PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPÉDIQUI
cause du grand rôle joué par les archevêques de j Reims. Frodoard écrivit aussi des Annales, de 919 à 966, année de sa mort.
Luitprand, historien italien, né vers 920, remplit, comme plusieurs membres de sa famille, les fonctions d'ambassadeur auprès de l'empereur d'Orient. Ayant déplu au roi d'Italie Bérenger, il se réfugia auprès d'Othon I, et écrivit en latin l'histoire de son temps, intitulée Rétribution (en grec Antapodosis). Elle s'étend de 886 à 949. 11 écrivit aussi l'Histoire de l'empereur Othon et la Relation de son ambassade à Constantinople. Car l'empereur se servit de lui pour négocier le mariage de son fils avec la princesse Théophanie, belle-fille de Nicéphore Phocas. Othon l'avait nommé à l'évêché de Crémone en 962. Luitprand
mourut en 972. Luitprand est le témoin de ce qu'il raconte ; mais il est très partial.
Suidas, auteur grec du Xe siècle, sinon plus tard, a laissé un Lexique historique, biographique et géographique, où se trouvent une foule de détails sur les écrivains de l'antiquité dans tous les genres, et un assez grand nombre d'extraits d'auteurs aujourd'hui perdus.
(Artiste).
Luca, dit le Saint (il Santo), est un peintre florentin du IXe siècle, qui embrassa la vie religieuse, comme plus tard Fra Angelico. On lui doit, paraît-il, les tableaux de la Vierge avec l'enfant Jésus, que plusieurs, trompés par la ressemblance des noms, ont attribué à S. Luc.
NEUVIEME SERIE. — Du Xle au XHIe s. — Eglise. — Etats et peuples. Philosophes, savants, poètes, chroniqueurs, etc.
Ordre logique des Noms.
a) Sylvestre II (Gerbert), Jean XVII, XVIII. Sergius IV. Benoît VIII. Jean XIX. Benoît IX. Grégoire VI. Clément II. Damase II. Léon IX. Victor II. Etienne IX. Benoît X. Nicolas II. Alexandre II. Honoré.
Grégoire VII (Hildobrand). Querelle des Investitures. Grande-comtesse Mathilde. Guelfes et Gibelins. Victor III (Guibert ou Clément III). Urbain II. Pascal II. Gélase II. Calixte II. Honoré II. Innocent II. Célestin II. Luce II. Eugène III. Anastase IV. Adrien IV. Alexandre III. Luce III. Urbain III. Grégoire VIII. Clément III. Célestin III.
b) Evoques, docteurs, saints : Fulbert. Yves. Burchard. Damien. Lanfranc. Anselme. Pierre Lombard. Gratien. Maurice et Eudes de Sully.
Romuald. Odilon. Gualbert. Bruno. Robert d'Arbrissel. Norbert. Bernard. Pierre le Vénérable. Thomas Becket. Jean de Matha.
Schisme, hérésie : Cerularius. Bérenger de Tours. Arnaud de Brescia (v. Abélard). Pierre de Bruys. Pierre de Vaux ou Valdo.
c) Croisades. Adhémar de Monteil. Pierre l'Ermite. Gautier. Godefroy, Roy. de Jérusalem. Assises de Jérusalem. Tancrède. Bohémond. Raymond. Foulques. Baudouin. Amaury. Lusignan.
Orient, Empire : Romain III. Michel IV, V. Zoé. Constantin X. Théodora. Michel VI. Isaac I Comnène. Constantin XI, XII. Michel VII, etc. Alexis I. Jean II. Manuel I. Alexis II. Andronic I. Isaac II l'Ange. Alexis III-V.
Musulmans : Seldjoucides. Soliman. Assassins. Haçan. Aladin. Nour-ed-Din. Saladin. Almoravides. Almohades. Abad I — III.
d) France, etc. : Robert le Pieux. Berthe. Constance. Maison de Bourgogne : Robert le Vieux. Henri I. Trêve de Dieu. Philippe I. Louis VI- VII. Suger. Eléonore de Guyenne. Alix de Champagne. Philippe-Auguste. Ingelburge. Agnès de Méranie — Robert le Diable. Guiscard. Roger I, II.
