PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE
Aaron était le frère aîné de Moïse, qu'il seconda par son éloquence. Ensemble ils confondirent les magiciens de Pharaon. Au pied du Sinaï, pendant que Moïse était sur la montagne, il eut la faiblesse de céder au peuple et d'élever le veau d'or, souvenir sans doute du bœuf Apis, adoré par les Egyptiens.
11 mérita son pardon par sa douceur et sa soumission, mais il n'entra point dans la Terre promise. Le sacerdoce fut dévolu à ses descendants.
Jéthro était prince ou prêtre de Madian. 11 accueillit Moïse et lui donna en mariage sa fille Séphora. Lorsqu'il apprit que les Hébreux étaient sortis heureusement d'Egypte, il amena à Moïse Séphora et ses deux enfants et offrit avec lui des sacrifices d'action de grâces. Ce fut sur son conseil que Moïse se fit seconder par un grand nombre de magistrats de divers degrés, qui administrèrent ensuite le peuple sous sa direction (Exode, XVIII).
Job. — Ce personnage biblique, si célèbre par sa patience, est regardé par plusieurs comme l'un des contemporains de Moïse; mais d'autres le font vivre beaucoup plus tard. Il habitait la terre de Hus, en Arabie. Il se vit en un jour dépouillé de tous ses biens et privé de ses dix enfants. Frappé, en outre, d'une affreuse maladie, blâmé par ses amis et moqué de sa femme, il ne blasphéma point, mais bénit la main de Dieu, qui l'humiliait et qui ensuite le récompensa. Le chant de sa douleur et de sa foi est l'un des plus beaux qu'il soit possible d'entendre.
Balaam — Ce devin fut mandé par le roi des Mohabites, Balac, pour maudire les Israélites, qui étaient sur le point d'envahir ses Etats. Pendant que, monté sur son ânesse, il se rendait auprès du roi, un ange armé d'une épée nue barra le chemin à l'ânesse, tout en restant invisible à Balaam, qui se mit à frapper sa monture. Celle-ci, douée tout à coup de la parole, lui reprocha sa cruauté. On fait souvent allusion à ce trait. L'ange ordonna alors au devin de ne pas maudire le peuple de Dieu, mais de le bénir ; ce que Balaam fit par trois fois (Nombres, XXII et suiv.), en termes magnifiques. La prophétie de Balaam est l'une des plus remarquables.
Rahab. — Cette femme de Jéricho cacha chez elle les émissaires que Josué avait envoyés pour explorer le pays. Sa maison fut épargnée à la prise de la ville, comme on le lui avait promis. Elle épousa ensuite un prince de Juda, Salmon, et fut mère de Booz.
Josué succéda à Moïse dans le commandement et conquit la Terre promise, qu'il partagea entre les
12 tribus d'Israël. L'histoire de cette conquête, marquée par plus d'un miracle, est racontée au livre de Josué. Les Israélites passèrent le Jourdain à pied sec, s'emparèrent de Jéricho, dont les murs s'écroulèrent au son des trompettes, vainquirent à Gabaon les rois amorrhéens. Ce fut dans cette circonstance que Josué commanda au soleil de suspendre sa course, pour lui laisser le temps d'achever la victoire.
Caleb, de la tribu de Juda, fut le seul, avec Josué, de tous les Israélites sortis d'Egypte, auquel il fut donné d'entrer dans la Terre promise. Avec Josué encore, il avait été l'un des premiers explorateurs envoyés par Moïse pour reconnaître le pays de Chanaan . A la conquête, il eut en partage Hébron.
Juges. — On donne ce nom à des magistrats, ou plutôt à des chefs temporaires, qui gouvernèrent les tribus israélites, depuis la conquête de la Terre promise jusqu'à l'institution de la royauté. L'état politique du peuple de Dieu, pendant cet intervalle considérable de temps, était comme intermédiaire entre le régime patriarcal et la monarchie. Les Juges furent suscités principalement pour délivrer leur peuple de différentes servitudes, dans lesquelles il tombait par suite de ses désordres et de ses infidé-
lités à la loi de Dieu. Citons, parmi les principaux : Otlioniel, qui secoua le joug de Chusan, roi de Mésopotamie, et gouverna pendant 40 ans (1554- 1514) ; Aod ou Ahod, qui secoua le joug des Moabites, dont il poignarda le roi Eglon ( 1 496- 1416); Dèbora, prophétesse, qui gouverna pendant 40 ans (1396-1356). Avec le général Barac, elle vainquit, près du Thabor, le roi des Chananéens, Jabin (1392). On lui doit le beau cantique de victoire qui porte son nom et que nous a conservé la Bible {Juges, V).
