PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE
ciel « tous les attributs que des doctrines spiritualistes donnent à Dieu. »
Confucius recueillit et revit les King, livres sacrés de la Chine. Ils comprennent le Y-King, dit aussi Livre des transformations, le Chi-King (Livre des vers) et le Chou-King (Livre des annales). Après de long voyages et beaucoup de vicissitudes, Confucius retourna dans sa province pour y instruire à fond ses disciples. Il composa alors le Printemps et V Automne, ouvrage historique. Les autres livres qu'on lui attribue sont de ses disciples ; ce sont : La Grande Etude ; l'Invariabilité dans le milieu; les Entretiens philosophiques. Ces trois livres avec celui de Mengtseu, disciple de Confucius, forment les quatre livres clussiques de la Chine, le code moral et politique universellement respecté et confié à la mémoire de tous ceux qui étudient.
Lao-tseu. — La doctrine de ce philosophe chinois tranche sur celle de tous ses prédécesseurs ; ce qui a induit à croire qu'il l'a empruntée à l'Asie occidentale. Il naquit vers 604 av. J.-C, dans le royaume de Tchéou, 53 ans avant Confucius. D'après des récits qui paraissent fondés, il voyagea beaucoup. La légende représente « le Vieux philosophe », monté sur un bœuf noir et s'éloignant vers le couchant. Il est certain que la Chine a connu le chemin de l'Occident dès la plus haute antiquité. Abel de Uémusata donc pu penser que Lao-lseu avait connu la doctrine des Hébreux ; on a supposé aussi qu'il avait rencontré Bouddha. Quoi qu'il en soit, il paraît avoir obéi au même sentiment qui portait les Thaïes, les Pythagore, les Platon à sortir de leur pays [jour chercher la vérité.
Dans le Tao-te-King (Livre de la raison suprême et de la vertu), Lao-tseu distingue l'être absolu, illimité, indistinct, impérissable, de l'être phénoménal, limité, distinct, périssable, qui compose ce monde. Au premier il donne le nom de Tao (voie, raison, logos, première cause), mais il distingue imparfaitement ce premier principe d'avec ses effets. Lao-tseu ne donne pas de nom propre personnel à la divinité, afin de ne pas la borner: de là, en partic, la forme panthéistique que revêt sa doctrine. Parmi les attributs divins, il signale l'éternité, l'immutabilité, surtout l'unité et la raison. Selon Abel de Rémusat, Lao-tseu aurait eu quelque connaissance de la Trinité divine : « Lao-tseu, ditil dans sa Notice sur ce philosophe, donne à son être trine qui a formé l'univers un nom hébreu à peine altéré, le nom même qui désigne dans nos livres saints celui qui a été, qui est et qui sera, Jehowah (J. H W.) ». Mais des orientalistes plus récents, comme Mgr de Harlez, ont nié que Laotseu ait parlé si nettement de Dieu et surtout de la Trinité.
Les idées de Lao-tseu sur la nature de l'homme et sur la morale sont analogues à celles des stoïciens. L'âme humaine est-elle immortelle en ce sens qu'elle retourne tôt ou tard à son premier principe, pour se confondre avec lui, ou bien subsistera-t-elle à jamais? Lao-tseu ne le dit pas. Il réduit presque toute sa morale au fameux dogme du non-agir, sur lequel ses sectateurs ont fondé un ascétisme déraisonnable. En politique, il préconise, comme Confucius, le bien-être et la tranquillité du peuple ; mais il veut que le peuple soit laissé sans instruction, pour qu'il échappe ainsi aux désirs inquiets, inassouvis, et aux troubles qui en sont la suite. On voit que si la métaphysique de Lao-tseu est audacieuse, sa morale, par contre, est trop timide et insuffisante. Pas plus que celle de Confucius, son école, dite des taoïstes, n'a pu défendre la Chine du bouddhisme, de mille pratiques superstitieuses, et d'une sorte de matérialisme pratique, relevé cependant par le culte des ancêtres. Au reste, il ne faut pas oublier que les doctrines des anciens phi-
losophes de la Chine et de Lao-tseu en particulier, nous sont trop peu accessibles encore, pour que nous puissions nous flatter de connaître clairement 1 histoire de la pensée philosophique et religieuse de ce peuple mystérieux.
