LIVRE XIV : DU VEGETAL
Saxifrage. — C'est le type de la famille des saxifragées (dicotylédones dialy pétales), qui comprend surtout des plantes herbacées. Les saxifrages, qui comptent plus de 150 espèces, abondent dans les régions froides ; la plupart sont originaires des Alpes et des Pyrénées. On donne souvent à ces plantes le nom de passe-pierre ou perce- pierre, «pii est appliqué aussi à d'autres familles. Parmi les espèces de saxifragées cultivées dans les jardins, citons l'hortensia ou rose du Japon, petit arbrisseau à fleurs en cocymbes ou en boules.
Groseillier. — Cet arbrisseau est le type de la famille des grossularièes ou ribèsiacèes, qu'on rattache aux saxifragées. Le groseillier com m un, originaire de nos contrées, produit la groseille rouge ou blanche. Le groseillier noir ou cassis produit le fruit noir et aromatique de même nom, qui, infusé dans l'eau-de-vie, donne une liqueur tonique et excitante.
Passiflore. — Cette plante, dite vulgairement fleur de la Passion et passionnai re, est le type du groupe dont Brongniart avait fait une classe, mais que plusieurs rattachent aux bixacèes (v. rocouyer). On retrouve de quelque manière, dans la fleur de cette plante, les instruments delà passion : le fond de la fleur représente la couronne a" épines, du milieu de laquelle s'élève le pistil : c'est la tance; trois styles avec leurs stigmates représentent les clous; enfin les vrilles rappellent le fouet delà flagellation.
Platane. — C'est le type de la petite famille des platanèes, qu'on a ramenée aux amentacces, puis aux urticées, et que Brongniart a placée dans la classe des hamamèlinêes. On rattache aujourd'hui les platanèes aux saxifragées. Les platanes et, en particulier, le platane d'Orient sont de grands et beaux arbres, qui ornent les promenades publiques, où ils entretiennent la fraîcheur. De leur tronc grisâtre et uni se détachent, tous les étés, de minces plaques d'écorce; leurs feuilles sont à 5 ou 7 lobes ; leurs fleurs sont très petites, dépourvues de calice et de corolle et réunies en têtes globuleuses. Le platane d'Orient n'a été introduit en France qu'au XVIIIe siècle. Il ornait jadis les jardins d'Académus, à Athènes, et le plataniste de Sparte.
Ombellifères. — Cette famille de dicotylédones (dialy pétales à ovaire infère) est l'une des plus naturelles et des plus nombreuses du règne végétal. Elle comprend des plantes herbacées ou légèrement frutescentes, à odeur aromatique ou vireuse, dont les fleurs sont disposées en ombelle simple ou composée, accompagnée ou non d'involucre. Ces plantes diffèrent surtout par leurs fruits. Plusieurs sont alimentaires par leurs racines (carotte, pu nais) ou par leur tige et leurs feuilles [cerfeuil, céleri, persil, fenouil) ; d'autres sont aromatiques (angéhque, unis, coriandre, cumin); quelques-unes fournissent des gommes ou résines employées en médecine ; il en est aussi de narcotiques et même de vénéneuses (ciguë).
Lierre. — Ce genre de plantes de la famille des araliacèes (dicotylédones dialypétales à ovaire infère), comprend des arbrisseaux grimpants ou non qui prennent parfois de grands développements. La seule espèce qui croisse en Europe est le lierre commun ou grimpant, qui s'attache aux murs et aux troncs d'arbres par le moyen de vrilles, qui jouent le rôle de racines. Ses feuilles persistantes et d'un vert sombre peuvent être utilisées comme fourrage ; les baies sont purgatives et excitent le vomissement. Les anciens avaient consacré le lierre à Bacchus. On décernait aussi aux poètes des couronnes de lierre, emblème d'immortalité. Cette plante symbolise mieux encore l'attachement et l'amitié.
