PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE
Royaume d'Israël. — Ce royaume dura moins que celui de Juda et fut souillé par de plus grands désordres. Les rois d'Israël furent les suivants : Jéroboam I, Nadab, Baasa, Ela, Zamri, Amri, Achab, Ochosias, Joram, Jéhu, Joachaz, Joas, Jéroboam II, après lequel il y eut un interrègne de 10 ans (776-767), Zacharie, Sellum, Manahem, Phacéïa, Phacée, Osée, qui fut emmené en captivité par Salmanasar avec tout son peuple (718).
Josaphat fut l'un des meilleurs rois de Juda (904-880). Les Philistins et les Arabes lui payèrent tribut. Dieu le protégea contre les Ammonites et les Moabites. Mais l'Ecriture lui reproche de s'être allié avec le roi impie d'Israël, Achab, contre le roi de Syrie, et d'avoir marié son fils Joram à Athalie.
Athalie était fille d'Achab et de Jézabel ; elle épousa Joram, roi de Juda, et succéda à Ochosias, son fils, après avoir fait périr tous les princes enfants de ce roi. Un seul, Joas, fut sauvé et élevé secrètement dans le Temple par le grand prêtre Joad, qui le fit proclamer roi la septième année du règne d'Athalie. Cette reine impie fut massacrée par le peuple, et les autels de Baal qu'elle avait relevés furent renversés (870). Ces événements font l'objet d'une des plus belles tragédies de Racine.
Joas, roi de Juda, fut sauvé par sa tante Josabeth, femme du grand prêtre Joad ou Joïada. Après la mort de son bienfaiteur, il fit périr Zacharie, fils de Joad. Il fut puni de ses crimes par une invasion d'Hazaël, roi de Syrie, qui pilla les trésors du Temple. Joas fut égorgé par ses propres serviteurs.
Ezéchias, roi de Juda (723-694) succéda à son père Achaz, mais n'imita point son impiété. Il rétablit le culte du vrai Dieu et abattit même le serpent d'airain élevé par Moïse, parce qu'il était devenu un objet d'idolâtrie. Il vainquit les Philistins et fut délivré miraculeusement de l'armée commandée par Sennachérib, roi d'Assyrie. 11 obtint aussi sa guérison d'une maladie mortelle, en 707, et composa un cantique d'action de grâces, que nous a conservé son contemporain le prophète Isaïe.
Manassès succéda à son père Ezéchias, n'ayant encore que 12 ans. Il releva les autels de Baal et fit périr des innocents, entre autres le prophète Isaïe, qui le menaçait des châtiments de Dieu. Après 22 ans de ce règne impie, il fut vaincu par Assar-Haddon, roi d'Assyrie, qui l'emmena en captivité. Le malhenr lui ouvrit les yeux et, de retour à Jérusalem, il s'appliqua jusqu'à sa mort (640) à réparer ses crimes.
Josias, roi de Juda (639-609 ou 608) succéda, à l'âge de Sans, à son frère Amon. Il régna sagement et fit réparer le Temple. Ce fut sous son règne que le grand prêtre Helcias retrouva l'original du livre de la loi laissé par Moïse. Josias périt à Mageddo, dans une bataille livrée contre Néchao, roi d'Egypte. Jérémie composa un cantique sur sa mort.
Captivité de Babylone. — La captivité de Babylone, prédite et pleurée par Jérémie, était proche. Joachaz, fils et successeur de Josias, régna au détriment de son frère aîné Joachim. Il fut dét rôné, après 3 mois, par Néchao, et alla mourir en Egypte. Joachim ou Eliacim, mis sur le trône par Néehao, persécuta Jérémie, qui lui prédisait les plus grands malheurs, et tomba sous la domination de Nabuchodonosor II, roi de Babylone (606). C'est de cette époque qu'on fait dater la captivité de 70 ans. Jéchonias, fils et successeur de Joachim 597), ne régna que 3 mois et fut emmené captif à Babylone. Sédécias, son oncle, qui fut mis sur le trône par Nabuchodonosor II, méprisa les avertissements de Jérémie, se révolta, fut assiégé et pris dans Jérusalem. Le vainqueur lui fit crever les yeux et l'emmena en captivité, avec le reste de la nation.
