‹ Dictionnaire universel de la pensée (volume 2)Chapitre 488 sur 686 · LIVRE XIV : DU VEGETAL · texte numérisé non relu

LIVRE XIV : DU VEGETAL

produites par la culture, est la boule-de-neige ou rose de Gueldre, qui fleurit au mois de mai. Citons encore la viorne tin ou laurier-tin, bel arbrisseau à fleurs blanches, qui s'élève à 2 ou 3 mètres, et qui est cultivé comme plante d'agrément.

Sureau. — Le sureau croit dans tous les lieux frais : bois, buissons, haies. On en cultive plusieurs variétés comme plantes d'agrément, à cause surtout de leurs fleurs blanches en corymbes ou en grappes, à l'extrémité des rameaux. Les jeunes branches des sureaux sont remplies d'une moelle blanche, et les enfants s'amusent à en faire de petites sarbacanes ; mais les vieux pieds de sureau sont très durs, au point que les tourneurs peuvent les substituer au buis. On met les fleurs de sureau dans le vinaigre, pour le parfumer (vinaigre surard) ; on les mêle avec le moût, pour donner au vin une odeur de muscat.

Rubiacées. — Cette riche famille de plantes dicotylédones (gamopétales, à ovaire infère) renferme plus de 2,000 espèces, la plupart originaires des régions intertropicales. Ce sont quelquefois des plantes herbacées, le plus souvent des arbrisseaux ou des arbres, à fleurs en cymes ou en grappes et à fruits variables. On trouve, parmi les rubiacées, des plantes tinctoriales (garance), médicinales (quinquina, ipêcacuana] ou utiles d'une autre manière (bois de 1er, café).

Garance. — C'est une plante herbacée, vivace, à tiges rameuses, dont les racines contiennent une substance particulière, Valisarine, et donnent un beau rouge très solide, que l'on peut nuancer avec divers mordants. Très cultivée dans le Midi, dont elle était l'une des ressources, la garance a été supplantée par les couleurs d'aniline, extraites du goudron. La garance fut introduite au XVIIIe siècle dans le comtat Venaissin, où saculture réussit parfaitement.

Quinquina. — Ce genre de rubiacées comprend des arbres d'Amérique toujours verts, dont l'écorce amère et fébrifuge porte aussi le nom de quinquina. Il en existe plusieurs espèces. La meilleure est, le quinquina gris ou Cinchona Condaminea. On tire du quinquina la quinine et quelques autres alcaloïdes. La vertu du quinquina ne fut remarquée qu'au XVIIe siècle. En 1648, la comtesse de Cinchon, femme du vice-roi de Lima, l'importa en Europe; on le connut d'abord sous le nom de poudre delà comtesse et de remède des jésuites.

Cafier ou caféier. — Ce genre de rubiacées comprend des arbrisseaux toujours verts. Le cafier cultivé est de forme pyramidale et s'élève à 5 ou 6 mètres ; ses fleurs blanches répandent un parfum suave; sa baie rouge vermeille est en forme de cornouille. Cette [liante précieuse paraît être originaire d'Abyssinie, d'où elle serait passée, au XVe siècle, dans l'Arabie. Les Hollandais l'importèrent à Batavia, au XVIIe siècle, et, en 1720, il fut transporté à la Martinique, où il se propagea ainsi que dans les autres Antilles (v. café). Le cafier a pour ennemi un champignon, qui souvent ravage les plantations.

Gaillet ou caille-lait. — Cette rubiacée, de la tribu des aspérulées, renferme des plantes herbacées vivaecs, à fleurs très petites et disposées en grappes, à feuilles longues et étroites. Le gaillet jaune est commun dans les haies et les prés; ses feuilles passaient pour donner du lait aux femmes. On tire de cette plante, bouillie avec l'alun, du jaune, et de sa racine du rouge. On a employé en médecine le suc du gaillet accrochant (grateron, Hèble).

