‹ Dictionnaire universel de la pensée (volume 2)Chapitre 571 sur 686 · PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE · texte numérisé non relu

PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE

renvoyé par Pilate. — Hèrode-Archèlaûs, roi de Judée, fils d'Hérode le Grand, lui succéda dans une partie de ses Etats. A son avènement, il fit périr 3.000 de ses sujets. Auguste le relégua alors à Vienne, où il mourut (6 ap. J.-C). — Hèrode- Philippe, fils d'Hérode le Grand et de Mariamne, fut tetrarque de Traehonitide, etc. ; il embellit Bethsaïda et Panéas, qu'il appela Césarée ; il régna paisiblement 37 ans. Il avait épousé Hérodiade, sa nièce, qui divorça pour contracter avec Hérode- Antipas l'union incestueuse dénoncée par S. Jean- Baptiste. — Hérode-Agrippa I, roi de Judée, fils d'Aristobule et petit-fils d'Hérode le Grand, avait été élevé à Rome avec Claude et Caligula. Celui-ci, devenu empereur, le créa roi et lui donna la tétrarchie de Judée (37-44). C'est lui qui fit mourir S. Jacques le Majeur et emprisonner S. Pierre. Sa fille Bérénice reçut les faveurs de Titus. — Hérode- Agrippa II succéda très jeune à son père. C'est. devant lui que S. Paul prononça sa défense (00). 11 ne put empêcher la révolte des Juifs (68), assista au siège de Jérusalem du côté de Titus, suivit ce prince à Rome et y mourut, vers 100.

Pilate. — Ponce Pilate fut procurateur de Judée pour les Romains, de 27 à 37. C'est devant ce magistrat que les Juifs accusèrent Jésus d'avoir pris le titre de roi. Pilate, ayant appris que Jésus ('■tait de Galilée, le renvoya devant Hérode-Antipas, tetrarque de cette contrée. Il essaya de délivrer Jésus, dont il voyait l'innocence; mais, ne pouvant désarmer la colère des Juifs, il se lava les m oint devant le peuple, comme pour décliner toute responsabilité, et livra le Juste pour être crucifié. Eusobe raconte que Pilate fut rappelé, en 37, pour avoir sévi contre les Samaritains, et exilé à Vienne, où il se tua de désespoir (40).

Caïphe était grand prêtre des Juifs, lors de la passion de Jésus, et il contribua beaucoup à ce déicide. Il appartenait à la secte des Saducéens. Plus tard il fit arrêter les apôtres et donner les verges à S. Pierre et à S. Jean, qui annonçaient la résurrection de Jésus. Privé de sa charge par Vitellius, alors gouverneur de Syrie, il se tua de désespoir (35). Il avait prophétisé sans le savoir, en disant, au sujet de Jésus, qu'il était bon qu'un homme seul mourût pour tout le peuple (Jean, XI). Son beau-père, Anne, partageait avec lui le souverain pontificat.

Barabbas. — Ce Juif, qui était un bandit coupable de sédition et de meurtre, était en prison et attendait le dernier supplice, lorsque Jésus fut traduit devant Pilate. Comme il était d'usage de gracier un criminel, à la fête de Pâque, Pilate, espérant sauver Jésus, offrit au peuple de choisir entre celui-ci et Barabbas. Mais le peuple s'obstina à réclamer la délivrance du criminel et la mort du Juste.

Pierre (saint) est le prince des apôtre*. C'est à lui, en effet, que N.-S. dit solennellement : « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise, et les portes de l'enfer ne prévaudront point contre elle. Et je te donnerai les clefs du royaume des cieux : tout ce que tu lieras sur la terre, sera lié dans le ciel, et tout ce que tu délieras sur la terre sera délié dans le ciel » (Math. XVI). Pierre s'appelait d'abord Simon ; il était de Bethsaïde ((ialilée) et exerçait, comme la plupart des autres apôtres, le métier de pêcheur. Malgré ses protestations antérieures, il eut la faiblesse de renier trois fois son maître pendant la passion ; mais dès que le chant du coq l'eut averti de sa faiblesse, que J.-C. lui avait prédite, il rentra en lui-même et pleura amèrement. Il fut l'un des premiers à qui J-C. apparut après sa résurrection. Par deux fois, il répondit à cette question de Jésus ressuscité : Pierre, m'aimes-tu ? — Oui, Seigneur, je vous aime ; et par deux fois, Jésus lui dit : Puis mes

