LIVRE XIV : DU VEGETAL
Ivraie. — Cette graminée appartient à la tribu des orges ou hordéacées. Une espèce, l'ivraie enivrante, se plaît au milieu des champs de froment qu'elle infeste. Son grain, mêlé au froment, rend le pain bleuâtre, acide et malsain, provoque des nausées, des vertiges et de l'ivresse. D'autres espèces d'ivraie, par exemple le ray-grass des Anglais, sont des plantes fourragères.
Zizanie. — On donne vulgairement le nom de ;i:anie au grain de Vivraie enivrante. De là le sens défavorable qui s'attache à l'un comme à l'autre de ces mots. Il explique l'une des paraboles les plus instructives de l'Evangile. Mais les botanistes donnent encore le nom de zizanie à certaines graminées utiles, qu'on appelle aussi ris de Canada et riz sauvage.
Blé. — Au sens strict, le blé c'est le froment. Mais on étend le nom de blé à toute sorte de céréales. Les gros blés sont les froments et les seigles. Le blé mèteil est un blé moitié froment et moitié seigle. Les petits b/ês sont l'orge, l'avoine, le millet, le sarrasin. On donne quelquefois le nom de blé à des plantes qui ne rentrent point dans le genre froment : blé d'Italie (le maïs) ; blé noir (la renouée et le sarrasin). La culture des blés remonte aux temps les plus reculés (V. les traités d'agriculture; Garola, les Céréales, 1894).
Froment. — En botanique, ce nom s'applique à tout un genre de la famille des graminées, tribu des hordéacées. Ce genre comprend des plantes herbacées, annuelles ou vivaces, cultivées ou sauvages. Parmi les espèces cultivées on distingue : le froment commun ou blé proprement dit; le froment dur; Yépeautre ou blé rouge, cultivé dans les pays montagneux; l'engrain ou petit épeautre. Les variétés du froment commun sont assez nombreuses : les unes sans barbes et les autres barbues, etc.
Seigle. — Cette graminée diffère du blé, dont elle est voisine, par ses feuilles planes, ses épillets sessiles et échelonnés de façon que les fleurs semblent disposées sur quatre lignes. La principale espèce de seigle est le seigle cultivé, qui a un épi long, chargé de longues arêtes dures ; les glumes sont également des cils rudes. On cultive principalement le seigle dans le Nord de l'Europe; le pain qu'on en fait est inférieur à celui de froment, mais plus rafraîchissant. La paille de seigle, qui est longue et flexible, peut servir à faire des liens, à empailler des chaises, etc.
Orge. — Cette graminée est le type d'une tribu, celle des hordéacées, qui renferme un grand nombre d'espèces répandues partout et dont plusieurs sont alimentaires. Presque tous les terrains conviennent à l'orge, en particulier ceux où le calcaire domine. Dans le Nord, on emploie une grande quantité d'orge à la fabrication de la bière. On peut aussi en faire du pain, mais de qualité inférieure. Avec le seigle et le miel, l'orge entre dans le pain d'épice ; elle entre aussi dans la composition d'une tisane rafraîchissante {Veau d'orge).
Maïs. — Le maïs, dit aussi blé de Turquie, blé d'Espagne, blé d'Inde, est une graminée, de la tribu des panicées. Le maïs cultivé est uniplante vigoureuse, quoique annuelle, qui s'élève à 2 ou 3 mètres et peut porter jusqu'à 4 gros épis, dans chacun desquels sont incrustés des centaines de grains de la grosseur d'un pois. On a compté jusqu'à 700 grains dans un épi.
