LIVRE XIV : DU VEGETAL
convexe. Enfin Y ombelle, qui caractérise les ombellifères, présente une surface fleurie et convexe à la manière d'un parasol.
Parties de la fleur. — La fleur complète se compose de quatre parties : le calice, la corolle, les ètamines et les carpelles. Les pièces de chacun de ces quatre verticilles alternent constamment avec les pièces du verticille suivant. Le calice, premier verticille de la fleur, est composé de sépales, tantôt libres et séparés les uns des autres (la giroflée), tantôt soudés entre eux suivant leur longueur (l'œillet). Dans le premier cas, le calice est dit polysèpale : il est dit gamosépale, dans le second. Le calice gamosépale est dit encore régulier ou irrègulier, selon que les sépales offrent delà symétrie ou non.
La corolle, deuxième verticille de la fleur, est composée de pétales, tantôt libres et distincts (la rose), et alors la corolle est dite polypètale, tantôt soudés entre eux de manière à former une seule enveloppe (le tabac), et alors la corolle est dite;/«mopètale. La corolle polypètale est régulière (rose, œillet, lin) ou irrègulière et papilionacèe (pois, haricot, acacia). A son tour, la corolle gamopétale est régulière ou irrégulière : régulière, en forme de cloche {campanulée : campanule), d'entonnoir (infundibuliforme : tabac), de roue {rotacèe . bourrache), d'étoile (ètoilèe : caille-lait), d'urne (urcàolèe : bruyère) ; irrégulière, en forme de bouche et de lèvres [labiée : sauge, romarin, mélisse), de masque ou de mufle (personnèe : gueule-deloup, linaire), etc.
Les ètamines, troisième verticille de la fleur complète, sont les organes mâles de la plante. Leur nombre, qui peut varier de un à plusieurs centaines, a servi de base à la classification de Linné. Chaque étamine complète se compose deVanthère, du pollen et du filet.
Le pistil est formé d'un ou de plusieurs carpelles, tantôt libres, tantôt soudés entre eux. Le carpelle est composé de trois parties : à la base, Yovaire, qui contient les ovules ; au milieu, le style ; au sommet, le stigmate. Le style répond au filet des ètamines : c'est un tube plus ou moins délié, qui surmonte l'ovaire et porte le stigmate; il est tantôt libre et tantôt soudé à d'autres; quelquefois il manque, et alors le stigmate est dit scssile. L'ovaire est simple ou composé, selon qu'il appartient à un seul carpelle ou à plusieurs. L'ovaire composé ott're ordinairement plusieurs loges.
Par rapport au pistil, à l'ovaire surtout, les ètamines sont dites hypogynes ou périgynes ou èpigynes, selon qu'elles sont insérées au-dessous du pistil et de l'ovaire (blé, renoncule, géranium), ou bien sur le calice et autour de l'ovaire (rose, amandier, grenadier), ou bien enfin sur l'ovaire même (persil, ciguë, garance).
La fleur est dite hermaphrodite, lorsqu'elle réunit les ètamines et le pistil; unisexuèe, si elle ne réunit que les ètamines ou le pistil. Lorsqu'une espèce de végétal présente des fleurs unisexuées, cette espèce est dite monoïque ou dioïque ou. polygame : monoïque, si les fleurs mâles et les fleurs femelles sont groupées sur un même individu (chêne, maïs, ricin); dioïque, si elles sont portées par des individus différents (gui, dattier, pistachier) ; polygame enfin, si des fleurs unisexuées et des fleurs hermaphrodites sont portées sur le même pied (frêne, pariétaire).