a</ucou;c.\jTie troisième fois Jésus lui dit : Pierre, m'aimes-tu? Et Pierre contristé de cette insistance, comme si elle témoignait d'un doute, répondit : Vous savez, Seigneur, que je vous aime. Alors Jésus ajouta : Pais mes brebis. Le jour même de la Pentecôte, Pierre convertissait 3.000 personnes, Juifs ou étrangers. Peu après, il porta son siège à Antioche, puis à Rome (42), fit plusieurs voyages en Orient, présida le Ie'' concile de Jérusalem (52). Lors de la persécution de Néron, il fut enfermé dans la prison Mamertine durant 8 mois, puis crucifié, pendant que S. Paul était décapité, comme citoyen romain (67). Il demanda, par humilité, d'être crucifié la tète en bas, se regardant comme indigne d'être crucifié comme son Maître. On a de lui deux Epîtres. Sa fête, avec celle de S. Paul, est le 20 juin. La fête de S. Pierre aux liens est le 1er août. (V. abbé Lesètre, La sainte Eglise au siècle des apôtres, 1896; Fouard, Saint Pierre et les premières années du christianisme, 1893, 3e éd.).

André (saint), frère aîné de Simon Pierre, amena celui-ci à Jésus. On pense qu'il souffrit le martyre à Patras et qu'il fut attaché à une croix en forme de X. De là le nom de croix de Saivt- Andrè, donné à cette sorte de croix. Sa fête est le 30 novembre.

Jacques le Majeur (saint) était frère de S. Jean l'Evangéliste et fils de Zébédée. Les deux frères étaient pêcheurs comme leur père. Il fut martyrisé par Hérode-Agrippa, en 44. D'après une tradition, il aurait évangélisé l'Espagne et, après sa mort, son corps déposé dans une barque, aurait été porté sur la côte de Galice, à Saint-Jacques de Compostelle, qui est depuis lors un lieu célèbre de pèlerinage. L'Espagne l'a choisi pour patron. Sa fête est le 25 juillet.

Jean (saint), dit YEvangàliste, pour le distinguer de S. Jean-Baptiste, était de Bethsaïde eomme Pierre. Il était le plus jeune des apôtres et le disciple bien-aimé de Jésus, qu'il accompagna au Thabor, au Jardin des Oliviers et sur le Calvaire. C'est à lui que Jésus mourant confia sa mère. Il prêcha l'Evangile dans l'Asie Mineure et jusque chez les Parthes; il fut le 1er évêque d'Ephèse. En 95, il fut arrêté et conduit à Rome, où Domitien le fit jeter dans l'huile bouillante; mais le saint vieillard sortit rajeuni de cette épreuve. On le relégua alors à Pathmos, où il écrivit Y Apocalypse. De retour à Ephèse, après la mort de Domitien, il écrivit son Evangile. On a, en outre, de lui 3 Epîtres. Son emblème est Yaigle, à cause de la sublimité de ses écrits. Mais sa vertu favorite était la charité, avec la mansuétude. Sur ses derniers jours, il ne cessait de dire aux fidèles : « Mes petits enfants, aimezvous les uns les autres ». Sa fête est le 27 décembre (V. le P. Gallois, L'Apocah/pse de S. Jean, interprétations, etc. 1895; Chauffard, Larèvêlation de S. Jean, etc.; MgrBaunard, L'apôtre S.Jean.)

Barthélémy (saint) était galiléen, comme les apôtres précédents. Il prêcha l'Evangile dans les Indes et en Arménie, où il souffrit le martyre le plus cruel : on l'écorcha vif et on lui trancha la tête (vers 71). Sa fête est le 24 août. On lui a attribué un Evangile, regardé comme apocryphe.

Philippe (saint) était de Bethsaïde. Il prêcha l'Evangile chez les Scythes et en Phrygie, où il mourut crucifié et lapidé tout à la fois. Ses restes ont été rapportés à Rome. Sa fête est célébrée le 1er mai, avec celle de S. Jacques le Mineur.

