PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE
serva le titre d'empereur, avec l'Italie et les provinces ^comprises entre la France et l'Allemagne (Lorraine, ancienne Burgondie, etc.). Ce royaume, qui ne pouvait subsister, prit le nom de Lotharingie. Peu de jours avant sa mort (855), il avait partagé ses Etats entre ses trois fils, pour se retirer à l'abbaye de Priim : Louis eut le royaume d'Italie avec le titre d'empereur ; Charles, la Provence jusqu'à Lyon ; Lothaire II, le royaume de Lorraine.
[Allemagne.)
Henri I, F Oiseleur, ne en 870, fils d'Othon,dit V Illustre, duc de Saxe, fut élu roi de Germanie, en 010, à la mort de Conrad, qui lui-même avait succédé à Louis l'Enfant. Henri fut le chef de la maison de Saxe, qui compta, après lui, 4 empereurs. Son règne fut glorieux et prépara celui d'Othon le Grand. Son épouse fut suinte Mathilde, fille d'un seigneur saxon, née vers 890 et morte en 008. Elle se distingua par sa charité et fonda plusieurs monastères.
Othon I le Grand (on écrit auj. Ottou), né en 912, succéda à son père, Henri l'Oiseleur (936), et étendit sa puissance par des guerres ou des alliances. Il vainquit les Hongrois près d'Augsbourg (955). Ayant épousé Adélaïde, veuve de Lothaire, roi des Lombards, il descendit en Italie, fut couronné roi des Lombards et, l'année suivante, empereur (962), 11 disputa à l'empire de Constantinople l'Italie méridionale et prétendit dominer les papes. Sous cet empereur, qui parut le plus puissant de cette époque, l'Allemagne s'ouvrit à la civilisation.
Othon II, fils d'Othon I, né en 955 et déjà, proclamé roi de Germanie, en 962, succéda à son père comme empereur en 973. Il triompha de son rival et cousin Henri de Bavière, repoussa les Danois et les Slaves, vainquit le roi de France Lothaire, qui réclamait la Lorraine (980), descendit en Italie, rétablit le pape Benoit VII, détrôné par le tribun Crescentius, vainquit d'abord les Grecs, puis fut battu à son tour et vint mourir à Rome en 983.
Othon III, fils d'Othon II, né en 980, eut pour précepteur Gerbert. Pendant sa minorité, le gouvernement fut exercé par sa mère Théophanie, princesse grecque, et sa grand'mère Adèle'/ /le, qui avait été reine des Lombards. En 996, il descendit en Italie et prit Milan ; à Rome, il fit périr Crescentius et influa beaucoup sur les élections de Grégoire V et de Sylvestre II {Gerbert, son ancien précepteur). Il se fixa à Rome, bien qu'il fût peu aimé des Romains, et mourut en 1002.
(Provence, Bourgogne, etc.)
Boson était comte d'Autun et beau-frère de Charles le Chauve. Il se fit proclamer roi de Provence à l'assemblée de Mantaille (K70) et garda son indépendance jusqu'à sa mort (889). Le royaume qu'il forma est appelé quelquefois Bourgogne cisjurane. — Son neveu, Boson I, comte de Provence, gouverna ce pays de 926 à 948 ; — Boson II gouverna de 948 à 968.
Rodolphe. — C'est le nom de 3 rois de Bourgogne, qui régnèrent du IXe au XIe siècle. Rodolphe I, fils du comte d'Auxerre, se fit proclamer roi de la Bourgogne transjurane en 888 et parvint à faire reconnaître son indépendance jusqu'à sa mort (912) — Rodolphe II, son fils, lui succéda et disputa l'Italie à plusieurs rivaux. Il renonça à ce royaume en faveur d'Hugues de Provence (933) et reçut en compensation la Bourgogne cisjurane. Il fonda ainsi le royaume des Deux-Bourgognes ou royaume d'Arles. Il mourut en 037 — Rodolphe III, < son petit-fils, qui régna de 993 à 1032, fut le dernier roi d'Arles.
(Angleterre.)
