‹ Dictionnaire universel de la pensée (volume 2)Chapitre 459 sur 686 · PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE · texte numérisé non relu

PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE

comprend de grands oiseaux de proie, caractérisés surtout par un cou long et dénudé, garni d'un collier à sa base. Leur vol est lourd et soutenu et peut s'élever très haut. Lâche et vorace, le vautour s'attaque à de petits animaux et, à leur défaut, à des charognes, qu'il découvre de très loin, 11 vit solitaire, dans les montagnes, mais suit en troupes les masses d'hommes ou d'animaux qui laissent des cadavres après elles. La Fable raconte que Jupiter fit dévorer por un vautour le foie de Prométhée.

Faucon. — Ce genre de rapaces diurnes se rencontre dans toute l'Europe : il comprend des oiseaux de proie de la plus belle apparence, aussi courageux qu'agiles. La taille des faucons ne dépasse guère celle d'une grosse poule et elle est souvent bien plus petite ; ce qui n'empêche pas ces animaux d'attaquer avec impétuosité des ennemis tels que le héron, la cigogne. Ils se laissent facilement dresser pour la chasse (fauconnerie) et ne touchent pas à la chair morte. Leur vie est très longue. Le genre faucon renferme, outre le faucon proprement dit, la crécerelle, l'èmerillon, le gerfaut, le hobereau, le lanier. La famille dont il est le type comprend, en outre : Y aigle, Vautour, la buse et le busard, le milan, etc.

Aigle. — ("est le roi des oiseaux : il a été, chez tous les peuples, le symbole de la force et de la majesté. La mythologie en faisait le messager de Jupiter. L'aigle place son aire sur les rochers les plus escarpés ; il vit longtemps et reste fidèle à une seule femelle. Son vol est puissant et soutenu ; il plane à de grandes hauteurs, d'où il fond à l'improviste sur sa proie : faon, lièvre, agneau, etc. qu'il emporte dans son aire.

Hibou. — Ce rapace nocturne, compris dans le genre chouette, est caractérisé par deux aigrettes qu'il porte sur le front. Plus utile que nuisible, il se nourrit de souris, de mulots, etc., quelquefois de petits oiseaux. Il dépose ses œufs dans les nids abandonnés parles pies ou les corbeaux.

Chouette. — Celle-ci, que les anciens avaient consacrée à Minerve, rend les mêmes services à l'agriculture. Elle passe le jour dans quelque réduit sombre de la forêt et en sort la nuit pour la chasse. Elle fait entendre alors un cri plaintif, regardé comme mauvais augure par les gens superstitieux. Lorsque la chouette est forcée de sortir de son réduit pendant le jour, elle erre à l'aventure comme aveuglée par la lumière et pousse des cris de détresse, qui font accourir les petits oiseaux, ses ennemis, ameutés contre elle. Outre la chouette proprement dite, le genre chouette comprend le duc, lechat-huant, l'effraie.

Passereau. — Le passereau commun ou le moineau est le type d'un ordre très nombreux d'oiseaux. Cuvier y distinguait, d'après la forme de leur bec et quelques autres caractères : les dentirostres (pie-grièchc, gobe-mouches, merle , loriot) ; les fissirostres (hirondelle, engoulevent) ; les conirostres (alouette, mésange, moineau, corbeau) ; les tenuirostres (grimpereau, colibri, huppe); les syndactyles (martin-pêcheur), chez lesquels le doigt externe est uni au doigt du milieu jusqu'à l'avantdernière articulation. Le passereau proprement dit (moineau domestique ou moineau franc) recherche le voisinage des habitations et importune souvent par ses petits cris; il est hardi, familier et se laisse facilement apprivoiser. Il peut causer, en se multipliant, de grands dommages aux récoltes, car il consomme quantité de grains. Il a été l'un des fléaux de l'agriculture en Amérique, où les Européens l'ont importé.

