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PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE

« Et toi aussi, mon fils ? » Brutus fut vaincu à Philippes par Antoine et Octave et se tua de désespoir (42). On raconte qu'il s'écria en mourant : « Vertu, tu n'es qu'un nom ». Il aurait moins douté de la vertu, s'il avait mieux pratiqué la reconnaissance. Bruxus cultivait la philosophie et les lettres et faisait profession de stoïcisme.

Caton d'Utique était l'arrière-petit-fils deCaton V Ancien et professait le stoïcisme le plus rigoureux. Il s'opposa à l'ambition de César, suivit le parti de Pompée et, après la bataille de Pharsale, passa en Afrique. Mais son parti ayant été de nouveau battu à Thapsus, il s'enferma dans Utique et se perça de son épée, pour ne pas survivre à la liberté. Avant ce coup de désespoir et de faiblesse, il avait relu, dit-on, le dialogue de Platon sur l'immortalité de l'âme (le Phèdon).

Marc Antoine, petit-fils de l'orateur du même nom, qui périt dans les proscriptions de Sylla, se distingua jeune encore dans la guerre contre les Juifs et fut tribun du peuple. Il s'attacha ensuite à César et commanda l'aile droite de son armée à Pharsale. Dans une fête, il osa lui offrir le diadème. Après la mort du dictateur, il souleva le peuple et forma bientôt avec Octave et Lépide le 2e triumvirat (43). Ce fut le signal de nouvelles proscriptions. Après la défaite de Brutus et de Cassius, à Philippes (42), les triumvirs se partagèrent le monde. Antoine prit la Grèce, l'Asie et l'Egypte. Séduit par Cléopâtre, il répudia Octavie, soeur d'Octave, et les deux rivaux ne tardèrent pas à mesurer leurs forces. Antoine, avec Cléopâtre, fut battu à Actium (31), s'enfuit en Egypte et se tua (30).

Octave était fils du sénateur Octavius Torinus ; par sa mère il était petit-neveu de César, qui l'adopta. Il n'avait que 18 ans et se trouvait en Grèce, où il étudiait, quand César fut frappé. ,11 accourut aussitôt pour recueillir son héritage, obligea Antoine à lui restituer une partie de ses biens, puis se réconcilia avec lui et entra dans le triumvirat. Après la bataille d'Actium, il poursuivit son rival en Egypte et réduisit ce pays en province romaine. De retour à Rome (29) il prit le nom à? Auguste, et l'empire commença (v. la Série suivante).

(Carthaginois).

Hannon. — C'est le nom d'une famille aristocratique de Cartilage, qui était opposée à celle des . Barcas. La première désirait la paix; la seconde voulait la guerre et s'appuyait sur le peuple. Hannon le Grand (270-190) fut le grand adversaire d'Amilcar Barca; il ne put réprimer la révolte des mercenaires qui suivit la première guerre punique, s'opposa à la deuxième et traita avec Scipion. — Hannon est aussi le nom d'un grand navigateur carthaginois qui, vers le VIe siècle av. J.-C. peut-être, fit un voyage d'exploration sur les côtes d'Afrique pour les coloniser. Il écrivit en langue punique un récit de son expédition ou périple.

Barca. — Les principaux membres de cette famille carthaginoise, peut-être d'origine berbère, sont Amilcar Barca et Annibal. Ami/car lutta en Sicile pendant cinq ans contre les Romains, lors de la lre guerre punique. Mais il fut vaincu sur mer près des îles Egates (241), et cette défaite mit fin à la guerre. Il étouffa ensuite, avec une extrême rigueur,^ la révolte des mercenaires, qui s'étaient emparés de plusieurs villes et avaient même assiégé Carthage. En Espagne, il créa un véritable empire et fonda, dit-on, Barcelone. Il avait fait jurer à son fils Annibal, âgé seulement de neuf ans, une haine implacable aux Romains.

