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PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE

il eut à lutter contre la terrible insurrection des Hussites. il mourut en 1437. Sa fille Elisabeth épousa Albert d'Autriche, qui hérita de ses Etats.

Albert V, duc d'Autriche, né en 1397, succéda en Autriche à son père Albert IV en 1414, épousa en 1421 Elisabeth, fille de Sigismond, et, à la mort de son beau-père, devint roi de Bohême et de Hongrie, puis empereur d'Allemagne, sousle nornd' Albert II. Il proposa la division de l'empire en cercles et mourut prématurément (1439)

Frédéric III d'Autriche, né en 1415, était déjà duc d'Autriche, quand il fut élevé au trône impérial, qu'il occupa longtemps (1440-1493). Il subit de nombreux insuccès, ne put repousser les Turcs, fut chassé de Vienne par Mathias Corvin (1485- 1490), fut battu par l'électeur palatin. Mais il contribua à la grandeur de la maison d'Autriche, en mariant son fils Maximilien avec l'héritière de Bourgogne, Marguerite, fille de Charles le Téméraire.

Maximilien I, empereur d'Allemagne de 1493 à 1519, fils de Frédéric III, naquit en 1459. 11 épousa, en 1477, Marie de Bourgogne, dut réprimer les révoltes des Flamands, reprit l'Autriche ;'i la mortdeMathias Corvin (1490), obtintde CharlesVIII, qui se proposait de descendre en Italie, l'Artois et la Franche-Comté, qui faisaient partie de l'héritage de Marie de Bourgogne, prit part à la ligue de Cambrai contre Venise (1509), [puis abandonna Louis XII (1512), s'allia avec Henri VIII d'Angleterre contre la France. Il prépara lui aussi la grandeur de l'Autriche en mariant son fils Philippe le Beau avec Jeanne la Folle, fille de Ferdinand d'Aragon et d'Isabelle de Castille (1496) , et en mariant son petit-fils Ferdinand avec l'héritière de Hongrie (1516). 11 réunit aussi le Tyrol. En Allemagne, il institua la Chambre impériale, lui opposa le conseil aulique, divisa l'empire en cercles, créa des milices de lansquenets et de reîtres. Il mourut en 1519, après avoir vu naître le protestantisme, et eut pour successeur Charles-Quint.

Philippe I, le Beau, archiduc d'Autriche, était fils de Maximilien et de Marie de Bourgogne ; il eut les Pays-Bas par sa mère, et la Castille, par sa femme, Jeanne la Folle, fut père de Charles-Quint, mourut à 28 ans (1506).

Sainte-Vehme (La) ou Tribunal des francsjuges (Cours rehmiques), était un tribunal secret fort redouté en Allemagne ; il connaissait de tous les crimes qui pouvaient troubler la paix publique ou la religion. Les membres de cette société secrète s'enveloppaient de mystère et avaient des initiés dans toute l'Allemagne, qui leur déféraient les coupables et devaient exécuter les sentences. Les empereurs du XVe siècle travaillèrent à supprimer ces tribunaux secrets, qui disparurent sous Charles-Quint, quand il eut réformé la jurisprudence par l'ordonnance Caroline (1532).

Ladislas V, roi de Hongrie, né vers 1400, succéda en 1434 à son père .lagellon, en Pologne et en Lithuanie, fut élu roi de Hongrie, à la mort d'Albert d'Autriche (1440), repoussa l'empereur Frédéric III, vainquit le sultan Amurat II, grâce à Hunyade, mais fut vaincu et tué à Varna (1444).

Ladislas VI le Posthume, roi de Hongrie, fils . d'Albert d'Autriche, né en 1439, fut reconnu roi à la mort de Ladislas V (1444). Retenu captif à Vienne, il fut délivré par Hunyade. Mais il fit périr un des fils de ce héros, provoqua une révolte de ses sujets et mourut en Pologne (1457).

Ladislas VII, né vers 1450, fils aîné du roi de Pologne Casimir IV, devint roi de Bohême en 1471, de Hongrie en 1490, après la mort de Mathias Corvin, perdit les conquêtes de celui-ci, fit de grandes concessionsàl'empereur Maximilien et aux magnats hongrois, s unit étroitement à la maison d'Autriche par le traité de Vienne (1515) et mourut en 1516.