Gédéon, juge d'Israël (1349-1309), secoua le joug des Madianites. Avec 300 braves guerriers seulement, auxquels il donna des trompettes et des flambeaux cachés dans des vases de terre, il surprit l'armée ennemie pendant la nuit et y jeta la panique. Il refusa la royauté que lui offrirent les Hébreux. Son fils fut plus ambitieux.
Abimélech. — Ce fils de Gédéon, qu'il ne iaut pas confondre avec un roi de Gérar (Philistins) et son fils, contemporains d'Abraham et d'Isaac, fit massacrer ses frères, au nombre de 70, et gouverna Israël pendant 3 ans. Chassé de Sichem, à cause de sa cruauté, il reprit cette ville et la détruisit. Il fut tué au siège de Thèbes, près de Sichem, par un éclat de meule de moulin, que lui lança une femme.
Jephté, de Galaad, fut chassé de la maison paternelle par ses frères, à cause de sa naissance illégitime ; il se réfugia au pays de Tob, où il devint le chef d'une troupe d'aventuriers et se signala par sa valeur. Par lui les Hébreux furent délivrés du joug des Ammonites. Par suite d'un vœu imprudent, il immola sa fille, ou plutôt il consacra sa virginité au Seigneur. Jephté gouverna Israël de 1243 à 1237. On fait souvent allusion à son vœu imprudent et au sacrifice de sa fille, qui rappelle celui d'Iphigénie, chez les Grecs.
Samson. — Consacré au Seigneur par sa mère et élevé dans une stricte sobriété, Samson fut doué d'une force miraculeuse. Sa force était dans sa chevelure, qu'il avait juré de ne jamais couper. Jeune encore, il terrassait un lion. Dans une circonstance, il assomma mille Philistins avec une mâchoire d'âne. Longtemps il fut le fléau de ces ennemis d'Israël. Enfermé un jour à Gaza, où l'on croyait le tenir, il emporta sur ses épaules les portes de la ville. Trahi par la Philistine Dalila, qu'il courtisait et qui lui coupa les cheveux pendant son sommeil, il fut pris par les Philistins, qui lui crevèrent les yeux. Mais un jour qu'il assistait à une de leurs fêtes, dans le temple de Dagon, où ils l'avaient amené pour leur servir de bouffon, il ébranla une des colonnes et s'ensevelit avec eux sous les ruines. Samson fut juge d'Israël pendant une vingtaine d'années, jusque vers 1152.
Héli fut à la fois juge et grand prêtre d'Israël (1152-1112). Il succéda à Samson et eut pour successeur le prophète Samuel. Faible de caractère, il ne sut pas réprimer les abus de pouvoir commis par ses deux fils, Ophni et Phinéès. Ceux-ci furent battus et tués par les Philistins, qui s'emparèrent en même temps de l'arche d'alliance. En apprenant cette nouvelle, Héli tomba à la renverse et mourut de sa chute.
Samuel, de la tribu de Lévi, eut pour mère Anna, qui obtint sa naissance par d'ardentes prières, et le voua au Seigneur. Samuel fut élevé dans le Tabernacle, auprès d'Héli, et reçut bientôt le don de prophétie. Devenu juge d'Israël en 1092, il délivra son peuple du joug des Philistins ; mais les Israélites n'en demandèrent pas moins un roi. Après leur avoir représenté inutilement les inconvénients de la monarchie, Samuel consentit néanmoins à procéder à l'élection d'un roi et consacra Saiil (1080). Celui-ci ayant voulu empiéter sur les droits du grand prêtre, Samuel consacra secrètement un nouveau roi, de la tribu de Juda, David. Samuel
HISTOIRE
mourut en 1040. On lui attribue le livre des Juges, celui de Ruth et les premiers chapitres du Ier livre des Rois.
