LIVRE XV : DE LA. MATIERE
Lune. — Dans sa révolution autour du soleil, la terre emporte avec elle un satellite, la lune, qui tourne autour de nous en 27 jours, 7 h. et 43 m., mais dont la révolution paraît durer plus de 29 jours, parce qu'elle s'accomplit dans le même sens que celle du soleil, d'oCcident en orient. La lune nous éclaire dans sa course et nous présente constamment le même hémisphère ; l'autre, qui n'est pas éclairé par notre planète, est donc plongé, pendant quatorze jours de chaque mois, dans la nuit la plus profonde. 96.000 lieues nous séparent de la lune ; elle est 49 fois moins volumineuse et 81 fois moins pesante que la terre. Les anciens avaient divinisé la lune de même que le soleil (v. Isis, Sè.lènè, Diane, Hécate).
Aérolithe. — Pendant longtemps on a regardé les aérolithes comme ayant une origine terrestre. Laplace admettait qu'ils venaient de la lune. Aujourd'hui on explique les aérolithes, les bolides et les étoiles filantes parles mêmes causes. Les espaces célestes sont traversés par des essaims innombrables de petits corps. Lorsque la terre, dans sa course, vient à ,les rencontrer, ils s'enflamment en pénétrant dans l'atmosphère avec une rapidité bien plus grande que celle de nos obus et de nos balles. S'ils ne font que traverser les couches supérieures de l'air, ils continuent leur course dans l'espace, après avoir brillé un moment à nos yeux ; sinon ils se vaporisent entièrement ou viennent tomber sur le sol, ordinairement avec une ou plusieurs explosions.
Comète. — Le système solaire ne comprend pas seulement des planètes et des satellites. Les comètes visitent périodiquement le soleil. Ces astres subtils et capricieux décrivent des ellipses très allongées, dont la courbe est souvent modifiée par les attractions des autres corps célestes. La comète arrive des profondeurs de l'espace ; en se rapprochant du soleil, elle précipite sa course, suivant le principe des aires découvert par Kepler ; après avoir contourné l'astre brillant qui l'attirait, elle revient sur ses pas et modère peu à peu l'extrême vitesse qui l'animait. Si une attraction étrangère a brisé son orbite, elle erre dans l'espace comme un navire égaré, qui cherche des rivages inconnus. Les comètes ne sont visibles que lorsqu'elles sont assez rapprochées du soleil ; elles brillent aussi d'un éclat qui leur est propre et qui provient sans doute de la chaleur qu'elles reçoivent du soleil. Leur densité est si faible qu'elle est, pour ainsi dire, nulle : on peut voir au travers des comètes comme au travers de la gaze la plus légère ; leur passage auprès des autres corps (par exemple entre les satellites de Jupiter) ne cause aucune perturbation. On a cru remarquer une certaine relation entre la disparition de quelques comètes et des averses d'étoiles filantes. Citons, parmi les comètes célèbres, celle de 1811, dont la queue mesurait plus de 80 millions de kilomètres. Le nombre des comètes cataloguées dépasse 600.
Etoile. — Les étoiles se distinguent des planètes par leur scintillation : elles brillent par elles-mêmes comme autant de soleils lointains. Au lieu que les planètes offrent un diamètre, appréciable souvent à l'œil nu, les étoiles paraissent indivisibles, même avec les plus forts grossissements. Les étoiles visibles à l'œil nu sont au nombre de 5 ou 6.000, depuis la lre jusqu'à la sixième grandeur : avec le télescope, on découvre des étoiles toujours plus nombreuses et toujours de plus faible éclat jusqu'à la 15e grandeur. La carte photographique du ciel en contient 20 millions. Pour déterminer approximativement la distance d'une étoile, on cherche sa parallaxe annuelle, c'est-à-dire l'angle sous lequel on verrait de cette étoile le rayon de l'orbite terrestre. On n'a pu calculer la parallaxe que d'un petit nombre d'étoiles. La plus voisine, alpha du