Hunyade (Jean-Corvin), vayvode de Transylvanie, né vers 1400, commanda les armées de Ladislas Vet fut régent sous Ladislas VI. Les Turcs l'avaient surnommé le Diable. On cite, parmi ses exploits, les batailles de Varna (1444) et deCassovie ou Kossovo (1448), où il fut cependant vaincu, et surtout la défense héroïque de Belgrade contre Mahomet II (1456). Il mourut de ses blessures et mérita le trône à son fils Mathias Corvin.

Corvin (Mathias), roi de Hongrie, né en 1443, mort en 1490, fut proclamé roi aux acclamations du peuple (1458), organisa l'armée, repoussa l'empereur Frédéric III, attaqua Podiébrab, qui protégeait les Hussites, repoussa le prince polonais Casimir son rival. En 1478, il se fit céder la Moravie, la Silésie, la Lusace, recommença la guerre contre l'empereur Frédéric III, prit Vienne (1485) et en resta maître. Grand prince, il protégea les lettres, les arts, l'agriculture. On a publié ses Lettres.

Podiébrad, roi de Bohême de 1458 à 1471, né en 1420, fut régent pendant la minorité de Ladislas le Posthumeetlui succéda. Protecteur des Hussites, il fut excommunié par Paul II (1465) et combattu par son gendre Mathias Corvin.

Scander-Beg était le 4e fils d'un seigneur d'Albanie, Jean Castriot, qui le livra comme otage au sultan Amurat II (1423). Les Turcs lui donnèrent le nom de Scander-Beg (seigneur Alexandre). A la mort de Jean Castriot, Amurat s'empara de ses Etats et fit périr ses trois fils aînés. Scander-Beg résolut alors de délivrer son pays; il massacra la garnison turque de Croïa et souleva l'Albanie. Pendant une guerre de 24 ans, il fut victorieux dans 22 combats. Amurat luimême, avec une armée de 100,000 hommes, échoua devant Croïa (1450). Mahomet II fut battu à son tour et demanda la paix (1461). Scander-Beg passa alors en Italie pour secourir le fils d'Alphonse V, qui l'avait aidé, et contribua à le rétablir sur le trône. Il reprit ensuite la lutte contre les Turcs, mais ne fut pas aidé. Il mourut de la fièvre. Croïa fut pris par les Turcs en 1478.

(Turcs.)

Mahomet I, sultan des Turcs, né en 1387, était le plus jeune des 4 fils de Bajazetl. Reconnu sultan après la défaite de son père à Angora par Tamerlan (1402), il fut seul maître de l'empire ottoman à partir de 1413 et mourut en 1421. Il fut vaincu par les Vénitiens et fit alliance avec l'empire grec.

Amurat II succéda à Mahomet I et régna de 1421 à 1451. Il assiégea vainement Constantinople en 1422, prit Salonique (1430), assiégea Belgrade (1442), menaça la Hongrie, mais fut arrêté par Hunyr.de et Scander-Beg. Il remporta néanmoins les victoires de Varna (1444) et de Kossovo (1448).

Mahomet II succéda, à 21 ans, à son père Amurat II et régna 30 ans (1451-1481). Dès 1453, il vint mettre le siège devant Constantinople avec 250,000 hommes et 420 navires, prit la ville d'assaut et en fit sa capitale. L'invasion turque fut arrêtée encore par Hunyade, qui défendit Belgrade (1456), et par Scander-Beg, imprenable dans les montagnes de Croïa. Mahomet guerroya ensuite dans l'Archipel contre les Vénitiens et les Génois, menaça l'Italie méridionale (1480) et prit même Otrante. Mais il échoua devant Rhodes, défendue par les chevaliers, et mourut à Nicomédie.

