‹ Dictionnaire universel de la pensée (volume 2)Chapitre 507 sur 686 · PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE · texte numérisé non relu

PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE

Centaure, est à plus de 6 trillions de lieues : elle met plus de 4 ans à nous envoyer sa lumière. L'étoile polaire est bien plus éloignée : on évalue sa distance à 1.900.000 fois le rayon de l'orbite terrestre. Beaucoup d'étoiles paraissent animées d'un mouvement propre, entre autres Arcturus et Sirius. Quelques-unes sont colorées : ainsi Aidébaran et Antarès sont rougeâtres ; Altaïr et la Chèvre ont une teinte jaunâtre : d'autres sont légèrement vertes ou bleues. Sirius, qui est aujourd'hui du blanc le plus pur, était jadis rougeâtre, au témoignage des anciens. On appelle étoiles doubles, triples ou multiples, des étoiles qui, observées au télescope, se décomposent en plusieurs autres, gravitant ordinairement l'une autour de l'autre. On appelle étoiles variables, des étoiles dont l'éclat n'est pas constant, mais passe par plusieurs phases. Enfin les étoiles temporaires sont celles qui ne brillent au ciel que pendant un temps et disparaissent ensuite.

Constellation. — On donne ce nom à certains groupes d'étoiles qui occupent une partie du ciel : on les représente sur les cartes astronomiques par des figures d'hommes, Jd'animaux ou de certains objets. Les étoiles qui les composent sont désignées, dans l'ordre de leur éclat, par les lettres de l'alphabet grec : alpha, béta, etc. On emploie ensuite les lettres latines et les chiffres ordinaires. La division du ciel en constellations est très ancienne. En se servant des travaux de ses devanciers, Ptolémée détermina 48 constellations dans la partie du ciel connue de son temps. Tycho-Brahé, Bayer, La Caille, Bode, etc., qui observèrent les autres parties du ciel, portèrent ce nombre à 109. Il convient d'ajouter aux constellations certains petits groupes distincts, qui rentrent dans un groupe plus considérable : ainsi les Hyades ou Pléiades, le Baudrier d'Or ion ou les Trois Rois.

Canicule. — C'est le nom de la constellation australe du Grand Chien et aussi le nom de la plus belle étoile de cette constellation et de tout le ciel : Sirius. On appelle encore canicule ou jours caniculaires les jours où le soleil est censé se lever avec cette étoile (22-26 juillet). Ce sont les jours les plus chauds de l'année. Mais, par suite de la précession des équinoxes, le lever héliaque de Sirius arrive en réalité plus tard. Les Egyptiens comptaient leur année, dite sothiaque (de Sothis, chien, ou Sirius), à partir des jours caniculaires.

Nébuleuse. — Le catalogue de Ptolémée ne signalait que 5 nébuleuses et, vers le milieu du XVIIIe siècle, le nombre de nébuleuses connues ne s'élevait encore qu'à 22. AV. Herschel montra leur importance et en découvrit lui-même plus de 2.500. Ses travaux furent continués par son fils et l'on compte aujourd'hui environ 8.000 nébuleuses, les unes dans l'hémisphère boréal, les autres dans l'hémisphère austral. On peut les considérer comme des mondes lointains, dont plusieurs paraissent n'être qu'en formation. Car il en est qui sont résolubles en amas d'étoiles, et d'autres qui ne sont que des amas de gaz incandescents, si l'on en juge par les indications du spectroscope.

Voie lactée. — La voie lactée, dite aussi chemin de Saint- Jacques, Galaxie, qui traverse le ciel en suivant à peu près un grand cercle de la sphère, se résout en un grand nombre d'étoiles, qu'on évalue à plus de 50 millions. La voie lactée ne serait qu'une nébuleuse résoluble et annulaire, dont notre soleil et quelques autres étoiles occuperaient les parties centrales. Les dimensions de cette nébuleuse sont telles que la lumière mettrait plus de 5.000 ans à la traverser.

