PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE
misme, qui explique les corps et le monde entier par des atomes et différents modes d'agrégation. Mais il est problématique, tout au moins, que les corps inorganiques soient de simples agrégats ; en tout cas, les corps vivants sont autre chose. Et puis il faudrait expliquer encore la composition de l'atome, ce corpuscule minimum, ce corps en miniature, assigner le principe de son unité et celui de son extension, le principe de son activité et le principe de sa passivité.
Dynamisme. — Cette théorie exclut aussi le dynamisme, d'après lequel les corps ne seraient que des forces ou des centres de force disséminés dans l'espace. Mais les forces ne subsistent pas; il leur faut un sujet : seul ce qui est fort subsiste. Et quant aux points ou centres de forces, ils ne sauraient constituer un espace. Celui-ci d'ailleurs ne peut préexister aux corps : il résulte plutôt de l'existence et des relations des corps.
La vraie grandeur. — Dieu a créé le ciel et la terre et les a disposés dans l'ordre où nous les voyons. Ce qui frappe d'abord c'est l'immensité de lacréation, telle que la science moderne la découvre. Mais ce n'est pas de ce côté, si étonnant soit-il, qu'il faut chercher la grandeur absolue. Ce n'est point, en effet, dans l'étude de la nature seule que l'on peut découvrir le principe de toute vérité et de tout bien. Jamais la matière ne livrera par ellemême la connaissance de Dieu et de l'infini, ni dans les extrêmement petits ni dans les extrêmement grands. Dieu ne se cache ni dans les profondeurs des espaces, ni au centre des sphères et des atomes. L'œil de l'homme ne le voit point. Nous ne le connaissons bien en cette vie et nous ne le verrons après la mort que par les yeux de l'esprit et en vertu du progrès moral.
Molécule, atome. — En chimie, on appelle molécules les plus petites parties d'un corps, ses parties ultimes. Celles-ci ne sont autres que les atomes, si le corps est simple. Mais les molécules des corps composés ou molécules proprement dites sont composées de plusieurs atomes. L'existence de ceux-ci n'est guère douteuse, si l'on entend seulement par là des portions de matière tellement ténues qu'elles ne sont plus divisibles, sans perdre leur nature et leur existence même. Toute forme substantielle, en effet, doit exiger un minimum de quantité. Mais que les atomes soient séparés les uns des autres, en mouvement continuel ou groupés, comme le suppose telle ou telle théorie chimique, c'est pure hypothèse. Avogadro et Ampère ont admis qu'un même volume de tous les corps réduits en vapeur, contient le même nombre d'atomes, de façon que les rapports entre les poids des atomes seraient les mêmes que les rapports entre les poids d'un même volume de vapeur de ces divers corps. On a déterminé, en conséquence, les poids atomiques. Le poids de l'atome de l'hydrogène étant 1, celui de l'atome de l'oxygène est de 15,88; celui de l'azote, 14,02; celui du mercure, 199,8, etc.
