LIVRE XIII : DE L'ANIMAL
Ils ont des mâchoires transformées en une trompe roulée en spirale, quatre ailes très étendues et couvertes d'une poussière écailleuse aux plus belles couleurs. Il y a des papillons diurnes ou papillons proprement dits, des papillons crépusculaires ou sphinx et des papillons nocturnes ou phalènes. Parmi ces derniers se trouve le ver à soie ou bombyx du mûrier, et la teigne, dont la larve dévore les fourrures et les étoffes.
Diptères. — Cet ordre comprend des insectes qui portent deux ailes membraneuses et réticulées, accompagnées ordinairement de deux balanciers. Mais on étend aujourd'hui cet ordre à tous les insectes, même aptères, qui subissant des métamorphoses complètes, ont les lèvres en forme de canal et les mâchoires en forme de lancettes. Beaucoup de ces insectes sont des parasites incommodes et même très nuisibles. Citons la puce et la chique (suceurs), la mouche, le taon, le cousin, le moustique. Ces insectes infestent surtout les pays chauds. Certaines mouches désolent les troupeaux et leur rendent même inhabitables des contrées entières.
Aptères. — Ces insectes sont ainsi nommés parce qu'ils n'ont pas d'ailes ou n'en ont que de rudimentaires. Les aptères forment un ordre dans certaines classifications. Mais d'autres zoologistes regardent la forme des aptères comme imparfaite et rapportent ces insectes à divers ordres.
Pou. — Cet insecte aptère compte un grand nombre d'espèces, qui vivent en parasites sur des animaux et sur l'homme. On range souvent aujourd'hui les poux parmi les hémiptères. Ces insectes ont le corps aplati, les pattes terminées par un ongle très fort ou par deux crochets, avec lesquels ils s'attachent aux poils. Ils portent sous le ventre un aiguillon corné, qui leur sert â percer leur victime; et leur tête est armée d'un suçoir pour pomper le sang. On distingue le pou de la tète, le pou du corps, le pou des malades. Leur multiplication engendre la maladie pédiculairc. — On donne aussi le nom de pou à une foule de parasites appartenant à divers ordres : pou de baleine, pou des oiseaux, pou de bois (sorte de xylophage), etc.
Myriapodes. — Cette classe des arthropodes renferme des animaux terrestres dont le corps est composé de segments (de 12 â plusieurs centaines), dont chacun a ordinairement une paire de pattes. Leur tête est pourvue de deux antennes. Certains myriapodes sont frugivores ; d'autres, carnassiers. Ils habitent les lieux humides, sous les mousses, sous les pierres, dans les troncs d'arbres pourris, d'où ils sortent la nuit. On les trouve dans toutes les parties du globe.
Arachnides. — Cette classe d'arthropodes est pourvue de 4 paires do pattes; la tête ne porte point d'antennes et se confond avec le thorax. Presque tous les arachnides sont carnassiers et la morsure de quelques grandes espèces est redoutée. Cette classe comprend les scorpions, les araignées proprement dites, les acares, qui vivent en parasites sur les animaux et les végétaux.
Crustacés. — Les crustacés sont ovipares et quelques-uns d'entre eux subissent des demimétamorphoses. Quand leur enveloppe se rompt pour les laisser grandir, ils l'abandonnent comme ufl serpent ferait de sa dépouille. S'il leur arrive de se casser quelque membre, la nature y remédie, en le faisant repousser. Cette classe d'arthropodes comprend surtout des animaux aquatiques et marins, parmi lesquels les écrevisses, les homards, les crevettes.
Cirrhipèdes. — Classés d'abord parmi les mollusques, ces animaux ont été ramenés ensuite aux crustacés. Ils sont dépourvus de tête et d'yeux; leur corps est muni d'un manteau et de pieds ou cirres, disposés sur deux rangs. Le genre principal de cette classe est Vanati/'e, dit aussi barnacle et
sapinctte dans nos ports. Il s'attache en grand nombre aux corps sous-marins et, en particulier, aux carènes des bâtiments, au point de les gêner dans leur marche.
Vers. — Au sens le plus étroit, le nom de vers s'applique seulement à un groupe du règne animal, qui comprend les annélides et les helminthes, auxquels on ajoute les vers intestinaux ou entozoaires. Mais vulgairement on étend le nom de vers à toute espèce d'animal rampant, allongé, mou et sans vertèbres, contractile, sans tète distincte. On l'applique ainsi à la plupart des larves des insectes : ver à soie, ver blanc ou ver du hanneton, etc.
Annélides . — Cette classe de vers a un appareil digestif, un appareil circulatoire, etc., souvent une tète et des organes des sens. Chez beaucoup de ces animaux, on constate les deux modes de reproduction : agame et sexuée. Les uns habitent les eaux douces; d'autres, les eaux marines; d'autres, vivent dans la terre humide. Quelques espèces sont phosphorescentes.
