‹ Dictionnaire universel de la pensée (volume 2)Chapitre 589 sur 686 · PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE · texte numérisé non relu

PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE

raîtrc devant Grégoire VII. Il répondit en faisant prononcer la déchéance du pape par la diète de Worms (1076). Ce fut le commencement de la querelle des Investitures. Excommunié et abandonné des siens, Henri IV dut venir à Canossa en pénitent (1077). Mais la soumission ne fut pas de longue durée. 11 reprit bientôt les armes contre les princes qui avaient élu pour le remplacer Rodolphe de Souabe ; il opposa un antipape (Gerbert, qui prit le nom de Clément III) à Grégoire VII, passa en Italie, prit Rome et s'y fit couronner par Clément 111 (1084). Il vainquit ensuite les Saxons et Hermann de Luxembourg, qu'on lui opposait comme empereur. Mais il fut abandonné successivement par ses propres fils, Conrad et Henri. Fait prisonnier et déposé à la diète deMayence, en 1105, il s'échappa de prison et vint mourir à Liège (1106).

Henri \, le Jeune, second fils de Henri IV, lui succéda et fut d'abord appuyé par le pape, Pascal II. Mais celui-ci refusa de le couronner empereur tant qu'il ne renoncerait pas au droit d'investiture. Vainement Henri V s'empaïade Rome et fitviolence àPascal II (1111), qui, devenu libre, protesta de nouveau et excommunia l'empereur. Celui-ci rentra dans Rome, en chassa le pape, qui mourut bientôt en exil, et opposa à son successeur légitime un antipape (Bourdin, qui prit le nom de Grégoire VIII). Cette lutte se termina enfin par le traité de Worms (1 122), dans lequel Henri renonçait à ses prétentions injustes. Il mourut en 1125. — Lothaire de Sapplinbourg le remplaça (1125-1137). Il mourut, en Italie, au retour d'une expédition contre Roger, roi de Sicile. Hohenstaufen. — La maison de Hohenstaufen arriva à l'empire avec Conrad III, qui avait été nommé duc de Franconie par Henri et succéda à Lothaire (1138-1152). Après lui, cinq autres membres de la même maison occupèrent le trône impérial : Frédéric I, dit Barberousse (1152-1190), Henri VI (1190-1197), Philippe de Souabe (1198- 1208), Frédéric II (1218-1*50) et Conrad IV (1250-1254).

Conrad III était neveu de l'empereur Henri V. Elu empereur après Lothaire (1138), il eut à lutter contre Henri le Superbe, duc de Saxe, et contre les partisans de son jeune fils, Henri le Lion. Avec Louis VII, il dirigea la 2e croisade; mais ils assiégèrent inutilement Damas (1147-1149).

Frédéric I Barberousse, né à Weiblingen en 1121, duc de Souabe en 1147, et empereur en 1152, fut puissant en Allemagne, mais s'épuisa à lutter contre les patriotes italiens, soutenus par les papes. Dans une première expédition en Italie, il renversa Arnauld de Brescia et rétablit le pape Adrien IV, qui le couronna (1155); mais, dans les expéditions suivantes, il voulut imposer ses volontés et usa bientôt de violences, ruina Milan (1162j, chassa de Rome Alexandre III. Alors la ligue lombarde s'organisa et défendit avec succès la liberté italienne. Une trêve fut conclue à Venise (1177), puis la paix signée à Constance (1183). Frédéric se vengea alors du guelfe Henri le Lion, dont les duchés de Saxe et de Bavière furent démembrés. Frédéric prit part à la 3e croisade et mourut en Cilicie (1190). Henri le Lion, qui fut dépouillé de ses Etats de Saxe et de Bavière par Frédéric, était fils de Henri le Superbe et neveu de Guelfe VI (ou Welf), qui fut son tuteur. La famille des Guelfes avait émigré, au XIe siècle, d'Italie en Allemagne. Henri le Lion ne garda que ses biens héréditaires (Brunswick et Lunebourg) et mourut en 1195. Cette maison fleurit encore et règne sur le Brunswick et l'Angleterre. Henri VI, fils et successeur de Frédéric Barberousse (1190-1197), né en 1165, reprit la Sicile à Tancrède et se montra cruel ; il retint prisonnier contre toute justice et tout honneur Richard Cœurde-Lion, qui revenait de la 3e croisade.

