‹ Dictionnaire universel de la pensée (volume 2)Chapitre 453 sur 686 · PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE · texte numérisé non relu

PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE

embuscade sur la basse branche d'un arbre pour s'élancer de là sur sa proie. Il se cramponne à son cou, en brise la première vertèbre, ouvre le erâne et suce la cervelle. Comme le loup, il pousse pendant la nuit une sorte de hurlement. Cet animal féroce est plein de grâce et de légèreté. L'œil du lynx, qui est très vif, est devenu proverbial. La Fable attribuait au lynx la faculté de voir à travers les corps opaques.

Chien. — Le chien est répandu à peu près partout, à l'état domestique ou à l'état sauvage. C'est un digitigrade à ongles non rétractiles ni tranchants ; il porte 5 doigts aux pieds de devant, et 4 aux pieds de derrière. Sa mâchoire est armée de 42 dents. Le chien proprement dit est le type d'une famille nombreuse (les canidés), qui comprend, outre le chien domestique et le chien sauvage, le loup, le renard et la hyène. Le chien domestique, si connu et si utile à l'homme, qui l'a domestiqué dès la plus haute antiquité, offre un très grand nombre de races et de variétés. Plusieurs naturalistes le fond descendre du chacal, dont il diffère légèrement, ainsi que du loup (par la queue droite et les yeux plus en avant). Au service de l'homme, sa nature s'est merveilleusement modifiée : il aboie, au lieu de hurler, manifeste de mille manières tous ses sentiments; il saisit lui-même tous les désirs de son maître avec lequel il a mille manières de communiquer ; il l'accompagne à la chasse, àlaguerre, en voyage ; il garde la maison et les troupeaux ; il devient même un animal de trait, le seul qu'on puisse employer sous les climats glacés. Le chien naît après 63 jours de gestation: il est adulte à 2 ans et vieux à 15. La rage est sa maladie la plus redoutable. Plusieurs naturalistes ramènent toutes les variétés canines à 6 catégories : les lévriers avec les bassets et les turcs ; les mâtins, qui sont de grande taille et ont le poil court; les chiens laineux, parmi lesquels le terre-neuve, le chien du Saint-Bernard, le chien du berger, le chien-loup ; les chiens de chasse proprement dits, avec les chiens courants, les braques, les épagneuls, les barbets; les chiens m clés ; les dogues.

Loup. — Le loup diffère du chien par son museau allongé, des oreilles toujours droites, une taille plus grande, des proportions et une mâchoire plus fortes. Il habite depuis les pays chauds jusqu'à la mer Glaciale. La Russie en est particulièrement infestée. Cet animal féroce, qui a moins de courage cependant que de force, est le fléau des bergeries ; quand la faim le presse, il s'attaque à l'homme. Les bandes de loups affamés sont particulièrement redoutables. Les Egyptiens adoraient le loup, et une ville, Lycapo/is, lui était même consacrée. A Rome, une louve passait pour avoir allaité Romulus et Rémus, fondateurs de la cité et réputés fils de Mars. Les Romains avaient consacré le loup à ce dieu. En France, la destruction des loups était confiée autrefois à un grand officier de la couronne, le grand louvetier. On accorde aujourd'hui encore de légères primes aux destructeurs de loups. Mais l'Angleterre seule est parvenue jusqu'ici à les exterminer de chez elle.

Chacal. — Cet animal, qu'on trouve en Afrique, dans l'Asie Mineure et aux Indes, tient du loup et du renard : il a la tête du premier, la taille du second ; mais il est un peu plus haut sur jambes que le renard et sa queue est peu fournie. 11 est vorace, vit de petite proie, profite de celle qui est laissée par les grands fauves et déterre même les cadavres; il chasse par troupes, qui font entendre la nuit des hurlements lugubres.