Sangsue. — La sangsue médicinale est employée en thérapeutique pour tirer du sang. Elle a presque disparu de nos contrées, par suite de la consommation qui s'en est faite. On la tire aujourd'hui de l'étranger. Cet annélide suceur ne compte pas moins de 94 anneaux. Il est pourva, aux deux extrémités, de cavités contractiles, qui lui servent à adhérer fortement aux objets; dans la cavité antérieure est située la bouche, armée de trois petites lancettes, qui font une incision triangulaire. La sangsue applique ensuite à la plaie ses lèvres en forme de suçoir ; elle ne s'arrête que lorsqu'elle est gorgée de sang. Pour leur faire lâcher prise, on les touche avec un peu de sel ou de tabac.
Entozoaires. — Les entozoaires ou vers intestinaux sont compris sous le nom d'helminthes. Ce sont des êtres d'une organisation si simple qu'on les avait placés parmi les zoophytes. La plupart des espèces vivent en parasites (v. ce mot) sur l'homme et sur les animaux. On ne compte pas moins de 40 espèces qui vivent au détriment de l'homme. La plus remarquable est le ténia ou ver solitaire, dont la forme est celle d'un long ruban, qui peut atteindre 10 mètres de longueur, avec un très grand nombre de segments : chacun de ceux-ci est un individu distinct. Cette colonie n'adhère à l'intestin que par la tète, qui est munie de 4 ventouses et de six crochets. La colonie s'augmente avec le nombre des anneaux, qui se forment du côté de la tête. Le ténia est un être polymorphe. Il passe son premier âge dans le tissu du porc, où il produit la ladrerie. A cet état de larve, il prend les noms d'hydatide, de cysticerque, de cènure, etc. Sa présence dans l'intestin de l'homme peut causer de graves maladies.
Rotifères. — Les rotifères ou rotateurs sont des animalcules presque microscopiques, à corps transparent, en forme do fuseau, qui vivent au milieu des mousses humides. Ils se nourrissent d'autres animalcules, qu'ils attirent dans leur bouche au moyen de deux cirres en forme de roue, dont leur tête est armée. Ces petits êtres offrent cela de particulier que, desséchés, ils ressemblent à un grain de sable et paraissent avoir cessé de vivre ; mais ils se raniment dès qu'on les mouille.
Mollusque. — Les mollusques sont dépourvus de squelette intérieur. Ils sont nus ou iestacès, c'est-à-dire recouverts d'une coquille. Celle-ci est formée d'une ou plusieurs valves. Parmi les mollusques, les uns rampent comme le limaçon, d'autres so meuvent par le moyen de tentacules. Le système nerveux se compose de ganglions disséminés irrégulièrement et reliés ensemble par des filets. L'œsophage est entouré, comme chez les insectes, d'une sorte de collier nerveux. Les yeux sont sessiles, ou bien portés sur un pédicule tubuleux et
rétractile. Les mollusques ont, comme les crustacés, un cœur artériel ; ceux qui vivent dans l'eau respirent, comme les poissons, au moyen de branchies ; ceux qui vivent dans l'air respirent au moyen d'un sac pulmonaire. Les mollusques sont généralement ovipares.
L'embranchement des mollusques forme deux sous-embranchements : les mollusques proprement dits et les molluscoïdes ou tuniciers. Les premiers comprennent cinq classes, et les seconds, deux. De là sept classes de mollusques : les céphalopodes, caractérisés par de longs tentacules, sortes de bras qui entourent la tête (poulpe, seiche, calmar) ; les ptéropodes, qui sont dépourvus de tentacules, mais portent de chaque côté de la bouche deux nageoires en forme d'ailes; les gastéropodes, qui rampent sur un disque charnu, placé sous le ventre (limaçon, escargot) ; les acéphales, qui paraissent manquer de tête et dont le corps est complètement recouvert par le manteau (huître, moule); les bracJiiopodes, qui ne diffèrent des acéphales proprement dits que par deux longs bras charnus, qui sortent de chaque côté de leur manteau ; les tuniciers proprement dits, dont le manteau est très grand ; enfin les bryozoaires, dont le manteau est peu développé. Mais ces divisions -là, comme toutes les autres, sont toujours en voie de perfectionnement ou de modification.
Céphalopodes. — Le corps des céphalopodes renferme les viscères et les branchies ; la tête est surmontée de 8 ou 10 bras ou pieds, munis de ventouses ; la bouche est armée de deux fortes mandibules. Les uns sont pourvus d'une coquille uniloculaire (argonaute) ; d'autres habitent la dernière cavité d'une coquille multiloculaire (nautile) ; d'autres portent un osselet calcaire ou corné (seiche), etc. Quelques-uns ont une poche remplie d'une liqueur noirâtre, avec laquelle ils troublent l'eau pour échapper à leurs ennemis. Tous ces mollusques sont marins. Ils sont très voraces.
Pieuvre. — La pieuvre ou poulpe commun a 8 bras ou tentacules, six fois aussi longs que son corps et pourvus d'une double rangée de ventouses. Son corps forme une masse charnue, qui ne contient que deux petits noyaux durs et allongés ; les yeux sont fixes et achèvent de donner à cet animal un aspect repoussant. Les poulpes habitent ordinairement les anfractuosités des rochers, où ils attendent, au passage, les poissons et les crustacés ; quelques-uns cependant voyagent par troupes. Cet animal, lorsqu'il atteint de grandes dimensions, peut devenir un danger terrible pour le plongeur surpris, dont il immobilise tous les membres au moyen de ses tentacules.
