LIVRE XIII : DE L'ANIMAL
oiseaux, comme le poil celui des mammifères; et le plumage des premiers l'emporte souvent, par ses vives couleurs, sur le pelage des seconds. On distingue les plumes longues et fortes qui servent au vol (pennes des ailes et de la queue), et les plumes menues qui couvrent le corps (plumes tectrices) et se changent souvent en un léger duvet, analogue au poil le plus fin de certains mammifères. Mais la structure de la plume est plus compliquée que celle du poil. La plume comprend généralement trois parties : un tube ou tuyau creux, implanté dans le derme, où il puise les sucs nécessaires; une tige, qui contient une matière blanche et spongieuse; des barbes, placées de chaque côté de la tige. Les plumes sont employées dans l'art et l'industrie. Avec les belles plumes d'autruche, de paon, de coq, les plumassiers font des plumets, des panaches et autres ornements. Les plumes délicates de l'oie, du cygne, de l'eider, servent à garnir les oreillers, les édredons. Les pennes de l'oie ont longtemps servi à écrire. Celles du corbeau, recherchées pour leur finesse, sont encore employées.
Vol. — Les plus gros oiseaux, comme l'autruche, le casoar.ne volent pas, bien qu'ils puissent s'aider beaucoup de leurs ailes pour la course. Et parmi les oiseaux qui peuvent s'élever et se soutenir dans l'air, tous ne volent pas à la même hauteur ni avec la même rapidité. L'aigle peut planer sur les sommets; mais le pigeon, dont le vol est cependant aussi rapide, sinon davantage, se tient dans des régions moins hautes. Si on le lâche d'un ballon, à certaines altitudes, il tombe d'abord comme du plomb. En fauconnerie, on distingue les oiseaux de haut vol et ceux de bas vol. Parmi les premiers, est le faucon, qui chasse le héron, le canard, la grue; parmi les seconds, le tiercelet, qui chasse la perdrix, la pie.
Pousse, morve, etc. — Parmi les maladies des animaux, nous en remarquerons quelquesunes. La pousse, qui affecte le cheval, est caractérisée par une difficulté de respirer qui n'enlève pas à l'animal toute aptitude au travail. Cette maladie provient d'un mauvais état des poumons ou du cœur, ou d'une hypertrophie du foie, etc. : elle est à peu près inguérissable. La morve est une maladie redoutable, qui atteint particulièrement le cheval et l'âne : elle consiste dans une infection de tout l'organisme par certains microbes ; elle est contagieuse et peut se transmettre à l'homme. La morve est inguérissable; elle est comptée parmi les vices rédhibitoires. Le farcin est une sorte de morve, également contagieuse et incurable.
Tournis. — Cette maladie des moutons et des bêtes à cornes, qui fait tourner sur lui-même l'animal qui en est affecté, est causée par la présence, dans le cerveau, de l'embryon d'un ténia, qui vit dans le chien et dans le loup. Les œufs de ce ténia, étant déposés sur les pâturages, sont ingérés par l'animal qui paît ; ils pénètrent ainsi dans le tube digestif, où ils se développent; le parasite perce alors les tissus et pénètre dans le cerveau. Une nouvelle ingestion peut l'introduire dans le tube digestif du chien ou du loup, où il redevient un ténia.
Fièvre aphteuse. — Cette maladie, qui sévit sur les races ovine, bovine et porcine, est très conlagieuse, mais offre peu de gravité. Elle est caractérisée par l'apparition d'aphtes sur la muqueuse buccale, les trayons et aux extrémités des membres. L'animal qui en est atteint bave ou boite. On la combat par une nourriture rafraîchissante, des pansements astringents, des onctions émollientes.
Pépie. — Cette maladie, qui attaque les oiseaux et en particulier les poules, ne s'observe jamais |
chez les canards, les oies et les pigeons. Elle consiste en une pellicule blanche, écailleuse, qui couvre parfois la langue, empêche l'animal de boire et lui arrache des cris plaintifs. La pépie paraît être d'origine diphtérique. Elle est rapidement mortelle, si l'on n'arrache la pellicule.
Epizootie. — C'est le nom des épidémies qui sévissent sur les animaux. Elles proviennent d'affections contagieuses : typhus, charbon, clavelée, morve, etc. Pour combattre les épizooties, on isole les animaux atteints; souvent même on est obligé de les abattre. D'après la loi du 21 juillet 1881, les détenteurs d'animaux atteints d'une maladie contagieuse, doivent les séquestrer et informer le maire de la commune, sous -peine d'emprisonnement et d'amende. La peine est plus grave, si on laisse communiquer avec d'autres des bestiaux infectés. La même loi accorde certaines indemnités pour les animaux abattus par suite du typhus, etc.
Troupeau. — Les troupeaux sont aussi anciens que l'art pastoral ; ils 'datent des origines. Les premiers peuples pasteurs furent nomades. Aujourd'hui encore la vie nomade est celle des pasteurs des hauts plateaux de l'Asie. Dans certaines contrées de l'Occident (Pyrénées, Espagne, Algérie, Provence) des troupeaux considérables transhument dans la montagne, quand vient la saison favorable. Mais ces troupeaux, qui comptent seulement quelques milliers de têtes, sont peu de chose en comparaison de ceux qu'on élève dans les immenses exploitations de l'Amérique et de l'Australie.
Migration. — Les migrations d'un grand nombre d'espèces d'animaux, offrent quelque chose d'analogue à la transhumance des troupeaux; mais elles sont bien plus remarquables, car l'industrie de l'homme n'y est pour rien. Les migrations les plus curieuses sont observées chez des oiseaux, des poissons et des insectes. Les hirondelles émigrent tous les ans : elles partent vers l'automne et reviennent au printemps; les cigognes, les grues, les hérons, les cailles, les oies, les canards émigrent de même périodiquement; d'autres oiseaux émigrent d'une façon irrégulière : on les comprend tous sous le nom d'oiseaux de passage. Les migrations de certains poissons sont peut-être plus curieuses encore : les uns passent de la mer dans les fleuves, où ils viennent pondre (saumon, esturgeon, alose) ; les autres passent des fleuves dans la mer (anguille) ; d'autres parcourent l'Océan en divers sens et forment parfois des bancs innombrables (harengs, sardines, anchois, maquereaux, thons). Parmi les insectes, on ne peut oublier les sauterelles ou criquets, qui traversent le ciel comme d'immenses nuages et s'abattent sur des contrées, dont ils sont le plus terrible fléau.
Bétail. — Le bétail est indispensable dans l'agriculture : il sert au labourage, au transport des produits; il fournit des engrais, qui fertilisent le sol. L'élève du bétail, dans de bonnes conditions, est des plus lucratives. On distingue surtout le gros et le menu bétail. Celui-ci comprend les bêtes à laiwe (brebis, mouton), les bêtes à poil (chèvre, bouc), les bêtes à soie (porc). Le gros bétail comprend le cheval, le mulet, le bœuf, etc.
Meute. — La meute a été créée pour le plaisir de la chasse. Elle peut comprendre jusqu'à 100 ou 150 chiens. Ils doivent être de même jh>'</, afin qu'il n'y ait pas de traînards, lorsque la meute est lancée après la bête. Les meilleurs chiens d'une meute, appelés clés de meute, servent à conduire les autres, à les remettre dans la voie. La meute est commandée par un piqueur.
Gibier. — Le gibier ne comprend que les animaux bons à mander pris à la chasse. Ne sont pas réputés gibier : le loup, le renard, le blaireau, les oiseaux rapaces, etc. On distingue surtout le gros et le menu gibier. Celui-ci comprend le lièvre, lo