PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE
sophic/ucs, en arabe. (V. G. Blondel, Etude sur la politique dj l'emp. Frédéric II en Allemagne et les transformations de la constitution allemande dans la lve moitié du XIIIe siècle, 1892.)
Conrad IV, fils de Frédéric, fut le dernier empereur de la maison de Hohenstaufen (1250-1254). Il soutint en Allemagne la cause de son père, passa en Italie pour se faire reconnaître roi des Deux- Siciles, prit Naples, Capoue, etc., mais mourut subitement au milieu de ses conquêtes. On accusa son frère naturel, Manfred ou Mainfroi, de l'avoir fait empoisonner. Celui-ci fut vaincu et tué, près de Bénévent, par Charles d'Anjou (1266). Le dernier rejeton des Hohenstaufen, Conrad Von Conradin, fils de Conrad IV, n'eut pas de meilleur sort. Après la mort de Manfred, son tuteur, il voulut descendre en Italie, bien qu'âgé de 16 ans à peine, pour disputer le royaume de Naples à Charles d'Anjou ; mais il fut vaincu à son tour et mis à mort (1268).
Pierre des Vignes, chancelier de Frédéric II, protonotaire impérial et logothète de Sicile, était né à Capoue, d'une famille pauvre, vers 1 190. Il excita vivement l'empereur, dit-on, à lutter contre le Saint- Siège ; ce qui ne l'empêcha pas d'encourir la disgrâce de Frédéric, qui se crut trahi par lui et lui fit crever les yeux. Pierre des Vignes se brisa la tête contre les murs de sa prison (1246).
Maison de Habsbourg. — Cette illustre famille d'Allemagne tire son nom du château de Habsbourg, en Suisse, et descendait des comtes d'Alsace (vers le VIIe siècle). Elle bâtit le château de Habsbourg, vers 1020, et arriva à l'empire avec Rodolphe I, en 1273. Elle se confondit plus tard avec la maison de Lorraine, par le mariage de Marie-Thérèse avec François de Lorraine (1736).
Rodolphe I de Habsbourg était le fils aîné d'Albert, comte de Habsbourg et landgrave d'Alsace, auquel il succéda en 1240. Il augmenta beaucoup ses possessions et jouit d'une telle réputation de justice et de bravoure que les cantons suisses (Schwyz, Uri, Unterwalden et Zurich) le prirent pour protecteur. Elu empereur, en 1273, il fut agréé par Grégoire X, auquel il reconnut les biens delà grande comtesse Mathilde et l'exarchat de Ravenne. Il vainquit et soumit le roi de Bohême Ottokar (1276), auquel il enleva l'Autriche, la Styrie, etc., qu'il donna à son fils Albert. La maison de Habsbourg devint ainsi la maison d'Autriche. Il s'efforça alors de rétablir ou de maintenir l'ordre et détruisit une foule de châteaux féodaux, qui étaient devenus des repaires de brigands. Il revendiqua ses droits sur le royaume d'Arles, soumit les comtes de Montbéliard, de Bourgogne, de Savoie, mais ne put faire élever à l'empire son fils Albert. Il mourut en 1291, à 73 ans.
Adolphe de Nassau, né en 1250, fils du comte de Nassau, n'avait d'autre titre que sa valeur, lorsqu'il fut élu en 1292, de préférence à Albert d'Autriche. N'ayant pas tenu les promesses faites à ses électeurs, il fut déposé en 1298, vaincu et tué par Albert son rival.
Albert I, duc d'Autriche, né en 1248, arriva à l'empire en 1298, mais eut de vifs démêlés avec le pape Boniface VIII, au sujet de son élection. C'est sous son règne que les Suisses, exaspérés par les cruautés du gouverneur Gessler, se révoltèrent et parvinrent à conquérir leur indépendance (v. XIVe siècle). 11 fut assassiné, en 1308, au passage de la Reuss, par son neveu Jean le Parricide, dont il détenait le patrimoine.
(Bohème, Hongrie, etc.)