Bajazet II succéda à son père Mahomet II et régna jusqu'en 1512. Il se débarrassa de son frère Zizim ou Djem, qui s'était révolté et se réfugia chez les chevaliers de Rhodes. Il fit ensuite une guerre peu glorieuse aux Vénitiens et aux Mamelouks. Ami de l'étude et de la poésie, de mœurs pacifiques, il mécontenta les janissaires, qui le forcèrent d'abdiquer en faveur de Sélim, son fils.

HISTOIRE : XV1 SIECLE

Zizim ou Djem,fils de Mahomet II, né en 1459, se révolta contre son frère Bajazet II et chercha un asile chez les chevaliers de Rhodes (1482). Ceux-ci l'envoyèrent en France ; mais Innocent VIII le réclama. Son successeur Alexandre VI consentit à le livrer à Charles VIII. Mais Zizim était déjà empoisonné, dit-on, quand il arriva au camp irançais; il mourut à Terracine (1495) (V. Thuasne, Djem-Sultan 1459-14'.)ô. Etude sur la question d'Orient à la fin du XVe siècle, 1892). (Grecs.)

Jean MI Palèologue, né en 1390, succéda à son père Manuel II, en 1425, et mourut en 1448. Le concile de Florence avait pu proclamer, en 1439, l'union des deux Eglises ; mais malheureusement l'Eglise d'Orient ne fut guère secourue par les Latins, et l'empereur de Constantinople dut traiter avec Amurat II.

Constantin XIII, Dracosès, fils de Manuel II et successeur de Jean VII Palèologue son frère, tomba glorieusement les armes à la main en défendant Constantinople, qui fut prise d'assaut et dont il fut le dernier empereur (1453).

(Russes .)

Ivan III, surnommé le Terrible et le Grand, succéda à son père Vasili III, qui se l'était associé, et régna de 1462 à 1505. Il abolit les apanages, conquit Novgorod, délivra la Russie de la sujétion des Tartares, qui avaient vaincu et emprisonné son père. Il épousa la dernière des Paléologues et put se regarder ainsi comme l'héritier de l'empire d'Orient. Il appela des ingénieurs, des artistes étrangers et éleva le Kremlin. Son fils, Vasili IV, qui lui succéda, porta le premier le titre A'autocrate (V. le P. Pierling, La Russie et le Saint- Siège, études diplomatiques, 1896).

(Mongols.)

Babour, arrière-petit-fils de Tamerlan (1483- 1530), chef des Mongols de la Tartarie occidentale et du Khorassan en 1494, soumit le Kaboul et le Kandahar, vainquit le sultan de Delhy (1525) et fonda dans l'Inde une dynastie, qui fut puissante pendant deux siècles. Il a laissé des Mémoires. (Renaissance : théologiens, philosophes, etc.)

Renaissance. — Pendant que la philosophie du moyen âge déclinait, et dès le commencement du XVe siècle, apparaissaient les premiers symptômes de la Renaissance. Elle comprend le XVe et le XVIe siècle. Au lieu de marquer seulement un renouvellement scientifique, un progrès dans l'ordre intellectuel et un rajeunissement de toutes les connaissances, retrempées dans leurs premières sources, la Renaissance fut encore trop souvent une lutte contre les traditions et les croyances les plus respectables, une hostilité plus ou moins ouverte contre les mœurs chrétiennes, un retour offensif de l'esprit païen. Ainsi s'expliquent à la fois et les condamnations trop sévères portées contre elle, et les éloges moins justes encore que d'autres lui ont prodigués.

Pour découvrir ses causes, il faut se rappeler toutes les circonstances dans lesquelles elle se produisit. Chassés de l'Orient par les Turcs, qui s'emparèrent de Constantinople en 1453, des Grecs lettrés et érudits apportèrent chez les Latins le goût et l'enthousiasme des lettres grecques et de l'ancienne philosophie ; en même temps l'invention de l'imprimerie (1440) et la' diffusion des ouvrages grecs et latins qui en fut la suite, la découverte de l'Amérique (1492) et de la route des Indes (1498), le progrès de toutes les sciences d'observation, ouvraient aux esprits et à toutes les ambitions de magnifiques et nouveaux horizons. Malheureusement les écrivains et les penseurs de la Renaissance, en s'abreuvant aux sources de la littérature ancienne, n'imitèrent pas la sagesse des Clément d'Alexandrie et des Augustin, qui avaient su mettre

la science profane au service de l'Evangile ; plusieurs même rejetèrent tout frein intellectuel. Delà le libre examen, d'où naquit le protestantisme, qui, par les guerres de religion, ensanglanta l'Europe.

