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LIVRE XIV : DU VEGETAL

l'une des écailles extérieures de l'oignon, et alors ils se développent à coté de lui, tantôt ils se forment au centre de l'oignon, qu'ils remplacent.

Bourgeon. — Le bourgeon est comme un germe adhérent au végétal, un embryon qui se développe sur la plante dont il fait partie : on lui a donné quelquefois le nom d'embryon fixe. On distingue les bourgeons à fruit et les bourgeons à bois. Cette distinction est importante pour la taille et pour l'ébourgconnement des arbres fruitiers. Les bourgeons à fruit sont gros, renflés, ovoïdes; les autres sont étroits et pointus.

Chlorophylle. — C'est une matière colorante verte, la plus caractéristique des organismes végétaux et en même temps la plus importante par son rôle dans la respiration et la nutrition. C'est par la chlorophylle, en effet, que les plantes vertes décomposent l'acide carbonique et fixent le carbone en dégageant l'oxygène. Cette assimilation du carbone se produit sous l'influence de la lumière dans la cellule vivante, où la chlorophylle existe le plus souvent sous forme de petits globules.

Sève. — La sève est puisée dans le sol par les racines et elle circule dans l'arbre, qu'elle nourrit, comme le sang dans le corps. On distingue deux courants dans ce mouvement : l'un qui porte la sève depuis les racines et à travers le tissu ligneux jusqu'aux feuilles, où la sève est élaborée par la respiration; l'autre, qui disperse la sève nourricière et la ramène en bas, en passant par le liber. De là la sètje ascendante et la sève descendante. La première abonde surtout au printemps et en automne : elle est presque nulle en hiver.

Ecorce. — C'est dans les tiges ligneuses des dicotylédones que l'écorce atteint son organisation la plus compliquée. Elle se compose alors de quatre couches distinctes : Y épidémie ;V enveloppe subéreuse, qui produit le liège dans le chêne-liège; Yenveloppe cellulaire et le liber ou fibres corticales. Les écorces de certaines espèces sont utilisées pour la tannerie, la corderie, la fabrication des bouchons, celle du papier. Le quinquina, la cannelle, etc. sont des écorces.

Stomate. — L'épiderme herbacé des végétaux est percé de pores microscopiques, qui servent à la respiration et à la transpiration. Ces pores ou stomates sont tantôt dispersés et tantôt rangés par lignes. Ils abondent sur les feuilles, surtout sur la face inférieure ; mais ils manquent sur les feuilles submergées et n'existent qu'à la face supérieure des feuilles étalées sur l'eau.

Tige. —La tige n'existe pas chez les algues, les champignons, les lichens. Chez les autres végétaux, elle subit bien des transformations. La tige est simple ou ramifiée, ligneuse ou herbacée. On distingue aussi les tiges aériennes, rampantes, souterraines ou rhizomes, grimpantes, volubiles, etc. Dans les arbres monocotylédones (les palmiers), elle prend le nom de stipe, et n'a point la même structure que dans les arbres dicotylédones (le chêne par exemple), où elle prend le nom de tronc. La tige des graminées s'appelle chaume.

Branche. — En agriculture, on distingue : les branches mères ou principales divisions du tronc ; les branches à bois, qui proviennent des bourgeons de l'année et forment les extrémités des autres branches; les branches à fruit, qui naissent des branches à bois de l'année précédente. On appelle bouquets, des branches à fruit qui ne portent que des yeux à fruit. Les branches gourmandes sont celles qui absorbent la sève qui profiterait mieux ;hix autres et que l'on doit couper. Les branches folles sont celles qui déparent les autres et sont sans valeur, etc.

Bouture. — Beaucoup de végétaux peuvent se reproduire par bouture : les arbres à feuilles caduques, certains arbres résineux, toutes les

plantes grasses. Le bouturage est préférable au semis, qui conserve moins bien les races et les variétés. On distingue : la bouture simple, qui se fait avec un rameau de la dernière pousse ; la bouture herbacée, qui se fait avec déjeunes pousses ou bourgeons de 2 ou 3 centimètres de longueur; la bouture en plançon, qui se fait avec une forte brandie de 2 ou 3 mètres (peuplier, saule, aune) ; la bouture à crossette, qui consiste à planter, avec le rameau, une partie de la branche d'où il a pris naissance.