Thomas (saint) était lui aussi de Galilée. Jésus ayant parlé un jour de la mort douloureuse qui l'attendait à Jérusalem, Thomas dit aux autres apôtres : Allons, nous aussi, et mourons avec lui. Mais il est surtout connu par l'incrédulité qu'il montra lors de la résurrection, déclarant qu'il ne croirait que lorsqu'il aurait mis ses doigts dans les

plaies du Sauveur. Jésus daigna satisfaire à cette exigence. S. Thomas prêcha l'Evangile dans les Indes, où l'on a retiouvé ses traces, et peut-être jusque dans l'extrême Orient. Comme les autres apôtres, il scella la foi de son sang. Sa fête est le 21 décembre.

Mathieu (saint), appelé aussi Lcvi, était de Galilée et exerça d'abord la profession si décriée de publicain ou percepteur des impôts pour les Romains. Jésus, l'ayant rencontré à Capharnaùm, au bord du lac de Génésareth, ne dédaigna pas de l'inviter à le suivre ; et Mathieu s'empressa d'obéir. Il voulut même fêter, pour ainsi dire, sa vocation, en recevant Jésus et les apôtres à sa table. Quelques années après l'Ascension, avant de s'éloigner pour aller au loin prêcher la bonne nouvelle, Mathieu écrivit en syro-chaldéen l'évangile qui porte son nom et qui est le premier en date. La traduction grecque en est seule restée. Il était destiné surtout aux Juifs et débute par la généalogie de J.-C. ou sa filiation humaine. Aussi, parmi les emblèmes des 4 évangélistes, la tête d'homme est-elle celui de S. Mathieu. Il prêcha en Ethiopie et en Perse et souffrit le martyre. Sa fête est le 21 septembre.

Jacques (saint) le Mineur ou le Jeune, avec S. Jude et S. Simon, était cousin germain de Jésus et neveu, par sa mère, de la sainte Vierge; ce qui les fait appeler quelquefois, par les évangélistes, « les frères du Seigneur ». Il fut le 1er évêque de Jérusalem et mérita d'être surnommé le Juste. Il fut martyrisé, en 62, à l'instigation du grand prêtre Ananus. On a de lui une EpUre aux 12 tribus et un discours au eoncile de Jérusalem (v. les Actes des apôtres, xv). Sa fête, avec celle de S. Philippe, est fixée au 1er mai.

Jude (saint), appelé aussi Thaddôe ou le Zélé, était frère de S. Jacques le Mineur. Il prêcha l'Evangile en Arabie, en Syrie, en Mésopotamie, etc.; il souffrit le martyre vers 80. Dans VEp/tre qu'il a laissée et qui fut écrite vers 67, il prémunit les fidèles contre les erreurs des gnostiques, etc. Sa fête, avec celle de S. Simon, est le 28 octobre.

Simon (saint), dit le Cananéen, parce qu'il était de Cana,et aussi le Zèle, fut admis comme ses deux frères dans le collège apostolique. Il prêcha l'Evangile en Egypte et en Perse, où il subit le martyre.

Judas Iscariote était de la tribu d'Issachar. Il est resté la personnification odieuse de la trahison après avoir vendu aux princes des prêtres, pour 30 pièces d'argent, le meilleur des maîtres, et l'avoir désigné à leurs satellites par un perfide baiser. Bourrelé de remords, il alla rendre l'argent qu'il avait reçu et se pendit de désespoir.

Mathias (saint), l'un des disciples les plus anciens et les plus fidèles de Jésus, fut élu par les apôtres en remplacement de Judas. Il prêcha l'Evangile en Cappadoce et en Colchide, où il souffrit le martyre. Sa fête est le 24 février. On lui a attribué un Evangile et un Livre des traditions, qui sont apocryphes.

Marc (saint) disciple de S. Pierre, qu'il accompagna à Rome, prêcha l'Evangile dans la Cyrénaïque et en Egypte, où il fonda l'église d'Alexandrie (52). Il fut martyrisé par les païens pendant les fêtes de Sérapis (vers 68). Il rédigea l'évangile qui porte son nom, une dizaine d'années après l'Ascension et, pour ainsi dire, sous la dictée de S. Pierre. L'emblème de cet évangéliste est le lion. Son évangile débute par le récit de la retraite de Jésus au désert. S. Marc est le patron des Vénitiens. Sa fête est le 25 avril.

