LIVRE XIV : DU VEGETAL
entre les 30e et 50e degrés de latitude ; les coteaux découverts et bien exposés au soleil lui conviennent particulièrement. Elle se reproduit le plus souvent par marcottes ou provins et par boutures : on la greffe facilement. Elle pousse avec rapidité et peut vivre plusieurs siècles. Les vieilles vignes donnent des raisins plus abondants et meilleurs. Le bois de la vigne est très dur et susceptible d'un beau poli : la statue de la fameuse Diane, à Ephèse, était faite d'un seul tronc de vigne. Le bâton de commandement des centurions romains était fait de cep de vigne. Les sarments et les souches sont excellents comme bois à brûler. — La vigne a été cultivée dès la plus haute antiquité, comme on le voit par l'histoire de Noé. Elle fut répandue par les Phéniciens sur tout le littoral de la Méditerranée. A Rome, l'usage du vin était défendu avant Numa. Domitien fit arracher toutes les vignes des Gaules. Mais, dès le Ve siècle, la vigne prenait possession définitivement de nos meilleurs coteaux. Les maladies les plus redoutables de la vigne sont causées par des champignons (oïdium, mildiou, pourridiè), et des insectes (phylloxéra), qui ont fait tant de ravages, dans les vignobles français.
Fusain. — Cet arbrisseau, dit encore bonnet de prêtre, à cause de la forme de son petit fruit, qui est une baie d'un rouge vif, rentre dans la famille des cèlestrinèes (dicotylédones Jdialypétales à ovaire supère). Il abonde dans nos taillis et nos jardins, où ses feuilles d'un beau vert produisent un bel effet. Son bois est employé par les luthiers, les tabletiers, les tourneurs. Ses branches servent à faire |un charbon fin, utilisé pour le dessin et la fabrication de la poudre à canon.
Violette. — Cette humble plante, dont la fleur discrète et parfumée est l'une des premières à annoncer le retour du printemps, est le type de la famille des violacées ou violarièes (dicotylédones dialypétales à ovaire supère). La violette n'a pas de tige : les feuilles, les fleurs et des rejets traçants partent du collet de la racine. La culture double ses fleurs et lui fait produire un grand nombre de variétés. Certaines espèces de violettes sont blanches ou d'un bleu pâle ou jaunes. Avec les fleurs de violette on fait une tisane contre le rhume, un sirop, etc. La violette est le symbole de la modestie. La violette blanche symbolise l'innocence ; la violette double, l'amitié réciproque.
Dionée. — C'est le nom scientifique de Vattrape-mouche, petite plante de la famille des droséracées (vioh nées de Brongniart). Ses feuilles, munies de cils et de glandes, offrent cette particularité, qu'elles se ferment sur l'insecte qui vient s'y poser et l'étouftent. On donne aussi le nom A' attrape-mou die ou gobe-mouches : à une espèce d'apocyn, dont la fleur retient souvent les insectes qui viennent en butiner le pollen ; au népenthès, etc. De là le nom de carnivores donné abusivement à ces sortes de plantes.
Crucifères. — Cette famille très nombreuse de dicotylédones (dialypétales à ovaire supère), renferme des plantes herbacées à racine tantôt grêle et tantôt grosse et charnue ; les fleurs sont en grappes simples ; les fruits sont des siliques ou des silicules. Un grand nombre de ces plantes sont alimentaires : ainsi le chou, le navet, le radis ; d'autres sont des plantes d'agrément : ainsi la giroflée, le violier, le thlaspi. Cette famille renferme plus de cent genres, dont la plupart sont répandus en Europe. Ils ont généralement des propriétés antiscorbutiques.
