PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE
les assaisonnements ; les feuilles sont regardées comme fébrifuges. On donne le nom de laurier, suivi d'un qualificatif, à d'autres plantes qui sont étrangères à la famille des lauriers : le lauriercerise, sorte de cerisier, qui contient du poison ; le laurier-rose (apocynèe) ; le laurier-tin, espèce de viorne, etc.
Nerprun. — C'est le type de la famille des rhamnèes (dicotylédones dialypétales à ovaire supère). Le genre nerprun comprend des arbrisseaux de nos pays ; les fleurs sont petites et verdâtres ; le fruit est un petit drupe. Parmi ses espèces, le nerprun alaicrne, qui peut s'élever à 5 mètres, est commun dans le midi de l'Europe et habite les lieux humides ; son feuillage est d'un vert sombre ; on en fait des buissons, dans les jardins d'agrément.
Myrte. — C'est le type de la famille des myrtacèes (dicotylédones dialypétales à ovaire supère), qui comprend des arbres et des arbrisseaux de bel aspect, remarquables par le suc odorant et résineux qui les imprègne ; ils sont, pour la plupart des zones torrides. En particulier le genre myrte renferme plus de 200 espèces d'arbres ou d'arbrisseaux toujours verts, répandues sur tout le globe. Le myrte commun croît naturellement en Orient et sur les bords de la Méditerranée. C'est un arbre de moyenne grandeur, mais qui ne dépasse pas, dans nos pays, la taille d'un arbuste. Ses fleurs, petites et blanches, exhalent une odeur suave.
Eucalyptus. — Les eucalyptus (famille des myrtacèes) sont des arbres originaires de l'Australie, à bois résineux et dur, qui croissent rapidement et peuvent atteindre 40 ou 50 mètres de hauteur. On les acclimate en Algérie, au Cap, aux Antilles, et ils réussissent surtout dans les lieux marécageux, qu'ils transforment en belles forets, en les débarrassant des miasmes qui engendrent les fièvres.
Rosier. — C'est le type de la famille des rosacèes (dicotydones dialypétales à ovaire supère), qui renferme des plantes herbacées, des arbustes et des arbres, parmi lesquels la plupart des arbres fruitiers : pommiers, poiriers, cerisiers, amandiers, etc. Le genre rosier, en particulier, qui comprend des arbustes le plus souvent épineux, compte environ 160 espèces et des milliers de variétés produites parla culture (v. rose). On multiplie les rosiers de toute manière, surtout de greffes sur l'églantier.
Légumineuses. — Cette nombreuse famille de plantes dicotylédones (à ovaire libre) fut ainsi nommée par Jussieu, parce que le fruit est toujours une ijousse, un légume. Tournefort, en considérant la forme de la fleur plutôt que celle du fruit, avait choisi le nom de papilionacèes. Les légumineuses comprennent des herbes, des arbustes, des arbrisseaux et même des arbres, qui atteignent parfois les plus grandes dimensions. On les divise aujourd'hui en papilionacèes et en césalpiniêes. Cellesci, moins nombreuses, n'ont pas la fleur papilionacée. Beaucoup de légumineuses sont comptées parmi les plantes potagères ou fourragères ; d'autres sont médicinales (casse, séné) ; quelques-unes sont tinctoriales (indigotier, campêcne) ; d'autres sont cultivées comme plantes d'ornement.
Mimosa. — Type de la tribu des acaciées et de la famille des mimosèes, qu'on rattache aux légumineuses. Les mimosèes sont des arbres ou des arbrisseaux (quelquefois des herbes), répandus sous les tropiques, en Afrique, en Amérique et en Océanie. Beaucoup de ces plantes ont cela de propre et de curieux qu'elles exécutent certains mouvements lorsqu'on les touche : ainsi la mimosa pudica ou sensitive, joli arbuste, dont les rameaux se rapprochent de leurs tiges et toutes les folioles se couchent les unes contre les autres, lorsqu'on la touche. On observe aussi, chez cette plante, un
sommeil très prononcé : vers le soir, elle plie ses rameaux et ses feuilles, pour les relever au matin suivant. Elle a été choisie comme symbole de la sensibilité et de la pudeur. On donne aussi le nom de sensitive à d'autres plantes qui présentent certains phénomènes d'irritabilité : ainsi le rossolis, une aralide.
