‹ Dictionnaire universel de la pensée (volume 2)Chapitre 516 sur 686 · PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE · texte numérisé non relu

PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE

calcium, 28 au fer et au titane, 32 au phosphore, 60 à l'uranium, 80 au brome et 100 au mercure. A mesure que les lois physiques se découvrent davantage, elles paraissent plus admirables et justifient cotte parole de l'Ecriture : Dieu a tout fait avec poids, nombre et mesure.

Fermentation. — Pasteur a établi que les fermentations sont essentiellement des phénomènes corrélatifs de la vie, qu'elles commencent et qu'elles s'arrêtent avec l'acte vital. A proprement parler, les ferments sont donc des germes ; mais leurs effets sont aussi d'ordre chimique. On définit donc les fermentations : des transformations chimiques que subissent certaines substances sous l'influence d'êtres vivants inférieurs, qui se développent dans la masse fermentescible. Ces fermentations, considérées d'une manière très générale, sont de véritables décompositions ou réductions des corps à un état moins complexe; et l'on a pu dire que le rôle des ferments, dans la nature, est de ramener les substances produites par les végétaux et les animaux supérieurs à un état chimique plus simple, de façon qu'elles soient rendues à la circulation générale. L'activité et les effets des ferments sont prodigieux; ils s'expliquent par leur puissance de reproduction. On s'en fera quelque idée, si l'on songe qu'une bactérie se divise et donne deux bactéries adultes en deux heures, si bien que si la fermentation dont elle est l'agent se développe sans obstacle il y aura près de 300 mille milliards de bactéries après 4 jours. Les êtres organisés qui produisent des fermentations peuvent se ramener à trois groupes : bactéries, levure*, moisissures (v. Schutzenberger, les Fermentations, 1896; Dr de Backer, les Ferments thérapeutiques, 1896).

Poison. — Parmi les poisons, les uns proviennent des animaux : ce sont les venins et les rirus. Les premiers proviennent d'animaux venimeux ; les seconds se développent dans une maladie. Mais les poisons proprement dits sont fournis par le règne végétal ou parle règne minéral. Les uns sont acres, irritants, caustiques : par ex. les composés mercuriels, arsénieux, le phosphore, le chlore, les acides et les alcalis concentrés. D'autres sont narcotiques, stupéfiants, ils agissent spécialement sur le cerveau : ainsi la morphine, la jusquiame, l'opium. D'autres sont narcotico-âcres : ainsi la noix vomique, l'aconit, la belladone, la strychnine, la nicotine, le camphre, l'alcool, les émanations de certaines fleurs. Chacun de ces poisons a ses antidotes particuliers. Il est à remarquer que les mêmes substances qui sont des poisons parfois si redoutables, se changent souvent en remèdes, lorsqu'on les emploie en petite quantité et dans les circonstances convenables. La science des poisons et de leurs antidotes s'appelle la toxicologie.

Acide. Base. — Les acides sont des corps qui jouissent de la propriété de se combiner avec une base pour former un sel. On pensa d'abord, avec Lavoisier, que l'oxygène entrait dans tous les acides; mais on remarqua bientôt qu'il y a, avec des acides oxygénés ou oxacides, des acides hydrogénés ou hydracides. On distingue aussi les acides minéraux (fournis par le régne minéral), métalliques (résultant de l'oxygène et d'un métal), organiques (tirés de substances organiques), etc. Les acides organiques sont bien plus nombreux que les acides minéraux; ils renferment tous du carbone et de l'hydrogène, souvent de l'oxygène, quelquefois de l'azote : ils n'ont pas de nomenclature régulière.

Sel. — En chimie, on donnait le nom de sel à tous les corps ressemblant au sel marin et solubles de la "même manière. Aujourd'hui on comprend seulement sous le nom de sel les composés résultant de la réaction d'un acide oxygéné et d'une base ou d'un acide hydrogéné non métallique et d'une base.