Saùl, 1" roi des Israélites, était de la tribu de Benjamin. Son règne, qui dura 40 ans (1080-1040), fut d'abord glorieux. Les Ammonites, les Philistins, les Amalécites furent vaincus. Mais Saùl, ayant épargné Agag, roi des Amalécites, et mécontenté Samuel, fut rejeté et tomba dans une noire mélancolie. David la dissipait en jouant de la harpe. Saùl tenta plusieurs fois de tuer ce jeune héros, dont il était jaloux et qui dut s'enfuir. Saùl fut finalement battu par les Philistins à Gelboé, et il se perça de son épée plutôt que de tomber vivant entre les mains de l'ennemi. Trois jours avant la bataille, il avait consulté la pythonisse d'Endor et fait évoquer l'ombre de Samuel, qui lui prédit son malheureux sort.
Jonathas, fils de Saùl et vaillant guerrier, voua à David la plus fidèle et la plus généreuse des amitiés. Il avertit David des projets homicides qui le menaçaient et le pressa de fuir ; mais il ne réussit point à apaiser la haine de son père. Il périt à Gelboé. David le pleura et composa un hymne en son honneur.
Booz était un riche habitant de Bethléem, dans la tribu de Juda. Il épousa la Moabite Ruth, qui avait épousé en premières noces Mahalon, jeune Israélite de la famille de Booz, émigré dans la terre de Moab, avec Noémi sa mère. Après la mort de Mahalon, Noémi voulut rentrer au pays de ses pères, et Ruth demanda avec instance de ne point la quitter. Sur les conseils de sa belle-mère, elle alla glaner dans le champ de Booz, qui la remarqua. Cette histoire patriarcale et poétique fait l'objet du livre de Ruth. Booz fut le père d'Obed et l'aïeul d'Isaï ou Jessé.
Isaï ou Jessé était le père de nombreux enfants, dont David était le 8e et le moins remarqué, lorsque Samuel vint à Bethléhem pour sacrer secrètement le nouveau roi d'Israël. Jessé amena sucessivement devant le prophète son fils aîné et les suivants, dans lesquels Samuel ne reconnut point l'élu du Seigneur. David, qu'on oubliait et qui était occupé à garder les troupeaux, fut enfin amené, reconnu comme l'élu de Dieu et sacré. La tige ou l'arbre de Jessé, d'où sortirent une lignée de rois et de reines, surtout Jésus avec Marie, a été souvent traitée par les artistes du moyen âge. Le prophète devait dire un peu plus tard : « Il sortira un rejeton de la tige de Jessé, et une fleur naîtra de sa racine... » {haïe XI, 1).
David, roi prophète, fut sacré secrètement par Samuel, alors qu'il n'avait que 15 ans, et se signala bientôt, en tuant dans un combat singulier le géant Goliath, qui défiait Israël. Il s'illustra encore par d'autres exploits, mais dut fuir la présence de Saùl et se réfugier à l'étranger, où il commanda une troupe de partisans. A la mort de Saùl, il fut reconnu roi de Juda, à Hébron, puis, 7 ans après, lorsqu'Isboseth eut été assassiné, il rallia à lui toutes les tribus d'Israël. David prit Jérusalem, dont il fit sa capitale, et fit de grandes conquêtes. Mais il ternit sa gloire par le meurtre d'Urie et l'adultère. Il dut réprimer la révolte d'Absalon, dont il déplora néanmoins la mort. Il mourut en 1001 ou 1016, laissant le trône à Salomon. On lui attribua les Psaumes, ou du moins la meilleure part d'entre eux. Ces chefs-d'oeuvre de poésie lyrique contiennent des vues prophétiques et expriment d'admirables sentiments de piété et de pénitence.