Allemagne, etc. : Henri II, le Saint. Conrad II. Henri III-V. Rodolphe. Lothaire. Hohenstaufen. Conrad III. Frédéric I Barberousse. Henri le Lion. Henri VI. Philippe de Souabe. Othon IV.
Pologne, Russie, etc. : Boleslas. Casimir. Vladislas — Vladimir. Iaroslav — Etienne. Bêla. Ladislas — Canut. Eric. Valdemar. Olaùs. Magnus. Charles.
e) Angleterre, Ecosse : Edmond II. Edouard le Confesseur. Godwin. Harold. Guillaume le Conquérant. Guillaume 11 le Roux. Henri I. Etienne de Blois. Henri II. Plantagenets. Richard Cœur-de- Lion — Robin-Hood. Outlaws — Donald. Duncan. Malcolm. Macbeth.
Espagne, Portugal : Ramire. Ferdinand. Sanche. Rodrigue ou le Cid. Chimène. Alphonse (divers rois).
f) Philosophes, etc. : Roscelin. Abélard. Héloïse. Guillaume de Champeaux. Gilbert de la Porrée. Hugues et Richard de Saint-Victor. Amaury de Chartres. David de Dinan. Jean de Salisbury — Avicenne. Algazel. Avempace. Averroès. Avicebron. Maimonide.
Gui d'Arezzo — Théroulde. Gautier d'Arras. Blondel. Bertrand de Born. Raoul de Coucy. Chrestien de Troyes. Wace. Griselda — Glaber. Adhémar. Guil laume de Tyr. Saxo Grammaticus. Anne Comnène
ARTICLES ENCYCLOPEDIQUES
(Histoire de l'Eglise : papes, etc.) Sylvestre II, premier pape français, avait dirigé longtemps les écoles de Reims, était devenu archevêque de cette ville (991) et, par suite de troubles, s'était réfugié en Allemagne, où il fut précepteur d'Othon III. Il fut archevêque deRavenne en 998, élu pape l'année suivante, mais mourut en 1003, alors qu'il se préoccupait de tourner tous les efforts des chrétiens contre les musulmans. Cette idée ne devait être réalisée que par un autre pape français, Urbain II.
Mais, dans Sylvestre II, c'est moins le pape que le savant Gerbert qui nous intéresse. Sa vie et ses travaux nous révèlent bien l'époque historique où ils sont placés. Fils d'un serf de l'abbaye de Saint- Géraud, près d'Aurillac, il fut élevé au monastère. Le comte de Barcelone, Borrel, venu en pèlerinage,
le remarqua parmi les étudiants. Gerbert l'accompagna en Espagne et se mit sous la direction de Hatton, évêque de Vich, l'une des lumières de l'école isidorienne (v. S. Isidore de Sèinllc). Ce fut là, plutôt peut-être que dans les écoles arabes, que Gerbert s'instruisit dans les mathématiques et les sciences naturelles. Un peu plus tard (vers 968), nous retrouvons Gerbert à Rome avec le comte Borrel et l'évêque Hatton. Il y demeura quelque temps, sur le désir de l'empereur Othon et sur l'ordre du pape, pour donner des leçons de mathématiques, d'astronomie et de musique aux lévites et aux nobles romains. Mais, vers 970, un archidiacre de Reims, Géranne, étant allé à Rome comme ambassadeur du roi Lothaire auprès de l'empereur Othon, il se lia avec lui. Géranne lui fit le plus grand éloge des écoles de sa patrie et lui offrit de
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lui expliquer la logique, s'il voulait lui-même lui enseigner les mathématiques. Bref, les deux amis partirent pour Reims. Dans un second voyage que Gerbert fit à Rome, en 973, il soutint victorieusement une discussion fameuse contre Othric. A partir de ce moment, Gerbert fut une lumière de l'Eglise. Plusieurs prêtres romains passèrent les monts pour venir l'entendre. Revenu à Reims, Gerbert fut donc le maître d'une élite de disciples : Fulbert, évèque de Chartres ; Abbon, abbé de Fleury ; le prince Robert de France ; le chroniqueur Richer. Gerbert s'est distingué surtout par ses connaissances en mathématiques, en astronomie, en mécanique et en musique. Ses inventions et son savoir, merveilleux pour l'époque, le faisaient regarder par le vulgaire comme un magicien. Il construisit une sphère et divers instruments, au moyen desquels il expliquait les mouvements célestes. 11 construisit aussi un abaque pour la numération, divisé en 27 colonnes, sur lesquelles il disposait de diverses manières 9 chiffres. 11 paraît avoir trouvé ou connu les principes de l'arithmétique décimale. Plusieurs pensent qu'il est l'inventeur des horloges à roue. Gerbert était en même temps très versé en littérature et en philosophie. Il n'épargnait rien pour enrichir sa bibliothèque.