Ciel. — Bien que le monde spirituel et surtout l'ordre moral l'emportent infiniment sur le monde sensible, c'est avec une religieuse admiration qu'il faut sonder du regard les profondeurs du ciel matériel. On y contemplera une image éclatante de l'immensité de Dieu et de la multitude de ses créatures angéliques. h' armée du ciel, comme l'appelle l'Ecriture, est innombrable, et chacune de ces étoiles est un soleil. Les étoiles de première grandeur ne sont guère qu'au nombre de vingt; mais on compte 65 étoiles de deuxième grandeur, 200 de troisième, 425 de quatrième, 1,100 de cinquième, 3,200 de sixième. Un fleuve d'étoiles, la voie lactée, traverse le ciel du nord au midi. La distance de ces astres n'est pas moins prodigieuse que leur multitude. A un degré environ du pôle nord, se trouve l'étoile polaire. C'est autour des deux pôles que le
firmament semble tourner, comme le ferait une sphère solide; mais, malgré les apparences, c'est la terre elle-même qui tourne sur ses pôles et distribue ainsi la nuit et le jour. En même temps qu'elle accomplit cette révolution diurne, elle se transporte dans l'espace, en décrivant une ellipse inclinée d'environ ^3 degrés sur l'équateur. Comme elle tourne chaque jour sur elle-même, de l'occident à l'orient, le soleil chaque jour paraît se lever à l'orient et se coucher à l'occident; comme d'ailleurs elle accomplit de droite à gauche sa révolution annuelle autour du soleil, cet astre semble rétrograder sur les constellations du zodiaque, de manière à décrire un cercle entier chaque année. Le jour stellaire est donc moindre que le jour solaire ; l'année compte 366 révolutions stellaires, tandis qu'elle ne compte que 365 révolutions solaires. En parcourant les douze signes du zodiaque, qui se partagent l'écliptique, le soleil rencontre deux fois l'équateur, à l'équinoxe du printemps et à celui de l'automne. Or il arrive que le point de rencontre n'est pas fixe, mais qu'il rétrograde lentement, de manière à accomplir sa révolution en 26.000 ans environ ; d'où il suit que l'axe de l'écliptique décrit une circonférence autour de l'axe de l'équateur, tandis que le point vernal parcourt l'équateur en visitant une constellation tous les deux mille ans. L'étoile polaire changera donc, plusieurs constellations passeront d'un hémisphère dans l'autre et le firmament lui-même sera ébranlé (V. les traités d'astronomie et de cosmographie).
Zodiaque. — Les Chaldéens, qui comptaient le temps par années solaires, ne déterminèrent que 12 constellations ou signes dans le zodiaque. De même les Egyptiens et les Grecs. Mais d'autres peuples anciens en admirent un plus grand nombre. Les 12 signes traditionnels du zodiaque sont : le Bélier, le Taureau, les Gémeaux, le Cancer, le Lion, la Vierge, la Balance, le Scorpion, le Sagittaire, le Capricorne, le Verseau et les Poissons. Ils correspondent aux 12 mois de l'année. Mais, par suite de la précession des équinoxes, les signes ont varié de 30 degrés, de façon qu'ils ne coïncident plus avec les mêmes mois qu'à l'oiigine. Les astronomes modernes ont conservé néanmoins l'ancien usage. La connaissance du zodiaque date, sans doute, des premières observations astronomiques, qui durent être contemporaines des origines de l'humanité. Il faut se garder toutefois de substituer jamais la fable à l'histoire. Le fameux zodiaque de Denderah, découvert au commencement du XIXe siècle et auquel on attribua d'abord une haute antiquité, n'est guère plus ancien en réalité que l'ère chrétienne. Il est conservé à la Bibliothèque nationale. Le zodiaque tint naturellement une grande place dans les préoccupations astrologiques. On donna aux 12 signes le nom de maisons du soleil, et l'on attacha à chacune d'elles certaines significations : maison de vie, maison des richesses, maison des frères, etc.
Soleil. — Le soleil, centre de tout notre système planétaire, est en moyenne à 148 millions de kilomètres de la terre, soit 23,280 rayons terrestres. Son diamètre est 109 fois, et son volume 1.300.000 fois celui de la terre; mais sa densité n'est guère que le quart de celle de la terre. Le soleil paraît se diriger, avec les mondes qui gravitent autour de lui, vers la constellation d'Hercule; et sa vitesse est de 30 à 100 kil. par seconde. En outre, le soleil tourne sur lui-même d'occident en orient en 25 jours 5 heures. On a pu reconnaître et mesurer ce mouvement au moyen des taches solaires, quoique celles-ci soient plus ou moins variables. Bien des hypothèses ont été émises sur la nature et la constitution du soleil, sa température, etc. Les observations faites pendant les éclipses de soleil ou
au moyen du spectroscope, font croire que le soleil est une masse fluide incandescente entourée d'une couche de vapeurs brillantes (photosphère), surmontées elles-mêmes par des vapeurs à température moins élevée et par une masse d'hydrogène, etc. {chromosphère). L'atmosphère solaire peut se prolonger assez loin pour produire la lumière zodiacale. Les perturbations de la masse solaire expliquent l'apparition et la disparition des taches, dont quelques-unes ont plusieurs fois le diamètre de la terre. Les anciens avaient divinisé le soleil (v. Osiris, Phèbus).
