‹ Dictionnaire universel de la pensée (volume 2)Chapitre 457 sur 686 · PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE · texte numérisé non relu

PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE

de ruminants, qui comprend, outre le cerf proprement /lit, le renne, Y élan, auxquels on ajoute quelquefois la girafe. Le genre cerf comprend : le cerf commun, le daim, le chevreuil et d'autres espèces moins connues. Le cerf mâle porte des bois arrondis, qui vont se ramifiant avec l'âge : le cerf adulte (dix cors) peut avoir dix andouillers ou davantage. Le cerf habite l'Europe, une partie de l'Asie et une partie de l'Amérique : il vit en troupes parfois assez nombreuses. On chassait autrefois le cerf à cor et à cri, c'est-à-dire à son de trompe, à cheval et avec meute, bref, avec grand apparat : c'était la chasse des princes et des'grands seigneurs (v. hallali, curée).

Renne. — Le renne habite les contrées septentrionales, où il rend presque tous les mêmes services que le chameau sous les tropiques. Les Lapons se nourrissent de son lait, de sa chair, se couvrent de sa peau, qui s'emploie comme fourrure ; ils l'attèlent aussi à leurs traîneaux et peuvent parcourir ainsi 120 kilom. dans une journée. Le renne broute quelques bourgeons d'arbres ou du lichen, qu'il déterre sous la neige : l'été on le mène en troupeaux paître sur les montagnes. La femelle du renne porte une ramure aussi bien que le mâle, mais plus petite. On trouve, en France, beaucoup d'ossements et autres débris fossiles du renne, qui devait être un animal domestique des premiers habitants du sol. Une époque préhistorique est même désignée sous le nom à'âge du renne.

Girafe. — Ce ruminant a le corps mince et ramassé, mais un très long cou et une petite tête, ornée de deux petites cornes. Sa taille dépasse quelquefois 7 mètres. Cet animal inoffensif, qui tend à disparaître, habite les déserts de l'Afrique, où il vit en troupes. On n'en connaît qu'une espèce, et les jardins zoologiques n'en présentent plus que de bien rares spécimens.

Antilope. — Ce ruminant paisible et timide, aux formes gracieuses, est léger à la course comme le cerf, avec lequel il a bien des traits communs. Il habite principalement l'Afrique centrale, où il vit ordinairement en troupes ; plusieurs de ses espèces se trouvent aussi en Asie, en Europe et en Amérique. Le genre antilope comprend un grand nombre de sous-genres et d'espèces, parmi lesquels la gcuelle, le chamois, Yisard. La gazelle est une des plus belles espèces : elle habite l'Asie et l'Afrique. Le chamois habite principalement les Alpes et les Pyrénées : sa peau est recherchée ; mais la chasse de cet animal, qui se plaît dans les lieux les plus escarpés, est périlleuse.

Chèvre. — La chèvre sauvage vit en troupes sur les montagnes de la Perse : elle est regardée comme la souche de notre chèvre domestique, qui fut amenée sans doute dans nos pays, ainsi que plusieurs autres espèces, par les Aryens primitifs. La chèvre est plus robuste que la brebis et exige moins de soins. Son pelage comprend deux sortes de poils : les uns extérieurs, longs et raides, servent à faire des étoffes grossières ; les autres, cachés sous les premiers, sont une laine d'excellente qualité, qui sert à fabriquer les plus fins tissus. Parmi les espèces renommées pour la finesse de leurs poils, citons : la chèvre de Cachemire, celle du Tltibet et la chèvre angora- Dans l'industrie, on tire aussi un grand parti des peaux de chèvre et de chevreau.

Bouc. — Le mâle de la chèvre s'en distingue par une barbe et des cornes plus longues et une odeur repoussante, devenue proverbiale. Cependant on s'est servi beaucoup autrefois et l'on se sert encore aujourd'hui d'outrés de peau de bouc pour contenir du vin ou d'autres liquides. Les anciens avaient fait du bouc le symbole de la luxure : ils prêtaient ses formes aux faunes et aux satyres (v. chèvre-pieds). Chez les Juifs, le bouc était

choisi comme victime expiatoire, dans certaines circonstances solennelles (bouc émissaire).

