‹ Dictionnaire universel de la pensée (volume 2)Chapitre 540 sur 686 · LIVRE XVI : DES ACCIDENTS DE LA MATIERE · texte numérisé non relu

LIVRE XVI : DES ACCIDENTS DE LA MATIERE

même lieu sans se confondre ; car cette unité de lieu et d'accident n'entraînerait point la confusion des substances. On ne voit pas non plus pourquoi un même corps ne pourrait pas être, absolument parlant, en plusieurs lieux, sinon d'une manière locale, en appliquant ses dimensions à celles du lieu (circumscriptive, disent les scolastiques), du moins par sa substance (définitive), qui de sa nature n'est limitée par aucun lieu et peut entrer en relation avec tous. Et si l'on nous objecte qu'un corps ne peut exister hors de lui-même, nous répondrons qu'il n'est pas hors de sa propre essence, et qu'elle est dans différents lieux sans être emprisonnée par aucun. Au reste, il y a seulement trois manières naturelles d'occuper un lieu. La première appartient aux corps, la seconde aux esprits, et la troisième à Dieu. Et d'abord les corps occupent le lieu d'une manière circonscrite, c'est-à-dire qu'en se fixant dans un lieu qui les mesure, ils s'interdisent par là même d'en occuper un autre : ainsi le veut l'ordre naturel, et le miracle seul peut contraindre la nature d'accorder plus d'une place à un même corps. La seconde manière d'occuper un lieu appartient aux esprits, qui sont présents dans un ou plusieurs endroits déterminés en y exerçant leur influence. Dieu seul possède l'espace d'une manière absolue ; car tout ce qui existe et l'espace luimême, qui n'est, au fond, que la quantité accumulée des corps, ne subsistent que parce qu'il les a produits et les conserve positivement. Il est partout par son essence, par sa présence et par sa puissance : il peut tout, il voit tout, il vit et agit partout.

Densité. — On dit qu'un corps est plus dense qu'un autre, lorsque, sous un même volume, il offre un poids plus considérable. Ainsi le mercure est plus dense que l'eau, qui est elle-même plus dense que le liège. Les physiciens se sont appliqués à dresser la liste générale de tous les corps connus, renfermant leurs poids spécifiques., c'est-à-dire le poids de l'unité de volume. Pour les solides et les liquides ils ont employé diverses méthodes, dites du flacon, des aéromètres et de la balance hi/rfrostatique. La première est la plus simple. Le terme de comparaison pour les solides et les liquides est l'eau pure prise à 4°, c'est-à-dire à son maximum de densité; pour les gaz, c'est l'air. Il est à remarquer que la densité des corps solides ne peut servir à les caractériser rigoureusement ; car cette densité varie avec les échantillons d'une même substance. Ainsi quatre échantillons d'or fondu provenant d'un même creuset ont donné : 19,2778 ; 19,2917 ; 19,2730; 19,2853.

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