LIVRE XIV : DU VEGETAL
famille des olèacèes. Les frênes sont des arbres des climats tempérés ; leurs fleurs sont disposées en grappes; leur fruit est une capsule biloculaire. Le frêne commun ou frêne des bois, grand frêne, s'élève à près de 30 mètres; il vient surtout dans les terrains légers et humides, et sa croissance est rapide ; mais il épuise le sol et nuit aux plantes placées sous son feuillage. Son bois est bon à toutes sortes d'usages. On cultive, dans les jardins, un grand nombre de variétés de frêne. Le frêne à fleurs ou orne et le frêne de Calabre produisent une espèce de manne, qu'on obtient en incisant l'écorce.
Lilas. — Cet arbrisseau élégant, de la famille des olcacées, a de belles fleurs en grappes, dont la couleur va du violet bleuâtre au violet pourpré. Il y a quelques lilas à fleurs blanches. Les lilas fleurissent à l'entrée du printemps et sont l'un des plus beaux ornements de nos jardins et de nos bosquets. On retire de leurs fleurs, qui exhalent une odeur suave, une huile essentielle. Le bois, qui est dur, veiné et odorant, est employé par les tourneurs.
Houx. — Cet arbrisseau est le type de la famille des ilicinées ou a qui foliacées (dicotylédones gamopétales à ovaire libre). Le houx commun, dit aussi épine toujours verte, est garni partout de rameaux souples et pliants, au feuillage vert foncé et luisant. Le fruit est une cenelle écarlate, avec les grains de laquelle on prépare, dans certains pays, une sorte de café. Le houx a des propriétés fébrifuges. Son bois, dur et pesant, est employé en ébénisterie; ses branches et rameaux servent à faire des manches d'outil, des fléaux et d'excellentes cannes.
Sapotillier. — Cet arbre est le type de la famille des sapotacées (dicotylédones gamopétales à ovaire supère), qui comprend des arbres et des arbrisseaux d'Amérique, à suc généralement vénéneux. Le sapotillier comestible a pour fruit une sorte de pomme, fondante et sucrée, qui est saine et rafraîchissante : c'est la sapotille ou nèfle d'Amérique.
Camélia. — Ce bel arbrisseau, toujours vert, qui croît naturellement en Chine et au Japon, est devenu fort à la mode en France au XIXe siècle. L'horticulture en a produit plus de 1.500 variétés : les unes à fleurs rouges ; les autres à fleurs blanches et jaunes, etc. Le camélia, fleurissant en hiver, doit être cultivé en serre, si ce n'est dans le Midi. Le camélia et le thé font partie de la famille des ternstrèmiacées (dicotylédones dialypétales), voisine des malvacèes et des tiliacèes.
Thé. — Ce genre de plantes renferme des arbrisseaux et des arbres exotiques. L'espèce principale est le thé de Chine ou arbre à thé, arbrisseau de 1 à 2 mètres, à feuilles persistantes. Cultivé en Chine de temps immémorial, le thé a été introduit dans l'Inde, au Brésil et dans plusieurs colonies; mais les thés de Chine sont les plus recherchés. Le thé du commerce est fait avec les plus jeunes feuilles de l'arbre, soumises à des préparations plus ou moins minutieuses. De là les thés verts et les thés noirs. Ceux-ci sontplus doux (v. boissons).
Tilleul. — C'estle type de la famille des tiliacèes (dicotylédones dialypétales à ovaire supère), qui comprend des arbres et des arbrisseaux habitant pour la plupart les régions intertropicales. Le genre tilleul, qui est indigène dans nos contrées, renferme des arbres de moyenne grandeur, à feuilles simples et cordiformes, à petites fleurs blanches ou jaunâtres, d'une suave odeur, qui pendent en grappe à l'extrémité d'un pédoncule soudé à une bractée; le fruit est une petite noix à une ou deux graines. Le tilleul sauvage atteint 15 ou 20 mètres; son écorce est épaisse, crevassée. Le tilleul des jardin* ou de Hollande fleurit plus tard. Le tilleul argenté est originaire d'Amérique. Les tilleuls
ornent les promenades, les parcs. Leur bois peut être employé à toutes sortes d'usages : les luthiers surtout et les sculpteurs en tirent un bon parti. L'écorce ou tille sert à fabriquer du papier, de la toile, des cordages. La fleur passe pour avoir des propriétés antispasmodiques.
