PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE
ARTICLES ENCYCLOPÉDIQUES
Janus. — C'est le nom d'un ancien roi du Latiuru, qui vint s'établir sur le Janicule. D'après la fable, il aurait donné asile à Saturne chassé du ciel. On le représentait avec 2 faces, l'une regardant en arrière, c'est-à-dire le passé, et l'autre regardant en avant, c'est-à-dire l'avenir. A Rome, les portes de son temple étaient ouvertes pendant la guerre et fermées pendant la paix. Elles ne furent fermées que deux fois avant Auguste : l'une sous Numa; l'autre, après la lre guerre punique. Janus ouvrait l'année et il donna ainsi son nom au mois de janvier (v. sur l'histoire romaine, Duruy, Hist. des Romains ; Daremberg et Saglio, Dictionnaire des antiquités grecques et romaines).
Romulus. — D'après la légende, Romulus fut le fondateur et le premier roi de Rome. Il était né, avec son frère jumeau Rémus, de la vestale Rhéa Sylvia, fille de Numitor, roi d'Albe. Amulius, frère de Numitor, fit exposer les deux jumeaux sur le Tibre, après avoir fait enterrer leur mère toute vive. Le neuve laissa à sec les enfants, qui furent allaités par une louve, puis recueillis et élevés par un berger du roi. Devenus grands et instruits du secret de leur naissance, ils tuèrent Amulius, qui avait détrôné Numitor, et rétablirent celui-ci ; puis ils fondèrent Rome (753). On raconte que Romulus tua Rémus pour avoir franchi par dérision le sillon qui marquait l'enceinte de la ville. La nouvelle ville fut l'asile des vagabonds et des fugitifs, qui enlevèrent les Sabines pour se procurer des épouses (749). Les guerres qui suivirent agrandirent le pouvoir de Rome. Les Sabins de Cures; avec leur roi Tatius s'unirent aux Romains (745) et leurs deux rois régnèrent conjointement. Mais Romulus régna seul un peu plus tard (739). Il disparut, diton, dans un orage (vers 715), et fut déifié sous le nom de Quirinus. On le regarda comme fils de Mars. Son existence même a été contestée.
Numa PomjAlius, sabin de naissance, avait 40 ans et avait vécu dans la solitude, lorsqu'il fut appelé à régner (714-671). Rome lui dut la plupart de ses institutions II fonda des temples, créa les Saliens, chargés de la garde du bouclier sacré ou ancile, les vestales, les flamines, les féciaux, les pontifes, assigna 12 mois à l'année, qui n'en avait que 10 auparavant, répartit le peuple en différentes classes, tout en unissant étroitement les Sabins et les Romains. On le regardait comme inspiré par la nymphe Egérie, qu'il allait consulter dans un bois voisin. On l'a regardé aussi comme un disciple de Pythagore. Longtemps après sa mort, on découvrit, dit-on, son tombeau et l'on y trouva des manuscrits grecs, qui furent brûlés comme dangereux. De nos jours on a nié même l'existence de Numa, qui ne serait qu'un mythe, la législation romaine personnifiée.
Tullus Hostilius. — Sous le règne de ce 3me roi légendaire de Rome (671-641), eut lieu le fameux combat des Horaces et des Curiaces. Albe fut vaincue et plus tard détruite, après la trahison de Métius Suffétius. Tullus Hostilius soumit aussi les Fidénates, les Véiens, etc. Il fut foudroyé, diton, par Jupiter, pour avoir omis quelque cérémonie dans un sacrifice.
Horaces et Curiaces. — Dans la querelle des Romains et des Albains, il fut convenu que le sort des deux peuples serait confié aux trois frères Horaces, pour les Romains, et aux trois frères Curiaces, pour les Albains. Les six champions entrèrent donc en lice, devant les deux peuples. Au premier choc, deux Horaces tombèrent, frappés mortellement ; mais les trois Curiaces furent blessés. Celui des Horaces qui était resté debout feignit
alors de fuir, afin de diviser ses ennemis, qui se mirent à le poursuivre plus ou moins rapidement, selon que leurs blessures le leur permettaient. Mais bientôt Horace, faisant volte-face, les abattit successivement. Pendant que Rome célébrait sa victoire, sa sœur Camille déplorait la mort de l'un des Curiaces, qui était son fiancé : Horace indigné l'égorgea comme celui qu'elle pleurait. Condamné à mort pour ce crime, il en appela au peuple, qui fit grâce. Cette légende a fourni à Corneille le sujet de l'une de ses plus belles tragédies.
