PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE
n'y a de réel que le présent. L'éternité, qui est réelle, actuelle par essence, est donc toujours présente, sans que le passé ni l'avenir lui soient étrangers. L'éternité embrasse tous les temps, en sorte que Dieu, qui est l'Eternel, assiste à tous les faits passés et à tous les événements futurs. Quelle objection peut-on faire dès lors contre sa providence et sa prescience, qui ne soit résolue de quelque manière sans avoir recours à ces systèmes compliqués, qui reculent peut-être le mystère sans l'éclaircir davantage? Le mystère est impénétrable, et il vaut mieux peut-être l'accepter dès le premier pas. Libre à nous ensuite, pour nous exprimer d'une manière conforme à notre nature, de parler de Dieu comme s'il était un homme, de parler de son éternité comme si elle n'était que le temps continué indéfiniment vers les origines et vers la fin. Mais, en réalité, l'éternité n'est pas un temps qui n'a pas eu de commencement et qui n'aura pas de fin ; car rien ne manque à l'éternité, elle existe tout entière et ne comporte pas la distinction de premier et de second.
Epoque. — La détermination des époques a son importance non seulement en histoire, mais encore en géologie En histoire, les grandes époques sont marquées par les grands événements, tels que la création, le déluge, la vocation d'Abraham, la délivrance des Hébreux de la servitude d'Egypte, la naissance de J.-C, l'invasion des barbares, la prise de Constantinople, la découverte de l'Amérique, etc. Les époques les plus anciennes ne peuvent être déterminées d'une manière précise : ainsi la création et le déluge. Les époques géologiques, qui rentrent tout à fait dans les temps préhistoriques, sont plus indéterminées encore. Ce sont les périodes do temps pendant lesquelles ont été déposés les divers étages formant les terrains de sédiment, t'es périodes ont leurs analogues dans les six jours de la création. Le septième s'ouvre avec la création de l'homme et durera jusqu'à la fin du monde.
Ère. — En histoire, les ères les plus importantes instituées avant la naissance de J.-C. sont : l'ère de la fondation de Rome (753 av. J.-C.) ; l'ère des Séleueides (312), très usitée en Orient et aujourd'hui encore parmi les Nestoriens ; l'ère julienne, qui date de la réforme du calendrier par ordre de Jules César (45). Ajoutons-y les Olympiades, dont la lre remontait à l'an 776. Parmi les ères instituées après J.-C, il faut signaler les ères mondaines, c'est-à-dire les ères de la création évaluées de diverses manières. On en compte trois : la première introduite par Eusèbe de Césarée ; la seconde, par Jules l'Africain ; la troisième, par Théophile d'Antioche et dite de Constantinople : elle fixe la création à 5509 av. J.-C. et a été usitée en Russie jusqu'à Pierre le Grand. L'ère chrétienne fut instituée au VIe siècle, à Rome, par Denys le Petit. Enfin, parmi les ères postérieures à la naissance de J.-C, citons : l'ère de la Passion (32 ou 33) ; l'ère de Dioclétien, instituée en mémoire des persécutions (284) et usitée encore chez les Coptes ; l'ère des Arméniens (553), marquée par la séparation des Eglises d'Arménie et de Constantinople ; l'hégire, usitée chez les mahométans (622) ; l'ère de la Révolution française (1792). — En géologie, les ères marquent les trois ou quatre grandes phases de l'histoire de la terre ; elles coïncident avec la formation des terrains (v. ce mot) "primaire, secondaire, tertiaire, quaternaire.
Date. — Les dates, en histoire, ont la même importance que la chronologie. Sous le titre de : Art de vérifier les dates, les bénédictins français du XVIIIe siècle ont élevé l'un des plus beaux monuments historiques. — En droit, la date est nécessaire pour la validité des actes authentiques : elle doit être écrite en toutes lettres. Dans certains actes publics, l'antidate peut constituer un crime de faux.