Paul (saint), Y Apôtre des Gentils, s'appelait d'abord Suul. Il changea de nom, lorsqu'il eut converti, à Paphos, le proconsul Sergius Paulus. Né à Tarse de parents juifs, Paul fut élevé à Jérusalem, où il écouta les leçons de Gamaliel. Attaché à la secte des pharisiens, il persécuta violemment

histoire 1122

l'Eglise naissante et consentit au martyre de S. Etienne, en gardant les vêtements de ceux qui lapidaient le saint diacre. Mais il fut converti miraculeusement sur le chemin de Damas, où il se rendait pour emprisonner les chrétiens. Devenu un apôtre intrépide, il prêcha l'Evangile dans l'Asie Mineure, à Chypre, à Paphos, en Galatie, àEphèse, à Philippes, à Thessalonique, à Athènes, à Corinthe, etc. A Athènes, il parla devant l'Aréopage et convertit S. Denys l'Aréopagite. De retour à Jérusalem (58), il faillit être lapidé, fut traduit par le grand prêtre devant le tribun Lysias, puis emprisonné à Césarée par Félix, gouverneur de Judée. Après deux ans de prison, il put en appeler à César, comme citoyen romain ; et le nouveau gouverneur, Festus, l'envoya à Rome, où il fut acquitté. Dans le trajet, il fit naufrage et aborda, avec tous ses compagnons de route, à Malte, qu'il évangélisa. Après avoir prêché la foi à Rome, il retourna en Orient, pour fortifier les églises qu'il avait fondées, et revint à Rome, où il souffrit le martyre avec S. Pierre (67). Il fut décapité, pendant que S. Pierre était crucifié. S. Paul est représenté avec l'épée, instrument de son supplice, et S. Pierre ayee les clefs. L'Eglise célèbre conjointement leur fête le 29 juin. Leur tombeau est dans la crypte de l'église Saint-Pierre, à Rome. La fête de la Conversion de S. Paul est célébrée le 25 janvier. On a de S. Paul 14 Epltres. D'autres écrits qu'on lui a attribués, entre autres les Lettres à Sènèque, sont apocryphes. Ses principaux disciples furent S. Luc et S. Timothée (V. abbé Fouard, S. Paul, ses dernières années, 1897; S. Paul, ses missions; abbé Lesètre, les Actes des apôtres ; abbé Fretté, L'apôtre S. Paul).

Barnabe (saint) fut, pendant les premiers temps, le compagnon de S. Paul, avec lequel il prêcha la foi aux gentils. 11 parcourut l'Asie Mineure, la Syrie, la Grèce et fut martyrisé, paraît-il, à Salamine, en Chypre, vers l'an 63. On lui attribue un Evangile et des Actes, qui sont apocryphes. Sa fête est le 11 juin.

Luc (saint), disciple de S. Paul et évangéliste, naquit à Antioche, accompagna le grand apôtre dans divers voyages, partagea sa captivité à Rome (61), parcourut l'Italie, la Gaule, l'Asie Mineure et l'Egypte, enfin, subit le martyre en Achaïe, à l'âge de 84 ans. Avec VEvangile qui porte son nom, il écrivit en grec les Actes des apôtres, deux écrits remarquables par la pureté, la noblesse et l'élégance du style. Luc était médecin de profession. Sa fête est le 18 octobre. On a confondu quelquefois avec lui le peintre Luca (v. ce nom), qui vivait au IXe siècle. L'emblème de S. Luc évangéliste est le bœuf. Son Evangile débute par le récit du sacrifice de Zacharie.

Marie Salomé, l'une des saintes femmes qui assistèrent à la passion de Jésus et l'ensevelirent, était femme de Zébédée et mère de S. Jacques le Majeur et de S. Jean l'Evangéliste. L'Evangile raconte qu'elle demanda un jour à N.-S. que ses deux fils fussent placés l'un à sa droite et l'autre à sa gauche, dans son royaume {Math. XX).

Marie de Clcophas, ainsi appelée dans l'Evangile, parce qu'elle était l'épouse de Cléophas, fut la mère des SS. apôtres Jacques le Mineur, Jude et Simon. Elle était la sœur de la sainte Vierge ou la sœur de S. Joseph, époux de la sainte Vierge. L'Evangile la nomme parmi les saintes femmes.

