PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE
rose ou verdàtre. Le cœur disparaît ordinairement et fait place à des vaisseaux contractiles. La bouche se transforme en suçoir, ou bien elle est garnie de mâchoires juxtaposées latéralement. Des antennes ornent souvent la tête.
On divise les annelés en deux groupes généraux ou sous-embranchements : lesarthropodes, dont les membres sont articulés, et les i^ers. Les premiers comprennent plusieurs classes : les infectes, les •myriapodes, les arachnides, les crustacés, avec les cirrhipèdes ou cirrhopodes. Les seconds comprennent les annèlides, les helminthes avec les autres entosoaires, les rotateurs ou rolifères. Mais ces divisions sont perfectionnées ou modifiées tous les jours.
Insecte. — Les insectes l'emportent sur tous les autres annelés par le nombre et la variété de leurs espèces. On distingue dans l'insecte trois parties principales : la tête, le thorax et l'abdomen. Le thorax lui-même se divise en trois parties, dont la première porte la première? paire de pattes ; la seconde, la deuxième paire de pattes et la première paire d'ailes, chez les insectes qui en ont quatre ; la troisième porte la troisième paire de pattes et la seconde paire d'ailes. Chacune des pattes est formée de quatre parties articulées. La dernière, le tarse, se compose de trois à cinq articles et se termine d'ordinaire par un double crochet. L'appareil de la circulation est réduit à un simple vaisseau, nommé ruisseau dorsal, qui exécute des mouvements alternatifs de contraction et de dilatation. La respiration se fait au moyen de trachées, c'està-dire de tubes menus et ramifiés dans lesquels l'air pénètre et circule. Les insectes paraissent pourvus des cinq sens. Leurs yeux sont simples ou composés. Mais ce qui distingue surtout les insectes, ce sont leurs métamorphoses. La métamorphose est dite complète ou incomplète. L'insecte qui subit la métamorphose complète passe par les trois états de larve, de chrysalide et d'insecte parfait : ainsi le ver à soie et la mouche. L'insecte qui subit la métamorphose incomplète, acquiert seulement des ailes, comme la sauterelle, ou des pattes, comme certains suceurs.
Les insectes sont dits tètraptères (pourvus de 4 ailes), ou diptères (pourvus de 2 ailes), ou aptères (sans ailes). Les tètraptères forment six ordres ; les diptères, deux; les aptères, quatre. De là 12 ordres d'insectes : l°les coléoptères (hanneton, scarabée, cantharide, calandre, coccinelle) ; 2° les orthoptères (perce-oreille, blatte, sauterelle, grillon, courtilière) ; 3° les hémiptères (punaise, phylloxéra); 4° les névroptères (libellule, éphémère, fourmi-lion, termite) ; 5° les hyménoptères (abeille, guêpe, fourmi) ; 6° les lépidoptères ou papillons (les uns diurnes, d'autres crépusculaires et d'autres nocturnes) ; 7° les rhipiptères, fort petits insectes) ; 8° les diptères (mouche, cousin, moustique) ; 9° les thyzanoures ; 10u les cystaptères (tique, sorte de parasite) ; 11° les parasites (pou) ; 12" les suceurs (puce, chique).
Mais les animaux de ces derniers ordres sont réunis souvent en un seul, celui des aptères, ou dispersés dans les autres ordres. On réunit aussi les rhipiptères aux diptères (v. Pioger, Dieu dans ses œuvres : les Insectes, etc. ; Fabre, Souvenirs entomologiques).
Coléoptères. — Ils subissent tous des métamorphoses complètes. Leur ordre est remarquable par le nombre et la beauté des espèces. Ces insectes ont quatre ailes, dont les deux premières servent d'é(!ii aux deux autres et prennent le nom d'élytres. On les subdivise en 4 tribus, d'après le nombre des articles qui composent le tarse : pcntanières (hanneton, scarabée, ver luisant) ; hèièromères (cantharide) ; tètramères (calandre, certains xylophages) ; i ri mères (coccinelle).