Annibal n'avait que^26 ans, quand il ouvrit la 2e guerre punique (219), en prenant et en saccageant la ville de Sagonte, alliée des Romains; puis il franchit les Pyrénées avec 50,000 fantassins, 9,000 cavaliers et 37 éléphants, franchit le Rhône

et les Alpes, on ne sait trop en quel endroit, et pénétra en Italie, n'ayant plus avec lui que 20,000 fantassins et 6,000 cavaliers. Alors se révéla son génie militaire. Il battit les Romains sur le Tésin et la Trébie (218). L'année suivante, il écrasait Flaminius sur les bords du Trasimène, pénétrait jusqu'au fond de l'Italie et battait les consuls Paul- Emile et Varron à Cannes (216), où périrent plus de 50,000 Romains. Il fit cantonner alors dans la Campanie, où elles s'amollirent, ses troupes peutêtre trop peu nombreuses et trop affaiblies déjà pour marcher sur Rome. Cependant les Romains reprirent bientôt l'offensive partout, alors que Carthage abandonnait Annibal à ses seules forces. En vain appela-t-il son frère à son secours. Asdrubal accourut d'Espagne avec une armée, mais fut* tué au Métaure (207), et sa tête fut jetée dans le camp d'Annibal, qui, en la voyant, dit : « Je reconnais la fortune de Carthage. » Rappelé en Afrique, où Scipion avait porté la guerre, il fut battu à Zama(202), et Carthage dut l'exiler pour obtenir la paix. Il se réfugia auprès d'Antiochus, roi de Syrie, qu'il décida à déclarer la guerre aux Romains, puis chez Prusias, roi de Bithynie. Il s'empoisonna pour n'être pas livré à ses implacables ennemis (182). (V. Hennebert, Histoire d'Annibal, 3 vol. 1891). Jugurtha, roi de Numidie, qui lutta contre les Romains et expérimenta plus d'une fois leur vénalité, était petit-fils deMassinissa, allié des Romains. Il fut élevé à la cour de son oncle Micipsa qui, en mourant (119), l'admit au partage de ses Etats avec ses propres enfants, Adherbal et Hiempsal. Mais Jugurtha, qui voulait régner seul, se défit de ses deux cousins (112) et corrompit le général romain envoyé contre lui. Cité à Rome, il y corrompit ses juges. Il avait encore fait assassiner un de ses compétiteurs, petit-fils lui aussi de Massinissa. Rome cependant lui déclara de nouveau la guerre (110); après plusieurs défaites, il fut livré par Bocchus, son beau-frère, roi de Mauritanie (106) et orna le triomphe de Marius (104). Il mourut dans un cachot.

(Gaulois, etc.) Bellovèse. — Ce chef gaulois était neveu du roi des Bituriges, Ambigat. Il aurait passé les Alpes, vers 587 av. J.-C, se serait emparé de la contrée qui prit par la suite le nom de Gaule Cisalpine et fondé Milan. Pendant ce temps, son frère Sigovcse serait allé se fixer en Germanie.

Brennus. — C'est un nom commun aux chefs gaulois. Brenn, en celtique, signifie chef. Le plus célèbre est un chef des Gaulois Sénonais, qui battit les Romains près de l'Allia et s'empara de Rome, mais ne put prendre le Capitule. Il consentit à s'éloigner, après avoir touché une forte rançon en or. On dit que, lorsqu'on la pesait, il se servit de faux poids et, comme les Romains s'en plaignaient, il jeta son épée dans la balance en s'écriant : « Malheur aux vaincus! » A ce moment, Camille serait survenu avec une armée et l'aurait obligé à la retraite. Mais, d'après Polybe, il emporta paisiblement son butin. — Un autre Brennus saccagea la Thessalie et la Grèce, en 280 ; il marchait sur Delphes, quand il fut défait, à la suite d'une terreur panique qui s'empara de ses troupes.