Jean XVII (ou XVIII), né à Rome, de la famille Secco, succéda à Sylvestre II (1003), mais ne régna pas 4 mois. — Jean XVIII, né à Rome, lui succéda (1003-1009) ; — puis Sergius IV, né à Rome (1009-1012).
Benoît VIII, né à Rome, de la famille des comtes de Tusculum (1012-1024), fut chassé par l'antipape Grégoire, mais réintégré par l'empereur Henri II. Il repoussa les Sarrasins, contint les Grecs de l'Italie méridionale, maintint la loi du célibat ecclésiastique et condamna le mariage des prêtres. — Jean XIX, son frère, lui succéda (1024-1033). Il couronna Conrad II en 1027. — Benoit IX (Théophylacte), fils du comte de Tusculum, Albéric, et neveu de Benoît VIII et de Jean XIX, fut alors élevé au trône par l'intrigue, bien qu'il n'eût que 12 ans. Chassé pour ses scandales, puis rétabli, il abdiqua en 1044 ou 1045 et mourut vers 1054. — Grégoire VI, néàRome, de la famille Graziani,le remplaça (1042) et réprima à Rome et aux environs les meurtres et les brigandages. Mais il eut à résister à plusieurs prétendants, sans compter Benoît IX. L'empereur Henri III intervint et Grégoire VI abdiqua en 1046.
Clément II, né en Saxe, de la maison de Hornerburg, avait d'abord été évêque de Bamberg. Il fut élu, avec la protection d'Henri III, s'éleva contre la simonie, mais ne régna pas un an (1046-1047). — Damase II, né en Bavière, régna peu de temps.
S. Léon IX (Brnnon), né en Alsace en 1002 et parent de l'empereur Henri III, fut alors élu (1049 ou 1048-1054) et l'Eglise vit des jours meilleurs. Il prit pour conseiller le fameux moine Hildebrand, qui devint plus tard Grégoire VII. Avec son aide, il travailla à la réforme de la discipline ecclésiastique. Il tint un concile à Reims, en 1049, un autre à Rome, en 1050, où il condamna l'hérésie de Bérenger de Tours. Il excommunia, en 1054, le patriarche de Constantinople, Cerularius, et le schisme fut alors consommé. Les Normands de Sicile le firent prisonnier vers la fin de son pontificat. Il mourut à Rome. — Après lui, Victor II, né en Franconie, ne régna guère plus de deux ans (1055 ou 1054- 1057) ; — Etienne X, né en Lorraine, dont il était duc, ne régna pas 8 mois (1057-1058) ; — Benoît X, de la maison des comtes de Tusculum, régna alors quelque temps (1058), mais fut expulsé ; il mourut en 1059.
Nicolas II (Gérard, évêque de Florence), né en Savoie, régna de 1058 ou 1059 à 1061. Il investit les Normands Richard et Robert Guiscard, celui-ci de la
Pouille et de la Calabre, celui-là de la principauté de Capoue. 11 s'appliqua à affranchir la papauté et régla, dans un concile, les formalités à suivre pour l'élection des papes.