Judith était la veuve d'un riche citoyen de Béthulic, ville de la tribu de Zabulon, qui fut assiégée par Holôpherne, général du roi d'Assyrie.
La ville n'était pas secourue et allait être prise, quand Judith se rendit au camp ennemi avec une de ses servantes, fut accueillie sans défiance par Holôpherne et lui trancha la tête, qu'elle rapporta à Béthulie. Cet événement est raconté dans le livre de Judith. Il dut s'accomplir sous le règne de Manassès.
Amri, roi impie d'Israël (918-907), était d'abord général du roi Ela. Ayant appris que ce prince venait d'être assassiné par Zamri, qui s'était emparé du trône, il marcha contre l'usurpateur et le força de se brûler dans son palais, avec tous les siens. Il eut à lutter encore et pendant quatre ans, contre un autre rival. Ce fut lui qui bâtit Samarie, dont il fit la capitale du royaume. Son fils Achab lui succéda.
Achab, roi impie d'Israël (907-898) épousa Jézabel, fille d'un roi de Sidon. A l'instigation de sa femme, il éleva des autels à Baal et n'écouta point le prophète Elie. Avec sa femme encore, il fit périr le juste Naboth, qui refusait de vendre sa vigne convoitée par la reine pour l'agrandissement du jardin royal. Achab périt dans une bataille livrée contre le roi de Syrie ; les chiens léchèrent son sang.
Jéhu était un officier de Joram, roi d'Israël. Il fut sacré roi par Elisée (876), extermina la maison d'Achab, s'empara du trône et régna 28 ans. Joram, Ochosias, les prêtres de Baal furent tués. Jézabel fut jetée par une fenêtre de son palais et les chiens la dévorèrent. Jéhu finit par abandonner lui aussi le culte du vrai Dieu et vit ses Etats ravagés par le roi de Syrie Hazaël.
Joachaz, roi d'Israël (848-832), fils et successeur de Jéhu, imita d'abord les mauvais exemples de son père et fut vaincu par le roi de Syrie. Mais le malheur lui ouvrit les yeux, et son fils put rétablir les affaires d'Israël.
Joas, etc. — Joas, roi d'Israël (832-817), fils et successeur de Joachaz, vainquit plusieurs fois Bénadad, roi de Syrie ; il défit égalementJAmasias, roi de Juda et s'empara même de Jérusalem. Son fils, Jéroboam II (817 776), reprit Damas sur les rois de Syrie, mais montra de l'indifférence religieuse. Zacharie, son fils, fut impie ; il ne régna que 6 mois et fut assassiné par Sellum, qui lui-même fut tué bientôt après par Manahem, l'un des plus mauvais rois d'Israël. Le royaume allait à sa ruine. Phacéïa, fils et successeur de Manahem, ne régna qu'un an et fut assassiné par un de ses généraux, Phacée, qui régna assez longtemps (753-726), mais dut payer tribut au roi d'Assyrie, Salmanazar. Il fut tué et remplacé par Osée, qui [refusa de payer le tribut et fut emmené en captivité avec son peuple (718).
Prophètes : Elie, etc. — L'histoire du peuple de Dieu est essentiellement religieuse. Elle est incompréhensible si l'on ne connaît, en particulier, le rôle des prophètes. Parmi ceux-ci, il en est qui n'ont pas laissé d'écrits : ainsi Elie, Elisée. Parmi les autres, se distinguent d'abord le 4 grands prophètes, dont les écrits sont assez étendus : Isaïe, Jérémie, auquel on joint Baruch, son disciple, Ezéchiel et Daniel. Viennent ensuite les 12 petits prophètes : Osée, Joël, Amos, Abdias, Michée, Jonas, Nahum, Habacuc, Sophonie, Aggée, Zacharie, Malachie. Le prophète Elie est le plus ancien et il appartient en quelque sorte aux deux testaments, puisqu'il fut ravi au ciel et que, selon une tradition, il doit reparaître et mourir avant la fin du monde, pour rendre témoignage à J.-C. Il était de la tribu de Lévi et naquit à Thesbé, en Galaad ; il vécut au temps des rois Achab et Josaphat, vers 900. Il combattit, avec un zèle infatigable, le culte des fausses divinités, provoqua les prêtres de Baal, qui furent vaincus et massacrés par le peuple. Poursuivi par Achab et Jézabel, il se réfugia dans le désert d'Horeb, où il fut nourri miraculeusement.
