‹ Dictionnaire universel de la pensée (volume 2)Chapitre 568 sur 686 · PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE · texte numérisé non relu

PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE

dans le Sénat, revint à Carthage et y périt, dit-on, dans les tortures (250).

Flaminius Népos fut tribun du peuple en 232 et proposa une loi agraire pour faire distribuer aux plébéiens le territoire gaulois du Picenum. Il tut censeur en 221 et fit construire le Cirque et la Voie qui portèrent son nom. Consul pour la seconde fois en 217, il fut vaincu et tué par Annibal au Trasirnène.

Varron, consul en 216 avec Paul-Emile, était soutenu par le parti populaire. Il livra, malgré son collègue, la désastreuse bataille de Cannes, après laquelle il ramena à Rome 10.00(1 hommes échappés au massacre. Le sénat eut assez de grandeur d'âme pour le remercier de ne pas avoir désespéré du salut de la République.

Marcellus. général romain, fut cinq fois consul. En 222 il réduisitla Gaule cisalpine en province romaine, après avoir tué, de sa main, sur le champ de bataille, le chef des Gaulois. Après la défaite de Cannes, il releva les affaires de Rome; il prit Syracuse, après trois ans de siège (212). Ce fut dans la prise de cette ville qu'un soldat tua Archimède, malgré les ordres du général romain.

Flamininus (Titus Quinctius), consul et général romain, battit Philippe III, roi de Macédoine, à Cynoscéphales, et proclama la liberté de la Grèce aux jeux Isthmiques (196). L'année suivante, il fit décider la guerre contre Nabis, tyran de Sparte. Il exerça, en réalité, sur la Grèce, une sorte de protectorat. Il fut envoyé, en 183, auprès de Prusias, pour se faire livrer Annibal.

Popilius Lsenas, consul romain, ordonna au roi de Syrie, Antiochus IV Epiphane, d'abandonner ses conquêtes en Egypte et exigea de lui une réponse immédiate, en traçant autour du roi un cercle dont il ne devait pas sortir sans avoir répondu ; il fut obéi (170).

Caton F Ancien ou le Censeur (234-149) est surtout célèbre par son austérité. Il servit sous P'abius Maximus pendant la 2e guerre punique; il acheva de soumettre la Sardaigne, où il fut envoyé comme préteur. Consul en Espagne et en Grèce (195), il mérita les honneurs du triomphe. Mais c'est surtout dans les fonctions de censeur, qu'il exerça pendant huit ans, qu'il conquit sa réputation et la reconnaissance de ses concitoyens. On lui éleva une statue, avec cette inscription : A Caton, qui a corrigé les mœurs. Son animosité contre Carthage est aussi bien connue ; il terminait tous ses discours par cette conclusion : De/enda Car— thago. Versé dans toutes les connaissances de son temps, il voulut apprendre le grec, dit-on, bien qu'il eût déjà 80 ans. Mais il se défiait des arts de de la Grèce et surtout de ses rhéteurs (v. Carnéade) : il voulait qu'on restât attaché aux vieilles coutumes romaines. On lui a reproché d'être avare et de s'adonner au vin. Ses lettres, ses harangues, son ouvrage des Origines romaines sont perdus ; mais il reste son petit traité de Re rustica.

Mummius, consul en 146, anéantit la ligue Achéenne, dernier rempart de l'indépendance grecque, détruisit Corinthe et réduisit la Grèce en province romaine sous le nom d'Achaïe. Il fit transportera Rome nombre d'objets d'art qu'il prit à Corinthe. Dans son ignorance de leur valeur, il avertit ceux qui étaient chargés de ce transport que, s'ils venaient à les perdre, ils auraient à les remplacer.

