur développement. La durée de la couvaison ou incubation est variable selon les espèces: la poule couve de 20 à v?4 jours; le pigeon, \X; la pintade, 28|; la cane, 29 : l'oie, 31 : la dinde, 32; certaines espèces, HO. On se sert
aussi de fours d'incubation ou couveuses artificielles.
Mue. — Les animaux sont tous plus ou moins sujets à certaines unies, qui se distinguent de la métamorphose en ce qu'elles n'altèrent point les formes premières de l'être. Chez les mammifères, la mue s'observe principalement dans le passage de la jeunesse à la puberté. A ce moment, la voix de l'homme devient plus grave; celle de la femme prend plus d'intensité. Les jeunes lions changent de livrée en grandissant. Beaucoup d'autres mammifères (chiens, chats, chevaux) renouvellent leur poil au printemps. Les oiseaux changent de plumes vers l'automne ; quelques espèces muent deux fois par an. Les reptiles et les écrevisses, parmi les crustacés, changent souvent d'enveloppe. Les larves, en particulier le ver à soie, changent plusieurs fois de peau avant d'arriver à leur métamorphsse. Métamorphose. — En histoire naturelle, ce nom désigne le changement profond que subissent dans leur forme générale et dans leur genre de vie certains animaux. Les métamorphoses s'observent principalement chez les insectes. Elles sont complètes ou incomplètes. Les premières offrent la succession des trois états distincts : chenille ou /acre, chrysalide ou nymphe, papillon ou Insecte parfait. Les insectes qui passent par ces trois états sont : les coléoptères, les névroptères, les hyménoptères, les lépidoptères. Les insectes qui n'offrent que des métamorphoses incomplètes sont : les hémiptères, les orthoptères. On observe aussi des métamorphoses chez les batraciens, chez certains poissons, chez les myriapodes, les crustacés, les annélides, les mollusques.
Branchies. — Les organes et les membres du corps de l'homme ont leurs analogues chez les animaux, surtout chez les animaux supérieurs. A la bouche de l'homme répondent le bec chez les oiseaux, la gueule chez le lion, etc. Parfois le même nom peut s'appliquer à l'homme et à l'animal ; d'autres fois, au contraire, la comparaison est injurieuse. Le poumon de l'homme et des vertébrés supérieurs se rencontre sous forme de branchies, chez les poissons et d'autres animaux aquatiques. Les branchies sont organisées pour absorber l'oxygène qui est dissous dans l'eau, comme les poumons sont organisés pour la respiration dans l'air. De même que les poissons, les têtards des grenouilles et des salamandres, les larves aquatiques de beaucoup d'insectes aériens respirent au moyen de branchies. Celles-ci font place à des poumons ou à des trachées, quand l'animal devient parfait. Corne. — On observe les cornes chez les ruminants et principalement chez le bœuf, où elles deviennent une arme redoutable. Le renne excepté, les cornes ne se développent que chez le mâle. Elles sont caduques chez le cerf, le daim, l'élan, c'est-à-dire qu'elles tombent tous les ans au printemps ; on les appelle bols. Les cornes sont généralement au nombre de deux ; cependant on en trouve quatre chez certaines antilopes. Les cornes des antilopes et des gazelles sont pleines; mais généralement, chez les autres espèces, les cornes sont creuses. La corne qu'on observe sur le nez du rhinocéros, n'est pas un prolongement de l'os frontal, comme chez les ruminants, niais plutôt un faisceau de poils agglutinés et durcis : elle n'en est pas moins redoutable. On observe aussi des espèces de cornes chez certains oiseaux et chez le céraste, parmi les serpents. La corne a sa place dans la symbolique. La Fable a fait de la corne de la chèvre Amalthée, ou de celle du taureau Achéloûs, vaincu par Hercule, la corne d'abondance, pleine de fleurs et de fruits. Chez les Hébreux et les Orientaux, les cornes symbolisaient la force.
Bec. — C'est l'organe qui tient lieu de bouche aux oiseaux et à quelques autres animaux; il ren-