Philippe de Souabe, second fils de Frédéric

Barberousse, succéda à son frère aine Henri VI (1197-1208). 11 fut proclamé par les gibelins et triompha de son rival guelfe, Othon IV. 11 fut assassiné par le comte palatin Othon de Wittelsbach.

Othon IV, 3e fils de Henri le Lion et de Mathilde d'Angleterre, fut proclamé empereur par les Guelfes (1197), et survécut à son compétiteur. Excommunié par le pape Innocent III, qui l'avait d'abord soutenu et même couronné (1209), il échoua dans ses entreprises; il s'allia avec Jean sans Terre contre la France et fut battu à Bouvines (1214) par Philippe Auguste. Il mourut en 1218, et Frédéric H occupa l'empire sans rival.

(Pologne.) Boleslas — C'est le nom de 5 rois de Pologne. Bolcslas 1 dit le Grand et le Vaillant, né en 967, roi en 992, dépouilla ses frères, prit la Lusace, la Silésie, la Misnie, la Moravie et fut reconnu par Othon III en 1001. Il mourut en 1025.

Casimir. — C'est le nom de 5 rois de Pologne. Casimir I, le Pacifique (1037- 1058), après une révolte de ses sujets, se fit moine de Cluny. Mais, avec la permission du pape, il fut rendu à ses sujets qui le rappelaient et conquit la Silésie. (Russie.) Vladimir I dit le Grand et le Saint, grandprince de Russie, était l'arrière-petit-fils de Rurik. Il n'avait d'abord que Novgorod; mais, aidé par les Varègues, il étendit sa domination et força les^ Bulgares à la paix. Il épousa une princesse de Constantinople, Anne, sœur des empereurs Basile II et Constantin VU, et embrassa la foi chrétienne. Il mourut en 1015. — Vladimir II, son arrièrepetit-fils, grand-duc de Russie (1113-1125), se distingua aussi par ses vertus.

Iaroslav, dit le Sage, fils et successeur de Vladimir I (1016-1054), vainquit les Polonais et les Byzantins. 11 maria sa fille Anne à Henri I, roi de France. On le regarde comme le premier législateur des Russes.

(Hongrie.) Etienne I (saint), premier roi de Hongrie, s'appelait d'abord Waïc. Il succéda à son père Geysa, 4L' duc de Hongrie, en 997, réforma les mœurs barbares de ses sujets, qu'il fit évangéliser, fut luimême baptisé, publia un code et reçut du pape Sylvestre II (1000) le titre de roi et celui d'apôtre de la Hongrie. 11 mourut en 1038. La couronne que lui envoya le pape sert encore aujourd'hui au sacre des rois de Hongrie (v.Horn, Saint Etienne, 1898, dans la Collection des saints).

Bêla. — Nom de plusieurs rois de Hongrie. Bêla I affermit les Hongrois dans la religion chrétienne, qu'ils avaient récemment embrassée. 11 ne régna que deux ans (1061-1063). — Bèlalll signala son règne par sa justice (1174-1196). 11 épousa une sœur du roi de France, Philippe Auguste.

Ladislas, nom de plusieurs rois de Hongrie. Ladislas I, le Saint, fils de Bêla I, partagea d'abord le trône avec son frère Geysa (1077), fut seul roi (1079), s'empara de la Croatie, de la Dalmatie, etc., donna des lois à ses Etats et mourut en 1095, lorsqu'il se préparait à aller combattre les infidèles en Palestine.

(Danemark, Suède, Norvège.) Canut. — Nom de plusieurs rois danois ou suédois. Canut II le Grand (Canut 1 en Angleterre), roi de Danemark en 1014, partagea l'Angleterre avec Edmond et, après la mort de ce prince, resta seul maître (1017). Il fit un pèlerinage à Rome (1027), conquit la Norvège sur Olaiis (1028-1031), soumit l'Ecosse (1034), créa une noblesse héréditaire et mourut en 1036. 11 contribua beaucoup à l'établissement définitif du christianisme en Danemark. — Canut IV le Saint, roi de Danemark, de 1080 à 1086, rétablit l'ordre, supprima la piraterie

HISTOIRE

et protégea l'Eglise. Il fut tué par des révoltés, dans l'église d'Odensée. Sa fête est le 19 janvier.

