LIVRE XIII : DE L ANIMAL
distingue principalement : Yours brun, qui habite les Alpes et les Pyrénées; l'ours noir d'Europe, de même taille que le précédent; l'ours noir d'Amérique, plus grand que celui d'Europe; Vours <j)'is, de très grande taille, très redouté des Indiens d'Ainériqu» : il ne peut grimper sur les arbres; l'ours blanc, très vorace, qu'on rencontre dans les régions polaires.
Blaireau. — Le blaireau ordinaire ou taisson est long de 0 m 60, queue non comprise ; il est bas sur jambes, a le pelage long et fourni ; ses pieds ont cinq doigts, armés d'ongles qui lui permettent de fouiller le sol. Cet animal habite les forêts d'Europe et d'Amérique, où il se creuse un terrier tortueux et oblique. Il se nourrit de fruits et aussi de mulots, de grenouilles, de serpents. Sa peau sert à faire des colliers, des harnais ; avec son poil, on fait des pinceaux. Le blaireau répand une odeur forte. Il porte une poche anale, analogue à celle de la civette, et remplie d'une matière onctueuse et infecte.
Raton. — Le raton appartient à la même famille que l'ours, mais il est plus petit et plus agile. Il se nourrit de petits animaux et de substances végétales. On distingue le raton laveur, qui a l'habitude de passer dans l'eau ses aliments, et le raton crabier, qui se nourrit de crustacés. Le premier habite l'Amérique du Nord; le second se rencontre surtout dans la Guyane.
Coati. — Les coatis, qui ressemblent beaucoup aux ratons, habitent les forêts de l'Amérique du Sud, où ils vivent en petites troupes; leur taille est celle du chat. Ils grimpent sur les arbres et se nourrissent d'insectes, d'oiseaux, d'œufs, de petits mammifères. On les apprivoise facilement.
Phoque. — Les phoques vivent le long des côtes, dans les eaux de la mer, sous des climats froids ou tempérés. Ils nagent et plongent avec la plus grande facilité. Leur nourriture si' compose de poissons, de mollusques et de crabes. Les phoques étaient connus dès l'antiquité, et la Fable faisait de Protée le pasteur d'un troupeau aquatique. La fiction des sirènes, nymphes de la mer, a pu être suggérée par la vue des phoques, dont la tête et la poitrine sont celles des autres mammifères, alors que le corps se termine comme celui des poissons. On chasse les phoques pour l'huile, la peau et parfois les dents; on en prend tous les ans une grande quantité. Les naturalistes distinguent les phoques proprement dits et les otaries. Les premiers n'ont pas d'oreille externe ; ils ont des doigts libres, terminés par des ongles pointus. Ils comprennent : le phoque i commun ou oeau marin, qui habite les mers du Nord et dont la taille est d'un mètre environ; le phoque à ventre blanc ou moine, qu'on trouve dans l'Adriatique et dont la taille est de 2 ou 3 mètres; le phoque à trom pion éléphant marin, dont la taille! atteint jusqu'à 8 mètres : on le trouve dans le Pacifique; le morsf, dont l'espèce principale porte les noms de radie marine, cheval marin, éléphant <le mer, bHe à la grande dent. Sa mâchoire supérieure, en effet, porte deux longues défenses, qui se dirigent en bas et peuvent mesurer 0 m. 70; l'animal lui-même peut avoir 5 mètres de longueur. Les otaries comprennent : le phoque à crinière ou lion marin, le pthoque ourson ou ours marin. Ces animaux se trouvent au Kamtchatka.