Feuille. — La plante respire par ses feuilles. Celles-ci sont sessiles ou pétiolées ; alternes, opposées ou verticillées ; simples, comme dans le lilas, ou composées, comme dans l'acacia; elles varient de forme à l'infini, elles sont tour à tour gladièes, hastèes, lancéolées, etc. On sait que pendant le jour la plante absorbe de l'acide carbonique et exhale de l'oxygène, ce qui rend son voisinage très salubre, tandis que pendant la nuit elle exhale de l'acide carbonique et absorbe de l'oxygène, ce qui peut rendre sa présence incommode dans les appartements et même dangereuse. Ce phénomène de la respiration des plantes s'accomplit à la surface des feuilles où la sève vient s'élaborer. Sous l'influence de la lumière du jour l'oxygène superflu est exhalé, tandis que le carbone est fixé dans les tissus. Si la plante restait plongée plus qu'il ne convient dans l'obscurité, elle ne tarderait pas à dépérir : sa tige, dépourvue du carbone qui la fortifie, fléchirait sous son propre poids ; le feuillage perdrait sa verdeur; la fleur, son coloris, et l'étiolement pourrait devenir mortel.

Herbe. — Ce nom convient généralement à toutes les plantes non ligneuses qui perdent leurs feuilles et leur tige pendant l'hiver. Elles sont dites annuelles ou bisannuelles ou trisannuelles ou vivaces, selon la durée de leur vie. Les herbes potagères sont les herbes comestibles cultivées dans les jardins potagers. Les herbes sativages sont celles qui viennent sans aucune culture. Les mauvaises herbes sont celles qui nuisent aux plantes utiles que l'homme cultive. Le nom d'herbe, avec certains qualificatifs, sert à désigner vulgairement une foule de plantes : herbe aux ('mes (le chardon), herbe « cailler (le gaillet), herbe aux ch uts (la germandrée et la cataire), herbe aux sorciers (le datura), herbe aux écrouclles (la scrofulaire), herbe aux écus (la nummulaire), etc.

Gazon. — On comprend, sous ce nom, toutes sortes d'herbes appartenant à la famille des graminées qui forment sur le sol, quand elles sont courtes et menues, un tapis de verdure. On obtient le gazon de deux manières : par le placage de mottes garnies de verdure et par le semis. Dans ce cas, on sème au printemps sur une terre bien ameublie. On obtient et on conserve un beau gazon en l'arrosant fréquemment; on le roule, on le sarcle, on le tond à la mécanique, etc.

Fourrage. — Ce nom convient généralement au foin des prairies et même à tous les végétaux qui servent de nourriture aux bestiaux. Ils sont fournis surtout par des familles de graminées, de légumineuses, de composées. On distingue les fourrages verts, les fourrages secs, les fourrages racines. Parmi ces derniers, la carotte, la betterave, les choux, la pomme de terre. Le choix et le mélange des fourrages, leur bonne qualité, sont très importants pour l'entretien des animaux de trait et l'élève des bestiaux.

Arbre. — Ce nom convient généralement à tous les végétaux ligneux dont la racine subsiste un bon nombre d'années et dont la tige, nue à la base, se couronne de branches et de feuilles. Le tronc de la plupart des dicotylédones présente une série de couches concentriques, où l'on distingue principalement l'écorce, le liber, le bois proprement dit, la

moelle ou le centre. Chez ces végétaux, l'accroissement du tronc en épaisseur est indéfini. Il n'en est pas de même des palmiers et, en général, desmonocotylédones : ils n'offrent point la même structure ; et le diamètre de la tige, après s'être rapidement accru, reste fixe. Certains arbres, comme le chêne, le cèdre, le sapin, vivent de longs siècles. Les arbres se distinguent des arbrisseaux, qui n'ont pas de tronc proprement dit, ou dont le tronc se divise près de la racine, et qui ne dépassent guère 3 ou 4 mètres; les arbustes, plus petits encore, ont la forme de buisson; les sous-arbrisseaux (clématite, vigne vierge) tiennent à la l'ois des arbustes et des plantes herbacées. Le nom d'arbre, auquel on ajoute certains qualificatifs, qui indiquent les propriétés ou l'emploi ou d'autres caractères, sert à désigner vulgairement une foule de végétaux divers : arbre de fer (le bois de fer), arbre à la glu (le houx), arbre de Judée (le gainier), etc. Parmi les arbres les plus utiles se distinguent les arbres fruitiers, et parmi ceux-ci les arbres de verger. La manière de les reproduire, de les greffer, de les cultiver, de les tailler rentre dans l'objet de l'arboriculture.