Alcyon. — Les Grecs donnaient ce nom à un oiseau qui, à leur dire, faisait son nid sur la mer même et se jouait au milieu des tempêtes. Il était et il est resté le symbole de la paix et de la tranquillité d'âme que rien ne peut troubler. Les jours

alcyoniens étaient les 15 jours du solstice d'hiver, pendant lesquels l'alcyon était supposé couver ses œufs à la faveur du calme de la mer. On a identifié aujourd'hui l'alcyon avec le martin-pêcheur, ou avec le pétrel des tempêtes, ou avec l'hirondelle salangane. Linné a fait des alcyons une famille, dont le martin-pêcheur est le type.

Perroquet. — Ce grimpeur est remarquable par son plumage, tantôt d'un vert uniforme, tantôt varié de toutes les couleurs, et surtout par sa facilité d'imiter la voix humaine. On l'apprivoise et on le dresse facilement. Le perroquet habite les tropiques, où il vit en troupes et se nourrit principalement de fruits et de graines. Il importe quelquefois des maladies infectieuses très redoutables.

Paon. — Ce gallinacé, qui est peut-être le plus beau des oiseaux, est originaire de l'Asie ; il fut introduit en Europe par les Grecs au temps d'Alexandre. Ruffon a fait une description célèbre de son plumage, que La Fontaine a comparé, de son côté, à la boutique d'un lapidaire. Mais si le paon a une robe de plumes et une queue très belles, il n'a qu'une voix désagréable et des pattes difformes. Ses plumes se renouvellent au mois de juillet ; il vit alors tristement, dans la retraite, au lieu de se pavaner comme à l'ordinaire. La femelle du paon n'a point la belle parure du mâle. Dans la mythologie grecque, le paon était l'oiseau de Junon. Il est le symbole de la fatuité et de l'orgueil.

Coq. — Ce gallinacé, qui règne dans nos bassescours, est renommé par sa fierté, sa jalousie et son ardeur martiale. Les Grecs et les Romains exerçaient déjà les coqs à des combats singuliers et se plaisaient à ce spectacle, qui passionne encore les Anglais et les Chinois. Symbole de vigilance et de courage, consacré par les Grecs à Mars, à Mercure, à Esculape, le coq devint l'emblème de la France en 1789. Déjà il avait figuré dans les armes parlantes (gallus, en latin, signifiant à la fois coq et Gaulois). Il remplaça la fleur de lis comme emblème national, en 1830; il fut remplacé en 1852 par l'aigle impérial, envolé à son tour.

Poule. — La femelle du coq ne porte pas le même plumage ni la même crête superbe ; mais elle fait la richesse des basses-cours par ses couvées de poussins, par les œufs (v. ce mot) qu'elle fournit en abondance et par sa propre chair, qui est excellente. La poule pond toute l'année, excepté au temps de la mue ; sa fécondité dure environ 4 ans. La sollicitude maternelle qu'elle montre pour sa couvée, le courage qu'ellejnetàla défendre, sont admirables. Jésus-Christ en a tiré une touchante comparaison.

Pigeon. — Cet oiseau, qui tient à la fois des passereaux et des gallinacés, était domestiqué en Egypte dès la plus haute antiquité. Il est un modèle de fidélité. On utilise beaucoup aujourd'hui l'instinct remarquable qui le fait revenir promptement à son colombier, malgré les distances considérables où on le transporte. La correspondance par pigeons voyageurs a rendu de vrais services pendant le siège de Paris et depuis lors. Il existe de nombreuses sociétés colombophiles. — Considéré comme animal domestique, le pigeon est l'objet de certains règlements. On doit le tenir enfermé dans le colombier, aux temps marqués par les coutumes locales ; sinon il est permis de l'abattre comme gibier. D'après l'art. 564 du Code civil, les pigeons qui passent dans un autre colombier, appartiennent au propriétaire de ce colombier, pourvu qu'ils n'y aient pas été attirés par fraude ou par artifice.

Autruche. — C'est le plus grand des oiseaux existants ; sa taille dépasse 2 mètres et son poids 40 kilogr. Ses grands yeux, sa petite tête et son aspect général lui donnent un air de stupidité devenue proverbiale. On a supposé que l'autruche se cache la tête, pour ne pas voir le danger, qu'elle

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