PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE
été en usage de tous temps chez les anciens, et ce n'était souvent qu'une immense clameur.
Odeur. — On a essayé d'expliquer les odeurs au moyen de deux hypothèses. D'après la première, les odeurs proviendraient de l'émission par les corps odorants de particules extrêmement ténues, qui viendraient s'appliquer sur la membrane pituitaire. D'après la seconde, les odeurs s'expliqueraient, comme le son, par de véritables ondulations de l'éther, que les corps odorants auraient la propriété de faire vibrer. Et peut-être que ces deux hypothèses, loin de s'exclure, peuvent être apportées simultanément. On a proposé plusieurs classifications des odeurs ; mais aucune n'est satisfaisante. Car il ne suffit point, par exemple, de dire, avec Haller, que les odeurs sont désagréables ou agréables ou indifférentes. Qui ne voit que ces caractères sont trop relatifs aux personnes, et que la même odeur, en devenant plus ou moins intense, peut devenir agréable ou désagréable, alors qu'elle ne l'était point. La classification de ILinné est plus objective sans être plus justifiée d'ailleurs. Il les ramenait à 7 types : odeurs aromatiques (oeillet), fragrantes (lis, jasmin), ambrosiaques (musc), alliacées (ail, assa), fétides (bouc, valériane), vireuses (œillet d'Inde), nauséeuses (courge). Certaines fleurs odoriférantes peuvent produire des maux de tète et même des syncopes, tant elles agissent follement sur l'odorat, et par l'odorat, sur tout le système nerveux. On s'explique de la même manière l'action excitante et réconfortante d'autres odeurs, comme celle du vinaigre, de l'éther.
Parfum. — Les fleurs, les huiles essentielles extraites des plantes, les résines, certains produits animaux, comme le musc et l'ambre gris, sont les principes de presque tous les parfums. Ceux-ci sont tantôt employés tels que la nature les donne et tantôt composés. Les uns sont secs, friables, et plusieurs doivent être même consumés pour exhaler toute leur bonne odeur ; d'autres sont liquides : ainsi les essences extraites des plantes. L'usage des parfums remonte à la plus haute antiquité. Les Perses et surtout les Romains en abusèrent singulièrement, à l'époque de leur décadence. Les parfums, en particulier l'encens, étaient employés dans les cérémonies du culte ; et l'on a toujours cru, chez les païens comme chez les chrétiens, que la divinité bienfaisante et la sainteté se manifestaient souvent en répandant une bonne odeur. De là l'expression chrétienne, justifiée par nombre de faits indéniables : « mourir en odeur de sainteté ».
Saveur. — C'est une propriété que révèlent certains corps, quand ils sont soumis à l'organe du goût. On ne saurait donc définir la saveur, non plus que l'odeur, la couleur, etc., comme de simples impressions de nos organes. On distingue les saveurs douces, amères, acides, piquantes, etc. Le plus souvent les saveurs sont associées à des odeurs. Et puis, à cause de l'analogie, on exprime les qualités qui affectent un sens par les qualités qui en affectent un autre, et les sensations d'un organe par les sensations d'un autre organe. C'est ainsi que le son est qualifié de doux ou de dur ; la saveur est dite piquante, brûlante, etc. Certaines qualités, comme la douceur et la suavité, paraissent même répondre également à divers sens : le goût, le toucher, l'odorat. La nature des saveurs ne nous est pas plus connue que celle des odeurs. On constate seulement que l'organe du goût (les différentes parties de la langue) agit par le contact immédiat avec l'objet, qui doit être plus ou moins dissous par la salive ; il faut, en outre, que la température soit moyenne, ni trop froide ni trop chaude. On sait, par exemple, que les boissons tièdes excitent des nausées, et que le vin trop frais ne peut être convenablement dégusté.
