PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPÉDIQUE
brables, qui se dirigent vers l'ouest et arrivent sur les bords de l'Okhotsk. Elles en reviennent à l'entrée de l'hiver, suivies des carnassiers à fourrure qui en vivent et viennent tomber eux-mêmes sous les coups des chasseurs.
Loir. — Ce petit animal est de la famille des rats et voisin de l'écureuil. Il a le poil doux, la queue touffue, le museau fin, le regard perçant. On le trouve dans le midi de l'Europe. Il mange des fruits, dont il est avide, les œufs et les petits oiseaux qu'il trouve dans les nids, amasse des provisions pour l'hiver, qu'il passe, en grande partie, engourdi dans son terrier. Sa chair est bonne à manger. Les Romains en élevaient de grandes quantités.
Gerboise. — Ce rongeur habite les pays chauds : l'Arabie, la Syrie, les pays sablonneux du nord de l'Afrique. Il se sert de ses membres antérieurs pour porter à sa bouche les graines et les racines dont il se nourrit; ses membres postérieurs, de même que sa queue, sont très allongés ; aussi son allure ordinaire est le saut. Il est de naturel timide et se creuse des terriers comme le lapin.
Ecureuil. — On fait de ce rongeur, gracieux entre tous, le type d'une famille. L'écureuil a une queue longue et touffue, en forme de panache, qu'il relève sur le dos; il passe sa vie sur les arbres, où il grimpe et saute avec une merveilleuse agilité; à terre, il ne marche que par bonds. Il se dresse pour manger et se sert de ses pattes de devant comme la gerboise. Il amasse des provisions (noisettes, glands) pour l'hiver et les dissimule dans plusieurs cachettes. On l'apprivoise aisément. Parmi les espèces nombreuses d'écureuil, qu'on retrouve sous tous les climats, citons X écureuil volant, de la Russie et du Canada. Une sorte de parachute est formé entre ses jambes par un repli de la peau ; ce qui lui permet de faire de grands sauts d'un arbre à l'autre. Le même phénomène s'observe chez les phalanger s, sorte de marsupiaux (v., dans Buffon, la description de l'écureuil et de tous les animaux remarquables).
Marmotte. — Ce rongeur est de la taille d'un petit lapin; il a le corps trapu, une tête grosse, des membres très courts. C'est un animal hibernant. Il s'enferme pendant l'hiver dans de profonds terriers, qu'il a garnis de foin et dont il bouche l'entrée avec de la terre. La marmotte la plus connue est celle des Alpes, que montrent les petits Savoyards ; mais il en existe diverses espèces, répandues dans les deux mondes. La chair de la marmotte est bonne et sa fourrure est employée.
Castor. — Ce rongeur aquatique, plus curieux encore que les précédents, mesure environ 1 mètre de longueur; il a le corps ramassé, le pelage bien fourni, les doigts des pieds de derrière palmés, une grande queue ovale aplatie et écailleuse. Il habite le Nord, dans les deux mondes. On connaît surtout les travaux exécutés sur les rivières et les étangs par les castors du Canada : digues, huttes, etc. Ces digues, qui mesurent 3 ou 4 mètres à la base et atteignent plus de 60 mètres en longueur, sont construites avec des pilotis, des branchages, des pierres et de la terre gâchée en guise de ciment ; elles permettent à l'animal d'avoir un étang dont le niveau est constant. Les huttes sont construites au bord ou au milieu de l'eau ; elles sont à deux étages : l'un est sous l'eau et destiné aux provisions ; l'autre est au-dessus et sert à l'habitation. Les colonies de castors comptent jusqu'à 300 individus. On emploie la peau de castor comme fourrure ; son poil sert à faire d'excellent feutre. Comme la civette, etc., le castor secrète une substance particulière (v. castoréum).