Brebis, mouton. — Les bêtes ovines forment un genre de ruminants assez voisin de la chèvre, dont elles se distinguent par l'absence de barbe au menton, et la direction des cornes contournées en spirale latéralement. Le mouton fournit à l'homme sa chair, sa toison et sa peau. La brebis donne son lait, dont on fait d'excellents fromages. Le mouton n'offre rien de remarquable comme instinct, si ce n'est ce penchant aveugle qui lui fait suivre le premier venu qui marche en tête du troupeau. Il existe de nombreuses races de moutons, cultivées en vue de la production de la laine ou de la boucherie. Parmi celles qui donnent la meilleure laine, citons la race mérinos, importée d'Espagne et très répandue en France. On en trouve de beaux spécimens dans les bergeries nationales de Rambouillet.

Bœuf, vache. — Le bœuf est le type d'un genre de ruminants qui fournit à l'homme de précieux animaux domestiques. Ce genre comprend : le bœuf ordinaire, celui de nos contrées (bœuf de labour et de boucherie, vache laitière, veau, taureau) ; le bœuf des jungles, qui rend le même service que le nôtre dans les Indes orientales; les yaks, qu'on emploie en Chine et en Tartarie comme bêtes de somme; Yauroch et le bison; le buffle, etc. Il existe en Europe un grand nombre de races du bœuf ordinaire : les races de la Suisse, qui fournissent de bonnes vaches laitières ; la race charolaise, bonne pour la boucherie et le travail, etc. Le bœuf vit une quinzaine d'années. A 3 ans, on le dresse à labourer et à porter le joug ; à dix ans, on l'engraisse pour la boucherie. L'industrie tire parti non seulement de sa chair et de sa peau, mais encore de tout ce qui le constitue : corne, nerfs ou tendons, os, sang, intestins, fiel, issues. Le bœuf a été domestiqué dès la plus haute antiquité. Les Egyptiens rendaient un culte au bœuf Apis ; les Juifs tombèrent dans la même idolâtrie en adorant le veau d'or. La vache joue un rôle analogue dans la mythologie et la religion de l'Inde.

Gétacé. — Les cétacés sont des mammifères marins qui n'ont que les membres antérieurs, toujours dépourvus d'ongles, et une queue analogue à celle des poissons, mais disposée transversalement. Les mamelles sont abdominales, au lieu d'être pectorales, comme chez les phoques. Ils ne sortent jamais de l'eau, comme ceux-ci, mais viennent comme eux, après avoir plongé, respirer à la surface. L'ordre des cétacés comprend les plus grands animaux de la création : baleine, cachalot. Parmi les cétacés, les uns sont pourvus de dents (cachalot, dauphin, marsouin, narval) ; les autres ont des fanons à la place de dents (baleine, rorqual). Le cachalot, dont les dimensions égalent celles de la baleine, se rencontre surtout sous l'équateur, dans le grand Océan, où il voyage par troupes de 2 ou 300 ; il est très vorace et s'attaque aux baleineaux, aux phoques et aux requins. Cet animal fournit le blanc de baleine et l'ambre gris. Le dauphin a beaucoup de dents et le corps allongé, ce qui lui permet de nager et de se mouvoir dans l'eau avec beaucoup d'agilité. Sa tête est terminée par une sorte de bec. Il accompagne les navires, luttant de vitesse avec eux. Au dire de la fable , il sauva le musicien Arion. Le dauphin ordinaire a environ 2 mètres de longueur ; il j se trouve dans toutes les mers. Le marsouin, est un dauphin de moindre taille, qui abonde sur nos côtes, où il vit en troupes et détruit beaucoup de poisson ; il remonte quelquefois les fleuves. Sa tête est obtuse et non terminée par un bec.

Baleine. — Cet énorme cétacé atteint jusqu'à 25 mètres de longueur et 12 ou 13 mètres de circonférence ; la tête, fort grosse, mesure le tiers du

Page 1