Riz. — On ne connaît qu'une seule espèce de riz, le ris cultivé, originaire de l'Inde; mais ses variétés sont nombreuses : elles diffèrent surtout par la l'orme du grain. Le riz ne croît que dans les terres humides. Sa culture est productive; dans l'Inde, une rizière peut donner jusqu'à quatre récoltes par an. Mais l'humidité que cette culture exige est malsaine, et les pays de rizière sont ordi-
nairement fiévreux. Le riz est la base de la nourriture dans une grande partie do l'Asie, où il tient lieu de tous les autres grains. C'est un aliment de facile digestion et adoucissant. On tire du riz une liqueur alcoolique, l'arack. La paille de celte graminée, qui dépasse 1 mètre, sert à faire des chapeaux, etc.
Souchet. — Cette plante est le type de la famille des cypéracées, voisine des graminées. Le souchet est une [liante vivace des pays chauds; il se plaît dans les marais et au bord des eaux. La principale espèce est le souchet à papier ou papyrus. Sa hampe, simple et très droite est feuillée seulement à sa base et formée de plusieurs pellicules concentriques, qui ne sont autres que le papyrus. Le papyrus est devenu fort rare en Egypte, son lieu d'origine.
Jonc. — Cette monocotylédone est le type de la famille des joncacées ou joncées, qui comprend des plantes herbacées, annuelles ou vivaces, qui croissent dans les marécages ou aux bords des eaux, où elles forment des touffes épaisses. Ces plantes, qui sont à rhizome horizontal et adhèrent fortement au sol par leurs racines entremêlées, sont propres à fixer les terres d'alluvion : on les trouve sous tous les climats.
Gouet. — Cette monocotylédone est le type de la famille des aroïdèes ou aracèes, [liantes herbacées, à racines tuberculeuses et charnues et à feuilles engainantes, qui habitent pour la plupart sous les tropiques. Leur fleur est formée d'une spathe en forme d'oreille d'âne, renfermant un spadice en massue. Plusieurs de ces plantes développent de la chaleur au moment delà fécondation. Le gouet ordinaire, dit vulgairement piéd-de-veau, croit dans les bois humides. Son fruit consiste en de petites baies écarlates. On peut tirer de sa racine desséchée une fécule agréable et nourrissante.
Palmier, cocotier. — Les palmiers sont de beaux arbres qui croissent entre les tropiques, où ils forment de belles et vastes forêts. On compte [dus de mille espèces de palmiers : l'une produit la datte; une autre, le coco. Le cocotier parvient à une hauteur de 25 mètres et vit de longues années. Le stipo, qui peut mesurer plus d'un mètre de diamètre, est terminé par un faisceau de dix à douze feuilles, longues de trois à quatre mètres et larges de douze décimètres. Chaque année, il tombe trois ou quatre feuilles des plus anciennes, pour faire place aux nouvelles. Au centre des feuilles est un cône ou bourgeon, qui leur donne naissance et qu'on appelle chou-palmiste. C'est un fruit délicieux, mais dont la récolte entraine la perte de l'arbre. Le stipe émet, à la base interne des feuilles, ordinairement quatre panicules, appelés régimes, portant chacun cinq, sept ou neuf cocos. Les 'régimes se produisent deux fois par an sur les vieux cocotiers, et trois fois sur les jeunes. On coupe ordinairement deux régimes pour obtenir le vin de palmier, et l'on réserve les deux autres pour avoir des fruits. Aussitôt qu'un régime est coupé, on introduit la tige qui le supportait dans le goulot d'une calebasse, destinée à recevoir le vin de palmier. Pendant plusieurs jours, on recueille ainsi chaque jour plusieurs litres d'excellente liqueur. Si le régime est conservé, les cocos mûrissent en leur temps et offrent à celui qui les ouvre une amande exquise, baignée dans une douce liqueur. Un seul coco peut suffire pour la nourriture d'un homme pendant un jour. Avec l'enveloppe delà noix on fait d'excellents cordages; avec la noix elle-même on fait dis vases et des coupes; de l'amande on obtient une huile très bonne, lorsqu'elle est récente. Enfin le bois et les feuilles sont utilisés pour les constructions.
Asphodèle. — Cette belle [liante, de la grandi' famille des liliacées, est elle-même le typed'unetribu,