Egbert le Grand, roi de Wessex, vécut plusieurs années à la cour de Charlemagne, auprès duquel il s'était réfugié. En 802, il put, avec la
protection de Charles, se faire reconnaître comme roi de Wessex et il parvint à réunir sous sa domination les 7 royaumes anglo-saxons, qui jusque-là s'étaient consumés en guerres fratricides. Il mourut en 836.
Edmond (saint), dernier roi d'Est-Anglie (840- 870), faisait le bonheur de ses sujets, lorsqu'il fut attaqué par des pirates danois, pris et décapité. Il est regardé comme martyr.
Alfred le Grand, roi d'Angleterre, né en 849, régna dès 871 et fut vaincu d'abord par les Danois. Mais il apprit à les combattre ; il aurait même vécu dans leur camp, déguisé en barde, afin de les observer de plus près. Il triompha ensuite de ces redoutables ennemis et régna glorieusement. On le regarde comme le Charlemagne de l'Angleterre ; il cultiva lui-même les lettres, et fonda, dit-on, l'Ecole d'Oxford, codifia les lois ou coutumes anglosaxonnes, organisa son royaume, qu'il divisa en comtés ou shires, etc. Il mourut en 901.
Edouard I l'Ancien, succéda à son père Alfred le Grand, en 901, vainquit son'rival Ethelwold, soutenu par les Danois, triompha des Ecossais et des Gallois et agrandit ses Etats. Une de ses filles, Ogive, épousa Charles le Simple, roi de France ; une autre épousa Othon I ; une troisième, Hugues de Provence. Il mourut en' 925. Ses deux fils lui succédèrent : d'abord Athelstan (925-940), qui régna glorieusement ; puis Edmond I (941- 040).
Edgar, le Pacifique, fils d'Edmond I, succéda (057) à son frère Edwy, qui perdit le trône par son inconduite. Son règne, pacifique et glorieux, a été longtemps regardé comme un âge d'or. Il eut comme ministre, S. Dunstan, archevêque de Cantorbéry. Edgar mourut en 975.
Edouard II, le martyr, succéda à son père (975), n'ayant encore que 13 ans. Sa belle-mère Elfride, qui voulait donner le trône à son propre fils Ethelred, le fit assassiner dans une partie de chasse. Sa sœur, sainte Edith (001-984) se fit religieuse et se consacra au service des pauvres et des malades ; elle refusa la couronne qui lui fut offerte après la mort de son père et de son frère. (Bohême.)
Venceslas I (saint), duc de Bohême, succéda jeune encore à son père Vratislas, sous la régence de sa mère Drahomire. Celle-ci, d'accord avec Bolestlas, frère de Venceslas, favorisa les anciennes superstitions et excita des troubles par ses cruautés. Devenu majeur (025), Venceslas éloigna sa mère et son frère, rétablit l'ordre, fit fleurir la religion et la justice et pratiqua toutes les vertus. Il fit construire à Prague la belle cathédrale de Saint- Witt. A l'extérieur, il dut reconnaître la suzeraineté de Henri l'Oiseleur. Sa bonté lui fit rappeler sa mère et son frère, qui l'assassina en 935.
(Pologne.)
Piast, tige de la dynastie polonaise qui régna jusqu'en 1370 et donna à la Pologne 22 princes, était un simple paysan, qui se distingua dans les guerres et fut élu duc des Polonais, en 842. Son fils, Zièmovist, parvint au trône de Pologne. {Russie.)
Rurik, fondateur de la dynastie des princes russes, avait été d'abord chef de Varègues, sorte de Normands établis sur les bords de la Baltique. Les habitants de Novgorod l'appelèrent, en 861, avec ses frères, pour les défendre contre les incursions des Finnois. Rurik éleva un château fort à Novgorod et établit son autorité sur les contrées voisines. Il mourut en 870, laissant pour successeur son frère Oleg. — Celui-ci (879-013) se signala par ses conquêtes, qu'il poussa jusqu'à Constantinople. (Danemark, Norvège.)
