‹ Dictionnaire universel de la pensée (volume 2)Chapitre 458 sur 686 · LIVRE XIII : DE L ANIMAL · texte numérisé non relu

LIVRE XIII : DE L ANIMAL

corps entier, en sorte que la bouche ouverte du monstre a 2 ou 3 mètres de largeur et 4 ou cinq de hauteur. Cette bouche est armée de 8 à 900 fanons, qui retiennent le menu poisson et les mollusques dont ce géant se nourrit exclusivement. On ne rencontre guère aujourd'hui la baleine que dans les mers polaires, où vont la pécher tous les ans nombre de navires (baleiniers). On en tire de grandes quantités d'huile. Les fanons, qui sont fort légers et très élastiques, sont employés dans beaucoup d'industries (parapluies, corsets, etc.). On distingue la baleine franche et la. fausse baleine ou rorqual, qui produit beaucoup moins d'huile.

Lamantin. — Ce mammifère aquatique est le type des cétacés herbivores, dans la classification de Cuvier. Mais il se rapproche beaucoup des phoques. Il a des mamelles pectorales, et ses nageoires antérieures se composent de 5 doigts, formant sous la peau comme des mains, dont les ongles seulement sont saillants. On l'appelle vulgairement : bœuf marin, vache marine, sirène. 11 habite l'embouchure des fleuves des pays chauds : Orénoque, Amazones, Sénégal. Le lamantin d'Amérique peut mesurer 6 mètres et peser 6,000 kilogr. Celui du Sénégal est plus petit. Ces animaux sont d'un naturel fort doux ; ils vivent en troupes et remontent les fleuves à de grandes distances.

Sarigue. — Cette famille de marsupiaux (v. ce mot) comprend des insectivores du Brésil, de la Guyane, etc., dont la taille varie depuis celle du chat jusqu'à celle de la souris. Ils offrent la poche qui distingue les marsupiaux. La sarigue est devenue l'un des symboles de la sollicitude maternelle. La plupart des espèces ont la queue prenante, comme celle d'un grand nombre de singes.

Phalanger. — Ce genre de marsupiaux est voisin de la sarigue et rappelle aussi les lémuriens. Les phalangers sont frugivores et vivent sur les arbres. Quelques espèces sont munies d'un parachute analogue à celui de l'écureuil volant; ce qui leur permet de sauter en se soutenant en l'air.

Kanguroo. — Ce genre de marsupiaux comprend des espèces dont la taille varie depuis celle du mouton jusqu'à celle de la souris. Les kanguroos sont herbivores ; ils ne se rencontrent qu'en Australie. Ils ont le museau fin, de longues oreilles, des membres postérieurs très développés et une queue volumineuse. Aussi se tiennent-ils souvent dans la position verticale. Leur sollicitude maternelle ressemble à celle des sarigues.

Echidné . — Avec les ornithorynques , les échidnés composent l'ordre des monotrèmes, qui sert comme de transition entre les mammifères, d'une part, les oiseaux et les sauriens, de l'autre. L'échidné n'habite que l'Australie. Il fut signalé en 1790. Semblable d'ailleurs au hérisson, mais plus gros, il manque de dents, et ses lèvres se prolongent en un bec corné, avec lequel il saisit dans le sable les insectes dont il se nourrit. L'échidné se creuse un terrier.

Ornithorynque. — Cet animal est particulier aussi à l'Australie. Sa taille est de 0 m. 30 à 0 m. 40 ; il porte un bec semblable à celui du canard et a le corps couvert de poils ; il est pourvu de 4 pieds courts, écartés, palmés, avec ergot chez le mâle. L'ornithorynque se nourrit de poissons.

