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PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE

On tire aujourd'hui les plus belles couleurs du goudron de houille. Au point de vue de la qualité de la teinture, on distingue le grand et bon teint (couleurs solides et peu altérables) et le petit teint.

Extrait, essence. — En chimie et en pharmacie, on donne le nom d'extrait à tout produit qu'on obtient en dissolvant les principes solubles d'une substance (dans l'eau, ou l'alcool, l'éther, etc.), puis en les ramenant par l'évaporation du véhicule à un état plus ou moins consistant. Les extraits ont plus d'un trait commun avec les essences, dites aussi Imites essentielles ou volatiles. Mais les essences sont obtenues de diverses manières ; elles sont d'une grande importance dans les arts.

Bois. — Sans parler ici des fruits et des remèdes que nous prodigue le règne végétal, il nous fournit une foule d'espèces de bois, précieux ou utiles : bois de chauffage et de construction, bois à travailler, bois de teinture, bois résineux. Les meilleurs bois de chauffage sont généralement les plus durs et les plus pesants : ainsi le chêne, le hêtre, le charme. Les bois blancs donnent beaucoup de flamme et sont employés pour le chauffage des fours. Les bois de construction les plus appréciés sont le chêne, l'orme, le hêtre, le châtaignier, le pin, le sapin, le cèdre, le mélèze. Comme bois à travailler et pour le charronnage, on emploie l'orme, le frêne, l'érable, le hêtre, l'acacia ; pour la menuiserie, le chêne, le hêtre, le noyer, le sapin, le tilleul, le cerisier, les bois blancs; pour l'ébénisterie, l'acajou, le palissandre, l'ébène, le noyer et, en général, les bois durs, veinés, à reflets variés, susceptibles d'un beau poli ; pour le tour, les bois à grain fin, comme le buis. Parmi les bois de teinture, citons le campêche, le bois de Brésil, le santal. De divers arbres résineux on tire non seulement la résine, mais encore la gomme, le vernis, le baume, etc. Certains bois sont revêtus d'une écorce qui peut servir de tan : ainsi le chêne rouge, le bouleau, le peuplier. Tous les bois ne se conservent pas avec la même facilité ; quelques uns, parmi les arbres résineux, sont naturellement incorruptibles et à l'abri des atteintes des insectes : ainsi le cèdre. On a essayé, avec plus ou moins de succès, de rendre incorruptibles les autres bois employés dans l'industrie. A cet effet on les imbibe de certaines préparations chimiques.

Cellulose. — C'est la substance qui constitue les parois des cellules et des vaisseaux de toutes les plantes: l'acide sulfurique la transforme en dextrine, puis en glucose. Le bois est constitué par la cellulose et par le ligneux ou matière incrustante, qui est plus riche en carbone que la cellulose. Les fibres textiles du lin, du chanvre, du coton sont de la cellulose presque pure. La cellulose pure est blanche et diaphane : elle est composée de carbone, d'hydrogène et d'oxygène, en proportions à peu près égales; elle est insoluble dans l'eau, l'éther, l'alcool et les huiles. La cellulose entre dans la composition de la celluloïd. Celle-ci, qui est formée de cellulose nitrique et de camphre, donne, après préparation, une matière élastique, transparente et susceptible d'un beau poli. On peut la rendre opaque et la colorer par l'addition de certaines substances. Elle sert à une foule d'usages, très variés (imitation d'ivoire, de corail, appareils orthopédiques, cols, manchettes) ; mais elle est très inflammable.