Ancus Martius, 4e roi de Rome (641-617), était petit-fils de Numa. Il battit les peuples voisins et recula jusqu'à la mer les limites de ses Etats. Il fit entrer l'Aventin et le Janicule dans l'enceinte de Rome, construisit le pont Sublicius, le grand aqueduc Aqua Marcia et creusa le port d'Ostie.
Tarquin I Y Ancien, 5e roi de Rome (615-578) plus ou moins légendaire comme les précédents, aurait été le fils d'un exilé corinthien, Démarate, qui était venu s'établir à Tarquinies. Il épousa Tanaquil, qui le décida à venir se fixer à Rome, vers 627 ; il fut bien accueilli, et le roi Ancus Martius le nomma, en mourant, tuteur de ses deux fils en bas âge. Mais les curies proclamèrent roi Tarquin lui-même. Il agrandit les Etats romains et soumit toute l'Etrurie, après neuf ans de guerres, embellit la ville de Rome, entreprit de bâtir le Capitule et construisit la Cloaca maxima. Le nombre des sénateurs fut élevé de 150 à 300, et celui des chevaliers également doublé, pendant que la population ne cessait de s'accroître. Tarquin fut assassiné par les fils d'Ancus Martius, mais remplacé par son gendre Servius Tullius.
Servius Tullius, 6e roi de Rome (578-534), était, d'après Tite-Live, fils d'une esclave : d'où son nom de Servius. D'autres l'ont regardé comme un Etrusque, peut-être chef d'aventuriers, qui s'établit aux environs de Rome et se fit agréer de Tarquin et de Tanaquil, dont il épousa la fille. A la mort de Tarquin, Tanaquil le fit proclamer roi. Il agrandit Rome et l'entoura d'un mur de 12 kilomètres, qui comprenait, outre les collines déjà occupées, le Viminal, l'Esquilin et le Quirinal. Il divisa le peuple en classes, d'après la fortune et non d'après la naissance. Les classes étaient divisées en centuries, qui avaient chacune une voix, dans les votes publics. Or la lre classe, la plus riche, comptait à elle seule 98 centuries, tandis que les autres classes réunies n'en comptaient que 95, en sorte que la majorité appartenait toujours à la 1" classe. On raconte que Servius fut assassiné par son gendre, Tarquin le Superbe, qui avait épousé Tullie. Celle-ci s'associa au crime de Tarquin ; elle fit passer son char sur le cadavre de son père, dans la voie appelée depuis lors Scélérate.
Tarquin II, dit le Superbe, fut le dernier roi de Rome (534-509). Soutenu, sans doute, par les nobles, que le gouvernement de Servius Tullius avait irrités, il assassina son beau-père et lui succéda sans aucune élection régulière. Son règne fut tyrannique ; il se montra habile politique et vaillant général. Il réunit les villes latines dans une fédération, dont Rome fut la capitale. 11 acheva le Capitule et y déposa les livres sybillins. Lorsque le crime de son fils Sextus eut fait proclamer la république et abolir la royauté, il organisa contre Rome, avec les peuples voisins et rivaux, plusieurs conspirations, mais toujours inutilement.
Sextus Tarquin, fils aîné du précédent, s'empara par ruse de la ville de Gabies, que son père n'avait pu forcer. On raconte que lorsqu'il gouvernait cette ville, il envoya demander conseil à son père,
HISTOIRE
qui se contenta, pour toute réponse au messager, d'abattre devant lui les tètes les plus élevées des pavots de son jardin. Sextus comprit et se débarrassa des principaux habitants. Mais l'attentat qu'il commit contre Lucrèce souleva Rome contre la royauté. Chassé avec son père, il combattit contre les Romains et fut tué au lac Régille (496).