Rose. — Elle a été regardée de tout temps comme la reine des fleurs. Elle est le symbole de la beauté, de la grâce, de l'amour et aussi de l'innocence (rose blanche). Il est à remarquer qu'elle fleurit sur un arbuste épineux, qui ne produit que des fruits ridicules. Fleur insignifiante à l'état sauvage, où elle n'a que 5 pétales, elle doit tout à la culture. Celle-ci a créé des variétés innombrables : rose à cent feuilles ou rose mousseuse, qui
compte elle-même de nombreuses variétés ; rose blanche, tantôt d'une blancheur virginale et tantôt teintée de rose ; rose du Bengale ; ro.<e pompon, miniature charmante de la rose à cent feuilles ; rose capucine, qui s'épanouit le matin et tombe le soir, etc. — On appelle rose d'or celle que le pape bénit tous les ans, au 4e dimanche de carême, et qu'il offre à quelque souverain ou à quelque princesse de l'Europe. Cet usage est fort ancien.
Lis. — Cette belle fleur, d'une blancheur éclatante, est le symbole de l'innocence, de la candeur, de la pureté virginale. Elle se dresse si noblement sur sa tige droite et svelte qu'elle est aussi le symbole de la grandeur et de la majesté. Les rois de France l'avaient choisie pour emblème et elle figure dans leurs armoiries. — L'odeur du lis est très forte et très pénétrante : elle peut causer des maladies et une véritable asphyxie.
Pensée. — La pensée n'est qu'une espèce de violette. Dans le langage des fleurs, elle est le symbole du souvenir. Ses trois couleurs : blanc, jaune et violet, avec la disposition triangulaire de ses pétales, l'ont fait choisir aussi pour être le symbole de la Trinité. La pensée la plus belle, comme fleur d'ornement, est la pensée èi grandes fleurs ou pensée vivace, originaire de Sibérie.
Fruit. — Ses espèces. — Si la fleur est une promesse de la nature, le fruit est un présent. Tandis que celle-là nous plaît par sa bonne odeur et son éclat, celui-ci nous donne en nourriture sa chair délicate et savoureuse. La fleur est belle, mais le fruit est doux. La fleur est le don du printemps et la parure de la jeunesse : le fruit, au contraire, est le don de l'été et le privilège de l'âge mùr; il remplace la fleur éphémère et ne disparaîtra pas sans obliger quelqu'un, en laissant un bienfait. La fleur témoigne des sentiments et des intentions : le fruit témoigne des œuvres, il représente les mérites.
Sans nous arrêter à ces sortes de considérations, résumons ici quelques enseignements de la botanique. Le fruit n'est que l'ovaire fécondé et parvenu à maturité. Il est composé du péricarpe et de la graine, qui renferme l'embryon. La graine a pour enveloppe Vèpisperme et pour substance l'amande. Celle-ci est composée de l'embryon et du pèrisperme ou endosperme. L'embryon comprend quatre parties : la radicule, la tige/ le, le corps cotyléaonaire et la gemmule. La radicule et la tigelle sont les rudiments de la racine et de la tige. Le corps cotylédonaire est simple ou double, il sert à nourrir la jeune plante. La gemmule n'est, pour ainsi dire, que le bourgeon terminal de la tigelle ; il est destiné à former les premières feuilles de la plantes.
Espèces de fruits. — Ils proviennent d'un ovaire simple, ou de plusieurs ovaires simples, ou d'un ovaire composé, ou de plusieurs fleurs. De là quatre sortes de fruits : 1" les fruits simples ou apocarpès ; 2° les fruits multiples ou poly carpes ; 3° les fruits soudé* ou syncarpès : 4" les fruits composés ou synanthocarpès.
1" Aux fruits simples se rapportent la cariopse, Vu/, eue, la samare, fruits secs et indéhiscents ; la follicule, la gousse, fruits secs et déhiscents ; le drupe, la noix, fruits charnus. Le blé, l'orge, l'avoine, le riz, le maïs sont des cariopses. Les fruits du grand soleil, de l'oseille, du chardon, sont des akènes. Les fruits de l'érable, de l'orme, sont des samares ; ceux de l'ellébore, du pied-d'alouette, sont des follicules ; ceux des légumineuses, sont des gousses. La cerise, la prune, l'abricot et la pêche sont des drupes. L'amande et le coco sont des noix.
2° Aux fruits multiples se rapportent la fraise, la framboise, fruits composés d'akènes aussi nombreux que la fleur contenait de carpelles.
3° Aux fruits soudés se rapportent le gland et la