Hiram. — C'est le nom d'un roi de Tyr qui fit alliance avec David et Salomon. Il fournit à ce dernier l'or, l'argent, les bois de cèdre nécessaires à la construction du Temple. Un arcliitectetyrien, nommé Hiram, dirigea également les travaux. D'après une tradition, il fut assassiné par les ouvriers ; et ce
meurtre est le sujet d'une allégorie, dans les rites de la maçonnerie, qui fait remonter son origine jusqu'à cette époque. On connaît encore deux rois de Tyr du nom d'Hiram : Hiram II paya tribut àTéglathphalazar; Hiram III paya tribut à Amasis.
Absalon. — Ce fils de David assassina, dans un festin, son frère Amnon, parce qu'il avait insulté leur sœur Thamar. Pardonné par David, il conspira contre lui et se révolta. Mais il fut vaincu, bien que la nation presque entière eût pris parti pour lui et que son père eût été obligé de quitter Jérusalem. Pendant qu'il fuyait sur une mule, à travers la forêt d'Ephraïm, sa chevelure s'embarrassa dans les branches d un arbre et il resta suspendu. Joab le tua, malgré les ordres de David (vers 1030).
Joab. — David avait organisé une armée permanente, à laquelle il dut ses succès militaires et, en particulier, sa victoire sur Absalon révolté. L'un des chefs de cette armée, où brillaient beaucoup de héros, qui s'étaient signalés par de hauts faits, était Joab, neveu de David par sa mère. Il anéantit le parti d'Isboseth, défit les Jébuséens, mais fit assassiner Abner, vaillant général, dont il craignait la rivalité. A la mort de David, il prit parti pour Adonias contre Salomon, qui le fit mourir à Gabaon .
Salomon. — Ce fils de David et de Bethsabée, après avoir triomphé de l'opposition d' Adonias et fait périr Joab et Séméi, eut le règne le plus glorieux et le plus pacifique (1001 ou 1016 — 962?). Il bâtit le temple, dont la construction dura 7 ans, avec une magnificence qui est restée proverbiale. Sa domination s'étendit depuis l'Euphrate jusqu'à l'Egypte ; il acquit le port d'Asiongaber, sur la mer Rouge et, aidé par les Tyriens, il dirigea vers les contrées lointaines des expéditions, qui lui rapportaient de l'or, de l'ivoire, des bois précieux, des parfums et autres produits rares. Attirée par sa renommée universelle de justice et de sagesse, la reine de Saba vint le visiter et l'entendre. Malheureusement Salomon ternit la fin de son règne par des faiblesses criminelles ; il épousa des femmes étrangères, qui introduisirent à Jérusalem le culte des idoles. Il écrivit, paraît-il, sur toutes les connaissances de son temps. On lui attribue les Proverbes, le Cantique des cantiques, Y Ecclèsiaste ; plusieurs lui attribuent aussi la Sagesse et quelques psaumes.
Roboam (962-946) succéda à Salomon, son père, prit conseil des jeunes princes qui avaient été élevés avec lui, au lieu d'écouter les vieillards, refusa d'entendre les doléances du peuple écrasé d'impôts et vit se consommer le schisme des dix tribus d'Israël. Sous son règne, souillé de crimes, Jérusalem fut prise et pillée par Sésac, roi d'Egypte (946).
Jéroboam, l'auteurprincipal du schisme des dix tribus, avait d'abord été au service de Salomon, qui remarqua son intelligence. Mais il dut fuir en Egypte et tenta dès lors de se venger. Elu roi d'Israël par les dix tribus (962-94°), il s'établit à Sichem, et éleva à Béthel et à Dan deux veaux d'or, pour empêcher son peuple d'aller adorer à Jérusalem.
Royaume de Juda. — Ce royaume, formé principalement des tribus de Juda et de Benjamin, avait pour capitale Jérusalem. Beaucoup moins étendu que celui d'Israël, il l'égalait ou à peu près en population. Les deux royaumes ne cessèrent, pour ainsi dire, de s'affaiblir par des guerres fratricides et furent finalement la proie de l'étranger. Les rois de Juda furent les suivants : Roboam, Abia, Asa, Josaphat, Joram, Ochosias, Athalie, Joas, Amasias, Osias, Joathan, Acliaz, Ezéchias, Manassès, Amon, •losias, Joachaz, Joachim ou Eliacim, Jéchonias, Sédécias, qui fut emmené en captivité (587) par Nabuchodonosor, roi de Babylone.