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Chapitre Premier

De la matière en général : ciel, terre.

Matière. — Son essence. Atomisme. Dynamisme. La vraie grandeur. ' — La première question qui se présente est celle de l'essence même de la matière, ou plutôt de l'essence des corps ; car la matière est ce dont les corps eux-mêmes sont faits. Or les corpssont tous composés de matière première et de forme substantielle, comme on l'a expliqué déjà au livre II (v. matière et forme ; v. aussi monde, pour le caractère essentiel de dépendance qui distingue le monde sensible).

En effet, nous voyons que, dans toutes les transformations, il y a quelque chose qui reste sous différentes formes : c'est ce que nous appelons matière première. Il y a ensuite une autre réalité qui détermine les corps à être ce qu'ils sont et qui

demeure alors même que la matière change : ainsi la forme de lion ou d'homme persiste individuellement alors même que, par les échanges incessants do la vie, toute la matière corporelle du lion ou de l'homme a été renouvelée. Or nous appelons forme substantielle ce second principe. Il ne faut pas le confondre avec les formes accidentelles ou accidents, qui s'ajoutent au corps déjà constitué. La matière première est le principe de la quantité et de la divisibilité des corps : la forme substantielle est le principe de leur unité; c'est par sa matière que le corps est passif : c'est par sa forme substantielle qu'il est actif. L'existence de la matière première et de la forme substantielle se trouve par là même démontrée; car il est évident que le même principe ne peut être à la fois le principe de la divisibilité et celui de l'unité, celui de la passivité et celui de l'activité.

Atomisme. — Cette théorie exclut celle de l'ato-

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