Eclipse. — On distingue surtout les éclipses de soleil et les éclipses de lune : les premières, produites par l'interposition de la lune entre le soleil et la terre ; les secondes, beaucoup plus fréquentes,

produites par l'interposition [de la terre entre le soleil et la lune. Les premières ne peuvent donc se produire qu'aux époques de nouvelle lune, et les secondes aux époques de pleine lune. Les éclipses sont totales ou partie/les. Il y a aussi des éclipses annulaires de soleil. L'éclipsé totale de soleil peut durer 5 minutes au plus, pour un point de la terre donné. Les Chinois sont les premiers qui aient consigné dans leur histoire les éclipses auxquelles ils assistèrent. Chez les Grecs, Thaïes aurait prédit une éclipse, vers 640 av J.-C, et Anaxagore en aurait donné l'explication scientifique. Aujourd'hui les observations et les calculs sont si précis qu'on peut prédire exactement et longtemps à l'avance toutes les éclipses, de même qu'on peut déterminer l'époque de celles qui ont eu lieu dans le passé. L'astronomie vient ainsi en aide à la chronologie. Certaines observations faites pendant les éclipses ont mis sur la voie de plusieurs découvertes ; elles ont permis et permettent encore d'effectuer certains calculs. C'est pendant les éclipses totales de soleil qu'on a observé d'abord les protubérances de cet astre, qui ont révélé quelque chose de sa constitution physique. C'est par l'observation des éclipses du premier satellite de Jupiter que Rœmer a pu calculer la vitesse de la lumière.

Terre. — Plusieurs sciences s'occupent du globe terrestre : la cosmographie et l'astronomie, la cosmogonie, la géographie naturelle et politique, la géologie, etc. La cosmographie et l'astronomie étudient les mouvements du globe, lancé dans l'espace; elles cherchent la place qu'il occupe dans le système solaire et dans l'ensemble de l'univers. La cosmogonie étudie l'origine et la formation du globe ; elle essaie de lire dans les entrailles de la terre et dans les cieux l'histoire des premiers jours du monde, que la Bible nous avait déjà brièvement racontée. La géographie naturelle s'attache à décrire la surface de la terre : montagnes et glaciers, versants, fleuves, mers, etc. La géographie politique ajoute à ce premier enseignement, en indiquant les villes, les voies de communication, les territoires, les frontières des empires, les berceaux des peuples, leurs invasions et la marche des conquérants, etc. La géologie nous instruit à son tour, en pénétrant l'écorce du globe ; et comme la température augmente avec la profondeur des couches (1 degré par 33 mètres), elle induit que l'intérieur du globe est un océan de feu : elle affirme ainsi l'existence d'un enfer matériel. C'est là que les volcans iraient puiser, quand ils répandent leurs laves et des pluies de cendres. Si la terre tremble, c'est peut être qu'une tempête éclate dans les abîmes de feu. La terre qui porte l'humanité et a vu passer toutes les générations est bien fragile. Il fut un temps où l'écorce terrestre était plus mince encore, époque fertile en tremblements de terre, en éruptions et en cataclysmes. Il fut peut-être un temps où la terre entière n'était qu'une masse fondue ou gazeuse, échappée récemment de l'équateur solaire et entourée de vapeurs brûlantes et subtiles. Peu à peu les éléments se refroidirent, les mers essayèrent de combler les abîmes incandescents qui les refoulaient avec violence, et l'air étendit sur la surface de la terre une couche de nuées et de tempêtes indescriptibles. A la voix de Dieu les continents et les îles se soulevèrent, les montagnes et les collines bondirent comme des béliers, l'océan trouva ses limites ; puis les plantes et les animaux furent sucrrssivement produits. Enfin, au sixième jour, l'homme parut et, au septième, le Créateur se reposa. (V. les ouvrages de cosmogonie : Faye, de l'Origine du monde, 3e éd., 1896; le P. Alexis Arduin, la Religion en face de la science).

Zone. — La terre est distribuée par les cercles polaires et les tropiques en trois sortes de zones : la zone torride, qui est entre les tropiques et où

Page 1