Eric. — Nom de plusieurs rois danois ou suédois. En Danemark, Eric III, le Bon (1095-1103) fonda les gildes ou corporations et renonça au droit de faire la guerre sans le consentement des Etats. 11 mourut à Chypre, au cours d'un pèlerinage à Jérusalem. — En Suède, saint Et'ic (IXe du nom) réunit la Suède et la Gothie, introduisit le christianisme en Finlande, donna un code à ses sujets, fut tué à Upsal, en résistant au Danois Maynus, qui avait envahi ses Etats (1160).

Valdemar 1 le Grand, roi de Danemark, né en 1131, était petit-fils d'Eric III. A la mort d'Eric V, il l'emporta sur ses deux compétiteurs, Canut V et Suénon 111, et resta maître de tout le Danemark (1157). 11 fut en paix avec l'Empire, réprima les pirates de la Baltique, conquit l'île de Rugen, où il renversa les idoles, publia la loi de Scanie et la loi de Seeland, encore en vigueur. Il mourut en 1181.

Olaùs. — Nom de plusieurs rois de Danemark, de Suède et de Norvège. Olaùs, premier roi chrétien de Suède, né en 984, mort en 1026, fut baptisé avec sa famille et plusieurs personnes de sa nation, par le moine anglais Siegfrid (1008). — Olaiis II, dit le Saint, roi de Norvège, régna de 1017 à 1031. Magnus — Nom de plusieurs rois de Norvège, de Suède et de Danemark. Maynus I, roi de Norvège, fils de S. Olaiis, régna en Norvège (1036) et en Danemark (1042) ; il mourut en 1047. 11 composa pour la Norvège un code de lois, qui n'existe plus.

Charles. — Nom de plusieurs rois de Suède. Les six premiers n'ont qu'une histoire légendaire. Charles VII succéda à son père Swerker I, comme roi de Gothie (1 151), et devint roi de toute la Suède (1161). Il propagea le christianisme, fonda des églises et des monastères, obtint du pape l'érection du siège épiscopal d'Upsal. 11 fut assassiné par Canut Ericson, fils de son prédécesseur (1168). (Anyletcrre, Ecosse.) Edmond II, dit Côte-de-Fer, à cause de son courage et de sa force, roi des Anglo-Saxons (1016- 1017), était fils d'Ethelred II. Il fut obligé, après une rude guerre, de partager l'Angleterre avec le Danois Canut II le Grand. Il lui abandonna la partie septentrionale et fut assassiné l'année suivante par deux de ses serviteurs.

Edouard III le Confesseur, roi anglo-saxon, qui régna de 1041 à 1066, était fils d'Ethelred et d'une princesse normande et neveu d'Edouard II le Martyr. Elevé en Normandie, à la cour de son oncle maternel, où il donna l'exemple, dès sa premièrejeunesse, de toutes les vertus, il fut appelé sur le trône par les Anglo-Saxons, fatigués de la domination des Danois. Après avoir réprimé la révolte du comte Godwin, qui avait été d'abord un de ses [plus puissants partisans, il régna pacifiquement, protégea la religion et porta les lois les plus justes. Sur les instances des princes, il consentit à se marier, mais il mourut sans enfants. Alexandre III le canonisa. Sa fête est le 13 octobre.

Harold II, fils du comte Godwin et frère d'Edith, épouse d'Edouard le Confesseur, se fit proclamer roi à la mort de ce prince (1066). 11 triompha d'un premier compétiteur, son frère Tostig, appuyé par une armée norvégienne. Mais il fut vaincu et tué par Guillaume le Conquérant, à la bataille d'Hasting (14 oct.). A la suite d'un naufrage qu'il avait fait sur les côtes de France, Harold était tombé précédemment aux mains de Guillaume, duc de Normandie. Celui-ci ne l'avait relâché qu'après qu'il lui eut fait hommage et juré de seconder ses prétentions sur l'Angleterre. Guillaume alléguait aussi qu'Edouard le Confesseur lui avait légué son royaume.