Venceslas. — Nom de plusieurs rois de Bohême. Venceslas III (1er comme roi), né en 1205, mort en 1253, fut associé à son père et régna seul à partir de 1230. Sous son règne, les Mongols ravagèrent la Bohême (1241). — Venceslas IV, né vers 1270, mort en 1305, perdit son père Ottokar II,
en 1278, mais ne régna que cinq ans après. Il fut élu roi de Pologne en 1300. — Venceslas V, son fils, roi de Bohême, de Hongrie et de Pologne, fut assassiné en 1306.
Ottokar. — Nom de plusieurs ducs ou rois de Bohême. Ottokar II le Victorieux, succéda à Venceslas I, réunit à la Bohême l'Autriche et la Styrie, etc., s'opposa à Rodolphe de Habsbourg (1275) et perdit toutes ses possessions. Ayant recommencé la guerre, il périt dans une bataille (1278).
André. — Nom de plusieurs rois de Hongrie. André II fut un des chefs de la 5e croisade, en 1217. A son retour, en 1222, il tenta de réprimer l'oligarchie des nobles ; il convoqua une diète qui vota la Bulle d'or, sorte de grande charte, qui promulguait les droits de la petite noblesse, établissait que les emplois ne seraient pas donnés héréditairement, etc. — André III, son petit fils (1290-1301) eut à se défendre contre Charles-Robert, fils de Charles II, roi de Naples, qui prétendait à la couronne; il fit aussi la guerre à la maison d'Autriche. C'est d'André III que l'on fait descendre l'illustre maison de Croy.
La Hanse est une ligue commerciale qui fut formée, dès 1241, entre Hambourg et Lûbeck, et dans laquelle entrèrent successivement les villes commerçantes du N. La découverte de l'Amérique et de la route des Indes par le cap de Bonne- Espérance lui portèrent un coup mortel.
(Russie.)
Vassili ou Basile I laroslavitch, grand-duc de Russie (1272-76), 5e fils de Iaroslav II, ne succéda à son frère, Iaroslav III, qu'avec l'appui du khan des Tatars II fut forcé d'accompagner ces alliés dans leur campagne en Lithuanie.
(Orient.)
Lascaris. — Cette famille grecque donna à l'empire d'Orient, établi à Nicée, pendant que les Latins régnaient à Constantinople, plusieurs souverains. Théodore Lascaris, né en 1175, était gendre d'Alexis l'Ange. Il défendit Constantinople contre les Latins et, après la prise de cette ville (1204), forma dans l'Asie Mineure un nouvel Etat, avec Nicée pour capitale. 11 eut à combattre Alexis, son beau-père, qui régnait à Trébizonde, et le sultan de Konieh, qui était allié d'Alexis. Il mourut en 1222 et eut pour successeurs son gendre Jean Ducas Vatace, et son petit-fils Théodore Lascaris, né en 1222, qui régna de 1255 à 1259. Celui-ci laissa un fils, Jean, âgé de 8 ans. Mais Michel Palèologue se fit déclarer le collègue de cet enfant et s'en débarrassa, après la prise de Constantinople sur les Latins (1261).
Empire latin de Constantinople. — Cet empire fut fondé par le chef de la 4e croisade, Baudouin IX, comte de Flandre, qui régna à Constantinople à partir de 1204. Attaqué par le roi des Bulgares, Joannice, que les Grecs mécontents avaient appelé, Baudouin fut vaincu et périt dans les tortures (1206). Après lui régnèrent : Henri (1206), Pierre de Courtenay (1216), Robert de Courtenay (1219), Baudouin II (1228-1261), dont Jean de Brienne fut le tuteur.
Jean de Brienne, chef de la 5e croisade, avec André II, roi de Hongrie (1217), et Boniface de Montferrat, avait épousé, en 1209, Marie de Montferrat, héritière du royaume de Jérusalem. Il tenta vainement de conquérir ce royaume, que garda l'empereur Frédéric II. En 1229, il fut appelé à Constantinople, après la mort de Robert de Courtenay, et l'ut d'abord tuteur du jeune Baudouin. Mais il fut reconnu empereur en 1231 et régna jusqu'à sa mort (1237).