Marthe (sainte), sœur de Lazare et de Marie de Béthanie, recevait Jésus avec ses apôtres, lorsqu'ils venaient à Béthanie. Un jour que sa sœur Marie n'était attentive qu'aux paroles du Maître, pendant qu'elle-même, très empressée, ne croyait pouvoir suffire aux soins du ménage, elle s'en plaignit à Jésus, qui lui répondit que Marie avait choisi la meilleure part. Sa fête est le 29 juillet.

Madeleine. — Sainte Marie-Madeleine, qu'on assimile ordinairement avec Marie de Béthanie, fut convertie par Jésus et donna des signes touchants de repentir de sa vie dissipée et scandaleuse. Elle était au Calvaire, le jour de la Passion, et Jésus lui apparut, au matin de Pâques, alors qu'elle était venue pour embaumer son corps. D'après une tradition, elle serait morte à la Sainte- Baume, en Provence. Sa fête est le 22 juillet.

Lazare (saint) était ami de Jésus, qui le ressuscita à Béthanie, quelques jours avant la Passion. D'après une tradition, Lazare et ses sœurs auraient été persécutés par les Juifs et exposés sur la mer. Leur bateau aurait abordé à Marseille, que Lazare aurait évangilisée et dont il aurait été le 1er évêque.

Gamaliel était un docteur de la loi, de la secte des pharisiens. S. Paul, dans sa jeunesse, l'ut au nombre de ses disciples. Gamaliel se montra plus juste que les autres pharisiens envers la nouvelle doctrine. Il défendit S. Pierre alors que les Juifs voulaient le faire périr ; il prit part à l'enlèvement du corps de S. Etienne et le fit ensevelir dans son propre champ. On pense qu'il se fit baptiser.

Etienne (saint), premier martyr, était l'un des 7 diacres que les apôtres se choisirent, afin d'être moins absorbés par les œuvres extérieures et de pouvoir mieux se livrer à la prière et à la prédication. Il fut lapidé par les Juifs, qu'il confondait par ses discours et qui l'accusèrent de blasphème, env. 9 mois après la Passion (33). Sa fête est le 26 décembre. (V. le P. Lagrange, 5. Etienne et son sanctuaire à Jérusalem 1894).

(Papes, docteurs et apologistes, saints, etc.).

Lin, Glet, Clément (saints, etc ). — Les successeurs de S. Pierre, pendant les trois premiers siècles, en acceptant d'occuper le trône pontifical, se vouaient par là même au martyre ; car les persécutions sanglantes se renouvelaient sans cesse, et tout les désignait à la colère des persécuteurs. S. Lin, dont parle l'Epître de S. Paul à Timothée, succéda à S. Pierre ; il serait mort en 78. Son nom est inscrit au canon de la messe, avec plusieurs des suivants. — S. Clet, né à Rome, serait mort en 90 — S. Clément I, né à Rome, serait mort vers l'an 100. On a de lui une épître aux Corinthiens — S. Anaclet, né à Athènes, que plusieurs confondent avec S. Clet, serait mort en 112

— S. Erariste, né à Bethléem, m. en 121 — S. Alexandre I, né à Rome, m. en 132 — S. Sixte I, né à Rome, de la famille Elvidia, m. en 142 — S. Tèlesphore, né à Thurium, m. en 154

— S. Hygin, né en Grèce, m. en 158 — S. Pie I, né à Aquilée, m. en 167 — S. Anicet, né en Syrie, m. en 175 — S. Soter, né en Campanie, m. en 182. S. Eleuthère, né à Nicopolis (Epire), m. en 193. S. Victor I, né en Afrique, m. en 203 — S. Zèphy rin,nv à Rome, m. en 220 — S. Calixte, né à Rome, de la famille Domitia, m. en 227 — S. Urbain I, né à Rome, m. en 233. Jusqu'ici les dates seraient incertaines (v. abbé Duchesne, Liber Pontiflcu lis ; Kraus, Hist. de l'Eglise) — S. Pontien, né à Borne, de la famille Calpurnia, m. en 238 (ou en 235, d'après l'abbé Duchesne) — S. Anthère, né dans la Grande-Grèce, m. en 239 (ou en 236) — S. Fabien, né à Rome, m. en 253 (ou en 250) — S. Corneille, né à Rome, m. en 255 (ou en 253)

— S. Luce I, né à Rome, m. en 257 (ou en 254)