Lucrèce, femme de Tarquin Collatin, fut outragée par Sextus Tarquin et se tua sous les yeux de son mari, de son père, de Brutus et de quelques amis, en leur demandant vengeance (509). Ce crime du fils du roi et cet acte de désespoir firent abolir la royauté et proclamer la république.
Tarquin Collatin était neveu de Tarquin et mari de Lucrèce. Il possédait, dit-on, de grands biens à Collatie; ce qui lui valut son surnom. D'abord nommé consul avec Brutus, après l'expulsion du roi, il fut soupçonné ensuite à cause de sa parenté avec Tarquin, et dut quitter Rome.
Brutus. — Junius Brutus, patricien romain, fils de Junius et de Tarquinia. une des filles de Tarquin l'Ancien, fut le véritable fondateur de la république. Il contrefit l'insensé pour n'être pas assassiné comme son père et son frère par Tarquin le Superbe; de là son surnom de Brutus. Après le suicide de Lucrèce, il leva le masque, prit la tête de l'insurrection et chassa la famille royale. Nommé consul avec Collatin, puis avec Valérius Publicola, il distribua au peuple les domaines royaux, rétablit les lois de Servius, étouffa les conspirations et repoussa les attaques des ennemis suscités par les Tarquins. Ses propres fils ayant conspiré pour les Tarquins, il les fit exécuter. Il périt, dit-on, dans un combat singulier avec un fils de Tarquin, Aruns, qui lui-même fut frappé mortellement (508).
Porsenna, roi de Clusium, en Etrurie, fit la guerre aux Romains pour rétablir les Tarquins (508) . Selon la tradition romaine, il aurait été arrêté par les actes héroïques de Mucius Scsevola, d'Horatius Coclès et de Clélie. Mais il paraît, au contraire, que Porsenna, après avoir battu les Romains, s'empara de Rome ; il ne put cependant rétablir les Tarquins et fut même vaincu ensuite par les Latins.
Coriolan, général romain, prit Corioles, sur les Volsques >493) ; d'où son nom de Coriolan. Accusé de tyrannie, il se retira chez les Volsques, puis marcha à leur tête contre sa patrie ; mais il se laissa iléchir par sa mère Véturie et sa femme Volumnie. Il fut tué, dit-on, par les Volsques (488). D'autres disent qu'il vécut longtemps encore.
Fabius, illustre famille romaine, qui s'était chargée de combattre seule les Véiens et dont 306 membres périrent en 477. Les plus célèbres des Fabiens sont : Fabius Maximus Rullianus, consul romain, vainqueur des Samnites, des Gaulois ; Fabius Pictor, historien latin (216) ; Fabius Cunctator (le Temporiseur), dictateur après la défaite du Trasimène, qui arrêta par sa prudence les progrès d'Anibal.
Claudius était l'un des dêcemvirs, magistrats qui furent créés à Rome pour rédiger un code de lois (451). Ils furent investis d'un pouvoir absolu. Les lois qu'ils formulèrent furent votées, gravées sur dix tables d'airain et exposées au forum. L'année suivante, dix nouveaux dêcemvirs ajoutèrent deux tables aux précédentes : de là la Loi des A// Table*. Mais les dêcemvirs, et en particulier Appius Claudius, abusèrent de leur pouvoir et voulurent le conserver après son expiration. Claudius fit assassiner Sicinius Dentatus et tenta de s'emparer de la jeune plébéienne Virginie, qu'il revendiquait comme esclave, quand son père la poignarda pour éviter qu'elle fût déshonorée. Ce dernier excès souleva le peuple : le décemvirat fut aboli et Claudius jeté en prison, où il se tua (449).
Camille. — Ce général romain, dont l'histoire est plus ou moins légendaire, fut dictateur en 396.
