‹ Dictionnaire universel de la pensée (volume 2)Chapitre 460 sur 686 · LIVRE XIll : DE L'ANIMAL · texte numérisé non relu

LIVRE XIll : DE L'ANIMAL

pense par là éviter. Cet oiseau est herbivore, mais très vorace ; il engloutit indistinctement tout ce qui se présente : bois, pierre, métal, etc., et son estomac ne paraît pas en souffrir. C'est le seul oiseau qui urine. Il dépose dans le sable brûlant son œuf, qui pèse plus d'un kilogr. ; il ne le couve que la nuit ou dans les saisons froides. L'autruche ne peut voler, mais elle peut s'aider de ses ailes pour la course, et sa rapidité est extraordinaire : on ne peut l'atteindre qu'après l'avoir fatiguée par 8'ou 10 heures de poursuite. Elle peut elle-même servir de monture. Quelques tribus africaines en élèvent de véritables troupeaux et se nourrissent de leur chair. Mais on la chasse surtout pour ses plumes. Cette chasse exige des précautions, car l'autruche peut frapper, par devant, des coups de pied terribles, avec ses longues et fortes échasses.

Flamant. — Cuvier rangeait les flamants parmi les échassiers, à cause de la longueur excessive de leurs jambes (elles ont près de 1 m.) ; mais ils se rapprochent des palmipèdes par certains caractères : ainsi leurs trois doigts de devant sont palmés jusqu'au bout. On leur donne aussi le nom de phènicopières, à cause de la couleur de leurs ailes, qui sont d'un rouge ardent, comme le bec ; le reste du plumage, doux et fin, est d'un beau rose. Les flamants volent en troupes comme les grues, en formant un triangle ; à terre, ils se rangent sur une ligne comme des soldats. Les anciens appréciaient beaucoup la chair du flamant, surtout la langue.

Cygne. — Ce beau palmipède, qui fait l'ornement de nos pièces d'eau, dans les jardins et les parcs, ne marche qu'avec lenteur et lourdement ; mais il se tient sur l'eau et nage avec beaucoup de grâce et de majesté. Il se nourrit de plantes aquatiques, de vers, d'insectes, de grenouilles. Avec son bec et ses ailes, il peut repousser les attaques des oiseaux de proie et même de plus dangereux adversaires. Le jeune cygne porte jusqu'à la première mue une livrée grise, puis il revêt la belle couleur blanche qui caractérise son espèce. Il y a aussi des cygnes noirs, mais originaires d'Australie et peu répandus en Europe. Le cygne vole rarement ; son vol est rapide et élevé. La Fable racontait que le cygne fait entendre, au moment de mourir, un chant mélodieux.

Pélican. — Ce palmipède, qui est de très forte taille, est armé d'un long et large bec, au-dessous duquel s'ouvre une vaste poche, pour recevoir une provision de poisson et d'eau. De là, sans doute, la fable du pélican tirant de son estomac la nourriture nécessaire à ses petits et se déchirant même le flanc pour apaiser leur faim et leur soif. Le pélican est ainsi devenu l'emblème du dévouement maternel. Dans l'iconographie chrétienne, le pélican symbolise le Rédempteur, qui s'est livré pour les âmes et les nourrit de son propre corps et de son propre sang, au sacrement de l'autel.

Canard. — Le genre canard comprend, outre les canards proprement dits, les macreuses, les eiders, etc. Le canard a pour caractère un bec aplati, aussi large à l'extrémité qu'à la racine, un cou bien moins long que celui du cygne et de l'oie, des jambes plus courtes et placées tout à fait en arrière : de là sa marche embarrassée. Mais le canard vit habituellement dans l'eau, où il se montre bon nageur et excellent plongeur. Les canards sauvages, d'où provient le canard domestique, émigrent pour la plupart, à l'approche de l'hiver, vers les régions tempérées, et retournent, avec le printemps, vers les contrées septentrionales ; ils volent alors par troupes nombreuses et font des stations, où les chasseurs leur dressent toutes sortes de pièges. Outre une chair excellente, le canard fournit un duvet apprécié ; une espèce, Veider, produit l'édredon.