(Inde.)
Manou. — Ce personnage légendaire de l'Inde est donné comme le fils de Brahma lui-même et le père du genre humain. Les hommes sont appelés les fils de Manou. (manoudjas). On lui attribue les lois de Manou, code rédigé en vers sanscrits et divisé en 12 livres. Il y est traité : de la création ; des devoirs des chefs de famille, des devoirs des brahmanes, des rois, des guerriers, etc. ; de la transmigration des âmes (v. les travaux des indianistes et autres orientalistes: Em. Senart, Mgr de Harlez, etc.).
Rama. — La légende de ce prince indien, regardé comme la 7e incarnation de Vichnou, est racontée dans le Ramayana (Course de Rama), poème sanscrit composé par Valmiki. Rama était fils d'un roi d'Aoude ; il se signala par ses exploits et par sa piété. Il dut faire la guerre aussi à un roi de Ceylan, Ràvana, qui lui avait enlevé son épouse, Sità, et le tua dans un combat singulier.
Krichna est donné par la mythologie indienne comme la 8e incarnation de Vichnou. Il soutint les Pandous contre les Kourous. Sa légende rappelle un peu celle de l'Hercule grec. Ses exploits sont racontés dans le Bhagavata-Pourana, attribué à Vopadéva, poète des plus anciens.
Valmiki passe pour le poète hindou le plus ancien et Ion recule l'époque de sa vie jusqu'au XVe siècle av. J.-C. Mais l'histoire de l'Inde est dépourvue, pour ainsi dire, de toute chronologie. Il est l'auteur d'un poème épique et national de très longue haleine, le Ramayana, qui rappelle à certains égards, l'Iliade d'Homère, mais qui pêche par bien des exagérations.
Vyasa. — Cenoinqui signifie le compilateur, est celui d'un anachorète indien qui vivait peut-être au temps d'Homère. A la fois théologien, poète et philosophe, il recueillit les Vèdas ou livres sacrés des Hindous, rédigea les 18 Pouranas. et composa le Mahâbhârata, poème où est racontée la lutte des Pandous et des Kourous. On attribue aussi à Vyasa une philosophie, \evodanta, qui aboutit au nirvana, à une sorte d'idéalisme panthéistique. Le mot védanta signifie fin ou but du Vëda.
Kapila. — Sur l'histoire de ce philosophe hindou, nous n'avons guère que des fables : tantôt il nous est donné comme le fils de Brahma et l'un des grands saints Crishis) des Pouranas ; tantôt comme une incarnation de Vichnou ou d'Agni (le feu) ; tantôt comme le petit-fils de Manou. Son système est dit le sankhya (nombre, calcul, raisonnement, raison) ; c'est le plus affranchi de l'autorité des Védas et comme le rationalisme indien. Kapila déclare, en effet, que la philosophie est le seul moyen d'arriver à l'affranchissement du corps et à la béatitude. Bouddha, dont le système a de l'affinité avec le sankhya, part du même principe.
Patandjali. — Ce philosophe, surnommé le Platon indien, est l'auteur d'un système célèbre dans l'histoire de l'Inde : c'est le sankhya ou le yoga de Patandjali, qui aboutit à un mysticisme effréné et à des superstitions extravagantes.
Gotama. — Ce philosophe indien, auteur d'une philosophie dite le nyaya, ne nous est connu lui aussi que par la légende. Elle en fait l'un des 12 saints (7'ishis) ou patriarches dont descendent toutes les familles brahmaniques. Le Ramayana et les Pouranas le font naître sur l'Himalaya. Après avoir vécu longtemps en ascète, il épousa une des filles de Brahma, qu'il répudia ensuite, parce qu'elle s'était laissée séduire par Indra. Il revint et passa le reste de sa vie dans les montagnes où il était né ;
HISTOIRE
en mourant, il légua à ses disciples, qui les commentèrent, ses axiomes philosophiques. Le mot de nyayct, qui désigne son système, signifie conduite de l'esprit, méthode de raisonnement. Lenyaya, en effet, n'est guère qu'une logique. Elle nous rappelle celle d'Aristote, mais elle n'a point le même mérite.
