‹ Dictionnaire universel de la pensée (volume 2)Chapitre 522 sur 686 · LIVRE XV : DE LA MATIERE · texte numérisé non relu

LIVRE XV : DE LA MATIERE

ploie, en concurrence avec le mercure, pour la fabrication des thermomètres. L'alcool brûle à l'air avec une flamme bleuâtre. L'éponge et le noir de platine, les matières azotées d'origine animale, etc., le transforment, au contact de l'air, en acide acétique : c'est ce qui explique le changement si facile du vin en vinaigre. On obtient l'alcool par la distillation du vin, du cidre et de presque toutes les liqueurs fermentées. On le tire aussi des mélasses, de la pomme de terre, des grains et même du bois. Ainsi obtenu, l'alcool contient toujours une certaine quantité d'eau : l'eau-de-vie en renferme 50 ou 52 parties sur 100 ; l'esprit-de-vin de 30 à 35. En distillant sur de la chaux vive l'alcool ordinaire ou esprit -de -vin, on obtient l'alcool anhydre ou absolu. L'acide sulfurique, à la température de 140" environ, dédouble l'alcool en éther et en eau. L'alcool fait la base d'une foule de boissons dites alcooliques, dont l'abus est si préjudiciable à l'homme. Il est employé de bien des manières dans les laboratoires et dans l'industrie.

Vinaigre. — C'est le liquide obtenu par la transformation de l'alcool du vin en acide acétique, en présence de l'air, sous l'inrluence du développement d'un champignon microscopique (mycoderma aceti). Le vinaigre se tire non seulement du vin, mais encore des autres liqueurs alcooliques. L'acide acétique se trouve aussi dans la sève des végétaux, et on peut l'en extraire par distillation. De là le vinaigre de bois ou acide pyroligneux, qu'on substitue au vinaigre de vin, mais qui n'en a pas les qualités. Outre le vinaigre de table, on distingue une foule de vinaigres de toilette et de vinaigres médicinaux. On les obtient en faisant infuser dans le vinaigre ordinaire des substances aromatiques ou médicamenteuses.

Huile. — On distingue les huiles fixes, les huiles volatiles ou essentielles (v. essence) et les huiles minérales, qui sont des sortes de bitumes. Les huiles fixes ont mêmes caractères que les graisses solides : elles sont combustibles, ne se mêlent pas à l'eau, se dissolvent un peu dans l'alcool, mieux dans l'essence de térébenthine et l'éther, se transforment en savons par l'action des alcalis. Elles résultent d'une partie liquide, l'oléine, qui tient en dissolution à la température ordinaire une partie solide, ordinairement la margarine. La plupart de ces huiles sont extraites des végétaux : l'huile d'olive, qui est la principale; l'huile de noix; les huiles de navette, d'œillette ou de pavot, de colsa, d'arachide, d'amandes, de lia, de ricin, de graine de coton, etc Le règne animal fournit l'A uile de poisson, l'huile de ba/rine, l'huile de foie de morue, Y huile de pied de bœuf. Les huiles fixes sont rangées en deux catégories : les huiles siccatives et les huiles non siccatives ou grasses. Les premières s'épaississent peu à peu au contact de l'air et forment une espèce de membrane solide et transparente (huiles de lin, de noix, de chènevis, d'œilletté) : on les emploie pour préparer les vernis et les couleurs à l'huile. Les huiles non siccatives n'ont pas la même propriété, mais deviennent peu à peu acides et rances (huiles d'olive, d'u mandes, de navette, de colza, de faîne) : on les emploie comme assaisonnement et comme médicament, pour l'éclairage, la fabrication des savons.