Ipêcacuana. — Cette espèce de rubiacée est un petit arbrisseau du Brésil ou de l'Amérique du Sud, dont le rhizome est acre et amer, et l'odeur nauséabonde. On emploie surtout la racine pour ses propriétés émétiques, due à un principe végétal,

l'èmètine. On l'administre en poudre ou en pastilles. L'épécacuana n'a été introduit en Europe et l'on n'a su s'en servir qu'à la fin du XVIL siècle.

Apocyn. — C'est le type des apocynées, famille de dicotylédones (gamopétales à ovaire supère), qui renferme, avec les apocvns, les pervenches, les lauriers-roses, etc. Le genre apocyn comprend des plantes vivaces et traçantes, presque toutes exotiques. Toutes sécrètent un suc laiteux qui est un poison. L'apocyn gobe-mouches a des pétales qui, en se contractant, retiennent les mouches. Mais le nom de i/obe-mouches ou d'attrapemouches est donné aussi à d'autres plantes, en particulier la dionée.

Laurier-rose. — Cet arbrisseau élégant, si répandu dans nos contrées comme plante d'agrément, à cause de ses belles fleurs roses, quelquefois blanches, est de la famille des apocynées. Il croît au bord des eaux en Italie, en Espagne et dans le midi de la France : on le croit originaire du Levant. Son suc est un poison.

Pervenche. — Le genre pervenche, de la famille des apocynées, renferme quelques espèces, indigènes ou exotiques. La pervenche mineure ou violette des sorciers est commune dans les bois ; on la cultive dans les jardins et l'on en fait des bordures ; ses fleurs, d'un bleu d'azur, se succèdent pendant quatre ou cinq mois. Les feuilles de la pervenche sont toniques et astringentes. La pervenche est le symbole de l'amitié durable, du bonheur et surtout de la virginité.

Volubilis. — On donne ce nom aux liserons, type de la famille des con volvulacées (dicotylédones gamopétales àovaire supère). Cette famille renferme des plantes herbacées ou frutescentes, à tiges grimpantes. La plupart habitent les régions intertropirales ; plusieurs croissent dans nos champs et nos haies (clochette, liseron des haies; cuscute, qui ravage les champs de luzerne et de trèfle) ou sont cultivées dans nos jardins; d'autres ont des propriétés médicinales (jalap, scammonèe) ou fournissent une substance alimentaire (patate).

Bourrache. — La bourrache est le type de la famille des borraginêes (dicotylédones gamopétales à ovaire supère). Cette famille comprend, avec la bourrache, Vhèliotrope, la consolide, le myosotis, la vipérine, etc. L'espèce la plus remarquable est la bourrache commune ou officinale, plante annuelle de nos pays, à feuilles ovales et sinueuses, à fleues bleues en épis. Elle a des propriétés émollicntes, sudorifiques et diurétiques.

Solanées. — Cette' famille de dicotylédones (gamopétales à ovaire supère), renferme des plantes annuelles ou vivaces, des arbustes et des arbrisseaux à fleurs parfaites, en épis ou en grappes, à fruii charnu ou capsulaire. Plusieurs solanées sont des plantes alimentaires {pomme de terri', aubergine, tomate); d'autres sont médicinales \(morelle, belladone) ; beaucoup ont des propriétés narcotiques (tabac, mandragore, jusquiame) ; quelques-unes sont cultivées comme plantes d'agrément (pétunia).

Pomme de terre. — Cotte solanée, qui est une espèce du genre morelle, mérite d'être comptée, avec le blé, le riz et quelques autres plantes, parmi les plus bienfaisantes et les plus indispensables. Il en existe un grand nombre de variétés. Originaire de l'Amérique, elle fut importée en Europe par les Espagnols, au XVIe siècle ; mais il était réservé à Parmentier de vaincre les préjugés stupides qui empêchaient qu'elle ne fût accréditée en France comme substance alimentaire.

Belladone. — Cette solanée; est le type d'un «•enre dont la plupart des espèces sont vénéneuses. La belladone commune, qu'on trouve en France, où elle forme de larges buissons d'aspect triste, porte des feuilles qui exhalent une mauvaise

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