Mauve. — ("est le type de la famille des malvacèes (dicotylédones dialypétales à ovaire libre), qui renferme des herbes, des arbrisseaux et parfois des arbres. Le genre mauve est répandu dans nos contrées et fournit des espèces utiles. La petite mauve est une plante annuelle, à tiges rameuses, grêles, étalées sur le sol, à fleurs rosées et presque blanches : elle est commune au bord des chemins et des haies, où elle fleurit pendant l'été. La grande mauve est vivace, à fleurs plus grandes et purpurines, à tiges plus ou moins dressées. On emploie l'une et l'autre comme émollientes : les feuilles servent à préparer des lavements et des cataplasmes ; les fleurs sont pectorales. Les anciens comptaient les mauves parmi les plantes alimentaires; ils en mangeaient les feuilles cuites.
Guimauve. — La guimauve officinale est une plante herbacée et vivace, qui s'élève à un mètre et demi ou deux mètres. Elle rentre dans la famille des malvacèes et a les mêmes vertus que les mauves. Avec sa racine, on prépare la pâte et le sirop de guimauve ; avec sa tige, on fait de la niasse et un papier pour calquer.
Cotonnier. — Cette plante si utile, à cause du duvet qui enveloppe ses graines, ressemble beaucoup à la grande mauve. On en compte une douzaine d'espèces, toutes originaires des régions intertropicales; mais elles peuvent être cultivées sous des climats un peu moins chauds, là où l'oranger peut croître en pleine terre. Outre son duvet, la graine de cotonnier fournit une huile bonne pour la table et pour la fabrication des savons.
Baobab. — Cet arbre énorme, qui croît au Sénégal, à Haïti, à la Martinique, ne s'élève guère qu'à une trentaine de mètres; mais le tronc mesure jusqu'à 10 mètres de diamètre, et il est surmonté d'une masse de branches volumineuses, qui se développent dans tous les sens. Son fruit est une grosse capsule de 0 m. 30 de longueur, dite pain de singe et calebasse, qui contient une pulpe rafraîchissante. Les propriétés médicales du baobab sont celles des malvacèes. On a estimé que certains baobabs existants datent de plusieurs milliers d'années.
Euphorbe. — C'est le type de la famille des euphorbiacées (dicotylédones dialypétales à ovaire supère) qui comprend, avec Veuphorbe, le buis, le croton, le mancenillier, le manioc, etc. Cette famille renferme des plantes herbacées, des arbustes et des arbrisseaux, dont plusieurs fournissent des purgatifs et des poisons violents. Le genre euphorbe compte environ 300 espèces, dont une centaine de nos pays. Ce sont des herbes à fleurs en panicules ou en ombelles. Toutes contiennent un suc laiteux, acre, corrosif, qui donne une gomme-résine employée surtout par les vétérinaires et qui est un drastique puissant. Le suc des espèces équatoriales est souvent vénéneux.
Balsamine. — C'est le type de la famille des bu/suminèes, voisine des géraniacées. Le genre balsamine compte un bon nombre d'espèces annuelles, auxquelles l'horticulture a fait produire une foule de variétés. La balsamine dite des jardins est originaire de l'Inde; elle servait autrefois à composer un baume pour les plaies. La balsamine des bois passe pour vénéneuse. Dès qu'on touche ses capsules mûres, leurs valves se replient subitement et projettent leurs graines. Delà le nom latin de la plante : Impatiens no/i tangere.
Géranium. — C'est le type de la famille des