Sarcelle. — Elle se distingue du canard par

une taille moindre, des narines ovalaires, situées près du front et rapprochées. Elle vit de vers, d'insectes, de mollusques et voyage par troupes. Elle fréquente nos étangs et nos marécages, au printemps et en automne. La sarcelle d'hiver ou petite sarcelle, dite aussi canette, n'émigre pas.

Oie. — Elle se distingue du canard par le volume plus considérable du corps et la forme du bec; sa marche plus facile fait qu'elle vit moins clans l'eau. L'oie est renommée pour sa vigilance, qui sauva le Capitule assiégé par les Gaulois ; mais elle a aussi un renom de stupidité, qui ne paraît pas mérité. On mène paître les oies par troupes ; on les engraisse pour leur chair et, en particulier, pour leur foie, avec lequel on fait d'excellents pâtés, à Strasbourg, à Toulouse, etc.

Reptiles. — Ils forment la 3e classe des vertébrés. Ils sont ovipares, à sang froid et, par conséquent, tendent à se mettre en équilibre de température avec le milieu où ils se trouvent. Le cœur n'a qu'un seul ventricule communiquant avec deux oreillettes, séparées l'une de l'autre, ou même avec une seule oreillette, divisée en deux lobes. Il y a ainsi une communication étroite entre le système à sang rouge et le système à sang noir. Les poumons tendent à se simplifier, et la respiration est peu active. Elle est très active, au contraire, chez les oiseaux. Au lieu de plumes, la peau des reptiles est couverte d'écaillés épidermiques ; dans la mue, elle se détache d'un seul bloc. Les reptiles forment plusieurs ordres : les chèloïiiens, les sauriens et les ophidiens, c'est-à-dire les tortues, les lézards et les serpents.

Tortue. — C'est un reptile à carapace osseuse (v. écaille), dans laquelle peuvent rentrer la tête et les quatre membres, en cas de danger. La démarche de la tortue est d'une lenteur proverbiale. Sa mâchoire, sans lèvres ni dents, forme un bec corné, qui rappelle celui des oiseaux. On distingue les tortues de terre, les tortues de mer et les tortues d'eau douce. Certaines tortues do mer atteignent 2 m. de longueur et 1 m. 50 de large.

Lézard. — Sous ce nom on comprenait autrefois tous les sauriens. Mais ceux-ci renferment, outre les lézards proprement dits, des genres très différents, en particulier les crocodilicns, dont on a fait un ordre. Le lézard est un petit reptile bien connu, qui habite les fentes des vieilles murailles et des rochers ; il se nourrit d'insectes, de vers, d'œufs d'oiseaux, de fruits : il vit longtemps. Avide de soleil et fort vif pendant les chaleurs de l'été, il s'engourdit pendant l'hiver et ne se réveille qu'aux beaux jours. On distingue surtout le lézard vert et le lézard gris. Détail curieux : la queue du lézard, composée d'anneaux, se brise facilement, mais repousse de même.

Crocodile. — Ce reptile qui infeste encore le haut Nil et beaucoup de fleuves des pays chauds, se rapproche de la tortue par son organisation intérieure ; mais il est semblable au lézard par sa forme extérieure et, comme lui, il a de véritables dents. De plus, il a les pieds de derrière palmés et une queue aplatie, ce qui le rend propre à la natation. Il se meut, en effet, dans l'eau avec une grande facilité ; mais, en marche, il a peine à se tourner. Le crocodile est carnassier et vorace ; sa terrible mâchoire est bien plus forte que celle du tigre ou du lion. Il atteint quelquefois et dépasse même 10 mètres de long. Les Egyptiens lui rendaient un culte.

Caméléon. — Ce reptile, qui ressemble à un lézard à grosse tête, n'a point l'agilité de celui-ci ; il habite les pays chauds des deux mondes et se nourrit d'insectes. Il jouit de la propriété singulière de modifier, sous l'impression qu'il éprouve, sa couleur naturelle, depuis le jaune verdàtre jusqu'au rouge brun et au noir. C'est ce qui l'a fait

Page 1