Age. — Les poètes, à la. suite d'Hésiode, ont distingué 4 âges dans l'histoire de l'humanité : l'âge d'or (réminiscence peut-être de l'état heureux de nos premiers parents avant leur chute), Yâge d'argent, l'âge d'airain, Yâge de fer. D'après cette conception, l'histoire de l'humanité ne serait guère que l'histoire d'une décadence. Mais, depuis l'apparition de J.-C, on peut dire que l'humanité marche vers un nouvel âge d'or, à mesure que la civilisation chrétienne se répand davantage et se lait mieux sentir. Les archéologues, de leur côté, ont essayé de diviser les temps préhistoriques en différents âges : âge de la pierre (qui se subdivise en âge de la pierre taillée et âge de la pierre polie) ; âge du bronze ; âge du fer. Mais ces divisions n'ont qu'une valeur relative et ne peuvent s'appliquer qu'à certaines contrées dont l'histoire est récente ou peu ancienne.
Période. — Comme l'âge, la période se dit d'un espace de temps. En astronomie, la période c'est le temps mis par une planète pour accomplir sa révolution : ainsi la période lunaire est d'un peu plus de '^7 jours; la période terrestre, c'est l'année ; la période de Saturne est de 30 ans ; celle de Neptune, de 165. En géologie, les périodes répondent aux espaces de temps pendant lesquels se sont formées des couches représentant tout un système de terrains ; souvent aussi la période est synonyme d'ère. Enfin, on appelle, en particulier, période glaciaire une partie de la période quaternaire, pendant laquelle auraient existé d'immenses glaciers, couvrant une grande partie des continents, et dont l'action expliquerait les dépôts quaternaires des Alpes, des Pyrénées, de l'Europe et de l'Amérique septentrionale.
Siècle. Cycle. — Les Romains comptaient par siècles les longs espaces de temps, et nous les avons imités. Le mot de siècle ne désigne pas seulement une série exacte de 100 ans, comptés à partir d'une ère donnée, mais il s'applique aussi à toute période historique équivalente à un siècle et illustrée par le règne ou les actions d'un grand homme : ainsi le siècle de Pèrir/ès, le siècle de Louis XIV. Outre la période séculaire, les Romains avaient, pour évaluer des séries plus ou moins considérables, le lustre (5 ans) et plusieurs des cycles astronomiques usités déjà chez les Grecs et chez d'autres peuples. L'un des plus remarquables est le cycle lunaire, comprenant 235 lunaisons, soit 19 ans exactement, après lesquels le soleil et la lune sont dans les mêmes points du ciel par rapport à la terre. Découvert par Méton en 432 av. J.-C, ce cycle fut accueilli avec enthousiasme par les Grecs, qui inscrivirent en lettres d'or dans les temples le numéro d'ordre de chaque année du cycle : de là le nombre d'or. Le cycle lunaire actuel finira le 1er janvier 1900. Le cycle solaire est une période de 28 années, au bout desquelles l'année recommence par les mêmes jours. Le cycle solaire multiplié par le cycle lunaire donne le cycle pascal (532 années), attribué à Denys le Petit et à Victorius, et à la fin duquel la fête de Pâques revient à la même date.
Année, calendrier. — Le temps mesure les actions de l'homme, les événements de ce monde, la prospérité et le malheur publics. Nous vivons en société, et sans cesse il faut comparer nos actes à ceux d'autrui, nos paroles à celles que nous entendons. Serions-nous seuls, qu'il faudrait encore comparer nos actes d'aujourd'hui à ceux d'hier, ceux que nous entreprenons à ceux que nous venons d'achever. Il faut donc une mesure, qui relie entre elles toutes les actions humaines, et établisse les proportions et l'harmonie. Il faut des mesures pour les longueurs, les surfaces, les volumes,, les valeurs, etc. : à plus forte raison en faut-il pour le temps. Cette dernière est particulièrement impor-