HISTOIRE
Après le meurtre de Naboth, il prédit à Achab les malheurs qui allaient fondre sur lui. Il avait prédit auparavant une sécheresse, qui dura trois ans et prit fin à sa prière II ressuscita le fils d'une veuve de Sarepta. Son histoire est racontée au IIIe livre des Roi*. Les Carmes, qui eurent leur berceau au Carmel, le regardent comme le premier fondateur de leur ordre. L'Evangile nous apprend qu'il apparut avec Moïse, au Thabor, lors de la transfiguration de N.-S.
Elisée, disciple d'Elie, conduisait la charrue, quand il fut appelé par le prophète ; il n'hésita pas à le suivre et hérita de son esprit prophétique et du même don des miracles. Il passa le Jourdain à pied sec sur le manteau d'Elie, prédit à Josaphat, roi de Juda, et à Joram, roi d'Israël, leur victoire sur les Moabites, multiplia l'huile d'une pauvre veuve, ressuscita le fils de la femme de Sunam, guérit la lèpre de Naaman, général syrien, etc. Il mourut à Samarie, vers 830
Isaïe était fils d'Amos et neveu d'Amasias, roi de Juda. Il prophétisa sous Joathan, Achaz et Ezéchias ; il fut mis à mort par l'impie Manassès, qui le fit scier en deux, vers 694. On pense qu'il avait alors plus de cent ans. Isaïe est le plus éloquent des prophètes ; il a parlé en termes admirables du Messie, de sa passion et de son Eglise. On admire aussi son Cantique sur la ruina de Babylone.
Jérémie prophétisa sous Josias et ses successeurs ; il prédit la ruine de Jérusalem et la captivité de Babylone Ses conseils de soumission et ses avertissements le rendirent odieux à ses compatriotes, que flattaient de faux prophètes. Il voulait rester et pleurer sur les ruines de Jérusalem ; mais des Juifs l'emmenèrent avec eux en Egypte. On ne connaît ni le lieu ni le temps de sa mort. On cite surtout ses Lamentations, où il déplore, en termes pathétiques, le sort de sa patrie.
Ezéchiel, de la tribu de Lévi, fut emmené en captivité avec Jéchonias, roi de Juda. Il prédit la fin de la captivité, le rétablissement du temple, le règne du Messie, la vocation des Gentils, etc. Ses prophéties étincellent de beautés ; mais les allégories dont il les enveloppe les rendent parfois obscures.
Daniel était de la race royale. Il fut emmené en captivité, vers 606, étant encore fort jeune, et fut choisi avec d'autres enfants distingués de sa nation pour être élevé à la cour de Nabuchodonosor. Il y observa fidèlement la loi de Dieu et obtint un grand crédit auprès de ce prince, en lui expliquant certains songes prophétiques. Il découvrit l'innocence de Suzanne et confondit les vieillards criminels qui l'accusaient ; il expliqua à Balthazar le sens des mots tracés miraculeusement par la main d'un personnage invisible sur les murs de la salle du festin ; il sortit sain et sauf de la fosse aux lions, où il avait été jeté pour avoir refusé d'adorer la statue du roi. Dans ses prophéties il annonce la venue du Messie, après 70 semaines d'années, et prédit les révolutions des quatre grands empires : assyrien, perse, grec et romain, représentés par la fameuse statue d'or, d'argent, d'airain et d'argile.
Zorobabel ou Seroubabel, prince juif de la maison de David, obtint de Cyrus la permission de ramener en Judée ses compatriotes captifs à Babylone (536). Avec le secours du grand prêtre" Jésus, il rebâtit le temple, en dépit des peuples voisins, et en particulier des Samaritains.
Jésus. — Ce nom a été porté par le premier grand prêtre, après le retour de la captivité (535- 516). Un autre Jésus, fils de Sirach, fiorissait sous le pontificat de Simon I (303-284). Il était célèbre par sa sagesse et on lui attribue V Ecclésiastique.