— S. Etienne I, né à Rome, de la famille Julia, m. en 260 (ou en 257) — S. Sixte II, né à Athènes, m. en 261 (ou en 258) — S. Denys, né dans la Grande-Grèce, m. en 272 (ou en 268) — S. Félix 1, né à Rome, m. en 275 (ou en 274) — S. Eutychien, né en Ligurie, m. en 283 — S. Caïus, né en Dalmatie. m. en 296 — S. Marceltin, né à Rome, m. en 304 — S. Marcel I, né à Rome, m. en 309

— S. Enscbe, né en Grèce, m. en 311 (ou avant)

— S. Melchiade, né en Afrique, m. en 314,

auquel succéda S. Sylvestre I, qui vit le triomphe de l'Eglise. (Cette liste et les premières dates sont empruntées à la Gerarchia cattolica, 1889).

Denys (saint) Y Arèopagite faisait partie du tribunal de l'Aréopage, devant lequel S. Paul annonça l'Evangile. Il fut converti par les paroles de l'Apôtre et devint le 1er évêque d'Athènes. Il fut brûlé vif pour la foi vers 95. On l'a confondu souvent avec S. Denys, 1er évêque de Paris, et avec S. Denys, l'auteur de la Hiérarchie céleste, des Noms divins, etc., qui vivait vers le Ve siècle. Mais ce sont trois personnages distincts.

Papias (saint), disciple de S. Jean l'Evangéliste, fut évêque d'Hiéraple (Phrygie) ; il écrivit une Explication des discours du Seigneur, dont il reste des fragments. II passe pour avoir répandu le premier les idées du millénarisme. Il mourut vers 156.

Polycarpe (saint), évêque de Smyrne, avait embrassé dès sa jeunesse la foi chrétienne et s'était attaché à S. Jean l'Evangéliste. Il fut martyrisé à Smyrne, vers 167, à l'âge de 95 ans. Ses disciples, S. Pothin et S. Irénée, portèrent la foi dans les Gaules. Pothin (saint) fut envoyé par S. Polycarpe prêcher la foi dans les Gaules et fut le 1er évêque de Lyon. Il vécut sous les empereurs Antonin etMarc- Aurèle et fut martyrisé à Lyon, avec beaucoup d'autres chrétiens, vers 177, à l'âge de 90 ans. Sa fête est le 2 juin (v. Grands Souvenirs de l'Eglise de Lyon, par Meynis).

Irénée (saint), Docteur de l'Eglise et évêque de Lyon, naquit à Smyrne ou aux environs, vers 140, et eut pour maîtres S. Papias et S. Polycarpe. Il vint dans les Gaules et succéda à S. Pothin. Il souffrit, à son tour, le martyre (en 202 ou 208), sous Septime-Sévère. Il écrivit le Traité des hérésies contre les gnostiques et les valentiniens. Cet ouvrage, traduit en latin du vivant même de l'auteur, nous est parvenu ; mais il ne reste que des fragments du texte grec. S. Irénée contribua beaucoup à la terminaison pacifique du dissentiment entre les Eglises d'Orient et d'Occident surl'époque de la célébration de la Pâque. Sa fête est le 28 juin. (V. sur les martyrs des premiers siècles : P. Allard, Histoire des persécutions, 1885-90, 5 vol. ; Aube, Hist. des perséc. V. sur S. Irénée et les autres Pères et apologistes des premiers siècles : Freppel, S. Irénée et l'éloquence chrétienne dans la Gaule aux deux premiers siècles ; les Pères apostoliques et leur époque, etc.).

Denys (saint), 1er évêque de Paris, fut envoyé de Borne pour prêcher la foi dans les Gaules, vers 250. Il fonda plusieurs églises et souffrit le martyre, d'après la tradition, à Montmartre (Mons Martyrum), avec ses compagnons S. Rustique et S. Eleuthère, vers 272, sous Valérien.

Janvier (saint), évêque de Bénévent, fut décapité pour la foi près de Pouzzoles, en 291 ou en 305. On l'avait d'abord exposé aux bêtes, qui le respectèrent. Ses reliques ont été transportées à Naples, où elles sont particulièrement honorées. On y conserve une fiole de sang du saint martyr, qui, chaque année, au jour de sa fête (19 sept.), se liquéfie et entre en ébullition.