Harald. — C'est le nom de plusieurs princes de Danemark et de Norvège. En Norvège, Harald I
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soumit à sa domination tout le pays, vainquit la Suède (885), abdiqua en 030 et mourut en 936; — Harald II régna vers 950-977. — En Danemark, Harald {à la Dent bleue), né vers 910, roi vers 935, lutta contre les princes carolingiens de France et de Germanie. Vaincu par les empereurs Othon I et II, il promit d'embrasser le christianisme et fut détrôné par son fils Suènon I, qui régna de 985 à 1014. Celui-ci, bien qu'il eût été baptisé dans son enfance, revint au paganisme, ravagea l'Angleterre et la soumit à un tribut. Il eut pour successeur son fils Canut.
Haquin. — Nom de plusieurs rois de Norvège. Haqum I, qui régna de 930 à 961, tenta d'introduire le christianisme dans ses Etats et cette tentative lui coûta la vie.
(Théologiens, philosophes, historiens).
Bède le Vénérable est une des belles figures de ces époques si désolées encore par les barbares, qui naissaient laborieusement à la vie chrétienne. Ce moine anglo-saxon, né au diocèse de Durham, mena la vie la plus studieuse et n'ignora rien des connaissances de son temps. Ordonné diacre à 19 ans, prêtre à 30 ans, il ne consentit pas à quitter l'asile de son enfance, dont il devint l'honneur par sa science et sa piété. Vainement le pape Sergius désira, dit-on, l'amener à Rome (TOI). Il composa des introductions aux différentes, sciences cultivées à cette époque, des traités d'arithmétique, de physique, d'astronomie, de géographie, des sermons, des biographies, des commentaires sur l'Ecriture, une Histoire des Anglo-Saxons. On lui attribue encore un recueil d'axiomes tirés d'Aristote. On croit cependant qu'il ne connut pas autre chose d'Aristote que YOrganon. Ses auteurs favoris étaient Boëce, Cicéron, les Pères. On ne saurait trop admirer ces saints et érudits personnages qui, dans les temps difficiles qui marquèrent l'enfance des nationalités européennes, recueillirent dans la paix de leurs monastères les traditions et les lambeaux d'une civilisation violemment détruite : ils préparaient l'avenir et méritaient pour leurs successeurs de meilleurs jours. Vers le temps où Bède quittait cette vie naissait, à York, Alcuin, qui dirigea l'école palatine sous Charlemagne.
Alcuin est un des théologiens et des philosophes qui font le mieux pressentir la scolastique. Il fut élevé à l'école d'Egbert, évêque d'York, et fut instruit dans toutes les connaissances de son temps. Dans un voyage qu'il fit en Italie, il rencontra, à Parme, Charlemagne, qui désira se l'attacher (780). Ce grand prince ambitionnait de relever les études dans son empire, et il jeta les yeux sur Alcuin, pour l'associer à ses desseins. Celui-ci fit recueillir et reviser les monuments de la littérature latine, restaura les écoles des monastères, en créa de nouvelles, à Tours, à Fulda, à Ferrières, à Fontenelle, et ouvrit même l'Ecole palatine pour les princes et la cour. Alcuin se mêlait en même temps aux controverses théologiques de son temps. Elispand, archevêque de Tolède, et Félix, évêque d'Urgcl, ayant émis des opinions erronées sur les deux natures en J.-C, il les -réfuta et prit part aux conciles de Francfort (794) et d'Aix-la-Chapelle (799), qui les condamnèrent. Alcuin obtint, l'année suivante, de quitter la cour et de se retirer au monastère de Tours, où il mourut quatre ans après. Raban Maur étudia à Tours, sous Alcuin, puis fut écolàtre à Fulda, où il eut de nombreux disciples, par lesquels il initia l'esprit germanique à la culture des lettres; ce qui lui a valu d'être regardé comme l'ancêtre des universités allemandes. 11 mourut archevêque de Mayence. Raban Maur réfuta les erreurs de Gottschalk, qui enseignait, paraît-il, une double prédestination, l'une au bien et l'autre au mal, et aussi une double fatalité : c'était une hérésie que devait à peu près renouveler
Luther; elle impliquait la négation du libre arbitre. Parmi ses autres ouvrages, signalons son grand traité de l'Univers (De Universo), sorte d'encyclopédie pour cette époque.
