‹ Dictionnaire universel de la pensée (volume 2)Chapitre 473 sur 686 · Chapitre Premier · texte numérisé non relu

Chapitre Premier

Des végétaux en général.

Végétal. — Entre les animaux et les minéraux s'étend le régne végétal, composé d'individus innombrables, <iyant la triple faculté de se nourrir, de croître et de se reproduire, en un mot doués d'une vie inférieure, il est vrai, mais véritable. La vie du végétal exige un principe spécial et essentiel à l'être vivant. Ici on peut faire valoir toutes les différences radicales qui séparent la plante du minéral, et, en général, tous les êtres vivants des êtres inorganiques. Ceux-ci sont composés de parties homogènes, de sorte qu'on peut les diviser arbitrairement sans les détruire ; ils affectent des lignes droites et géométriques, se forment par l'agrégation mécanique de leurs parties, s'accroissent et diminuent sans règle ni mesure, se conservent par leur immobilité même, etc. Au contraire, les êtres organiques sont composés de membres, d'organes, d'appareils, qui conspirent à une même fin ; ils proviennent d'un germe, d'une semence, s'accroissent par la nutrition ou intussusception, n'affectent jamais des lignes droites et des formes géométriques, ne se conservent que pour un temps et au moyen d'échanges incessants avec le milieu qui les entoure ; ils se réparent d'eux-mêmes, si on les blesse, se reproduisent indéfiniment, etc. Ajoutons que la composition chimique des uns n'est pas comparable à celle des autres. D'ailleurs la vie ne peut être analysée chimiquement, bien qu'on puisse analyser, lorsqu'elle a disparu, et même reproduire, en son absence, les matériaux qu'elle avait élaborés et dont elle s'était servie.

Rôle du végétal. — Le végétal purifie l'air en absorbant le carbone de l'acide carbonique exhalé par les animaux. Il leur fournit, en outre, leurs aliments et des ressources indispensables. L'homme tire du végétal la nourriture la plus ordinaire et la plus saine (blé, riz, fruits, légumes), la boisson la plus fortifiante (vin), le vêtement (lin, chanvre, coton), des matériaux de construction (bois de toutes sortes), des remèdes pour ses maladies (simples), des adoucissements pour ses blessures (vulnéraires), des parfums et des ornements (fleurs). Bref, personne ne peut regarder les plantes comme des étrangères. Elles remplissent, ornent et enrichissent la terre, qui est notre séjour.

Parties du végétal. — Le végétal est com-

posé de diverses parties qui rappellent les organes et les éléments du coips : la chair, les os, les veines, le sang. On distingue d'abord le tissu cellulaire, le tissu fibreux et le tissu vasculaire. Le premier est formé de cellules, qui se multiplient à mesure que le végétal s'accroît ; le deuxième forme la partie ligneuse de la plante; le troisième forme les vaisseaux. C'est par ceux-ci que s'opère la circulation de la sève, analogue à la circulation du sang.

A un autre point de vue, on distingue, dans le végétal, la racine, la tige, les feuilles, etc. (v. ces mots) .

Plante. — Ce nom convient généralement à tous les végétaux. On s'en sert, en particulier, pour désigner certaines classes de plantes déterminées non point par leur organisation, mais plutôt par le milieu où elles se développent, leur longévité, l'utilité qu'on en retire ou quelque autre qualité accessoire. On distingue ainsi les plantes annuelles, bisannuelles, vivaecs; terrestres, aquatiques, marines; médicinales, tinctoriales, pota— gères, etc. — Par suite de métaphores faciles à comprendre, on donne le nom de pied de quelque animal à un bon nombre de plantes : piedd'alouette (la dauphinelle des jardins), pied-debouc (l'angélique sauvage), pied-de-griffon (l'ellébore fétide), pied-de-poule (le chiendent), piedde-veau (le gouet maculé), etc. — On emploie de même quelquefois le mot de pas : pas-d'dne (tussilage), pas-de-chcval.

Racine. — C'est un organe absorbant qui sert à nourrir la plante ; elle sert aussi à la fixer. La racine est dite pivotante ou fibreuse ou tubèriforme, suivant la forme qu'elle affecte; elle est dite annuelle ou bisannuelle ou vivace, suivant sa durée.

Bulbe. — La bulbe est très commune chez les monocotylédones. Elle se compose de trois parties : le plateau, les fibres radicales et le bourgeon. Le plateau peut être considéré comme une véritable tige souterraine, très courte, qui donne naissance aux fibres radicales tantôt simples et tantôt ramifiées. Le bourgeon naît de la face supérieure du plateau; il est charnu en dedans et recouvert de feuilles épaissies. On lui donne vulgairement le nom d'oignon, l'oignon étant l'espèce la plus commune des plantes bulbifères. Les bulbes se multiplient au moyen de caïeux ou bourgeons secondaires. Ceux-ci tantôt se forment à l'aisselle de

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