Cyprien (saint), évêque de Carthage et l'un des premiers Pères de l'Eglise latine, naquit vers 200, à Carthage, de parents païens et professa la rhétorique. S'étant converti, il devint évêque de Carthage, en 248, dut quitter cette ville pendant la persécution de Dèce, y rentra bientôt pour s'opposer aux hérétiques, fut exilé sous Valérien et martyrisé en 258. Il fut quelque temps en désaccord avec le pape S. Etienne, au sujet du baptême donné par les hérétiques, qu'il regardait comme invalide (v. Freppel, S. Cyprien et l'Eglise d'Afrique au IIIe siècle ; Le Provost, Etude philologique et littéraire sur S. Cyprien, 1889).

HISTOIRE

Grégoire (saint) le Thaumaturge, né à Néocésarée ( Pont) de parents païens, fut converti par Origène, devint évêque de sa ville natale, en 240, et convertit, à son tour, presque toute la contrée. Il mourut en 270. Ses miracles extraordinaires ont été racontés par S. Basile et S. Grégoire de Nysse.

Nicolas (saint), évoque de Myre (Lycie), se signala dès son enfance par une grande piété. Il est regardé comme l'un des protecteurs de l'enfance, ainsi que l'attestent, avec l'iconographie, de gracieuses légendes. Il souffrit persécution sous Dioclétien et Licinius, mais mourut plus tard. Il est le patron de la Russie. Sa fête est le 6 décembre. (V. Laroche, Vie de S. Nicolas, évêque de Myre, patron de la jeunesse, 1803).

Clément d'Alexandrie passa de l'école de Platon à celle de Jésus-Christ. Il fut converti par S. Panthène, auquel il succéda dans la direction rie l'école chrétienne d'Alexandrie, dite catèchètique, et, par 'ses talents, par ses travaux, par sa féconde initiative, il mérita d'être regardé comme le père de la philosophie chrétienne. Vers 202, il dut se réfugier en Syrie pour échapper à la persécution de Septime- Sévère, et mourut vers l'an 220. (V. Freppel, Clément d'Alexandrie).

Origène succéda à Clément dans la direction de l'école chrétienne d'Alexandrie. Fils du martyr Léonide, dont il vit trancher la tête, il montra le même zèle pour la foi, et il ne tint pas à lui qu'il ne partageât le même supplice ; mais, après avoir encouragé son père à mourir, il céda aux larmes de sa mère. Il avait alors 17 ans. Trois ans plus tard, l'évêque Démétrius le fit monter dans la chaire de Clément. Malheureusement la vivacité de son intelligence, l'ardeur incroyable qu'il apporta à l'étude, l'érudition immense qui en fut le fruit, ne furent pas dirigées par une prudence égale. On sait que, dans son désir intempérant de s'affranchir des liens de la chair, il osa se mutiler lui-même ; il réprouva plus tard cet acte qui ne révoltait pas les mœurs de cette époque comme il nous révolte aujourd'hui.

Pour en venir à ses doctrines, son platonisme lui fit admettre, si tout ce qu'on lui attribue est authentique, de nombreuses et graves erreurs qui, envisagées en elles-mêmes et non pas dans l'intention de leur auteur, sont incompatibles avec la foi. C'est à ce point, qu'on a pu regarder son enseignement comme l'origine de la plupart des hérésies qui divisèrent l'Eglise peu de temps après, touchant les dogmes de la Trinité, de l'Incarnation et delà grâce. Ses écrits apologétiques n'auraient donc pas moins compromis la vérité chrétienne qu'ils ne l'auraient défendue. Il est certain qu'il interpréta l'Ecriture avec une hardiesse qui a paru plus tard de la témérité. Il regarda la création comme nécessaire et éternelle, du moins celle du monde supérieur, du ciel, dont parle le premier verset de la Genèse. Avec Platon, il admit la préexistence des âmes et supposa qu'elles ont été liées à des corps pour l'expiation de fautes personnelles ; il dénaturait ainsi le dogme du péché originel. Au lieu de ne voir qu'une pluralité de facultés dans l'homme, il distingua, à côté de l'âme raisonnable, une âme inférieure et matérielle. Avec les stoïciens, il pensa que toute la nature est animée, et que des génies président à tous les mouvements et à la vie dans l'univers. Chose étrange, tout en exagérant ainsi la spiritualité de l'âme, il pense qu'elle n'existe jamaissans une sorte de corps subtil ou d'enveloppe légère, analogue à l'ombre des mânes et au pèrisprit que supposent nos modernes spirites. Il croit encore que tous les esprits sont égaux originairement et que leur inégalité vient toute de;leur chute ; il ajoute qu'ils retourneront tous à leur premier principe, après une expiation ou une épreuve plus ou moins longue, par la vertu deJ.-C.