Renard. — Il se distingue du chien par son museau pointu, sa tête plus large, sa queue longue et touffue, sa taille plus petite, ses yeux organisés pour la chasse de nuit, comme ceux du chat. Le renard est renommé pour ses ruses et il est devenu

depuis longtemps le type de l'astuce. Son terrier est creusé ordinairement à l'entrée des bois, dans le voisinage des fermes : il se nourrit de volailles, de perdrix, d'œufs, de lapins, de lièvres, etc. Il exhale une odeur très forte. La fourrure de certains renards (renards noir, bleu) est très précieuse.

Hyène. — Cet animal nocturne est très vorace et préfère les cadavres aux proies encore palpitantes. Il a beaucoup de rapport avec le loup : mais les membres postérieurs portent moins haut le corps que les membres antérieurs ; il n'a que quatre doigts aux pieds de devant comme à ceux de derrière; le poil du cou est hérissé en forme de crinière. Ses diverses espèces habitent l'Afrique, la Syrie, la Perse, etc. Parmi les hyènes fossiles, on remarque l'hyène des cavernes, qui était bien plus grande que celle d'aujourd'hui.

Marte ou martre. — Le genre marte comprend, outre la marte commune, la fouine, le putois, la belette, etc. Ces petits carnassiers sont vifs et agiles, ils vivent de rapine et ravagent quelquefois les basses-cours. Plusieurs sont très recherchés pour leur fourrure. La marte zibeline habite le Nord de l'ancien continent.

Furet. — Ce petit carnassier, dont on se sert en France pour la chasse au lapin, vit en Espagne à l'état sauvage. On le musèle ordinairement avant de l'introduire dans les terriers, afin qu'il n'égorge pas ses victimes, et ne s'endorme après avoir dévoré leur cervelle et bu leur sang.

Hermine. — La robe de l'hermine, qui est si recherchée, n'est pas la même en hiver qu'en été. En été, elle est brune en dessus, d'un blanc jaunâtre en dessous ; en hiver, elle est d'un blanc éclatant et très fournie. Ce petit animal est aussi gracieux que bien vêtu, mais il est très sauvage et exhale une très mauvaise odeur, comme le putois. Sa taille ne dépasse pas 0m25, depuis l'extrémité du museau jusqu'à l'origine de la queue, laquelle est presque aussi longue.

Loutre. — Cet animal aquatique a les jambes courtes, les pieds larges et palmés, la queue aplatie. La loutre d'Europe vit solitairement au bord des étangs ou des rivières et passe les nuits à pêcher : elle plonge et nage avec une extrême facilité. Elle vit de poissons et d'herbes. Il existe plusieurs variétés de loutres au Canada, au cap de Bonne-Espérance, etc. La loutre de mer se rapproche des phoques; elle vit comme eux sur les côtes septentrionales du Pacifique. Sa fourrure est estimée.

Ichneumon. — Ce petit carnassier, de la taille de l'hermine et pourvu comme elle d'une longue queue, vit au bord des rivières. On l'apprivoise aisément. En Egypte, on l'emploie à détruire les rats et les souris. Il se nourrit aussi de lézards, de serpents, de poules et d'autres oiseaux, d'œufs. Les anciens Egyptiens pensaient qu'il détruisait les œufs de crocodile et lui rendaient un culte.

Ours. — Ce plantigrade est généralement de forte taille; il a les membres épais et puissants, la tête assez grosse et terminée par un museau plutôt mince; les pieds ont cinq doigts, armés d'ongles redoutables, quoique non rétractiles ; le pelage est épais et de couleur uniforme. On trouve l'ours sous toutes les latitudes. Il aime la solitude, si ce n'est dans le Nord, où il vit en troupes. C'est un animal hibernant. Il est habituellement frugivore; mais l'ours blanc vit de pêche et de chasse. On apprivoise aisément l'ours commun; il peut se tenir longtemps sur ses pieds de derrière et les bateleurs lui font faire toutes sortes de tours. On chasse l'ours pour sa fourrure; sa chair est bonne, en particulier les jambons et les pattes. De sa graisse on l'ait un cosmétique. L'ours naît après sept mois de gestation et vit de 30 à 40 ans. D'après une légende, il naîtrait informe et sa mère le façonnerait à force de soins ; de là l'expression d'ours mal léché. On

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