Scot Erigène. — Le philosophe le plus connu de cette époque, à cause surtout des erreurs graves qu'il renouvela avec une grande hardiesse, est Jean Scot Erigène, né vers 810 en Ecosse, ou plus probablement en Irlande (île à'Krin, dite aussi Scotia major). On ignore le temps précis de sa naissance et de sa mort, qui arriva avant 877. Il étudia dans les écoles monastiques et devint, quoique laïque, l'homme le plus savant de son temps. On a supposé qu'il avait voyagé en Orient. Il est certain qu'il connut le grec et traduisit les ouvrages attribués à Denys l'Aréopagite. La philosophie ancienne lui était assez connue, notamment par plusieurs des œuvres d'Aristote et de Platon. Son érudition, fort remarquable pour le temps, lui mérita d'être mis à la tête de l'école palatine par Charles le Chauve (vers 843), qui l'admit même dans son intimité. Mais précisément à cause de son érudition, plus ou moins indigeste, et de l'intelligence imparfaite qu'il avait des ouvrages obscurs de l'Aréopagite, Scot ne sut pas éviter de grandes erreurs. Dans son traité sur l'Eucharistie, qui est perdu, il dénaturait la présence réelle et professait l'erreur que devait renouveler Bérenger, deux siècles plus tard. Dans son livre de la Prédestination, écrit contre Gottschalk, il soutenait la cause du libre arbitre, mais commettait certaines exagérations : elles furent dénoncées par Prudence, évêque de Troyes, et Florus, évêque de Lyon, puis condamnées aux conciles de Valence (855) et de Langres (859). Mais c'est surtout par son grand traité de la Nature (De dirisione natitrœ), composé en forme de dialogue entre le maître et l'élève, qu'on peut juger de la doctrine de Scot. C'est un panthéisme renouvelé des alexandrins.
(Poètes, historiens).
Abbon le Courbe (Cernuus), moine de Saint- Germain des Prés, né vers 850, mort après 923, a écrit un poème latin sur le Sic/je de Paris par les Normands, auquel il avait assisté (886). On a aussi de lui 37 Sermons. — Un autre Abbon, a,hb<de Fleury, mort en 1004, fut envoyé près du pape parle roi Robert (996). On lui doit : un Abrégé de la vie de 01 papes; une Lettre sur les cycles dionysiaques.
Paul Diacre, de son vrai nom Paul Warnefride, né vers 740, étudia à Pavie, fut ordonné diacre à Aquilée, devint secrétaire du roi des Lombards, Didier, vécut ensuite à la cour de Charlemagne, à celle du duc de Bénévent et se retira au Mont Cassin, où il mourut. On a de lui : une Histoire des Lombards ; une Histoire mêlée; une Chronique du Mont-Cassin, etc.
Eginhardou Einhardt, né vers 770, étudia au monastère de Fulda, puis à l'école Palatine, sous Alcuin. 11 exerça de hautes charges à la cour de Charlemagne, fut surintendant des constructions impériales et archichapelain. Il mourut, en 840, au couvent qu'il avait fondé dans la Hesse, où il possédait de vastes domaines. On a de lui, en latin, une Vie de Charlemagne très étendue. On lui a attribué aussi des Annales royales.
Nithard, petit-fils de Charlemagne par sa mère Berthe, né vers 790, fut conseiller de Charles le Chauve, périt en combattant les Normands. Il a écrit, en latin, une Histoire des divisions entre les /ils de Louis le Débonnaire. Elle contient le texte unique des fameux serments de Strasbourg.
Frodoardou Flodoard, né en 894, fut élevé à l'école de Reims et devint l'archiviste des archevêques de cette ville. On a de lui : une Histoire de l'église de Reims, en 4 livres, dont les '1 derniers sont très précieux pour l'histoire générale, à