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Chapitre III

Des acotylédones ou cryptogames et des monocotylédones.

Acotylédones ou cryptogames. — Classifications des plantes. — Avant d'étudier avec ordre les principales plantes, nous devons dire un mot des classifications proposées. Les unes sont artificielles et les autres naturelles (v. classification au livre II). La classification artificielle la plus célèbre, en botanique, est celle de Linné. Il tire de la fleur tous les caractères distinctifs de la plante et divise tout le règne végétal en 24 classes : monandrie, diandrie, etc. (v. ces mots, que nous avons rapportés à la fleur). La première classification naturelle est celle de Jussieu.

Méthode de Jussieu. — Jussieu divise d'abord le règne végétal en 3 embranchements, d'après la structure de l'embryon : 1° les acotylédones, comprenant toutes les plantes dépourvues d'embryon, et par conséquent de cotylédons ; 2° les monocotylédones, contenant toutes les plantes dont l'embryon n'a qu'un seul cotylédon ; 3° les dicotylédones, comprenant toutes les plantes à deux cotylédons. Cette première division établie, le règne végétal est ensuite partagé en 15 classes, d'après des caractères de second ordre, tirés des insertions des étamines et de la forme de la corolle. L'embranchement des acotylédones (cryptogames de Linné) ne forme qu'une classe, Yacotylédonie. L'embranchement des monocotylédones forme trois classes, déterminées par la disposition des étamines, qui sont hypogynes, périgynes ou épigynes (monohypogynie, monopérigynie, monoépigynie) .

L'embranchement des dicotylédones est d'abord subdivisé en trois groupes secondaires : les apétales, les monopétales ou gamopétales et les polypétales. Puis, chacun de ces groupes est partagé en classes d'après le mode d'insertion des étamines, à savoir : les apétales en 3 classes (épistaminie, péristaminie, liypostaminie) ; les monopétales en 4 classes (hypocorollie,péricorollie, synanthèrie, corysanthèrie) ; les polypétales en 3 classes (épipéta/ie, hypopétalie, péripétalie). Enfin, une dernière classe, la diclinie, comprend toutes les plantes à fleurs unisexuées ou diclines.

Cette classification a le privilège de ne pas séparer les familles naturelles. On appelle ainsi des groupes de plantes qui présentent les mêmes caractères et dont l'air de famille est facile à reconnaître.

Système de Brongniart. — La méthode de L. de Jussieu a été ainsi modifiée par Ad. Brongniart, le créateur de la botanique fossile. Le règne végétal est d'abord partagé en deux grands groupes : les cryptogames et les phanérogames. Les cryptogames sont amphigenes ou acrogencs, c'est-àdire qu'elles s'accroissent dans tous les sens ou seulement par le sommet. Les phanérogames sont monocotylédones ou dicotylédones. Les monocotylédones sont périspermées ou apérisper niées. Les dicotylédones sont angiospermes ou gymnospermes, c'est-à-dire ont des graines contenues dans un péricarpe ou dépouillées de péricarpe. Les angiospermes elles-mêmes sont gamopétales ou dialypétales. Dans ces divisions prennent place les 68 classes de la méthode de Brongniart. Les cryptogames amphigenes forment trois classes (1-3) ; les acrogènes, deux (4-5). Les monocotylédones périspermées forment huit classes (6-13); les apérispermées, deux (14-15). Les dicotylédones angiospermes gamopétales forment quatorze classes (16-29); les dialypétales, trente-sept (30-66); les gymnospermes, deux (67-68).

Voici maintenant la série des 68 classes : 1 Algues, 2 Champignons, 3 Lichénoïdées, 4 Muscinées,

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