Guillaume I le Conquérant ou le Bâtard, né à Falaise (1027), était fils de Robert le Diable (v. ce nom) et de la fille d'un pelletier de Falaise. En 1035, il succéda à son père comme duc de Normandie et triompha de toutes les révoltes. A la mort de son cousin, Edouard le Confesseur, dont il se prétendit l'héritier, il passa la Manche à la tête d'une armée de 60.000 hommes, vainquit et tua Harold à la bataille décisive d'Hasting et conquit l'Angleterre, qui ne devait plus lui échapper. Les Anglo-Saxons furent accablés et dépouillés, à la suite de plusieurs révoltes; la féodalité fut implantée dans le pays, et les coutumes normandes devinrent la loi du royaume. Guillaume dut résister à une révolte de son fils aîné Robert, soutenu par le roi de France Philippe I. Il fut blessé mortellement au sac de Mantes (1087). Son fils Robert lui succéda en Normandie; ses deux autres fils, Guillaume et Henri, régnèrent successivement en Angleterre.

Guillaume II le Roux, 2e fils du Conquérant et de Mathilde de Flandre, né en 1056, régna de 1087 à 1100. Il se montra violent, cruel et avide, dans la répression de diverses révoltes des seigneurs ou des Saxons et dans l'exercice du gouvernement; il accabla ses sujets d'impôts et rétablit les lois impitoyables sur la chasse. Son frère Robert ayant besoin d'argent pour la croisade, lui vendit le gouvernement de son duché pendant 5 ans pour 10.000 marcs d'argent. Guillaume mourut probablement d'un accident de chasse.

Henri I, dit Beauclerc ou le Savant, né en 1068, 3e fils du Conquérant, s'empara de la couronne d'Angleterre au détriment de son frère aîné Robert, duc de Normandie, qui était en Palestine. 11 le priva même bientôt de son duché, après la victoire de Tinchebray (1106). 11 contint les seigneurs par la crainte, accorda une charte à la ville de Londres, vainquit Louis le Gros, roi de France, à Brenneville (1119). 11 mourut en Normandie d'un excès de table (1135).

Etienne de Blois, fils de Henri, comte de Blois, et d'une fille de Guillaume le Conquérant, s'empara du trône d'Angleterre à la mort de son oncle Henri I, au préjudice de la fille de ce prince, Mathilde ( 1 135) ; mais il ne fut reconnu qu'à la condition d'adopter Henri Plantagenet, fils de Mathilde ; il mourut en 1 154.

Henri II, né en 1133, mort en 1189, était le fils aîné de Geoffroy Plantagenet (qui avait un genêt à son casque), comte d'Anjou, et de Mathilde, fille de Henri 1, roi d'Angleterre. Outre l'Angleterre, dont il devint roi après Etienne de Blois, il posséda, de son père, l'Anjou et la Touraine ; de sa mère, la Normandie et le Maine; d'Eléonore de Guyenne, qu'il épousa, la Guyenne, le Poitou, la Saintonge, le Périgord, l'Angoumois, le Limousin et l'Auvergne. Aimant les plaisirs et d'un naturel emporté, il ne sut pas profiter de sa fortune. Ses luttes avec Thomas Becket (v. ce nom), archevêque de Cantorbéry, les révoltes de ses enfants et de sa femme elle-même empoisonnèrent sa vie.

Richard 1 Cwur-dc-Lion,^ à Oxford, en 1157, mort en 1199, fils de Henri II et d'Eléonore de Guyenne, se révolta trois fois contre son père, auquel il succéda en 1189. Avec Philippe Auguste et Frédéric Barberousse, il entreprit la 3e croisade, s'embarqua à Marseille, s'empara de Chypre, qu'il vendit à Guy de Lusignan. Au siège de Saint-Jeand'Acre, il insulta Léopold, duc d'Autriche et fit périr, dans un moment de colère, 2,500 Sarrasins. Abandonné par Philippe Auguste, avec lequel il était en mésintelligence, il resta quelque temps encore en Palestine et accomplit de magnifiques exploits; mais il ne put s'emparer de Jérusalem et dut traiter avec Saladin. A son retour, il fut jeté par la tempête sur les côtes de Dalmatie et retenu prisonnier pendant un an parle duc d Autriche, qui

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