Charbon. — On obtient le charbon en brûlant, à l'abri du contact de l'air, du bois ou d'autres substances organiques. Le charbon est du carbone plus ou moins pur. Il y a des charbons naturels, qu'on trouve dans les entrailles de la terre ; ils proviennent de la calcination d'anciennes forêts : ainsi la houille, le lignite, les tourbes. Les charbons artificiels sont le charbon de bois, le coke, le noir animal, etc. Pour faire le charbon de bois, les charbonniers empilent des morceaux de bois, de façon à former une meule, avec un espace vide au centre ;

ils recouvrent la meule de terre battue et mettent le feu au bois, qui doit se consumer lentement et à l'abri de l'air. Le rendement du bois en charbon est très variable et dépend surtout de la combustion : il peut aller de 17 à 65 pour 100. L'emploi du charbon de bois doit être surveillé et nécessite une bonne ventilation ; car il se dégage de l'oxyde de carbone, qui est très vénéneux. Quant au charbon animal ou noir animal, noir d'ivoire, il est préparé avec des os ou des rognures d'ivoire. On emploie le charbon animal pour décolorer le sucre.

Paille. — Ce nom convient au chaume des graminées et surtout des céréales, quand il est desséché. Par analogie, on donne le nom de paille de maïs aux feuilles de cette graminée. La paille sert de litière aux bêtes de somme et aux bestiaux ; elle peut entrer dans leur nourriture. On l'emploie pour couvrir les chaumières, garnir les paillassons, faire dos liens, des nattes; avec certaines pailles de choix on garnit les chaises, on fait des chapeaux, de menus objets, etc. La paille, comme le bois, sert aussi ;ï faire du papier, du carton.

Farine. — Absolument ce nom s'applique à la poudre alimentaire tirée du blé ; mais on l'étend aussi à la poudre tirée des autres céréales, et même à celle qui provient des graines des légumineuses, de certaines racines comme la pomme de terre, des châtaignes, etc. La farine de froment contient de 60 â 70 p. 100 d'amidon, de 8 à 14 de gluten ; de S à 12 d'eau, un peu de sucre et de gomme, divers sels, tels que des phosphates et des sulfates, et du son. Aujourd'hui on divise et on mêle beaucoup les farines, au détriment peut-être de la santé publique, comme de la probité commerciale. On distingue : la farine bise, qui contient trop de son pour avoir une belle couleur blanche ; la farine entière, qui contient tous ses gruaux; la farine de blé, qui est fournie par la partie la plus friable du blé et manque de gruaux, qui donnent la consistance et la saveur ; le gruau, partie du grain, qui enveloppe le germe du blé : elle est la plus abondante en gluten ; la farine de gruau, qui provient de la mouture des gruaux et qu'on emploie pour faire le pain de gruau ou pain de luxe et la pâtisserie ; les issues, produits farineux de qualité inférieure, qu'on destine ordinairement au bétail. On falsifie la farine avec la fécule de pomme de terre, avec la farine de féveroles, etc., et même avec certains sels minéraux. Les meilleures farines sont fraîches, douces au toucher et exhalent une odeur faible et agréable (v. pain).

Sucre. — Les sucres existent en abondance dans les règnes organiques (sucres de raisin, de lait). Le sucre ordinaire existe dans un grand nombre de plantes : dans la tige de la canne à sucre et du maïs ; dans la sève des bouleaux et des érables ; dans les racines de betterave, de carotte, de navet, de guimauve, et dans beaucoup de fruits, tels que melons, châtaignes, figues, bananes. Le sucre qui est livré chaque jour à la consommation en quantités si considérables, est extrait de la canne à sucre ou de la betterave. Il cristallise en gros prismes transparents à 4 ou 6 faces. Le commerce les livre ordinairement en pains coniques, durs, d'une cassure grenue et cristalline. Quand on brise le sucre dans l'obscurité, il devient lumineux. Soumis à une chaleur douce, il se transforme en caramel, qui ne diffère du sucre que par la perte d'un peu d'eau. Le sucre se dissout très facilement dans l'eau et donne un sirop : en faisant cuire celui-ci, on obtient le sucre d'orge. L'extraction et le raffinage du sucre sont l'objet d'une industrie importante (v. sucrier).

Alcool. — L'alcool, qui est le produit de la fermentation, est un liquide incolore, d'une saveur forte et brûlante et d'une odeur aromatique. Sa densité est de 0,79. Il bout à 78° et ne se coagule pas â — 90° : cette résistance au froid fait qu'on l'em-

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