Oiseau. — Les oiseaux sont des animaux ovipares, chez lesquels la respiration et la circulation du sang s'accomplissent comme chez l'homme. Les membres antérieurs sont transformés en ailes étendues et vigoureuses, qui permettent de voler. La cage osseuse est très solide ; toutes les parties sont intimement soudées entre elles et fournissent un point d'appui suffisant aux muscles puissants des ailes. Le cou est beaucoup plus allongé que chez les mammifères ; les vertèbres cervicales sont nombreuses et mobiles dans leurs articulations ; ce qui permet à

l'animal de tourner la tête en arrière. Les oiseaux ont deux larynx : l'un, inférieur, où la voix est produite ; l'autre, supérieur, où elle est perfectionnée. Le canal digestif offre trois renflements : le jabot, le ventricule succentorié et l'estomac proprement dit ou gésier. L'extrémité du canal prend le nom de cloaque et sert indistinctement aux excrétions solides et liquides. La tète et le cerveau sont peu volumineux. La vue est 1res perçante; outre les paupières, l'œil est protégé par une membrane mince et transparente, dite membrane clignotante, qui occupe l'angle interne de l'orbite. La respiration et la circulation du sang sont très actives; aussi la température du corps est plus élevée que chez les mammifères. Les poumons, très développés, communiquent avec les parties les plus intimes du corps, en sorte que l'air pénètre jusque dans les os. Grâce à cette organisation, l'oiseau est généralement doué d'une légèreté, d'une vivacité et d'une force remarquables.

Sans parler des autres classifications, Cuvier a divisé les oiseaux en 6 ordres : rapaces, passevaux, grimpeurs, gallinacés, èchassiers, pal m ipèdes. A d'autres points de vue, on distingue les oiseaux de proie, carnassiers, aquatiques, de passage, chanteurs, etc. — Les rapaces sont remarquables par la force de leur bec et de leurs ongles et la puissance de leur vol. Ils sont nés pour la guerre et le carnage. Les uns chassent pendant le jour, comme l'aigle, le vautour, l'épervier, la buse, le faucon ; les autres, pendant la nuit, comme le hibou et l'effraie. L'aigle est le roi des oiseaux de proie et de tous les autres volatiles. Le poids de l'aigle mâle, qui est plus léger que l'aigle femelle, ne dépasse guère douze livres ; et néanmoins ce rapace peut enlever des agneaux, ses coups d'aile peuvent renverser un homme et son bec lui fendre le crâne. — Les passereaux sont de mœurs moins guerrières. Ils ont le tarse grêle ; trois de leurs doigts sont dirigés en avant et le quatrième est dirigé en arrière, comme chez les rapaces. Le nombre des passereaux est immense, ils remplissent les forêts et les bocages ; la plupart sont remarquables par leur chant, leur plumage, la grâce et la prestesse de leurs mouvements. — Les grimpeurs, dont le perroquet est le type, ont deux doigts dirigés en avant et deux en arrière, ce qui leur permet de grimper facilement aux arbres et de s'y maintenir habituellement. Leur bec est gros et crochu ; leur vol, peu étendu. Comme les passereaux, ils se nourrissent de grains et d'insectes. — Les gallinacés, dont le coq est le type, ont généralement les ailes courtes, le corps pesant, le vol difficile. Ils se nourrissent de grains. Leur gésier est très épais et renferme souvent de petites pierres propres à faciliter la digestion. — Les èchassiers ou oiseaux de rivage se font remarquer par la hauteur de leur tarse et leur long bec, emmanché d'un long cou. Ils vivent généralement de poissons et de mollusques. Le héron, la grue, la bécasse, le pluvier appartiennent à cet ordre, ainsi que l'autruche et le casoar. Ces derniers sont les plus grands des oiseaux. L'autruche est vorace et herbivore ; les anciens lui donnaient le nom à'1 oiseauchameau : elle est capable, en effet, de porter un cavalier. Si ses ailes ne peuvent la soutenir dans l'air, du moins elles augmentent la rapidité de sa course. — Enfin les palmipèdes .sont des oiseaux nageurs, dont les pieds sont courts et palmés. Leur corps flotte comme une nacelle, offrant à l'eau des plumes imperméables. Ils se nourrissent de poissons et de matières végétales. (V. Louis Ternier, Nos Oiseaux de mer, de rivière et de murai*. La sauvagine en France, chasse, description et hist. nui. de toutes les espèces visitant nos contrées, 1898.)

Vautour. — Ce genre de rapaces diurnes

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