Esdras. — Ce docteur juif, de la tribu de Lévi, obtint du roi de Perse, auquel il se rendit agréable, la permission de rapatrier encore un grand nombre
de ses compatriotes (vers 458). Il fit la dédicace du nouveau temple et rétablit le culte dans sa pureté. Il réunit en un même corps les livres canoniques, les expurgea, en donna de savantes interprétations et mérita le titre de Prince des docteurs de la loi. Il y ajouta les deux livres qui portent son nom et dont le second est appelé aussi livre de Nèhèmie. On lui attribue encore les Paralipomènes et les deux derniers livres des Rois.
Néhémie fut échanson d'Artaxerxès Longue- Main, roi de Perse, et obtint de ce prince la permission de rebâtir les murs de Jérusalem (vers 445). Il accomplit cette entreprise, malgré les ennemis de sa nation, et gouverna avec sagesse jusqu'à sa mort (424).
Onias. — Ce nom a été porté par quatre grands prêtres des Juifs : Onias I (371-300); Onias II (241-220), petit-fils du précédent : il se signala par son avarice; Onias III (200 etsuiv.), qui gouverna avec sagesse, mais fut déposé par Antiochus Epiphane, qui lui substitua ses frères, d'abord Jason, puis Ménélas. Onias fut assassiné (168), sur l'ordre de ce dernier. Onias IV, fils du précédent, obtint de Ptolémée IV et de Cléopâtre de bâtir un temple juif en Egypte, au nord d'Héliopolis, et d'y vivre en souverain. Il fut défait par Physcon et mis à mort. Autour du temple juif, s'éleva la ville à'Onion.
Jaddus était grand prêtre des Juifs, lorsque Alexandre passa en Judée pour descendre en Egypte. Il refusa des vivres et des secours au conquérant. Celui-ci marcha contre Jérusalem ; mais, à la vue du grand prêtre, qui alla solennellement audevant de lui avec ses lévites, il lui rendit hommage, déclarant qu'il reconnaissait en lui le personnage qui lui avait apparu en songe et lui avait promis l'empire de l'Asie.
Les Septante. — C'est le nom qu'on donne aux 70 ou plutôt aux 72 membres du sanhédrin juif d'Egypte, qui furent chargés par Ptolémée Philadelphe de traduire la Bible en grec. On pense aujourd'hui que la traduction grecque de la Bible aurait été commencée bien plus tôt et que les Lagides ne furent pour rien dans cette grande entreprise, due au besoin qu'avaient les Juifs hellénistes d'avoir un texte grec authentique du Pentateuque, pour le lire dans leurs synagogues.
Les Maccabées : Judas, etc. — Cette famille de héros, de la race sacerdotale, affranchit les Juifs du joug tyrannique des rois grecs de Syrie. Matathias s'insurgea contre les ordres d'Antiochus Epiphane, qui avait ordonné de sacrifier aux idoles ; il se mit à la tète de ses concitoyens, chassa les Syriens et releva les autels du vrai Dieu. Il mourut en 166, laissant 5 fils : Judas, Simon, Jonathas, Jean et Eléazar. Judas vainquit plusieurs généraux d'Antiochus Epiphane, qui mourut d'une chute de cheval, en marchant lui-même contre les Juifs. Il périt dans un combat, accablé par le nombre (161). Jonathas continua ses exploits et fut tué en trahison par Tryphon (143). Simon rit reconnaître l'indépendance de la Judée par Démétrius Nicator. Il fut assassiné par Ptolémée, son gendre. Son fils régna après lui sous le nom de Jean Hyrcan.
Les 7 frères Maccabées. — Cette autre famille de héros souffrit le martyre sous Antiochus Epiphane (168), parce qu'elle refusait de manger des viandes consacrées aux idoles. La mère, avec un courage surhumain, encouragea ses enfants à supporter 1rs tourments et mourut elle-même, après le plus jeune d'entre eux, auquel elle venait d'adresser une exhortation sublime.
Hyrcan I ou Jean Hyrcan succéda à son père Simon Maccabée ; il soutint la secte des Saducéens contre celle des Pharisiens, subjugua les Iduméens, prit Samarie (136-107). — Hyrcan II, grand prêtre et roi des Juifs (79-40), était fils d'Alexandre