Scipion l'Africain. — Entre tous les membres plus ou moins illustres de la famille des Scipions, se distingue le vainqueur d'Annibal, né en 235. Tout jeune encore, il sauvait la vie à son père, consul, à la bataille du Tésin (218), qui fut perdue contre Annibal. A 24 ans, avant l'âge légal, il commandait toutes les forces romaines en Espagne et reconquérait toute cette contrée en 4 ans (210-206). Il passait ensuite en Afrique et contractait alliance

avec Syphax et Massinissa. Rappelé en Italie par le Sénat, qui cherchait à se débarrasser d'Annibal, il fit prévaloir contre Fabius l'idée de transporter la guerre en Afrique ; ce qu'il fit, avec le titre de consul, obligeant ainsi les Carthaginois à rappeler Annibal, qu'il vainquit àZama (202). Il n'avait que 32 ans et Carthage réduite lui demandait la paix. Peu populaire néanmoins à cause de sa hauteur et de sa partialité pour les patriciens, il fut accusé à son retour de la campagne d'Asie, où il avait accompagné son frère Scipion, V Asiatique : on prétendait qu'il s'était laissé corrompre par l'or d'Antiochus Pour toute défense, il rappela ses exploits (187). Accusé de nouveau un peu plus tard, il étouffa l'accusation et entraîna le peuple en s'ècriant : « Romains ! c'est en ce jour que j'ai vaincu Annibal à Zama; allons au Capitule rendre grâces aux dieux ». Cité à comparaître une troisième fois, il fut condamné à l'exil. Il se retira dans une de ses villas, en Campanie, et y mourut (184). Il voulut, dit-on, qu'on gravât sur sa tombe : « Ingrate patrie, tu n'auras pas mes cendres ».

Gracques. — Le père des deux Gracques, Tibérius et Caïus, (Hait plébéien : il fut tribun en 187 et défendit Scipion l'Africain, son ennemi personnel, qui lui donna en mariage sa fille Cornélie. Celle-ci rn'est pas moins célèbre que ses deux fils. Tibérius, l'aîné (162-133), tribun en 134, fut l'un de ceux qui rédigèrent la loi agraire, qui interdisait aux citoyens d'avoir plus de 500 arpents des terres publiques et prescrivait de distribuer aux pauvres des lots de 30 arpents. Il fut tué par ses ennemis, avec 300 de ses partisans. — Caïus (152- 121) voulut venger son frère et continuer ses réformes. Tribun en 123 et réélu avec acclamation en 122, il compléta la loi agraire, notamment en proposant la loi fruiiientaire, qui obligeait l'Etat à nourrir les citoyens nécessiteux. Une foule d'autres mesures qu'il proposa étaient dirigées contre l'aristocratie. Alors son rival, le tribun Livius Drusus se fit plus démocrate que lui et parvint à ruiner sa popularité. Caïus fut finalement mis hors la loi et réduit au suicide.

Guerre sociale. — Dans l'histoire romaine, la guerre sociale ou italique est celle que les peuples italiens, alliés à Rome, entreprirent contre celle-ci, qui leur refusait le droit de cité (90-88). Ce droit avait été demandé depuis longtemps par Caïus Gracchus et les autres tribuns. Les insurgés nommèrent un gouvernement à l'image de celui de Rome, avec consuls, préteurs et sénateurs. Après une lutte courte et indécise, le Sénat accorda le droit de cité aux villes non insurgées (loi Julia) et même à tout homme libre domicilié en Italie qui en ferait la demande.au préteur (loi Papiria, 89).

Marius, né à Arpinum (153-86) d'une famille obscure, devint l'arbitre des destinées de la République, jusqu'à ce qu'il eut été supplanté par Sylla. Après s'être distingué au siège de Numance (134) et en Afrique, il fut créé consul (107) et conduisit la guerre contre Jugurtlia. Très populaire, il fut consul cinq années de suite, extermina les Teutons (102) et les Cimbres (101), les premiers à Aix et les seconds à Verceil, lorsqu'ils envahissaient déjà l'Italie. Chargé avec Sylla, son rival, de conduire la guerre sociale, il ménagea les alliés, tandis que Sylla les écrasait. Leur querelle éclata en 88, lorsque Marius obtint un vote du peuple qui le chargeait de la guerre contre Mithridate, bien que le Sénat eût déjà investi Sylla de cette mission. Sylla marcha sur Rome ; Marius dut s'enfuir et se cacher dans les marais de Minturnes. On raconte qu'il fut pris et qu'un esclave cimbre fut envoyé dans sa prison pour le tuer; mais Marius lui ayant crié : « Misérable, oseras-tu bien tuer Marius ! » le Cimbre s'enfuit épouvanté. Marius put passer en Afrique et erra quelque temps sur les ruines de