Il prit Véies, assiégée inutilement depuis dix ans ; il vainquit les Volsques et termina la guerre avec les Falisques. Au cours de celle-ci, un maître d'école des Falisques vint livrer à Camille la jeunesse qui lui était confiée. Au lieu d'écouter le traître, Camille le fit dépouiller de ses vêtements et reconduire à coups de verges par ses élèves. Touchés de cette noble action, les Falisques firent leur soumission. Exilé par son ingrate patrie, Camille fut rappelé et nommé de nouveau dictateur, pour chasser les Gaulois, qui s'étaient emparés de la ville et assiégeaient le t'apitoie (v. Brennus). Il y réussit et détermina les Romains à relever leur ville, au lieu d'aller s'établir à Véies ; ce qui lui valut le titre de second fondateur de Rome. Il exerça encore deux fois la dictature, extermina un parti de Gaulois à Albanum (367) et les chassa définitivement de l'Italie.
Décius Mus et Curtius. — Décius Mus est le nom de trois Romains qui, en divers temps, se dévouèrent pour sauver l'armée : le père, à Véséris, contre les Latins (340) ; le fils, à Sentinum, contre les GauloisOmbriens (295) ; le petit-fils, à Asculum, contre Pyrrhus (279). — Un autre Romain, le chevalier Curtius, pour apaiser les dieux infernaux, se dévoua en se jetant dans un gouffre au milieu du Forum (362).
Guerres des Samnites. — Les Samnites ou habitants du Samnium étaient une fédération de peuples pasteurs et guerriers, qui occupaient le Samnium ; les Romains ne les soumirent qu'après de longues guerres. La lre (343-341) coïncida avec une insurrection du Latium. Dans la 2e (326-311), les Romains furent humiliés par Pontius Herennius, qui les fit passer sous les fourches caudines. Dans la 3e (311-305), à laquelle prirent part contre Rome les Etrusques et les Ombriens, se distinguèrent Fabius Rullianus et Papirius Cursor. La 4e (300- 280), à laquelle prirent part tous les peuples de l'Italie, se termina par leur soumission à la puissance romaine. Les Samnites s'insurgèrent encore pendant la guerre sociale et au temps de Sylla.
Fabricius. — Ce Romain, célèbre par ses vertus et son désintéressement, à l'égal de Cincinnatus, fut consul en 282. Il vainquit les Samnites, leur fit accorder la paix et refusa leurs présents. Envoyé auprès de Pyrrhus, deux ans plus tard, pour traiter de l'échange des prisonniers, il refusa également ses présents. De nouveau consul en 278 et envoyé contre Pyrrhus, il lui livra son propre médecin qui était venu offrird'empoisonner son maître. Pyrrhus alors remit sans rançon les prisonniers romains qu'il avait faits et fit la paix. Censeur en 275, Fabricius montra une grande sévérité contre le luxe. On dit qu'il mourut si pauvre que la république dut faire les frais de ses funérailles et doter sa fille.
Guerres puniques. — Le duel à mort de Carthage et de Rome, commencé en 264 et terminé en 146 par la prise et la ruine de Carthage, comprend trois guerres. La l'e (264-241) commença à la suite des démêlés du roi de Syracuse Iliéron avec les Mamertins. Ceux-ci appelèrent les Romains à leur secours, tandis que les Carthaginois prirent parti pour Syracuse. Les Romains apprirent à combattre sur mer et obtinrent la Sicile, au traité de paix. La 2e guerre (219-202), qui fut la guerre d' Annibal ', mit Rome à deux doigts de sa perte. Annibal envahit l'Italie et vint camper non loin de Rome ; mais Scipion porta la guerre en Afrique et obligea Annibal avenir défendre Carthage. Annibal fut vaincu à/ama. La 3e guerre ( 149-146) se borna au siège, à la [irise et à la destruction de Carthage, qui résista héroïquement pendant trois ans.
Régulus, général romain, fit une descente en Afrique, pendant la lre guerre punique; mais il fut pris par les Carthaginois. Envoyé à Rome pour traiter de l'échange des prisonniers, il parla contre,