Ces erreurs soulevèrent contre lui les réclama-

tions des évêques et des fidèles. Ayant été ordonné prêtre à Césarée, au cours d'un voyage, son ordination et sa doctrine furent désavouées par son propre évêque, Démétrius, et par ses successeurs ; il dut même renoncer à rentrer à Alexandrie. Il vécut encore 23 ans, le plus souvent à Tyr et à Césarée, où il fonda une riche bibliothèque et, bien qu'il n'y formât pas de nouvelle école, il ne cessa d'être l'oracle de tout l'Orient. II souffrit la persécution et la torture, lors de la persécution de Décius, et mourut à Tyr peu de temps après (254).

Les points défectueux de la doctrine d'Crigène ne doivent pas nous cacher ses mérites. Pendant vingt-cinq ans, son enseignement eut un profond retentissement et illustra toute l'Eglise. Sa réputation était telle, que Mammée, l'impératrice mère, désireuse de l'entendre, le fit venir d Alexandrie à Antioche, escorté par une garde d'honneur. Parmi ses immenses travaux d'érudition, d'apologétique et de philosophie, dont plusieurs sont perdus, il faut remarquer surtout son édition de la Bible à six colonnes ou les Hexaples, sa Défense du christianisme contre Celse et le Traité des principes (v. Freppel, Origène).

Aristide (saint), philosophe athénien, embrassa la foi chrétienne et présenta, en 125 ou 131, à l'empereur Adrien, une Apologie, qui est le premier ouvrage de ce genre. Quelques fragments en ont été retrouvés dans ces derniers temps.

Quadrat (saint), évêque d'Athènes, vers 126, présenta également à l'empereur Adrien une Apologie en faveur des chrétiens, dont un fragment a été cité par Eusèbe.

Justin (saint), né à Sichem (Palestine), vers 103, n'embrassa la foi chrétienne qu'à l'âge de 30 ans et continua de porter, toute sa vie, le manteau de philosophe. De ses deux Apologies, l'une est adressée à Antonin le Pieux, l'autre au sénat. Dénoncé par le philosophe cynique Crescent, il souffrit le martyre à Rome, sous l'empereur stoïcien Marc-Aurèle (168).

Tatien (vers 130-176) fut l'un des disciples et des amis de Justin. Il naquit en Assyrie, étudia la littérature et la philosophie grecques, acheva de s'instruire, par de longs voyages, des doctrines de l'Orient et vint à Rome, où Justin le convertit au christianisme. Malheureusement, après le martyre de Justin, Tatien retourna en Orient et tomba dans certaines hérésies. Il proscrivait absolument le mariage et prêchait une abstinence outrée ; il admettait, avec Marcion, deux premiers principes, l'un bon et l'autre mauvais.

Athénagore, d'Athènes, qui vivait au IIe siècle, passa comme les précédents de l'étude de la philosophie grecque à celle de l'Evangile. Après avoir longtemps enseigné dans sa patrie, il 'ouvrit les yeux à la doctrine de Jésus-Christ, qu'il essaya de concilier avec celle de Platon. C'est ce qui apparaît dans Y Apologie qu'il adressa à l'empereur philosophe Marc-Aurèle et à son fils Commode, comme aussi dans son discours de la Résurrection des morts.

Tertullien (vers 160-245). — Le plus célèbre des apologistes latins, qui malheureusement attrista ensuite l'Eglise par sa défection, est Tertullien, fils d'un centenier du proconsul d'Afrique. Né à Cartilage, il y reçut, par les soins de sa mère, restée veuve de bonne heure, une éducation brillante. Les connaissances philosophiques et juridiques enseignées avec éclat dans les écoles de Carthage, lui devinrent familières et il y excella à son tour. Il suivit pendant quelque temps la carrière du barreau. On sait encore qu'il fut marié, car plusieurs de ses écrits sont adressés à sa femme. Né dans le paganisme, il embrassa la foi chrétienne, comme tant d'autres âmes généreuses et éclairées ; il fut même ordonné prêtre. Mais il apportait au service

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