Forêt. — Le rôle des forêts est important dans la nature. Sans compter qu'elles parent la terre et en particulier les montagnes d'un épais manteau de verdure, elles assainissent l'air, en produisant de l'oxygène et en éliminant de l'acide carbonique ; elles augmentent l'humus du sol, condensent les vapeurs de l'atmosphère, régularisent les pluies, la température et le débit des rivières et des fleuves, empêchent la formation de torrents dévastateurs et la dénudation des montagnes. Les immenses dépôts de carbone nécessaires à l'industrie moderne et accumulés dans les entrailles de la terre, proviennent des forêts immenses qui couvrirent le globe à des époques préhistoriques. L'Europe portait encore, il y a deux mille ans, des forêts vierges analogues à celles de l'Afrique et de l'Amérique. Aujourd'hui nos forêts sont cultivées avec méthode et conservées avec soin ; on s'attache même à les étendre et à les reconstituer. On calcule que les forêts couvrent environ un sixième du sol français. Les arbres qu'on y rencontre le plus souvent sont : le. sapin, le pin, le chêne, l'orme, le hêtre, le frêne, le bouleau, le tremble (V. Mathieu, Flore forestière, 1897, 4e éd.).

Plantation. — L'art de planter est une partie importante de l'arboriculture. Il comprend la préparation du sol, le choix des arbres, la forme à donner aux plantations quant à la distance des arbres, la disposition des lignes, etc. (plantation carrée, en quinconce). Parmi les plantations, les unes sont d'arbres à fruit (verger, espalier), les autres sont d'arbres cultivés pour leur bois ou pour l'agrément (avenues, parc, forêt) ; les unes ne comportent qu'une espèce (sapinière, chênaie, châtaigneraie, vigne) ; les autres en comportent plusieurs.

Verger. — Les vergers sont consacrés en même temps aux arbres fruitiers et à la production des fourrages ou des grains. Les arbres, plantés à d'assez grandes distances, y croissent en plein vent. On ne les taille que pendant les premières années et seulement pour leur donner la forme d'arbres à hautes tiges. Les soins que réclame un verger sont donc beaucoup moins assidus et moins coûteux que ceux que réclame un jardin fruitier. Presque tous nos arbres fruitiers peuvent être cultivés dans les vergers : pommiers, poiriers, pruniers, cerisiers, pêchers, abricotiers, amandiers, etc.

Espalier. — Les avantages de l'espalier sont faciles à comprendre. Les arbres fruitiers reçoivent d'autant mieux les rayons du soleil que leurs rameaux sont étalés ou, comme on dit en horticulture, )>alissés sur un plan. S'ils sont, en outre, adossés à un mur, dont la réverbération augmente encore

la chaleur qu'ils, reçoivent, la maturation des fruits se fait dans les conditions les plus favorables. Ce mode de culture convient surtout dans les pays où la température est insuffisante ; il peut devenir nuisible dans les pays chauds. Des arbres palissés sur un treillage ou autrement et en plein air, ordinairement en face d'un espalier, constituent un contre-espalier. Celui-ci offre certains avantages de l'espalier sans offrir les mêmes inconvénients.

Pépinière. — Les Romains donnaient à la pépinière le nom de seminarium (semen, semence). Ils avaient compris comme nous les avantages qu'il y a à semer et à cultiver à part les jeunes plantes que l'on destine à occuper une place déterminée. Pour établir une pépinière, il faut choisir un lieu abrité des grands vents, un terrain bien perméable à l'eau et à la chaleur et d'une fertilité moyenne, afin que les plantes n'aient pas trop à souffrir de leur déplacement. On distribue les pépinières selon les espèces qu'on y cultive. Certains carrés sont destinés aux semis, aux marcottes, aux repiquages, aux greffes, aux transplantations, etc.

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