LIVRE XIV : DU VEGETAL
5 Filicinées, 6 Gluniacées, 7 Joncinées, 8 Aroïdées, 9 Pandanoïdées, 10 Phœnicoïdées, 11 Lirioïdées, 12 Brornélioïdées, 13 Scitaminées, 14 Orchidées, 15 Fluviales, 16 Campanulinées, 17 Astéroïdées, 18 Lonicérinées, 19 Cofféïnées, 20 Asclépiadinées, 21 Convolvulinées, 22 Aspérifoliées, 23 Solaninées, 24 Personnées, 25 Sélaginoïdées, 26 Verbéninées, 27 Priinulinées, 28 Ericoïdées, 29 Diospyroïdées, 30 Guttifères, 31 Malvoïdées, 32 Crotoninées, 33 Polyganinées, 34 Géranioïdées, 35 Térébenthinées, 36 Hespéridées, 37 /Esculinées, 38 Célastroïdées, 39 Violinées, 40 Cruciférinées, 41 Papavérinées, 42 Berbérinées, 43 Magnolinées, 44 Renonculinées, 45 Nymphéïnées, 46 Pipérinées, 47 Urticinées, 48 Polygonoïdées, 49 Caryophyllinées, 50 Cactoïdées, 51 Crassulinées, 52 Saxifraginées , 53 Passifiorinées , 5 4 Hamamélinées , 55 Ombellinées, 56 Santalinées, 57 Asarinées, 58 Cucurbitinées, 59 .Enothérinées, 60 Daphnoïdées, 61 Protéïnées, 62 Rhamnoidées, 63 Myrtoïdées, 64 Hosinées, 65 Légumineuses, 66 Amentacées, 67 Conifères, 68 Cycadoïdées.
Bien qu'on suive ici généralement la classification de Brongniart, il faut ajouter qu'elle a été modifiée de nos jours. Voici de quelle manière. Le règne végétal est divisé en 4 embranchements : les thallophytes ou champignons; les mûscinées ou mousses; les cryptogames vasculaires (fougères, lycopodes, etc.) : les phanérogames. Ce 4e embranchement est de beaucoup le plus considérable. Il comprend les phanérogames gymnospermes (cycadées, conifères) et les phanérogames angiospermes. Ce deuxième groupe comprend : les monocotylèdones et les dicotylédones. Ces dernières plantes, de beaucoup les plus nombreuses, sont divisées en apétales, dialypètales et gamopétales ; les unes et les autres forment deux groupes, selon qu'elles sont à ovaire supère ou à ovaire infère. On peut supposer, sans témérité, que cette classification, non plus que celle de Brongniart ou de Jussieu, n'est définitive, bien qu'elles aient toutes cet avantage de réunir plus ou moins heureusement les familles naturelles.
Ce qui est admis par tous et paraît définitivement acquis, c'est que les acotylédones ou cryptogames forment le premier groupe des plantes, celui qui confine le mieux aux derniers degrés du règne animal, celui des zoophytes. Ce n'est pas que les dénominations mêmes à' acotylédones et de cryptogames soient sans erreur; mais elles désignent des classes de végétaux qui forment évidemment les premiers groupes du règne végétal. Le nom d'acotylèdone peut paraître impropre ; car certaines plantes, chez lesquelles on ne trouve aucune trace de cotylédon, sont rangées cependant parmi les dicotylédones: ainsi la ficaire, sorte de renoncule; les cactées ; des plantes parasites comme le gui. Le nom de cryptogame, dû à Linné, n'est pas plus exact; car on a reconnu, depuis le temps où vivait ce naturaliste, les organes de la reproduction des cryptogames. Le nom d'inembryonèes serait plus juste. On peut distinguer trois groupes de cryptogames ; les thallophytes, qui ont un thalle (algues et champignons); les muscinêes, qui ont tige et feuille, mais non pas des racines (mousses, hépatiques); les cryptogames rasai/aires, qui ont racines et vaisseaux (fougères, lycopodes).