HISTOIRE

Carthage. Revenu à Rome, malgré le Sénat, et grâce au consul Cinna, qui prenait le parti des Italiens contre Sylla, il se fit nommer consul et se vengea par de cruelles proscriptions (86). Mais il mourut bientôt au milieu de ses excès. Son fils, consul en 82, reprit les armes contre Sylla ; mais il fut battu et se tua. Marius excellait dans la tactique; il introduisit les prolétaires dans les légions, qui désormais furent prêtes pour les guerres civiles.

Sylla (138-78) était de la gens Cornelia, dont faisaient partie les Scipions. Questeur en 107, il servit en Afrique sous Marius et parvint à se faire livrer Jugurtha par Bocchus, roi de Numidie. A partir de ce moment, Marius vit en lui un rival. Sylla fut envoyé ensuite en Asie, oit il arrêta les progrès de Mithridate et traita avec lui (91). De retour en Italie, il conduisit vigoureusement la guerre sociale et devint le chef du parti aristocratique. Chargé de la guerre contre Mithridate, qui avait rouvert les hostilités et occupait déjà la Grèce, Sylla se débarrassa de Marius, dont il mit la tête à prix, battit les généraux de Mithridate à Chéronée et à Orchomène, passa en Asie et réduisit Mithridate à subir la paix de Dardanos (84). Débarrassé de ce côté,. Sylla rentra en triomphateur dans Rome et ouvrit une liste de proscriptions contre tout le parti de Marius, prit le titre de dictateur (81) et réforma toute la constitution au profit de l'aristocratie ; puis il abdiqua (79) et alla mourir tranquillement près de Putéoles, où personne ne vint troubler sa retraite (78).

Lucullus (115-57) est resté célèbre surtout par son faste. D'abord questeur en Asie, puis préteur en Afrique (77), il fut consul en 74 et chargé de la guerre contre Mithridate. Il réduisit ce prince à l'extrémité, prit Tigranocerte (70), mais dut laisser à Pompée, nommé son successeur (66), la gloire d'achever la soumission de l'Asie. Lucullus se retira alors à Tusculum, dans une villa magnifique, non loin de celle de Cicéron. Protecteur des lettres, il écrivit lui-même des traités, aujourd'hui perdus. Sa riche bibliothèque était ouverte au public.

Cicéron. — Marcus Tullius Cicéron (106-43), le prince des orateurs romains, se distingua aussi dans la politique. Né à Arpinum, d'une famille de chevaliers, il étudia la rhétorique et la philosophie, voyagea en Grèce et en Asie Mineure pour achever son instruction, fut questeur en Sicile (75) et mérita la confiance de ses administrés, qui le chargèrent de poursuivre l'accusation contre Verres. Cicéron gagna cette cause, malgré la richesse et l'iniiuence de son adversaire. Consul en 63, il fit échouer la conspiration de Catilina et fut proclamé Pcre de la Patrie. Clodius le fit bannir en 59, sous prétexte qu'il avait fait exécuter les conjurés sans jugement; mais l'exilé fut bientôt rappelé et reçu en triomphe. Quatre ans après, il plaidait pour Milon, accusé d'avoir fait tuer Clodius, mais sans parvenir à le justifier. Augure en 53, gouverneur delà Cilicie en 51-50, Cicéron se décida, lors de la guerre civile, à suivre le parti de Pompée ; il se réconcilia ensuite avec César et obtint le pardon de Ligarius (46). Après la mort de César, il attaqua Antoine avec violence dans ses j "Ii Hippiques et se rapprocha d'Octave ; mais celui-ci le sacrifia à Antoine, qui le fit assassiner. Nous n'avons qu'une partie des œuvres de Cicéron : elles intéressent surtout l'éloquence et la philosophie. Parmi les œuvres perdues on regrette surtout VHortensius ou de la Philosophie.

Catilina, qui était d'une illustre famille, se déshonora de bonne heure par ses crimes et se fit l'instrument de Sylla. Dans la conspiration qui fut dénoncée par Cicéron, il se proposait, dit-on, de faire périr les consuls et le sénat et de détruire la ville (63). Obligé de quitter Rome, il alla se

mettre à la tête de ses partisans, fut vaincu et tué (6->).