Alexandre II, né à Milan, d'abord évêque de Lucques, régna 12 ans (1061-1073). Il fut élu conformément au décret de Nicolas II et sans que les cardinaux eussent consulté la cour impériale. On lui opposa un antipape, Cadaloùs, qui prit le nom d'Honoré II. Il fut protégé par le marquis de Toscane contre cet intrus et contre le Normand Richard, prince de Capoue. Alexandre s'opposa au massacre des Juifs et obligea Henri IV d'Allemagne à reprendre sa femme Berthe de Suse, qu'il avait répudiée.
S. Grégoire VII, l'un des plus grands papes, né vers l'an 1013, exerçait depuis longtemps la plus heureuse influence sur les affaires de l'Eglise, lorsqu'il fut élu en 1073. Fils d'un charpentier de Toscane, il étudia en France et entra dans l'ordre de Cluny. Léon IX l'emmena en Italie et le nomma cardinal. Il attaqua avec la plus grande énergie les vices dont souffrait l'Eglise, la simonie, l'incontinence des clercs, l'ingérence du pouvoir civil dans les affaires ecclésiastiques. Au sujet de la collation des titres ecclésiastiques, il engagea avec l'empereur Henri IV d'Allemagne une lutte terrible, dont il ne vit pas la fin, mais qui affranchit l'Eglise : ce fut la fameuse querelle des Investitures. Il parvint à faire reconnaître à la plupart des princes chrétiens la supériorité morale du Saint-Siège et méditait la délivrance du Saint-Sépulcre. Souvent persécuté par ceux dont il condamnait les vices, il fut attaqué à Rome même, jusque dans Sainte- Marie-Majeure et incarcéré. Mais les Romains le délivrèrent ; et Grégoire VII, aussi clément que ferme, épargna le chef des émeutiers Cenci, l'un des membres de cette famille (v. Crescentius) dont la papauté avait déjà eu tant à souffrir. Obligé, pendant sa querelle avec Henri IV, d'abandonner Rome, il suivit Robert Guiscard à Salerne, où il mourut (1085), en disant : « J'ai aimé la justice et haï l'iniquité : voilà pourquoi je meurs en exil. » 11 fut canonisé en 1580 par Benoît XIII. Sa fête est le 25 mai.
Mathilde (la Grande comtesse), princesse italienne, née en 1046, était fille de Boniface II, marquis, puis duc de Toscane. Elle possédait la Toscane, les comtés de Modène, Reggio, Mantoue, Ferrare et Crémone. Constamment dévouée au Saint-Siège, elle reçut Grégoire VII, dans sa forteresse de Canossa, près de Reggio, où Henri IV fut contraint de venir se soumettre (1077). Elle donna ses Etats au Saint-Siège en 1102 et mourut en 1115; mais ses intentions ne furent guère respectées des empereurs.
Guelfes et Gibelins, partis puissants qui divisèrent l'Italie, du XIIe au XVe s. ; le premier soutenait les papes, et le second les empereurs d'Allemagne. Guelfe vient de l'allemand Welfen, nom d'une famille puissante d'Allemagne qui lutta contre la famille des Hohenstaufen, à qui appartenait le château de Weiblingen, d'où le nom de Gibelin.
Victor III, pape en 1087, né à Bénévent, était petit-fils de Landulphe, duc de Bénévent. Devenu abbé du Mont-Cassin, il donna asile à Grégoire VII. Elu pape malgré lui, il dut lutter contre l'antipape Guibert, qui avait pris le nom de Clément III. Il a été inscrit par Léon XIII au martyrologe romain, avec le titre de Bienheureux.
Guibert, antipape, né à Parme, devenu archevêque de Ravenne par la protection de l'empereur, fut élu pape contre Grégoire VII, par le conciliabule de Brescia (1080). Il couronna Henri IV à Rome ( 1084), mais fut chassé plusieurs fois par les papes légitimes. 11 mourut subitement en 1100.
Urbain II (Eudes ou Odon), né près de Châtillon-sur-Marne, pape de 1088 à 1099, avait été