Vercingétorix. — Ce vaillant chef des Arvernes se mit à la tête d'une ligue générale, qu'il essaya de former pour expulser les Romains des Gaules (52). Il s'attachait à couper les communications entre les camps romains et à détruire les détachements isolés. Il défendit Gergovie (près de Clermont), contre César, mais il fut assiégé et pris dans Alise (auj. Alise-Sainte-Reine). Il fut étranglé après avoir orné le triomphe du vainqueur (46). Une statue lui a été érigée à Alise, sur le mont Auxois.

HISTOIRE

(Guerre des esclaves).

Spartacus, chef de la 2e guerre des esclaves, avait d'abord servi dans un corps auxiliaire des armées romaines ; ayant déserté, il lut réduit en esclavage et devint gladiateur, à Capoue. Il s'enfuit, avec plusieurs de ses compagnons, en 73 av. J.-C. et devint le chef d'un parti de révoltés, qui grossit rapidement et ravagea la contrée. Il battit le préteur Claudius, les deux consuls Gellius et Lentulus (72) et commanda à 70,000 hommes. Il voulait sortir de l'Italie; mais il fut arrêté par une inondation du Pô et 'es réclamations de son armée, qui voulait se porter sur Rome. Refoulé au sud de l'Italie et n'ayant pu passer en Sicile, il fut vaincu et tué par Crassus (71).

(Savants, orateurs, poètes, historiens, etc.) Vairon, surnommé le plus suivant des Romains, naquit dans la Sabine, étudia dans les écoles d'Athènes, s'occupa de finances, fut tribun du peuple, questeur sous Pompée, qu'il seconda dans la guerre des pirates, de même que dans la guerre civile contre César, auquel il dut bientôt se rendre. Antoine le porta sur ses listes de proscription; mais il put échapper aux assassins : il vécut et travailla jusqu'à l'âge de 90 ans. Sa mort se place en 26 av. J.-C. Il avait écrit plus de 500 volumes, dit-on, sur toutes sortes de sujets : philosophie, grammaire, histoire, agriculture. Mais on n'a conservé de lui qu'un traité De re rustioa,' quelques livres et des fragments Delingua latina, quelques passages de ses Satires Mènippèes et de ses œuvres historiques (V., sur ce personnage et les suivants, les Histoires de la littérature latine).

Hortensius, orateur romain, fut le rival, puis l'ami de Cicéron, qu'il défendit à l'époque de son exil. Cicéron avait gagné sur lui le procès contre Verres; il rendit justice à son talent et déplora sa mort (50 av. J.-C.) Un des traités philosophiques de Cicéron, aujourd'hui perdu, portait le titre à' Hortensius. D'Hortensius même il n'est rien resté; on sait seulement que son éloquence plaisait surtout par le débit et l'abondance de la parole. En philosophie, il était épicurien.

Roscius. — Ce célèbre acteur, mort vers 02 av. J.-C, donna des leçons de déclamation et d'action oratoire à Cicéron, qui plaida pour lui dans une circonstance; il fut protégé aussi de Sylla. Roscius, dit-on, se faisait fort d'exprimer par le geste tout ce que le grand orateur romain pourrait exprimer par ses paroles. Son talent dans la pantomime lui valut une grande fortune.

Ennius. — Ce poète latin, né en Calabre, servit dans l'armée romaine, en Sardaigne, et fut amené à Rome par Caton l'Ancien. Il enseigna les lettres grecques et traduisit des pièces grecques pour le théâtre latin. Il jouit de la faveur des plus grands personnages, et le droit de cité lui fut conféré en 184 av. J.-C. Ennius composa des pièces de théâtre, des poésies et une épopée en 18 chants (les Annales), où toute l'histoire légendaire de Rome était racontée, depuis l'arrivée d'Enée en Italie; mais il n'en reste guère que 600 vers, assez médiocres. Virgile lui a beaucoup emprunté.

Plaute. — Ce poète comique latin naquit dans l'Ombrie, dirigea une troupe d'acteurs et acquit une petite fortune; mais il tomba ensuite dans une détresse dont il se releva difficilement. Il mourut vers 184 av. J.-C. Il composa, dit-on, 120 pièces; mais Varron n'en reconnaissait que 19 comme bien authentiques. Citons, parmi les 20 qui nous restent : Y Amphitryon, imité par Molière; VAululaire, imité encore par Molière, dans Y Avare.