Kanada. — Ce philosophe, dont la vie ne nous est pas mieux connue que celle de ses émules, est l'auteur d'une philosophie connue sous le nom de vaisêshika (le mot d'où dérive celui-ci signifie différence), qui est une sorte d'atomisme, analogue à celui de beaucoup de philosophes grecs.
Djaimi i. — Ce personnage, légendaire comme les précédents, serait l'auteur d'une philosophie, la niimansa, qui prétend n'être qu'une interprétation des Védas. Elle est renfermée dans 2.652 aphorismes, divisés en 12 lectures, où sont traitées 915 questions ou cas de conscience.
Bouddha ou Çakya-Mouni. — Mais un personnage bien plus célèbre que les précédents est le fondateur du bouddhisme, qui prit naissance dans l'Inde, où il combattit le brahmanisme, vers le VIe siècle avant J.-C. Malgré d'immenses succès au dehors, le bouddhisme finit par succomber dans l'Inde même, d'où il fut à peu près banni, vers le XIVe siècle. Son auteur s'appelait d'abord Siddârtha ; il était de la caste des kchatryas ou guerriers et fils du roi de Kapilavastu, de la famille des Çakyas. On raconte que la vue des maux innombrables dont souffre l'humanité (il vit successivement un vieillard, un infirme et un mort), excita chez lui une si vive pitié qu'il ne songea plus qu'à y remédier. A cet effet, il se voua, vers l'âge de vingt-neuf ans, à la vie solitaire ; il devint mouni : de là le nom de Çàkya-mouni ou solitaire des Çâkyas. Le nom de Bouddha sous lequel on le désigne communément signifie l'intelligent, l'éclairé, le sage. Tout plein de la doctrine qu'il avait mûrie dans la solitude, Çâkya-mouni s'attacha à la répandre et à se concilier des disciples. Nous avons vu ailleurs (v. bouddhisme) en quoi elle consistait et comment elle impliquait la transmigration des âmes et finalement le nirvana. D'après la légende, Bouddha prolongea ses prédications pendant 45 ans, et poussa jusqu'à Ceylan. Sa vie se place entre 558 et 478 av. J.-C. (V. Oldenberg, le Bouddha, etc., 1894.)
Calanus — Nom d'un gymnosophiste ou sage de l'Inde, qui consentit à suivre Alexandre; il fit admirer son austérité et son courage stoïque de tous les Macédoniens. Parvenu à une extrême vieillesse, et voulant échapper aux derniers liens qui le retenaient, il annonça qu'il mettrait fin à sa vie en se brûlant sur un bûcher; ce qui fut fait avec beaucoup de pompe devant toute l'armée. Calanus mourut, dit-on, avec un courage qui ne se démentit pas, il montra jusqu'à la fin la plus parfaite insensibilité. Alexandre ne put supporter jusqu'au bout ce spectacle, dont l'armée se consola par une orgie. (Assyrie. Ch aidée. Syrie. Médie. Perse. Lydie).
Bélus. — Ce nom, équivalent de Baal et de Bilov, qui signifient Seigneur, a été donné à plusieurs rois légendaires. Le 1er aurait délivré la Chaldée du joug des Arabes et régné sur l'Assyrie; son fils Ninus l'aurait fait diviniser. Un autre Bélus aurait régné en Phénicie, vers 1500 av. J.-C; il aurait été père d'Egyptus, de Danaùs et de Céphée.
Ninus. — Ce roi fabuleux succéda à Bélus, son père, régna sur Babylone et Ninive, soumit l'Arménie, s'empara de Bactres avec l'aide de Sémiramis, qu'il épousa. Il régna 52 ans et donna son nom à Ninive.
Sémiramis, autre souverain légendaire, aurait succédé à Ninus, dont elle avait abrégé les jours. Elle agrandit Babylone, éleva des quais couverts de magnifiquesjardins (jardins suspendus), entoura la ville de murailles, sur lesquelles deux chars pou-
vaient passer de front, etc.; elle soumit l'Arabie, l'Egypte, etc., mais échoua dans une expédition contre l'Inde. — Ninus II ou Ninyas, son fils, lui succéda et peut-être la fit périr, après un règne de 42 ans. Sémiramis fut adorée sous la forme d'une colombe.
