‹ Dictionnaire universel de la pensée (volume 2)Chapitre 462 sur 686 · LIVRE XIII : DE L ANIMAL · texte numérisé non relu

LIVRE XIII : DE L ANIMAL

dite est prodigieuse. Sa chair est estimée, mais pleine d'arêtes. Les carpes des eaux stagnantes prennent un goût de vase; on leur préfère celles des eaux courantes.

Brochet. — Ce poisson, qui est compris parmi les malacoptérygiens abdominaux, est d'une vigueur et d'une voçacité extraordinaires, qui l'ont fait surnommer le requin des rivières. Il se jette sur tous les autres poissons, les rats d'eau, les oiseaux aquatiques, etc. Son corps est en forme de fuseau ; le museau est long, saillant, la bouche largement fendue et armée de beaucoup de dents très fortes. Sa longueur dans nos pays ne dépasse guère 0 m. 75; mais on en pêche, dans la Volga, qui ont 2 m. de long. La chair du brochet est assez estimée, mais pleine d'arêtes.

Saumon. — C'est le type d'une famille de poissons malacoptérygiens abdominaux, qui vivent en troupes dans les mers septentrionales. 11 a fait la ressource principale des hommes du Nord (Northmans), alors que ceux-ci vivaient surtout de pêche et prenaient le goût des expéditions guerrières qui les rendirent si célèbres. Le saumon est un poisson des mieux dentés ; il peut atteindre 1 m. de longueur. Sa chair est très estimée. Il émigré tous les ans vers le Midi, remonte très haut le cours des fleuves pour y déposer ses œufs. Les petits saumons descendent à la mer quand ils sont bien développés (v. pisciculture).

Truite. — Elle appartient au genre saumon et abonde elle aussi dans les mers septentrionales. On distingue : la truite commune, qu'on pêche dans la Seine et autres rivières : elle atteint de grandes dimensions dans l'Arve et le lac de Genève, sans en être meilleure ; la truite saumonée, à chair rose comme celle du saumon; \&truite de montagne, qui est commune en Suisse : c'est la plus petite espèce.

Hareng. — Ce genre de poissons comprend des malacoptérygiens abdominaux, qui habitent l'Océan boréal ; leur fécondité est extrême. Tous les ans, quand vient le printemps, ils descendent sur nos côtes par bancs pressés. On les pèche dans la Manche, pendant les derniers mois de l'année. On en sale (harengs secs) et on en fume (harengs saurs) de grandes quantités. Ce commerce florissait déjà au XIe siècle.

Anchois, sardines. — Ces petits poissons sont de la même famille que les harengs et vivent comme eux en troupes nombreuses. Les anchois quittent l'Océan vers le printemps et pénètrent dans la Méditerranée pour venir frayer sur les côtes. On les pêche de mai à juillet et on en prend de grandes quantités, en les attirant par une vive clarté pendant les nuits obscures. On les sale pour les conserver et les exporter. Les sardines ont les mêmes mœurs : elles émigrent par bancs innombrables. On les pèche surtout en automne sur les côtes de Bretagne. On les mange fraîches ou conservées en boîte dans l'huile, etc.

Morue. — Elle rentre dans l'ordre des poissons malacoptérygiens subbrachiens, famille des gades. C'est un poisson vorace, dont la longueur varie de 0 m. 70 à 1 m. ; sa fécondité est prodigieuse : la femelle porte de 4 à 8 millions d'œufs. La morue abonde dans toutes les mers septentrionales et surtout à Terre-Neuve. Des flottilles de pêcheurs s'y rendent tous les ans, au printemps, et en rapportent quantité de morues salées ou séchées. Cette industrie, qui occupait près de 20.000 pêcheurs français et plus de 50O bateaux vers 1860, n'en occupe guère aujourd'hui que la moitié. On tire du foie de la morue une huile emplovée en médecine contre les maladies de poitrine, etc. ; la vessie do ce poisson sert à faire une colle excellente.

Turbot. — Ce poisson, de la famille des pleuronectes, fréquente les mers de l'Europe. Le turbot proprement dit mesure quelquefois 3 mètres de

circonférence et pèse 15 kilogr. La barbue est plus ovale et sa chair est moins délicate. Les gourmets romains appréciaient beaucoup ce poisson ; et l'on sait que le sénat romain fut saisi par l'empereur Domitien de la question de savoir comment on devait apprêter un turbot de belle dimension.

Anguille. — Ce nom comprend tout un genre de poissons malacoptérygiens apodes, c'est-à-dire sans nageoires. L'anguille commune abonde dans les eaux courantes ou stagnantes de toute l'Europe ; elle mesure de U m. 50 à 1 m. de longueur. Sa forme a beaucoup d'analogie avec celle du serpent. Pendant le jour l'anguille se tient cachée dans la vase; elle sort la nuit pour chasser les vers et les petits poissons. Sa chair est délicate, mais un peu difficile à digérer. Il est difficile de saisir l'anguille à cause de sa peau très glissante. L'anguille de mer ou coiigre mesure de 1 à 5 m. C'est un poisson très vorace, dont la chair est blanche et peu estimée.

Requin. — Ce poisson de mer, de la famille des sélaciens, atteint jusqu'à 10 mètres de longueur. Sa force prodigieuse et son extrême voracité en font le monstre marin le plus redoutable. Malheureusement il habite à peu près toutes les mers. On tire beaucoup d'huile de son foie ; avec sa peau on fait une sorte de cuir.

Torpille. — Ce genre de poissons, de la famille des sélaciens, comprend plusieurs espèces douées, comme le gymnote, de propriétés électriques. La torpille porte sur elle-même ,un véritable appareil électrique, qu'elle décharge pour se défendre ou pour tuer le poisson dont elle se nourrit. La torpille commune se trouve dans la Méditerranée; elle mesure environ 0 m. 60.

Lamproie. — Ce poisson, de l'ordre des cyclostomes, a la forme des sangsues et \la taille des anguilles. La grande lamproie, qui mesure près de 1 m., abonde dans la Méditerranée. Au printemps elle remonte les fleuves et les rivières pour frayer. Sa chair est délicate et les Romains en faisaient le plus grand cas. La lamproie de rivière est plus petite et sa chair moins estimée. Les lamproies sont voraces et se nourrissent de toutes sortes de débris. On les harponne avec une sorte de fourchette.

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