Térence naquitvers l'époque où mourait Plaute.

D'abord esclave, puis affranchi du sénateur Terentius Lucanus, il reçut une bonne éducation, devint l'ami de Scipion Emilicn et de Lélius, qui collaborèrent même, dit-on, à quelques-unes de ses compositions. Il voyagea en Grèce et en rapporta les pièces de Ménandre, son modèle favori ; mais, les ayant toutes perdues dans un naufrage, au retour, il en mourut de chagrin, vers 159av. J.-C. Les six comédies qu'il a laissées sont remarquables de ton et de style ; elles convinrent aux lettrés délicats, mais ne furent point populaires comme celles de Plaute. Cependant Molière en a imité deux : le Phorrnion, dans les Fourberies de Scapinj les Adelphes, dans l'Ecole des maris.

Lucrèce, de l'ordre des chevaliers romains, vulgarisa la philosophie épicurienne dans son fameux poème, en 6 chants, De Natura rerum, que le cardinal de Polignac a jugé digne d'être réfuté dans Y Anti-Lucrèce. Le poète-philosophe s'y élève, avec une sombre et mâle vigueur, contre les fables du paganisme et la crainte aussi puérile qu'immorale des fausses divinités ; lui aussi, avec Epicure, veut rendre le repos aux hommes en les délivrant de la peur des dieux et de celle de la mort. Il est difficile d'admettre, comme on l'a prétendu, que ce poème si remarquable, malgré ses défauts, ait été composé dans les intervalles lucides de la folie. Lucrèce ne se borne pas à y exposer le système d'Epicure, sur l'origine et la nature des choses, mais il le modifie et lui imprime, pour ainsi dire, une marque romaine. A la place du hasard, il met des lois invariables et universelles. S'il attribue à l'homme une origine tout animale, d'accord en cela avec nos modernes évolutionnistes ; si, comme eux encore, il explique l'origine des connaissances d'une manière purement sensible et même matérielle ; s'il les devance dans l'explication du sentiment religieux par l'influence des songes, il reconnaît cependant l'empire que l'homme exerce par sa volonté sur lui-même et ce qui l'entoure. Il affirme la liberté, bien qu'il la définisse mal et la confonde avec la spontanéité de l'animal. Il loue enfin les vertus romaines les moins compatibles avec la morale du plaisir, telles que la justice, la modestie et la sobriété. Lucrèce était en relation avec Cicéron, Atticus, Catulle. On prétend qu'il se donna la mort dans un accès de délire, à 44 ans (51 av. J.-C).

Cornélius Népos fut lié lui aussi avec Atticus, Cicéron et Catulle. Ses ouvrages historiques étaient fort estimés, entre autres un De viris illustrions, où les Romains et les étrangers étaient partagés en deux séries parallèles. Il ne reste, sous son nom, que les biographies de Caton et d'Atticus et les Vies des grands capitaines de l'antiquité, opuscule qui ne paraît être qu'un abrégé de l'ouvrage original. Cet abrégé serait dû à un grammairien du temps de Théodose.

Salluste, autre historien latin, fut questeur puis tribun en 52 av. J.-C; il seconda Clodius, l'adversaire de Milon, et fut exclu du sénat par le censeur pour immoralité. Il y rentra par la protection de César (49), fut de nouveau questeur, puis préteur, et enfin proconsul de Numidie (45), où il s'enrichit. Accusé de concussion, il abandonna les affaires et se retira dans un palais qu'il avait fait construire au milieu de magnifiques jardins sur le mont Quirinal; il consacra ses loisirs à écrire des ouvrages historiques : la Guerre de Cati/ina, la Gueure de Jugurtha, qui nous sont restés, et surtout une Histoire romaine, allant de la mort de Sylla à la conjuration de Catilina, dont il ne reste que des fragments. Salluste est un historien partial; mais son style a de la précision et de l'énergie, ses discours sont éloquents.

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