Gastéropodes. — Cette classe de mollusques comprend des animaux qui se meuvent en rampant sur une expansion charnue placée sous le ventre, à laquelle on a donné le nom de pied. Les uns, qui vivent dans l'air, ont la respiration pulmonaire ; les autres, qui vivent dans l'eau, respirent par des branchies. Cette classe renferme certains animaux bien connus : Yescargot, qui cause beaucoup de dommages aux vignes, etc., en mangeant les jeunes bourgeons ; la limace, qui n'a pas de coquille extérieure et pullule quelquefois dans les jardins humides, où elle commet beaucoup de dégâts.
Acéphales. — Ces mollusques sont dépourvus de tête ; ils manquent des organes do la vue, de l'ouïe, de la préhension ; le cœur est formé d'un seul ventricule ; le système nerveux se réduit à quelques ganglions épars, etc. L'animal est protégé par une coquille bivalve, qu'il ouvre et ferme librement. A cette classe appartiennent les moules et les huîtres, dont on fait une si grande consommation.
Huître. — Ce mollusque est répandu dans toutes les mers. Les deux valves inégales qui
composent sa coquille s'ouvrent et se ferment au moyen d'une sorte de charnière, près de laquelle se trouve la bouche de l'animal, molle comme tout le reste du corps. L'huître est hermaphrodite et d'une prodigieuse fécondité ; elle peut se reproduire dès la première année, bien qu'elle n'ait sa taille qu'après trois ans. L'embryon nage d'abord dans l'eau, puis se fixe aux coquilles voisines. De là les bancs d'huîtres, qui prennent souvent d'énormes proportions. L'huître vit des débris (frais de poisson, etc.) que la mer lui apporte. Elle doit être parquée pendant quelque temps, avant d'être livrée à la consommation. On la tire surtout des côtes de Bretagne et de Normandie, de Marennes, près Rochefort, d'Arcachon. Les huîtres d'Ostende sont renommées. Mais la pêche qu'on fait de ce mollusque l'aurait fait disparaître, pour ainsi dire, de nos côtes, sans les établissements d'ostréiculture, qui en assurent la reproduction et en régularisent la consommation. L'huître est exposée, en outre, à bien des causes naturelles de destruction : les poissons la dévorent à l'état d'embryon ; les crabes et d'autres crustacés la surprennent quand elle ouvre ses écailles, etc.
Brachiopodes. Tuniciers. Bryozoaires.
— On a rangé longtemps les brachiopodes parmi les mollusques. Plusieurs aujourd'hui les regardent comme des vers très modifiés. Certaines espèces vivent attachées aux rochers. Les tuniciers, parmi lesquels les ascidies, ont été classés avec les mollusques par Lamark et Cuvier. Mais de nos jours les naturalistes en font un embranchement ou les font rentrer parmi les vertébrés les plus simples, tels que l'amphioxus (v. poisson). Quant aux bryosaires, d'abord regardés comme des polypes, puis comme des mollusques, ils sont maintenant rapprochés des vers.
Zoophyte. — Aux derniers degrés de l'échelle animale se trouvent les zoophytes (animauxplantes), ainsi nommés à cause de la simplicité de leur organisation. Ces animaux ont un système nerveux qui présente l'aspect d'un anneau ganglionnaire, d'où partent des filets nerveux qui rayonnent vers la périphérie du corps, ce qui leur a fait donner le nom de radia ires ou rayonnes. Plusieurs d'entre eux se reproduisent par une sorte de bourgeonnement ou extension de tissu. Les zoophytes ne paraissent jouir que du toucher. Leurs organes de la circulation et de la respiration ne sont que rudimentaires; la digestion semble parfois se confondre avec la circulation, car les mêmes vaisseaux qui puisent le suc nourricier dans le canal digestif vont immédiatement le répandre parmi les tissus.
On divise les zoophytes en trois grands groupes ou embranchements : les échinodermes, dont la peau est pourvue de pointes ou d'épines articulées (astérie ou étoile de mer, oursin) ; les cœlentérés, dont le canal digestif, au lieu de constituer un organe distinct, est réduit à une simple cavité creusée dans l'épaisseur même de leur corps (acalèphe, méduse, éponge); les protozoaires, animaux microscopiques ou de très petite taille, dont l'organisation paraît réduite à la plus grande simplicité (vibrion, amibe, microbe). Plusieurs espèces de protozoaires (microbes, infusoires, bactéries) se rencontrent dans le sang et les humeurs des animaux supérieurs, où ils causent, en se multipliant rapidement, des maladies redoutables et foudroyantes.
Echinodermes. — Ces animaux ont une enveloppe testacée, souvent épineuse, et percée de petits trous, par lesquels sortent des tentacules. Leur forme est très variable : les uns sont globuleux (oursins) ; d'autres, aplatis (astéries) ; d'autres, allongés comme des vers (holothuries); d'autres, en forme de fleurs. Certaines espèces sont