Algue. — Les algues sont des plantes aquatiques d'une extrême simplicité. Quelques-unes ne consistent qu'en une seule vésicule : d'autres sont composées de filaments simples ou rameux. Les spores de certaines espèces d'algues, lorsqu'elles s'échappent de leurs cellules, jouissent d'un mouvement vital analogue à celui des infusoires. Certaines algues marines servent de nourriture, ainsi que certains lichens, aux habitants du Nord, si dépourvus des richesses de la végétation. Les
plus grandes espèces d'algues se trouvent dans les grandes mers; elles pullulent au point de rencontre des courants marins et forment parfois comme d'immenses prairies (mers de sargasses), que les navigateurs doivent éviter avec soin. La principale existe entre les îles du Cap-Vert et les Canaries. Les algues marines ou fucus renferment toutes de la soude et de l'iode. Le vermifuge connu sous le nom de mousse de Corse est une espèce de fucus, que l'on recueille sur les rochers de cette île.
Champignon. — On connaît la promptitude avec laquelle les différentes espèces de champignons germent et grandissent sur le tronc humide des arbres, à la surface des matières organiques en décomposition, dans les lieux retirés et à l'abri de la lumière. Plusieurs espèces sont comestibles : ainsi la morille et l'oronge; d'autres sont des poisons violents, et les caractères positifs qui puissent les faire sûrement distinguer sont encore insuffisants. Le boletus igniarius ou agaric, qui croît sur les chênes et autres grands arbres, sert à fabriquer l'amadou. Les bysses ou moisissures ne sont que des espèces de champignons filamenteux. La. truffe, si recherchée des gourmets romains et de ceux de ce temps, ne serait qu'une espèce de champignon, moins connue et plus singulière encore que les autres (v. D'' Marchand, Enumération méthodique et raisonnée des familles et des genres de la classe des mycophytes : champignons, lichens, 1896).
Oïdium. — Ce champignon, qui fait tant de mal à la vigne, se développe sur le grain de raisin, dont il durcit l'épiderme, qui se fend et amène la perte du grain. On détruit ce parasite par le soufrage. Le genre auquel appartient l'oïdium attaque aussi les rosiers, les pommiers, le frêne, les végétaux cultivés dans les lieux humides et mal aérés ; il se développe sur leurs feuilles comme une poussière et forme des taches blanches ou grises qu'on appelle blancs ou meuniers.
Mildiou. — Le mildew ou mildiou (en angl. rouille, à cause de son apparence) est un autre champignon parasite qui fait beaucoup de mal à la vigne. Il est originaire de l'Amérique, comme plusieurs autres fléaux, et s'est répandu dans toute l'Europe. Il ne s'attaque pas au grain, comme l'oïdium, mais aux feuilles, qu'il dessèche. On le combat avec des préparations où rentre le sulfate de cuivre (bouillie bordelaise).
Truffe. — La truffe est une sorte de champignon souterrain que l'on trouve un peu partout. Elle se présente sous la forme d'une masse charnue, raboteuse, de la grosseur d'une noix ou d'un œuf, sans racine apparente. A une certaine époque de l'année, la truffe émet à travers le sol une sorte de substance filamenteuse, qui donne naissance à de nouvelles truffes. La truffe comestible était connue des Romains, qui la tiraient de Lybie. Les truffes les plus renommées sont aujourd'hui celles du Péri go rd. Elles servent d'assaisonnement dans les ragoûts; on en farcit les volailles. On trouve principalement les truffes dans les forêts de chênes et de châtaigniers. On emploie, pour les découvrir, des porcs et aussi des chiens, dressés à cet effet.
Ergot. — C'est une maladie due à la présence d'un champignon parasite, qui attaque les céréales et en particulier le seigle. Les épis malades présentent des espèces de cornes, qu'on a comparées aux ergots du coq. L'ergot est très vénéneux, et l'emploi des farines où il entre en assez grande quantité engendre une redoutable maladie, Yergotisme, qui peut entraîner la gangrène des doigts et des orteils. Le seigle ergoté est employé quelquefois en médecine comme hémostatique, etc.
Agaric. — Ce champignon croit dans les prairies et autres lieux humides, dans les caves, sur les troncs d'arbres et les bois pourris, sur les fumiers.