Orthoptères. — Ils forment le 2e ordre des insectes; leur métamorphose est incomplète. Les orthoptères ont quatre ailes, demi-membraneuses et droites, les ailes supérieures on forme d'élytres non cornées, les ailes inférieures à l'état de repos plissées en forme d'éventail; la bouche est propre à la mastication. Ils forment deux tribus : les coureurs (perce-oreille ou forficule, blatte) et les sauteurs (sauterelle, criquet, grillon, courtilière). On sait que les nuées de sauterelles dévastent parfois des contrées entières.
Hémiptères. — Le 3P ordre des insectes a la bouche organisée en suçoir, composé de quatre soies raides, qui forment, en se rapprochant, un tube rétractile. La plupart des hémiptères se métamorphosent et acquièrent des ailes (la punaise des bois) ; quelques-uns ne subissent aucune métamorphose (la punaise des lits). A cet ordre appartiennent le phylloxéra vastatrix, sorte de puceron, devenu si célèbre par ses ravages.
Névroptères. — Ce 4e ordre des insectes a les quatre ailes fortement réticulées, membraneuses, transparentes ; les femelles ne portent pas d'aiguillon à l'extrémité de l'abdomen ; la bouche est propre à la mastication. Les névroptères subissent, pour la plupart, des métamorphoses complètes; ils volent avec facilité et ont généralement des formes élégantes. A cet ordre se rapportent les libellules ou demoiselles, les éphémères, les fourmis-lions, les termites ou fourmis blanches, qui exercent de véritables ravages dans certaines contrées chaudes de l'Asie et de l'Afrique, en particulier dans les bois et dans les ports.
Hyménoptères. — Ces insectes (5e ordre) subissent la métamorphose complète ; ils portent quatre ailes, dont les inférieures sont toujours plus petites (pie les supérieures. On les divise en deux tribus : les tèrèbrants (eynips ou gallicole, guêpe dorée, ichneumon), et les porte-aiguillon (abeille, guêpe, fourmi). On sait que les abeilles et les fourmis vivent en sociétés, composées de mâles, de femelles et d'individus neutres. L'habitation des fourmis, dans les fourmilières qu'elles creusent ou construisent, leurs travaux, leurs migrations, leurs guerres, la manière dont elles ",e servent de certaines espèces d'animaux (pucerons) qu'elles asservissent, etc., sont l'un des objets les plus curieux et les plus instructifs que nous fournisse la nature. L'étude des abeilles est peut-être plus curieuse encore.
Abeille. — Cet insecte si intéressant et si utile appartient à l'ordre des hyménoptères porte-aiguillon. Il vit en société, quelquefois à l'état sauvage, dans le creux d'un arbre ou d'un rocher, le plus souvent sous la protection de l'homme et dans les ruches (v. ce mot) préparées à cet effet. Chaque ruche est occupée par un essaim, qui peut compter de 25 à 30.000 individus, vivant sous une sorte de régime monarchique. L'abeille n'a que son aiguillon, trop souvent insuffisant, pour se défendre d'une foule d'ennemis redoutables. La piqûre en est fort douloureuse et même venimeuse ; aussi est-il dangereux de provoquer la colère de tout un essaim. On calme la douleur et l'irritation causées par la piqûre, en extrayant l'aiguillon, s'il est resté dans la plaie, et en lavant celle-ci avec de l'eau fraîche légèrement acidulée. L'abeille est le symbole de l'ordre et de l'activité industrieuse. A la différence de la fourmi, qui entasse, et de l'araignée ou du ver, qui tire tout son produit de lui-même, l'abeille élabore avec un art merveilleux les sucs et les parfums qu'elle a puisés dans le calice des fleurs. Elle figure souvent dans les armes et les devises. Napoléon Ier avait parsemé d'abeilles son manteau impérial.
Lépidoptères. — Les lépidoptères (6e ordre) ou papillons subissent la métamorphose complète.