Michel VIII Palèologue, chef delà dynastie des Paléologues, régna d'abord à Nicée, où il fut tuteur, puis collègue de Jean Lascaris, auquel il fit crever
HISTOIRE : XIIIe SIECLE
les yeux ; il s'empara par surprise de Constantinople et mit fin à l'empire latin (1261 (.Menacé par Charles d'Anjou, qui convoitait l'empire, il envoya des délégués au concile général de Lyon (1274) et réunit pour quelque temps l'Eglise grecque à l'Eglise latine. 11 mourut en 1282.
Andronic II, son fils, lui succéda (1282-1328) et se montra cruel et incapable. Il s'opposa à l'union des Eglises, laissa les Turcs ravager son empire et lut forcé d'abdiquer par son petit-fils Andronic III. Il mourut dans un couvent, en 1332.
(Turcs.)
Othman ou Osman I, dit le Victorieux (el- Ghasi), fondateur de l'empire des Turcs ottomans ou Osmanlis, né en 1259, en Bithynie, était fils d'Ortogrul, qui s'était établi, vers 1242, avec quelques centaines de cavaliers, dans la région d'Ërzeroum, et avait servi les Seldjoucides. Osman succéda à son père, en 1288, et reçut les insignes du principat : un drapeau, une timbale et une queue de cheval. Il profita de la faiblesse de l'empire grec et de la ruine des Seldjoucides, pour étendre ses conquêtes et affermir son indépendance. 11 mourut en 1326.
(Mongol?, Tartares.)
Gengis-Khan. — Ce conquérant mongol, né en 1155 ou 1162 et mort en 1227, s'appelait Témudgin et était d'abord simple chef d'une horde mongole soumise aux Tartares. En 1200, une assemblée générale des Mongols le proclama Chef des Très-Puissants (en mongol et par corruption, G en gis- Kl tan). Alors commencèrent ses vastes conquêtes, qui s'étendirent de la mer Noire à la mer de Chine. A sa mort, son immense empire fut divisé entre ses quatre fils. Gengis-Khan est regardé comme un des pires barbares, qui ne conquéraient que pour satisfaire leur cupidité et leurs instincts cruels. Néanmoins il do.nna à ses sujets un code de lois, aujourd'hui perdu. Il tolérait toutes les religions.
Koublaï-Khan, appelé en Chine Chi-Tsou et fondateur de la dynastie chinoise des Mongols, était petit-fils de Gengis-Khan. Il régna d'abord en Mongolie, puis envahit la Chine en 1267, fit prisonnier l'empereur, en 1279, et mit fin à la dynastie des Soung. 11 soumit aussi le Thibet, la Cochinchine et attaqua le Japon, mais sans succès. 11 rétablit et repeupla les villes dévastées, fit de sages règlements, s'entoura de savants et garda 17 ans à sa cour le célèbre voyageur Marco-Polo (v. ce nom plus bas).
Tartares. — Ce nom a été donné à beaucoup de peuples ou hordes de l'Asie centrale : Mongols, etc. Les Tartares fondèrent vers 1224, entre l'Oural et le Pruth, au sud de la Russie actuelle, un empire qui ne tarda pas à s'étendre aux dépens des Russes. Il est connu sous le nom d'empire du Kaptchak ou la Horde d'or, la Grande Horde. Cet empire se démembra dans les siècles suivants et fut absorbé par la Russie.
(Angleterre.)
Jean sans Terre, roi d'Angleterre, né en 1166, mort en 1216, était le 4e fils d'Henri II et d'Eléonore d'Aquitaine. Avec Richard, son frère, il se révolta contre le vieux roi, puis chercha à dépouiller Richard, lorsque celui-ci était en Palestine. A la mort de Richard (1199), il s'empara du trône, au détriment de son neveu Arthur, qu'il fit périr à Rouen (1202). Philippe-Auguste (v. ce nom) le cita alors à la cour des pairs et, sur son refus de comparaître, le déclara déchu de ses fiefs français. Odieux à sa nation et frappé par le pape Innocent III, qui mit l'Angleterre en interdit, il allait être déposé et le roi de France était chargé d'exécuter la sentence, quand il fit amende honorable au Saint-Siège (1213). Il dut signer la grande charte, que lui arrachèrent les barons révoltés (1215). Il viola ensuite ses serments, et les barons appelèrent
au trône Z.o»js, fils de Philippe-Auguste. Mais Jean mourut bientôt et son fils lui succéda.