Moringe. — C'est le type d'une petite famille de plantes, les moringèes, qu'on a distraites des légumineuses. L'espèce principale est le ben, arbre de moyenne grandeur, originaire de l'Inde. On tire de ses semences une huile grasse, l'huile de ben, employée pour extraire l'essence de jasmin, de jonquille, etc.
Amentacées . — Cette famille considérable de plantes (dicotylédones apétales), comprend un grand nombre de genres ou de familles secondaires, dont les fleurs mâles sont disposées en chatons (amentum). Ce sont : les juglandées (noyer), les salicinces (saule, peuplier), les quercinces ou cupulifcrcs (chêne, châtaignier, hêtre, charme, coudrier), les bètulinèes (bouleau, aune), les myricèes (galée) et les casuarinèes. La plupart de ces arbres croissent dans nos contrées.
Noyer. — C'est le type de la famille des juglandées (Jovis glans ou juglans, gland de Jupiter). Le noyer commun est originaire des bords de la Caspienne : son fruit est excellent (v. noix) ; son bois est un des plus appréciés en ébénisterie. Pendant l'été surtout, le voisinage du noyer peut être nuisible aux animaux et aux plantes, à cause de certaines émanations.
Saule. — C'est le type des salicinées. Le genre saule comprend des arbres de médiocre grandeur, qui se plaisent le long des cours d'eaux et dans les autres lieux humides ; leur tronc est souvent pourri au dedans et creux. L'espèce la plus répandue est le saule blanc, au feuillage argenté, dont les fleurs sont recherchées des abeilles. Avec ses branches, grosses ou menues, on fait des cercles pour les tonneaux, des liens et des corbeilles, du charbon pour les crayons et pour la fabrication de la poudre. Le saule pleureur, dont les branches, longues et déliées, tombent comme une chevelure et jusqu'à terre, est employé à orner les pièces d'eau. On en fait aussi un emblème de deuil. Mais son nom lui vient plutôt de ce que, à certaines époques, sa sève dégoutte en larmes de ses rameaux.
Peuplier. — Le genre peuplier comprend des arbres élancés qui abondent dans nos régions tempérées et dans les régions plus froides. La plus belle espèce est le peuplier blanc ou yprèau. On donne aussi quelquefois ce dernier nom à l'orme à larges feuilles. Le peuplier blanc s'élève à une trentaine de mètres et l'on en forme de belles avenues. Il vit près d'un siècle, mais, à trente ans, il a atteint tout son développent et peut être abattu; son bois est employé en menuiserie. Le peuplier tremble est moins élevé; il se plaît sur les hauteurs et dans les forêts. Ses feuilles, portées par de longs pétioles, tremblent au moindre vent.
Chêne. — C'est les type de la famille des quercinèes ou cupuliferes. Les Grecs avaient consacré à Jupiter cet arbre majestueux et puissant ; les Romains décernaient une couronne de chêne à ceux qui s'étaient distingués par leurs vertus civiques ; les Druides cherchaient le gui sacré sur le chêne de leurs forêts mystérieuses. Le bois de cet arbre est des plus durs : on l'emploie beaucoup pour la menuiserie, la sculpture, etc. ; son écoree sert à tanner les cuirs ; une espèce de chêne donne le liège ; les glands (v. ce mot) sont utilisés pour la nourriture des bestiaux. Le genre chêne comprend, outre le chêne commun, le plus grand de tous : le chêne rouvre, qui est aussi l'un des plus beaux arbres de nos forêts; le chêne yeuse, à feuilles persistantes, improprement appelé chêne vert ; le chêne vert