Porc-épic. — La forme, la taille, les mœurs de cet animal le font ressembler au lapin et non pas au porc. Son caractère principal, c'est d'être comme
le hérisson, couvert de piquants, qui peuvent se redresser et tenir à l'écart un assaillant. Ces piquants tombent facilement. De là sans doute la fable ancienne d'après laquelle le porc-épic pouvait lancer ses dards. En réalité, il est inoffensif; il vit renfermé dans son terrier, dont il sort la nuit pour se nourrir de graines, de racines, etc. La plus grande espèce de porc-épic, celui d'Italie, atteint 0 m. 65.
Lièvre. — Le lièvre est le type d'une famille de rongeurs (les lèporides) . Il a les -yeux grands et saillants, à membrane clignotante, les oreilles longues, la lèvre supérieure fendue et très mobile, les jambes longues, musculeuses et très agiles. Il est de naturel doux et timide, se nourrit de végétaux, broute le thym, le serpolet, prête toujours l'oreille aux moindres bruits et ne demande son salut qu'à une fuite rapide. Il habite sous tous les climats, vit isolé et ne se terre point. C'est, dans nos pays, un gibier très recherché.
Lapin. — C'est une espèce du genre lièvre. Il en diffère par la taille, qui est moindre; par les oreilles, qui sont moins longues ; par l'habitude de vivre dans les terriers. Le lapin est originaire du nord de l'Afrique ; de là il s'est répandu un peu partout. Sa fécondité est extraordinaire : la femelle du lapin met bas 7 ou 8 fois par an de 4 à 8 lapereaux. Dans les endroits où il se multiplie, par exemple en Australie, où il a été introduit, le lapin devient un fléau pour les cultures. On élève le lapin dans des clapiers et dans des garennes (v. ce mot). La chair du lapin de garenne est préférée à celle du lapin de clapier. La peau et le poil sont l'objet d'un grand commerce.
Cochon d'Inde. — Ce rongeur, de la grosseur d'un petit lapin, est une espèce de cobaye, qu'on trouve à l'état sauvage au Brésil et à la Guyane. Il fait entendre un grognement semblable à celui du cochon de lait : de là son nom. A l'état de domesticité, on le nourrit d'herbes, de fruits, de pain. Sa chair est comestible.
Tardigrade. — Ce nom est donné particulièrement à une famille de mammifères de l'ordre des édentés. On les nomme vulgairement paresseux ; leur conformation bizarre les oblige, en effet, à ne se mouvoir que lentement ; mais ils vivent aisément sur les arbres, au milieu des branches, auxquelles ils se tiennent souvent suspendus à l'aide des puissants crochets formés par leurs ongles. Quelques naturalistes (Linné et Blainville) avaient rangé ces animaux parmi les primates, dont ils se rapprochent par leur conformation. On distingue les paresseux à trois doigts ou aïs, et les paresseux à deux doigts ou unaus. Quant au paresseux du Bengale, c'est un quadrumane, famille des lémuriens.
Fourmilier. — L'édenté qui porte ce nom habite les régions les plus chaudes de l'Amérique. Il est pourvu d'une langue filiforme, longue et visqueuse, qu'il étend sur les fourmilières, comme une sorte de piège. Les fourmis viennent s'y prendre et il n'a qu'à la retirer pour les engloutir. Les fourmiliers forment une famille, qui comprend les genres tamandua, tamanoir, etc.
Eléphant. — C'est le type des proboscidiens ou animaux à trompe. Celle-ci, qui n'est qu'un prolongement du nez, sert à saisir les objets les plus menus aussi bien que les plus pesants ; avec elle, l'animal porte sa nourriture à sa bouche, enlève des fardeaux, arrache de jeunes arbres et terrasse ses ennemis, qu'il écrase ensuite sous ses pieds, s'il ne les a déjà percés de ses défenses. L'éléphant, en effet, est caractérisé aussi par deux longues dents d'ivoire. Il ressemble, en outre, aux animaux les plus rapprochés de l'homme par ses mamelles pectorales et les cinq doigts de ses membres antérieurs et postérieurs. Les éléphants vivent en troupes