Planète. — Entre la terre et le soleil circulent deux planètes : Mercure et Vénus ; au delà de la terre : Mars, Jupiter, Saturne, Uranus et Neptune. Entre Mars et Jupiter se trouvent environ trois cents petites planètes, qu'on dirait être les fragments d'un astre plus considérable brisé dans les eieux, Mercure est à 14 millions de lieues du soleil; son volume n'est pas le 6/100 de celui de la terre. Vénus est à 27 millions de lieues; son volume est égal à celui de la terre; son jour est de 23 heures et 21 minutes; son année est de 225 jours. Mars est à 58 millions de lieues; son volume n'est guère que le septième de celui de la terre ; son jour est de 23 heures 30 minutes ; son année est de 686 jours. Jupiter, la plus grosse des planètes, et après Vénus la plus brillante, est à 200 millions de lieues; son volume est 1,226 fois plus grand que celui de la terre; son jour est de 9 heures 55 minutes ; son année en comprend 12 des nôtres. Cette planète est fortement déprimée vers les pôles et renflée à l'équateur; cette dépression est évaluée à un dixseptième de son diamètre : celle de la terre n'est que de 1/300. Jupiter est accompagné do cinq satellites. Saturne est à 362 millions de lieues du soleil; son volume est 674 fois plus considérable que celui de la terre; son jour est de 10 heures 29 minutes ; son année en comprend 29 et demie des nôtres ; son aplatissement vers les pôles est évalué à un dixième du diamètre. Saturne est remarquable par ses huit satellites et surtout par son anneau, sorte de pont suspendu, jeté dans l'espace par la force centrifuge et tournant avec la planète. Uranus ou Herschel est à 710 millions de lieues du soleil ; son année mesure presque un siècle terrestre (84 ans) ; son volume vaut 74 fois celui de la terre. Neptune est à 1,110 millions de lieues; il est invisible à l'œil nu ; son volume vaut 84 fois celui de la terre. Toutes ces planètes, ainsi que la lune, se meuvent à peu près dans le plan de l'écliptique.
Ici on peut se demander si les astres et en particulier les planètes sont habités. — D'abord il est certain que le monde est rempli, en quelque sorte, de purs esprits, qui, bien que n'occupant par euxmêmes aucune étendue, peuvent cependant la connaître et y exercer leur influence. Mais si, par les habitants des astres, on entend des créatures semblables à l'homme, l'hypothèse d'une multitude de planètes habitées est non seulement gratuite, mais elle soulève encore les plus graves difficultés de la part de la science. Parmi les planètes, en effet, les unes sont dépourvues d'atmosphère ; d'autres sont consumées par les ardeurs d'un soleil trop proche ; d'autres paraissent congelées par un froid incalculable. A la surface des petites planètes, les corps sont presque privés de pesanteur, tandis qu'à la la surface des plus volumineuses la pesanteur est écrasante. Quoi qu'il en soit, rien n'empêche de créer par l'imagination des mondes fantastiques. Le monde des esprits, tel que la foi le révèle, est assez grand, le ciel spirituel est assez vaste, pour que l'homme n'ait rien à envier au ciel matériel, qu'il comprend déjà par sa pensée et qu'il méritera, par la grâce, de posséder plus tard. (V. Jules Boiteux, Lettres à n n matérialiste sur la pluralité des mondes habités, etc., 1898, 3e éd.).