César — Julius César (101-44) était neveu de Marius par sa mère et il fut compris dans les proscriptions de Sylla. Grâce à de puissantes protections, il fut épargné et se retira à la cour de Nicomède, roi de Bithynie. De retour à Rome, il cultiva l'art oratoire et se rendit agréable au peuple en faisant rétablir les tribuns, etc. Préteur lors de la conspiration de Catilina, il fut accusé de connivence. Il réussit en Espagne, où il fut envoyé, et fut fait consul, à son retour (59). Avec Pompée et Crassus, il forma alors un triumvirat qui s'empara du pouvoir. Pendant les 10 années qui suivirent, il conquit la Gaule, où il s'était fait envoyer comme gouverneur, pour 5 ans d'abord, qui furent prolongés pour une durée égale. A l'expiration de son pouvoir, que le sénat, à l'instigation de Pompée, refusa de prolonger encore, César franchit le Rubicon, se déclarant par là en révolte et marcha sur Rome, où il fut fait dictateur (49). Pompée et les sénateurs s'étaient enfuis. César poursuivit et battit alors les partisans de Pompée dans toutes les provinces : en Espagne ; en Thessalie, où Pompée lui-même fut vaincu à Pharsale ; en Egypte, où Pompée s'était réfugié ; en Asie, où Pharnace, fils et successeur de Mithridate, fut vaincu et détrôné en quelques jours; en Afrique, où Métellus Scipion et Caton furent battus à Thapsus (46) ; en Espagne encore, où succomba le jeune Pompée. A Rome, où il fut reçu en triomphe, César se fit nommer dictateur pour 10 ans. Mais il exerça le pouvoir absolu avec sagesse et magnanimité. Néanmoins, une conspiration se forma et il fut assassiné en plein sénat (15 mars 44) par Brutus et ses complices, qui le percèrent de 23 coups de poignard. César, bien qu'il eût mené une jeunesse dissipée, avait montré par la suite toutes les qualités d'un grand capitaine et d'un homme d'Etat ; il était, en outre, écrivain élégant et orateur distingué. On n'a conservé que ses Commentaires.

Pompée, dit le Grand (107-48), était du parti de Sylla, à qui il rendit les plus grands services et qui lui fit décerner le triomphe avec le titre de Grand. Après la mort du dictateur, il combattit, pendant 4 ans, Sertorius, qui s'était rendu indépendant en Espagne ; mais il ne fut débarrassé de cet adversaire que par Perpenna, qui assassina Sertorius pour le remplacer. A son retour en Italie, il acheva la défaite des esclaves révoltés, fut nommé consul (70), rétablit l'ancienne constitution, violée par Sylla, et fut plus populaire que jamais. Investi des plus grands pouvoirs, il acheva de purger la Méditerranée des pirates qui l'infestaient, termina la guerre contre Mithridate, soumit plusieurs autres provinces de l'Asie et triompha à Rome, pour la troisième fois. Deux ans après, il forma le triumvirat, avec César et Crassus, et épousa Julie, la fille de César. Mais la mort de Crassus et celle de Julie brisèrent les liens qui unissaient les deux rivaux ; et lorsque la guerre civile eut éclaté, Pompée fut vaincu à Pharsale, puis assassiné en Egypte, où il se réfugiait.

Crassus, qui forma le 1er triumvirat, avec César et Pompée (60), s'était enrichi beaucoup aux proscriptions de Sylla. Préteur en 71, il avait vaincu les esclaves révoltés, que commandait Spartacus. Mais s'étant fait charger de la guerre contre les Parthes, il fut défait par Suréna, général du roi des Parthes. Lui-mêrne fut tué, quand il demandait à traiter.

Brutus, qui fut l'un des assassins de César, était neveu par sa mère de Caton d'Utique. Bien qu'il eût suivi le parti de Pompée et combattu à Pharsale, César le combla de bienfaits et l'aima paternellement. Au moment de mourir, le voyant, le poignard levé, parmi les conjurés, il s'écria :

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