Pétrole. — Cette huile minérale est un liquide blanc ou jaunâtre, d'une odeur désagréable ; sa densité est variable autour de 0,80 ; il dissout les résines et il est soluble lui-même dans l'alcool. Le pétrole est mélangé d'un grand nombre de corps de densité et de volatilité différentes, dont les principaux sont des hydrocarbures. On le purifie par la distillation. Comme cette huile abonde dans la nature, où elle forme de vastes nappes souterraines (par ex. sur les bords de la Caspienne et surtout en

Amérique), elle fournit un éclairage économique ; elle sert aussi à chauffer des machines à vapeur. Les huiles de pétrole forment trois catégories : les huiles très volatiles, qui sont fort dangereuses, à cause de la facilité avec laquelle elles s'enflamment et font même explosion ; les huiles dites lampantes, qui sont plus ou moins inflammables et dangereuses selon leur préparation ; les huiles lourdes, qui ne sont pas dangereuses, mais qui répandent, en se consumant, beaucoup d'odeur et de fumée.

Graisse. — On donne le nom de graisse, de suif, d'huile aux divers corps gras qui se trouvent dans les tissus des animaux et des végétaux. Insolubles ou à peu près dans l'eau, les corps gras sont solubles dans l'éther et l'alcool; ils brûlent avec une grande flamme et donnent du noir de fumée. Les corps gras peuvent être saponifiés, c'est-à-dire convertis en savons, par les alcalis. La graisse, en particulier, forme le tissu adipeux des animaux : on la trouve principalement sous la peau, à la surface des muscles, autour des reins, auprès du cœur et des intestins. Chezles végétaux, elle se rencontre surtout dans la graine et parfois dans le fruit. Les graisses sont utilisées pour la cuisine (saindoux), où elles sont employées concurremment avec le beurre et l'huile ; on en fait des bougies, des savons et des pommades ; elles servent aussi à graisser les essieux, etc. Les corps gras produisent sur les étoffes des taches, qu'on enlève au moyen de la benzine, de l'alcali volatil, de l'éther.

Cire. — La cire est une matière grasse sécrétée par les abeilles et par quelques insectes de la même famille. On obtient la cire brute, en exprimant les rayons pour en séparer le miel ; on la fait fondre ensuite dans l'eau bouillante et on la coule dans des vases de bois ou de terre. La cire sert à fabriquer des cierges, des bougies. La facilité avec laquelle elle reçoit toutes les formes, fait que les sculpteurs l'emploient pour le modelage (v. ce ropl astique) et qu'on s'en sert pour fabriquer une foule d'objets tels que fleurs artificielles, pièces anatomiques. On emploie les cires les plus grossières pour frotter les appartements. Beaucoup de substances analogues à la cire sont fournies par le règne végétal : elles sont employées pour l'éclairage. Quant à la cire d' Espagne ou cire à cacheter, c'est un mélange de substances résineuses qu'on façonne en bâton et qui sert à cacheter les lettres. On en fabrique de diverses couleurs : rouge, noire, verte, etc.

Albumine. — Cet élément important des corps organisés, jouit de la propriété de se coaguler par la chaleur. Le blanc de l'œuf, le sérum du sang sont constitués presque entièrement par l'albumine. On la trouve aussi dans la matière nerveuse, dans l'humeur vitrée de l'œil, dans les liquides séreux, et, chez les végétaux, dans le suc des légumes, des raves, des choux-fleurs, dans les noix et les amandes. L'albumine résulte d'une combinaison de carbone, d hydrogène, d'azote et d'oxygène, avec un peu de soufre et de phosphore. Les albumines diffèrent de propriétés, selon leur provenance. On se sert de l'albumine pour coller les vins, clarifier les sucres, blanchir certaines pâtes, recoller la porcelaine et le verre. On l'emploie en médecine contre les empoisonnements par les sels minéraux.

Musc — Le musc est employé comme parfum et aussi comme médicament énergique contre certaines maladies nerveuses : il est excitant et antispasmodique. On le tire non seulement du chevrotain dit porte-musc, mais encore du pécari et de quelques autres mammifères étrangers. Certains animaux de nos pays, comme le blaireau, la fouine, le rat musqué, exhalent une odeur de musc. Cette substance a ses analogues dans la civette, l'ambre gris, le castoréum. On remarque aussi le principe du musc dans quelques végétaux. On est parvenu

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