Ductilité, malléabilité — La ductilité
(propriété qu'ont certains corps de pouvoir être tirés en fils plus ou moins ténus), et la malléabilité (propriété qui fait qu'un corps peut être aplati sous le marteau en lame plus ou moins mince) sont des qualités qui s'accompagnent d'ordinaire. Cependant elles peuvent coexister dans une mesure très inégale. La malléabilité peut même exister sans la ductilité, car celle-ci suppose une certaine ténacité, qui n'est point nécessaire à la malléabilité. Ainsi le plomb, qui est très malléable, n'est pas ductile. Les métaux les plus ductiles sont : l'or, l'argent, le platine, l'aluminium, le fer. le nickel, le cuivre. Parmi les corps les plus ductiles citons aussi le verre fondu, qui se file avec une extrême facilité.
Elasticité. — Les liquides et les gaz sont parfaitement élastiques ; mais les premiers sont très peu compressibles, tandis que les seconds le sont beaucoup. Parmi les solides, le caoutchouc est renommé pour son élasticité, et cette propriété fait qu'on l'emploie à une foule d'usages (balles pour jeux, garniture de bicyclettes, liens élastiques, etc.). L'ivoire est remarquable aussi par son élasticité (billes de billard). Le métal le plus élastique est l'acier trempé, dont on fait d'excellents ressorts. Si les corps rebondissent, sans en excepter les plus durs (fer, marbre, silex), c'est grâce àleur élasticité.
Ténacité. — Cette propriété, en vertu de laquelle les corps résistent, sans se rompre, à des tractions plus ou moins fortes, est remarquable surtout dans quelques métaux. Un fil de fer de 2 millimètres de diamètre peut soutenir un poids de 200 à 250 kilogr. ; un fil de cuivre ne soutiendrait pas plus de 137 kilogr. ; un fil de platine, 125 kilogr. ; d'argent, 85; d'or, 68 ; de zinc, 50.
Chaleur. — La chaleur est opposée au froid, qui n'est que la disparition ou plutôt la rareté du calorique. On peut distinguer une chaleur rayonnante et une chaleur latente. La première s'échange entre les corps et tend à établir l'uniformité de température. La seconde n'est pas sensible au thermomètre ; elle ne devient rayonnante que lorsque les corps passent d'un état à l'autre en se transformant. Ainsi l'eau froide contient une chaleur que l'on ne sent pas, mais qu'elle dégage en devenant glace, et qu'elle reprendra en se liquéfiant. D'autre part, elle ne se vaporise qu'en absorbant une quantité considérable de calorique. Pour vaporiser un seul litre d'eau, il faut autant de calorique que pour élever six litres de la température 0° à 100°. Toutes les compositions chimiques, toutes les transformations des corps sont accompagnées de dégagement ou d'absorption de chaleur, et Dieu seul sait bien ce que peut devenir la matière et toute la quantité de chaleur dont elle est dépositaire. Certains corps sont très conductibles de la chaleur : ainsi les métaux, le marbre, le verre ; d'autres, au contraire, sont mauvais conducteurs : ainsi le bois, la laine, le foin, la paille, le coton. On se sert de ces derniers pour se protéger contre la chaleur et contre le froid, contre toutes les variations brusques de température.
Froid. — On croyait autrefois que le froid était causé par un fluide spécial, le frùjorique ; mais on admet aujourd'hui que le froid n'est qu'une diminution de chaleur. En général, le froid augmente à mesure qu'on s'éloigne de l'équateur ou qu'on s'élève dans l'atmosphère. En moyenne, le thermomètre baisse d'un degré par 180 mètres d'élévation ; ce qui explique qu'il y ait des neiges éternelles sur les hautes montagnes des zones tempérées et même de la zone tropicale. On produit artificiellement des froids bien supérieurs à ceux qu'offre la nature, du moins à la surface de la terre. On se sert du froid, naturel ou artificiel, pour conserver les viandes, pour produire des anesthésies locales, etc. Certains gaz liquéfiés, en revenant subitement à leur premier état, produisent des froids