Chauve-souris. — On place souvent aujourd'hui les chéiroptères ou chauves-souris immédiatement après les quadrumanes ou singes. Linné les avait placés parmi les anthropomorphes. Et de fait, les chauves-souris ont comme l'homme trois espèces de dents, des mains, un pouce opposable aux autres doigts, deux mamelles; les femelles allaitent leurs petits en les tenant entre leurs bras. Ces animaux sont nocturnes et ont néanmoins les yeux petits ;
mais ils ont le sens de l'ouïe et du tact très délicats. Leur pelage est celui du rat. Mais ce qui les distingue le plus, c'est l'aile membraneuse qui relie entre eus leurs doigts très allongés et les unit aux membres postérieurs. Il en résulte qu'ils volent avec beaucoup de facilité. Les chauves-souris dorment suspendues par les pieds de derrière ou par le pouce des membres antérieurs; elles sont hibernantes dans nos contrées tempérées. Souvent elles vivent en société. De tout temps cet animal a été un objet d'horreur ; les Grecs lui avaient assimilé les Harpies; cette fiction a été continuée par la fable du vampire, au moyen âge. — En iconographie, on donne à Satan les ailes de la chauvesouris, et à l'ange celles de l'oiseau.
Hérisson. — Ce petit animal, qui mesure de 0m20 à 0ln30 de longueur, a le corps recouvert de piquants, qu'il hérisse pour se défendre ; il appartient à l'ordre des insectivores. Il se plaît dans les bois, où il se tient caché pendant le jour; sa démarche est lente ; on le fait séjourner dans les jardins pour détruire les colimaçons et les insectes. On distingue : le hérisson commun, qui habite nos contrées et se terre pendant l'hiver; et le hérisson à longues oreilles, qu'on trouve sur les bords de la mer Caspienne.
Musaraigne. — Cet insectivore, assez semblable à la souris, est presque aveugle ; il habite solitairement quelque trou dans la terre ou dans un vieux mur. On distingue plusieurs sortes de musaraignes, dont la plus petite n'a guère que 0"'06 de longueur. Ces petits animaux sont très utiles, car ils détruisent quantité d'insectes nuisibles.
Taupe. — Ce petit mammifère vit sous terre, où il creuse de nombreuses galeries, marquées de distance en distance par des soupiraux appelés taupinières. Ces galeries aboutissent à des gîtes, où chaque taupe vit solitairement. Bien que les taupes détruisent quantité de larves et de vers blancs, elles sont l'un des fléaux des jardins, car elles bouleversent le sol et coupent les racines des plantes. Aussi s'applique-t-on à les détruire (v. taupier). Cet animal est organisé pour son genre d'existence : il a le corps cylindrique, la tête allongée et terminée par une sorte de boutoir, soutenu par un os spécial; les cinq doigts des membres antérieurs forment une sorte de pelle et ils sont armés d'ongles plats et tranchants ; les yeux sont si petits qu'on a cru longtemps que la taupe était aveugle.
Rat. — Jadis on donnait ce nom à tous les petits mammifères rongeurs (le rat taupe; le rat volant, sorte de chauve-souris; le rat araignée ou musaraigne, etc.). On le restreint aujourd'hui à un genre, qui est encore très étendu; il comprend : le rat noir ou rat domestique, qui infeste les habitations; la souris, qui est plus petite et peutêtre non moins incommode; le mulot ou rat champêtre; le surmulot, qui pullule dans les fermes, les égouts, et fait au rat noir une guerre acharnée. On croit que celui-ci est originaire d'Asie Mineure et qu'il a été introduit en Europe à l'époque des croisades. Les rats ont pour caractère : deux dents incisives et tranchantes à chaque mâchoire ; quatre doigts aux pattes de devant et cinq à celles de derrière ; une queue nue, longue et couverte d'écaillés. Leur fécondité est extraordinaire et leur voracité extrême; quelques espèces voyagent et exécutent de véritables invasions. On se sert de la peau des rats pour faire des gants, etc.
Campagnol. — Il appartient à la famille des rats, mais il s'en distingue par sa queue velue. Le genre campagnol comprend : le rat <lcs champs, le rat d'eau, le rat des prés. Celui-ci habite la Sibérie, et il est célèbre par ses migrations. Il part du Kamtchatka, au printemps, en troupes innom-