Ces divisions profondes au sein du monde chrétiens, ces discordes de l'Eglise avec les Etats et des Etats entre eux furent l'effet naturel de la perturbation des idées et de l'enivrement presque général des esprits cultivés. Il fut tel que l'on vit des prêtres et des religieux écrire des in-folio de commentaires sur les Métamorphoses d'Ovide, les satires de Pétrone et les épigrammes de Martial; des évêques et des prélats, au témoignage de Melchior Cano, négligeaient la sainte Ecriture et célébraient Cicéron, Platon et Aristote plutôt que les prophètes, les apôtres et les évangélistes ; un cardinal, comme Bembo, conseillait même à des amis de ne pas lire les épitresde saint Paul, afin de ne pas gâter leur style ; on trouvait beaucoup d'écrivains, dit encore Melchior Cano, pour qui les noms de Scot, de saint Bonaventure, de saint Thomas, d'Albert le Grand, de saint Anselme, de saint Augustin, n'avaient aucune valeur, et qui faisaient plus de cas d'Averroôs, d'Alexandre d'Aphrodise, d'Aristote et de Platon, que des apôtres saint Pierre et saint Paul, et de Jésus-Christ lui-même. A l'exemple des lettrés, les artistes rompirent avec les traditions de l'art chrétien, de cet art en particulier qu'avait su créer la foi du moyen âge; et, au lieu de se borner aux emprunts conciliables avec l'esprit et les moeurs de l'Evangile, ils remplacèrent le culte de l'idéal par le culte de la forme, ils sacrifièrent la beauté intellectuelle et morale à la beauté plastique.

Mais ce fut surtout dans l'ordre philosophique que s'accomplit cette rupture du divin et de l'humain, de la foi et de la raison; ce fut même là l'origine de toutes les autres discordes. Loin de chercher de nouveaux témoignages en faveur de la révélation, dans l'histoire de la pensée humaine qui se manifestait à eux mieux que jamais, les beaux esprits de la Renaissance ne songèrent qu'à justifier leurs propres conceptions et à les couvrir de quelque grand nom; ils ressuscitèrent ainsi toutes les opinions et tous les systèmes, déjà si souvent réfutés. De là une confusion extrême dans l'enseignement philosophique de cette époque, même au sein des écoles chrétiennes.

Ce qui réunit peut-être le mieux le commun des esprits, ce fut le dédain de la scolastique, dont tous voyaient la décadence et les défauts sans soupçonner les mérites, incapables qu'ils étaient d'hériter de ses œuvres et de les continuer. Laissée à ses propres forces et trahie souvent par ceux-là mêmes qui auraient pu la défendre, en la faisant bénéficier des découvertes et des progrès accomplis, la scolastique assista impuissante au désordre des idées, qui est le caractère de cette époque. Elle eut encore ses partisans et des représentants célèbres dans l'Eglise, surtout en Espagne, où le protestantisme ne put s'implanter ; elle se renouvela même glorieusement avec les Victoria, les Cano, les Vasquez, les Suarez, les grandes écoles de Coïmbre, de Salamanque, etc. Mais cette renaissance fut incomplète, ou du moins éphémère; les doctrines de l'école restèrent trop discréditées, pour éclairer le plus grand nombre des esprits et rétablir la paix dans les mêmes croyances.

[Théologiens et prédicateurs, philosophes, etc.)

Denys le Chartreux, qui même si bien d'ouvrir la série des théologiens de cette époque, reçut le surnom de Docteur extatique. Né à Ryckel (1394-1471), dans la province de | Liège, il fut reçu maître es arts à Cologne et entra à la Chartreuse de Rùremonde en 1423. Il consacra sa vie à la composition de nombreux traités religieux (187), en particulier de commentaires sur l'Ecriture. L'Ordre des Chartreux a entrepris la publication

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