Sardanapale. — Nous ne sortons pas de la légende, avec Sardanapale, bien que les événements qui marquent sa vie soient plus ou moins historiques. Il fut le dernier roi de la lre dynastie et vécut, comme ses prédécesseurs, dans le luxe et la mollesse. Assiégé dans Ninive par les princes révoltés, il fit élever un grand bûcher, dans une cour de son palais, et s'y jeta avec ses trésors et ses femmes (759). Après sa mort, la Mèdie, Babylone et Ninive formèrent trois royaumes indépendants.
Salmanasar. — C'est le nom de 4 rois d'Assyrie. Le 1er régna glorieusement vers 1800 ans av. J.-C. Le 2e fut un roi conquérant (860-824). Le 3e fit quelques campagnes contre Damas et le Liban (782-772). Le 4e, fils et successeur de Téglath- Phalasar II, conquit le royaume d'Israël et mit le siège devant Samarie (727-722).
Téglath Phalasar. — C'est le nom de deux rois d'Assyrie. Le 1er fut un grand conquérant, qui Mûrissait au XIIe siècle av. J.-C. : il vainquit les Arméniens, les Hittites et fit payer tribut à la Phénicie. Le 2e (745-727) releva l'empire assyrien déchu, soumit les Hittites, prit Damas, conquit une partie du royaume d'Israël et se fit proclamer roi à Babylone, sous le nom de Phul.
Sargon. — C'est le nom de deux rois, dont le premier appartient plus à la légende qu'à l'histoire. Il aurait vécu 3,800 ans av. J.-C. Exposé sur l'Euphrate, il fut recueilli par un jardinier. Devenu roi, il vainquit les Elamites et poussa ses conquêtes jusqu'à la Méditerranée. On lui doit un recueil astronomique dont il reste encore des fragments. — Le 2e, Sargon II, roi d'Assyrie, succéda à Salmanasar, prit Samarie, mit fin au royaume d'Israël et emmena les Juifs en captivité (7^2). Il vainquit, à Raphia, Sabacon, roi d'Ethiopie et d'Egypte. Il conquit également la Chaldée et fut proclamé roi de Babylone (710). Il périt assassiné dans son palais de Khorsabad (705) et fut remplacé par son fils Sennachérib.
Sennachérib, roi d'Assyrie (705-680) vainquit le roi de Babylone, Mérodach-Baladan, puis les Egyptiens, alliés avec Ezëchias, roi de Juda; mais son armée fut arrêtée miraculeusement (v. E^échias eiSéthos). Il prit de nouveau Babylone révoltée, en 688. Il périt assassiné par deux de ses fils.
Assar-Haddon,déjà intronisé roi de Babylone par son père Sennachérib (688), lui succéda sur le trône d'Assyrie (680). Il réprima plusieurs révoltes, mit à sac la ville de Sidon, dont il remplaça les habitants par des colons de la Susiane, pénétra en Egypte, en 672, prit Memphis, et soumit le pays à la suzeraineté de Ninive. Mais la révolte avait déjà éclaté, quand il mourut en 667.
Assourbanipal 667-625), son fils, lui succéda, sur le trône d'Assyrie, puis sur le trône de Babylone, qu'il arracha à son frère, Saosduchée (647). Il porta à son apogée la puissance assyrienne, qui déclina rapidement sous ses successeurs. Ninive fut assiégée et prise par les Mèdes et les Babyloniens réunis (608) ; elle fut détruite de fond en comble et, moins de deux siècles après, on ne connaissait plus même son emplacement.
(Chaldée).
Nabonassar fut roi de Babylone de 747 à 7:54 av. J.-C. Il n'est connu que par l'ère qui porte son nom et qu'a suivie Ptolémée. Elle a son point de départ le 26 févr. 747. Bien longtemps avant Nabonassar et après lui, Babylone, capitale de la Chaldée, fut en lutte contre Ninive, capitale de l'Assyrie, pour défendre son indépendance.