Cornouiller. — C'est le genre le plus connu
de la famille des cornées ou cornacèes (dicotylédones dialypétales), que Brongniart rattachait à ses ombellinèes. Le cornouiller mâle ou commun, dit corn ter, est un arbrisseau de 3 à 4 mètres do hauteur, à fleurs jaunes et portant de petits fruits, oblongs, rouges, qui mûrissent en septembre. Ce sont les cornouilles ou cornes, cornioles, que l'on mange crues ou confites. Elles sont astringentes et fébrifuges. Le bois du cornouiller est très dur : on en fait des barreaux d'échelle, etc. Le cornouiller aime l'ombre et la fraîcheur.
Gui. — C'est un genre de plantes parasites de la petite famille des loranthces, que l'on a rapprochée tantôt des caprifoliacées et tantôt des cornées et des araliacèes. L'espèce principale est le gui blanc, qu'on trouve rarement sur le chêne, mais fréquemment sur le pommier, le poirier, le frêne, le saule, etc. Le gui du chêne était sacré pour les Gaulois, et les druides le coupaient solennellement, avec une faucille d'or, au premier jour de l'an. On le regardait comme une panacée. Les feuilles du gui sont amères, mucilagineuses ; on les tenait pour antispasmodiques.
Népenthés. — Genre de plantes de la petite famille des nèpenthées, voisine des aristoloches et des asarinèes de Brongniart, si elle ne l'est mieux encore des drosèracées (v. dionèe). Le népenthés a cela de particulier, que sa feuille se termine par une sorte d'urne, pouvant contenir un verre d'eau très pure, et recouverte par un opercule qui la bouche hermétiquement : « Quel est le voyageu* botaniste, dit à ce sujet Linné, qui, venant à rencontrer cette plante dans ses herborisations, ne serait pas ravi d'admiration et n'oublierait pas les fatigues qu'il a essuyées! » Il faut ajouter cependant que la plante croit dans les lieux humides et ombragés. — Homère avait déjà donné le nom de népenthés (en grec, sans douleur ou qui calme la douleur) à un breuvage narcotique, qui fut composé par Hélène pour Télémaque (Odyssée IV) et où entrait peut-être l'opium, ou la jusquiame blanche, ou quelque autre plante.
Cucurbitacées. — Famille de plantes dicotylédones (gamopétales à ovaire infère), qui comprend des herbes annuelles ou vivaces, à tiges rampantes ou volubiles, à fruits souvent d'une grosseur considérable, renfermant une pulpe charnue. Citons la courge, le melon, la citrouille, le cornichon, la coloquinte, la bryone. Beaucoup de ces plantes sont comestibles ; quelques-unes contiennent un suc amer, qui peut devenir un drastique et même un poison.
Onagre. — C'est le type des onagrarièes ou œnothèracèes (dicotylédones dialypétales à ovaire infère). Le genre onagre renferme des plantes herbacées ou frutescentes, originaires d'Amérique, dont la principale est l'onagre bisannuelle, dite herbe aux ('mes, parce que ses feuilles ressemblent à des oreilles d'âne. Parmi les onagrarièes, se trouve aussi le genre fuchsia, qui comprend environ 50 espèces, originaires d'Amérique et cultivées comme plantes d'ornement.
Laurier. — C'est le type delà famille des laurinèes ou laurèacèes (dicotylédones dialypétales à ovaire supère). L'espèce principale est le laurier d'Apollon, ainsi nommé parce que ses branches servaient et servent encore à couronner les vainqueurs. On l'appelle aussi laurier commun, laurier franc. Ce bel arbre, qui peut s'élever à une dizaine de mètres, dans les pays plus chauds que le nôtre, où il croit spontanément, a des branches droites et serrées contre le tronc, des feuilles persistantes et d'un beau vert luisant; le bois est dur et élastique ; les baies donnent une huile dont on se sert pour faire des onctions contre les douleurs. Toutes les parties de l'arbre sont imprégnéos de sucs aromatiques : elles peuvent servir comme parfums et dans