Les sels neutres résultent de la substitution d'un certain nombre d'atomes de métal à la totalité des atomes d'hydrogène basiques contenus dans la molécule de l'acide. Le sel est dit acide, si la substitution ne porte que sur une partie de l'hydrogène basique, etc.

Alcali. — Les alcalis sont des substances caractérisées par leur causticité et l'énergie avec laquelle elles se combinent avec les acides. Les alcalis organiques sont beaucoup plus nombreux que les alcalis tirés du règne minéral. Parmi eux il faut compter les alcaloïdes naturels qui existent tout formés dans certaines plantes, où ils sont combinés avec des acides : ainsi la quinine, la morphine, la narcotine, la strychnine. Leur nombre s'accroît chaque jour.

Métalloïde. — Les corps simples comprennent des métalloïdes et des métaux. Les premiers sont des corps privés généralement de l'éclat métallique, mauvais conducteurs de la chaleur et de l'électricité, et dont les composés avec l'oxygène sont incapables de neutraliser les acides. Ils sont au nombre de 15 : l'oxygène, l'azote, l'hydrogène, le carbone, le soufre, le phosphore, l'arsenic, le bore, le silicium, le sélénium, le tellure, le chlore, le brome, l'iode et le fluor. Parmi ces corps, le soufre et le carbone plus ou moins pur (charbon) ont été connus des anciens. Paracelse connaissait l'arsenic et découvrit l'hydrogène ; le phosphore fut découvert en 1769; l'azote, en 1772; l'oxygène, en 1774, ainsi que le chlore. Les métalloïdes ont été distribués en 4 ou 5 classes, fondées sur l'analogie qu'ils ont entre eux, spécialement sur l'affinité qu'ils ont pour l'hydrogène. La première classe comprend le chlore, le brome, l'iode et le fluor; la seconde : l'oxygène, le soufre, le sélénium et le tellure ; la troisième : l'azote, le phosphore et l'arsenic ; la quatrième : le carbone, le bore et le silicium. Mais on a détaché de celle-ci le bore, pour former une cinquième classe.

Oxygène. — L'oxygène est un gaz qu'on n'a pu liquéfier et solidifier que dans ces derniers temps, par le plus grand froid et sous les plus hautes pressions. Sa densité, comparée à celle de l'air, est de 1,1056. L'oxygène a été appelé air du feu, air pur, corps comburant : il est, en effet, l'agent le plus remarquable de la combustion. Le carbone, 1 hydrogène, le soufre, le phosphore, etc. brûlent à l'air libre en se combinant avec l'oxygène. Si l'atmosphère n'était que de l'azote, le feu que nous employons chaque jour deviendrait impossible, l'asphyxie oppresserait nos poitrines, et la vie, avec le sang se glacerait dans nos veines. C'est l'oxygène qui s'introduit dans les bronches et jusque dans le cœur, pour y entretenir la chaleur et l'activité. Il se laisse dissoudre suffisamment dans l'eau pour vivifier les poissons et les plantes, On le rencontre partout dans la nature, car il entre dans la plupart des acides, des sels et des bases. L'eau, qui sous le nom d'océan recouvre les trois quarts du globe, est un composé d'hydrogène et d'oxygène. On obtient l'oxygène en décomposant par la chaleur certains oxydes.

Azote. — L'azote, appelé autrefois nitrogène, alcaligène, air vicié, mofette atmosphérique, fut étudié par Lavoisier avec le même succès que l'oxygène. Sa densité est de 0,972. Ce gaz entre dans beaucoup de composés organiques et minéraux. On peut facilement l'obtenir ten séparant de l'air l'oxygène qu'il contient, par la combustion d'un morceau de phosphore sous une cloche convenablement disposée. L'azote forme avec l'oxygène cinq composés : le protoxyde d'azote, le bioxyde d'azote, l'acide azoteux, l'acide hypoazotique et l'acide azotique. Les deux premiers sont des gaz, les trois autres sont des liquides. L'acide azotique, qui est la plus remarquable de ces combinaisons,

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