Henri III, fils de Jean sans Terre, né en 1207, succéda à son père et régna longtemps (1216-72). Il confirma la grande charte et triompha de son rival, Louis de France. 11 tenta ensuite de reconquérir les fiefs français confisqués sur Jean sans Terre, mais fut vaincu par S. Louis, à Taillebourg et à Saintes (1242), et signa le traité d'Abbeville (1259). En même temps, il dut lutter contre les barons, qui, ayant à leur tête Simon de Montfort, comte de Leicester (v. Montfort), lui imposèrent les Statuts d'Oxford (1258), contre lesquels il protesta vainement. Il fut vaincu et fait prisonnier àLewes (1264). Mais son fils Edouard vainquit ensuite et tua Simon de Montfort à Evesham (1265), ce qui détermina le triomphe du parti royaliste.
Edouard I, roi d'Angleterre de 1272 à 1307, s'était distingué, avant de monter sur le trône, en Angleterre et même en Orient, où il porta ses armes (1270-1272). Il soumit les Gallois et donna à son fils le titre de prince de Galles ; il entreprit aussi la conquête de l'Ecosse, mais fut arrêté par Robert Bruce.
(Ecosse.)
Wallace. — D'après la légende, ce héros écossais, dont le souvenir est resté populaire, forma de bonne heure le projet d'affranchir son pays. A 19 ans, il tua le fils du gouverneur de la forteresse de Dundee et s'enfuit dans les bois, où il réunit une bande, avec laquelle il attaqua les troupes d'Edouard I. Après de nombreux exploits, il fut trahi et livré par un des siens, conduit à Londres et décapité (1305). Parmi ses compagnons, se distingua un membre de la célèbre famille des Douglas.
Jean Baliol, fils d'un baron anglais, fut proclamé roi d'Ecosse (1292) contre Robert Bruce et fit hommage de l'Ecosse à Edouard I, qui le protégeait. S'étant déclaré ensuite contre lui, il fut battu à Dunbar (1296), céda ses droits et, après une captivité de 3 ans, vint mourir en Normandie (1305), dans son domaine de Château-Gaillard. Son fils, Edouard Baliol, disputa longtemps le trône d'Ecosse à ses rivaux.
Robert Bruce, seigneur écosssais, disputa le trône à Baliol (12S6), mais sans succès. — Son fils, Robert Bruce, compagnon de Wallace, s'enfuit d'Angleterre où il était prisonnier, se fit proclamer roi d'Ecosse (1308), vainquit les Anglais et mourut en 1329.
(Danemark, Suède.)
Christophe. — Nom de plusieurs rois de Danemark. Christophe I, fils de Valdemar II, succéda à son frère Abel, en 1252, et mourut en 1259. — Christophe II, fils d'Eric VU, né en 1276, succéda en 1319 à Eric VIII, son frère, et fut déposé en 1326 par le clergé et la noblesse.
Valdemar. — Nom d'un roi de Suède, premier de la dynastie des Folkungs. Elu en 1250, à la mort de son oncle Eric XI, il se déshonora par ses désordres, puis entreprit un pèlerinage de pénitence à Jérusalem (1272). — Son frère Magnus, à qui il avait confié l'administration de ses Etats, parvint à le supplanter. Valdemar mourut en prison , en 1 31 12. f Théologiens, philosophes, etc.J
Albert le Grand (1193-1280) illustra par sa science l'ordre de Saint-Dominique. Né en Souabe, de la famille des comtes de Bollstadt, il fréquenta les écoles de Paris, puis celles de Padoue, où Jourdain de Saxe, successeur de S. Dominique, lui donna l'habit de l'ordre, vers 1222. Il revint ensuite en Allemagne, enseigna à Hildesheim, Fribourg, Ratisbonne, Strasbourg, Cologne; parmi ses disciples et ses compagnons fut saint Thomas (v. ce nom), dont il remarqua le génie et prédit la gloire. Mais ce fut à Paris, où il vint en 1245, et resta