Pavot. — C'est le type de la famille des papavèracèes (dicotylédones dialypétales à ovaire libre). Le genre pavot comprend des plantes herbacées, annuelles ou vivaces. On distingue surtout : le pavot-coquelicot, qui croit dans les blés ; et le pa— vot des jardins on pavot somnifère, plante d'or-
nement, à feuilles larges, d'un vert glauque, à fleurs grandes et pourprées, avec tache noire à la base, à capsule grosse, remplie de semences, dont on extrait l'huile d'< fillette. Les principes narcotiques existent dans le reste de la plante. On extrait l'opium, en incisant les capsules encore vertes et juteuses. Mais les pavots de nos pays n'ont pas la même vertu que ceux de l'Inde, de la Perse, etc. Dans la mythologie, le pavot est l'attribut de Morph.ee, dieu du sommeil et des songes. Avec le sommeil et la langueur, le pavot symbolise encore le soupçon (pavot blanc), la surprise (pavot mêlé), l'orgueil (pavot rouge), l'étourderie (pavot simple), etc., etc.
Magnolier. — C'est le type de la famille des magnoliacèes (dicotylédones dialypétales j à ovaire supère), qui comprend, avec le magnolier, le tulipier, la badiane, etc. Le plus beau de son genre est le magnolier à urandes /leurs ou lauriertulipier, originaire de la Caroline : c'est un bel arbre au tronc droit, aux feuilles persistantes et d'un vert luisant, aux fleurs magnifiques et d'une suave odeur.
Renoncule. — C'est le type de la famille des renonculacêes (dicotylédones dialypétales à ovaire supère), qui renferme des espèces vénéneuses (ellébore, aconit) et des plantes d'ornement (pivoine, anémone, pied-d 'alouette, clématite). Le genre renoncule comprend près de 150 espèces, herbacées ou vivaces, la plupart habitant nos contrées. Citons la renoncule des jardins, qui offre des variétés noires, brunes, pourpres, violettes; la grenouillette, commune dans les prés et dont la ffeur lui a mérité le nom de bouton d'or. Une autre espèce, qui croit sur les Alpes, est appelée bouton d'argent.
Lotus ou lotos. ' — Les anciens donnaient ce nom à diverses plantes : une sorte de nénuphar qui croît dans le Nil et dans le Gange ; certaines légumineuses (v. lotier) ; une sorte de jujubier, cultivé dans l'Afrique du Nord, où son fruit sert de nourriture. De là le nom de lotophages, donné anciennement aux habitants. Homère parle du \lotos comme d'un fruit délicieux, qui fait oublier leur patrie à ceux qui en goûtent. Mais on est peu fixé sur le véritable lotos des anciens.
Poivrier. — C'est le type de la famille des pipèracêes (dicotylédones apétales). Le genre poivrier comprend plus de 150 espèces d'arbrisseaux qui rampent, s'ils manquent d'appui pour s'élever, et tous remarquables par leurs fruits. Le poivrier commun ou aromatique produit le poivre (v. ce mot), employé dans nos pays comme condiment. Le poivrier bétel donne des feuilles employées par les Malais comme masticatoire.
Ortie. — C'est le type de la famille des urticèes, dans laquelle plusieurs font rentrer, avec l'ortie, Va pariétaire, l'arbre à pain, le mûrier, le fit/nier, l'orme. Le genre ortie comprend des plantes herbacées ou frutescentes, ordinairement vivaces, répandues par tout le globe ; elles sont hérissées de poils qui causent une cuisson brûlante. L'ortie se plaît dans les lieux incultes et parmi les décombres ; elle envahit aussi les jardins les mieux cultivés. La piqûre des orties de nos pays est cuisante, mais inoffensive ; la flagellation avec des orties peut même opérer une dérivation énergique et heureuse. Mais la piqûre des orties de l'Inde et autres pays chauds peut entraîner des douleurs générales et qui persistent plusieurs jours.
Figuier. — C'est un genre de la famille des morées ou morèacèes, qu'on a tantôt rapproché et tantôt distrait de la famille des urticêes. Lefiguier paraît être originaire de l'Orient et il ne prospère bien que sous des climats chauds. Sous des climats tempérés, il doit être protégé contre les froids de l'hiver. Le tronc du figuier est couvert d'une écorce